‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. publiée sur les textes les plus anciens avec les variantes et des notesChapitre 65 sur 163 · La grue · texte numérisé non relu

La grue

Deuxiesme Livre. 151

Du vrai augure de la pluye, Demain le Troyen (i) de sa buye Espandra l'eau, et si le jour Sera long temps, sans qu'il s'essuye, Voilé d'un ténébreux séjour.

Donc, pour attendre que le tour De ceste tempeste ennuyeuse Se change par le beau retour D'une autre saison plus joyeuse, Evite la tourbe envieuse, Et, seul en ta chambre à recoy, Escri de main laborieuse Des vers qui soient dignes de toy.

Espris d'une ardeur, comme moy, De te vouloir rendre admirable Pour n'estre sujet à la loy Du grand faucheur inexorable, Pesle-mesle dessus la table Tibulle, Ovide, soient ouvers Auprès de ton luth délectable, Fidèle compagnon des vers.

Dessus, par maints accords divers, Chasse de toy le souci grave Et le soin que ce dieu pervers Dans un cœur amoureux engrave.

Après l'estude, il faut qu'on lave Le cerveau, se réjouissant D'un vin de reserve en la cave, Par quatre ans au fust languissant.

Pourquoy te vas-tu meurtrissant.

Et pourquoy gennes-tu ta vie Tandis que tu es fleurissant.?

El pourquoy n'est-elle suivie D'esbat et d'amoureuse envie ?

Pauvre chétif, ne sçais-tu pas

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