‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. publiée sur les textes les plus anciens avec les variantes et des notesChapitre 45 sur 163 · A JAN ANTOINE DE BAÏF · texte numérisé non relu

A JAN ANTOINE DE BAÏF

Très-excellent poète.

Ode XIV. — Strophe i.

Jay tousjours celé les fautes Dont mes amis sont tachez ; J'ay tousjours teu leurs péchez, Mais non pas leurs vertus hautes; Car moy qui suis le sonneur Et le courrier des louanges, Je ne porte aux gens étranges Sinon la gloire et l'honneur Que le Ciel, large donneur, Ayant quelque soin de toy.

T'a départy comme à moy,

iio Odes.

Versant sur ta langue sage Un sainct trésor de beaux vers, Afin que son doux message S'espande par l'univers.

Antistrophe.

Maint chemin nous peut attraire Pour venir à la vertu ; D'un bien un tel est vestu, L'autre d'un autre au contraire.

Premier j'ay dit la façon D'accorder le luth aux odes, Et premier tu t'accommodes A la tragique chanson , Espouvantant d'un grand son Et d'un stile tel qu'il faut Nostre françois échafaut; Des grands princes misérables Traînant en long les regrets Par tonnerres exécrables Bruyans es tragiques Grecs.

Epode.

D'esprit et d'art volontiers En tout differens nous sommes :

Ne deux ne quatre mestiers Ne nourrissent pas les hommes; Mais quiconque a le sçavoir, Celuy doit l'honneur avoir.

O Baïf, la plume pronte A vouloir monter aux cieux D'un vol qui la mort surmonte Trompe l'enfer odieux.

PrEMIERLIVRE. III

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