‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., trèssoigneusement rev. sur les textes originaux, avec un travail de critique et d'érudition, aperçus d'histoire littéraire, biographie, examen de chaque pièce, commentaire, bibliographie, etcChapitre 111 sur 266 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

Je |)uis à Trufalciin rendre aisément visite.

ANSELME

A ce que je puis voir, votre douleur vous quitte?

LÉLIE

(Jue dites-vous? Jamais elle ne quittera

Un cœur qui chèrement toujours la nourrira.*

ANSELME

Je reviens sur mes pas vous dire avec franchise

Que tantôt avec vous j'ai fait une méprise;

Que parmi ces louis, quoiqu'ils semblent très-beaux,

J'en ai, sans y penser, mêlé que je tiens faux;

Et j'apporte sur moi de quoi mettre en leur place.

De nos faux monnoyeurs l'insupportable audace

Pullule en cet État d'une telle façon.

Qu'on ne reçoit plus rien qui soit hors de soupçon.

Mon Dieu, qu'on feroit bien de les faire tous pendre!

LÉ LIE

Vous me faites plaisir de les vouloir reprendre; Mais je n'en ai point vu de faux, comme je croi.

ANSELME

Je les connoîtrai bien, montrez, montrez-les-moi. Est-ce tout?

LÉLTE.

Oui.

ANSELME

Tant mieux. Enfin je vous raccroche.

Mon argent bien aimé; rentrez dedans ma poche. Et vous, mon brave escroc, vous ne tenez plus rien. Vous tuez donc des gens qui se portent fort bien?^

* Var.

Un cœur qui chèrement toujours la (jardera (1682).

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