A JEAN D'AU RAT
Son précepteur et poète royal.
Ode XIII. — Strophe.
Le médecin de la peine, C'est le plaisir qui ameine Le repos avecque luy, Et les odes qui nous flatent Par leurs douceurs, qui abbatent La mémoire de l'ennuy.
Le bain ne soulage pas Si bien les corps qui sont las Comme la louange douce Nous soulage , que du pouce A la lyre nous joignons, Par qui les playes de l'ame (Lors qu'un desplaisir l'entame) Pour la guérir nous oignons.
Antistrophe.
Certes ma chanson sucrée , Qui les grands princes recrée.
Te pourra bien dérider Apres ta peine publique , Où ta faconde s'applique Pour la jeunesse guider.
Premier LIVRE. 109
Le haut bruit de ton sçavoir Evidemment nous fait voir Que tu brises Tignorance, Renommé parmy la France, Comme un oracle des dieux , Pour desnouer aux plus sages Les plus ennouez passages Des livres laborieux.
Epode.
Tant d'ames ne courent pas Après Alcée là bas, Quand hautement il accorde Les guerres dessus sa corde , Comme ta douce merveille Emmoncelle par milliers Un grand peuple d'escoliers Que tu tires par Taureille.