A GUILLAUME DES AUTELS
Poëte françois (2).
Ode XIIL
es-Autels, qui redore 'Le langage françois, Oy ce vers qui honore Mon terroir vendomois.
! . Nicandre dit que, Jupiter ayant donné aux hommes la Jeunesse, pour les récompenser de lui avoir révélé le larcin de Prométhée, ils la mirent sur une ânesse, qui la laissa au serpent pour avoir de l'eau.
2. En 1 j 50, cette ode commençoit au 2e quatrain et étoit dédiée à Julien Peccate. La ire strophe a été ajoutée dans l'éd. de I J84.
Deuxiesme Livre. 1 55
0 terre fortunée, Des Muses le séjour.
Qu'en tous ses mois l'année Serene d'un beau jour!
En toy le ciel non chiche, Prodiguant le bon-heur, A de la corne riche Renversé tout l'honneur.
Deux longs tertres te ceignent Qui, de leur flanc hardi, Les aquilons contraignent Et les vents du midi.
Sur l'un Gasîine saincte, Mère des demindieux, Sa teste de verd peinte Envoyé jusqu'aux cieux;
Et sur l'autre prend vie Maint beau cep dont le vin Porte bien peu d'envie Au vignoble angevin.
Le Loir, tard à la fuite, En soy s'esbanoyant, D'eau lentement conduite Tes champs va tournoyant,
Et rend en prez fertile Le pays traversé Par l'humeur qui distile De son limon versé.
Bien qu'on n'y vienne querre, Par flots injurieux, De quelque estrange terre L'or tant laborieux,
Et la gemme , peschée En l'Orient si cher, Chez-toy ne soit cherchée Par l'avare nocher,
L'Inde pourtant ne pense Te veincre ; car les dieux,
1^6 Odes.
D'une autre recompense, Te fortunent bien mieux.
La Justice, grand'erre S'enfuyant d'icy bas, Laissa dans notre terre Le saint trac de ses pas ,
Et, s'ençore à ceste heure De l'antique saison Quelque vertu demeure, Tu es bien sa maison, (a)
Bref, quelque part que j'erre, Tant le ciel m'y soit dous, Ce petit coin de terre Me rira par-sur tous.
Là je veux que la Parque Tranche mon fatal fil , Et m'envoye en la barque De perdurable exil ;
Là te faudra respandre Mille larmes parmy Les ombres et la cendre De Ronsard, ton amy.
a. Les trois strophes suivantes ne sont que dans l'éd. de 1 jîo.-
Les Muscs honorées , Les Muscs mon soucj, Et les Grâces dorées, Y habitent aussi,
Et les Nymphes natives Citoyennes des bois, Qui au caquet des rives Font accorder leurs voix,
Chantant de bonne grdcc Les faits et les honneurs De la céleste race Des Bourbons, nos seigneurs.
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