Registre de La Grange, 12 décembre
i'. Voici comment s'exprime Magnon : «Cette protection et le secours cjue vous avez donné à la plus malheureuse et à Tune des mieux méritantes
i.iv ANNKI-S I) A l'IM{ l'NTI SSA(i 1-;.
voyages de Madoleiin' (|iii |)r(''c(''(lèii'iil la loiulalion dr nilnstir Théâtre; maison admetlaiil iiiêini' ((inl en soit ainsi, la troupe n'anroit pas manqué de retourner, après 16/i5, dans une ville où elle pouvoit espérer un si haut patronage. Bien i>lus, il y a lieu de croire qu'elle y revint plus d'une fois, et (pTelle y eut son retour, pendant (pTellc l'aisoit des excursions à travers les pi'ovinces de l'ouest. On l'épète ordinairement, d'après Montes- (piieu, que Molière fit représenter dans cette ville une tragédie de sa composition qui avoit pour titre la Thèhaïclr et qui eut un sort malheureux.^ Le goût prononcé que manifesta longtemps Molière pour -îè sérieux et le tragique vient cà l'appui de cette ?j5sertion. Puis, l'on rapipelle que c'est Molière qui, par la suite, indiqua précisément ce sujet des Frères ennemis au jeune Racine.
Pendant que la troupe ambulante parcouroit ces provinces, de la Normandie à la Guyenne, Scarron, retiré au Mans dans le prieuré que M., de Lavardin, évoque de cette ville, lui avoit accordé, composoit, de 16/j6 à 1652, l'odyssée demi-plaisante, demi-douiuureuse,^ qu'il a intitulée le Roman comique.'^ « Des comédiens étoient alors au Mans, dit l'auteur de sa vie,- et il n'en fallut pas davantage pour mettre son imagination en train. » Cette existence incertaine dont il traçoif le tableau étoit celle que menoit Molière au luênie moment. Cette troupe de
comédiennes, tout le Parnasse vous en est redevable et vous en rend grârc-. par ma bouclie. Vous avez tiré cette infortunée dil précipice où son méritr l'avoit jetéew Elle' ri^est remontée sur le fliéàtre qu'avec cette belle assurance déjouer un jour dignement un rôle dans cette illustre pièce où, sous des noms empruntés, on va représenter une pai-tie de votre vie.» On ne sait quelles infortunes Magnon rappelle" ici; mais les revers ne manquèrent pas sans doute à IN'pideleihé ^éj|irt, an moins dans les commencements de sa carrière. *
1. Le mot com/(7Me avoit un siins.plus précis qu'il ne l'a aujourd'hui et désignoit d'ordinaire ce qui tient au théâtre et à la comédie. On a vu le titre de la pièce de Corneille : l'Illusion comique, qu'il faut entendre: l'illusion produite par la scène. Le Roman comique n'est de mèrçc que le roman des comédiens.