Aux amours de Pétrarque. (R
Troisiesme Livre. 217
Se fléchir pour dueil qu'homme meine, N'a pas mis le mien à mespris, Rappelant la Parque inhumaine Qui ja du Bellay tenoit pris.
Mortes sont les fièvres cruelles Qui rongeoient ses chères mouelles ; Son œil est maintenant pareil Aux fleurs aue trop les pluyes baignent , Envieuses ae leur vermeil , Et qui plus vives se repeignent Aux rayons du nouveau soleil.
Sus, Megret, qu'on chante, qu'on sonne Cest heur que la santé luy donne, Qu'on chasse ennuis, soucis et pleurs, Qu'on semé la place de roses , D'œillets, de lis, de toutes fleurs En ce beau mois de juin écloses.
Où le ciel mire ses couleurs,
Lequel s'égaye et se recrée De te voir sain, et luy agrée Le jour que tu fais dessous luy; Son cours, qui sembloit apparoistre Malade contre toy d'ennuy, Tous deux sains, avez fait cognoistre Vos belles clartez aujourd'hui.
Mais Quoy? si faut-il bien qu'on meure; Rien çà tas ferme ne demeure :
Le roy François vid bien la nuit.
Donc, tandis qu'on ne te menace, Et la Mort boiteuse te fuit, Il faut que ta docte main face Un œuvre digne de ton bruit.
2i8 Odes.
A FRANÇOIS DE LA BROSSE Charrolois.
Ode XV (■).
Puis que d'ordre à son rang l'orage est revenu , Si que le ciel voilé tout triste et devenu , Et la veufve forest bransle son chef tout nu
Sous le vent oui l'estonne, C'est bien pour ce jourd'huy (ce me semble) raison , Qui ne veut offenser la loi de la saison. Prendre à gré les plaisirs que l'amie maison En temps pluvieux donne.
Mais, si j'augure bien, quand je voy pendre en bas
Les nuaux avaliez , mardy ne sera pas
Si mouillé qu'aujourd'huy; nous prendrons le repas
Tel jour nous deux ensemble.
Tandis chasse de toy tout le mordant souci , Et l'Amour, si tu l'as, chasse le moy aussi : Ce garçon insensé au plus sage d'ici
Mille douleurs assemble.
Du soin de l'advenir ton cœur ne soit espoint , Ains, content du présent, dis lui qu'en un seul point N'admire des faveurs qui ne dureront point
Sans culbuter à terre.
Plustost que les buissons les pins audacieux, Et le front des rochers qui menace les cieux Plustost que les cailloux abbaissez à nos yeux ,
Sont punis du tonnerre.
Vien saoul , car tu n'auras le festin ancien Que, prodigue, donna l'orgueil égyptien