FoMTENELLE, H îstotre du théâtre frctiiçois
XLvi niilUÎTS A PARIS.
Iciiu' Béjart nv si'inblc avoir vie ni très-ardent ni très-durable : leur liaison a toiilo ra])|)arence d'inic association dont le goût des représentations seéniqiies auroit été et le principe et la lin.
Jean-Baptiste Poquelin, en se faisant comédien, changea de nom, comme c'étoit le commun iisag(^ , et adopta celui de Molière. On ne sait ce qui détermina son choix; ce nom de Molière étoit assez répandu : il avoit été porté précédemment par un écrivain aujourd'hui inconnu, mais qui jouissoit alors de quelque réputation, François de Molière, auteur de denj^ romans intitulés l'im la Semaine amoureuse et l'autre Polyxhnc. Un excellent danseur, ordonnateur de ballets, poëte galant, musicien ordinaire de la chambre du roi , qui étoit en renom à cette époque, s'appeloit Louis de MoUier, qu'on écrivoit souvent Molière. Un a fréquemment confondu ce dernier personnage avec le grand comique dont il fut contemporain. A l'époque où nous sommes il ne se doutoit guère sans doute qu'un jeune étudiant qui se faisoit acteur, et qui prenoit un nom qui se rapprochoit du sien, l'elTaceroit complètement et le feroit oublier de son vivant même et à plus foi'te raison dans l'avenir.
Outre qu'il étoit presque passé en coutume de se donner, lorsqu'on montoit sur les planches, une sorte de nom de guerre, Jean-Baptiste Poquelin eut probablement des motifs particuliers d'en agir ainsi. La famille des Poquelin dut voir avec un vif déplaisir le lils aîné, qui avoit reçu une éducation exceptionnelle, renoncer aux professions régulières et embrasser une carrière (jtii, dans les classes bourgeoises surtout, étoit en fort méchant renom. La tradition a conservé le souvenir de l'opposition que firent les parents à ce qu'ils jugeoient une folie. Perrault * raconte que ces parents envoyèrent à l'enfant prodigue un ancien maître de pension pour tâcher de le faire changer de résolution; et il ajoute que Molière, après avoir écouté les représentations de cet ambassadeur, répliqua par une si agréable peinture de la vie de théâtre cju'il séduisit celui qui le