‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. publiée sur les textes les plus anciens avec les variantes et des notesChapitre 90 sur 163 · A CUPIDON · texte numérisé non relu

A CUPIDON

Pour punir Jane cruelle.

Ode XVI.

Le jour pousse la nuit, Et la nuit sombre Pousse le jour qui luit D'une obscure ombre.

L'automne suit l'esté,

Et l'aspre rage Des vents n'a point esté

Après l'orage.

Mais la fièvre d'amours Qui me tourmente

Demeure en moy tousjours Et ne s'alente.

Ce n'estoit pas moy, Dieu, Qu'il falloit poindre;

Ta flèche en autre lieu Se devoit joindre.

Poursuy les paresseux

Et les amuse, Et non pas moy, ne ceux

Qu'aime la Muse.

220 Odes.

Helas! delivre-moy De ceste dure,

Qui rit ç^uand plus d'esmoy Void que j'endure.

Redonne la clarté A mes ténèbres,

Remets en liberté

Mes jours funèbres.

Amour, sois le support De ma pensée,

Et guide à meilleur port Ma nef cassée.

Tant plus je suis criant.

Plus me reboute;

Plus je la suis priant.

Moins eir m'escoute.

Ne ma palle couleur.

D'amour blesmie,

N'a esmeu à douleur Mon ennemie;

Ne sonner à son huis De ma guitterre,

Ny pour elle les nuis Dormir à terre.

Plus cruel n'est l'effort De l'eau mutine

Qu'elle, lors que plus fort Le vent s'obstine.

Eir s'arme en sa beauté , Et si ne pense

Voir de sa cruauté La recompen$e.

Monstre-toy le vainqueur, Et d'elle enflamme.

Troisiesme Livre. 221

Pour exemple, le cœur, De telle flame

Qui Biblys alluma,

Trop indiscrète, Et d'ardeur consuma

La royne en Crète.

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