‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., trèssoigneusement rev. sur les textes originaux, avec un travail de critique et d'érudition, aperçus d'histoire littéraire, biographie, examen de chaque pièce, commentaire, bibliographie, etcChapitre 19 sur 266 · Mercure de France, mai · texte numérisé non relu

Mercure de France, mai

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ariinilaiioii, ([lU' par des etïoi'ls conUiuiols (|iii lui c'aii.s("'iviU un ho(iU(i qu'il a conservé jusqu'à la ;nort et dont il savoit tirer parti en certaines occasions. Pour varier ses inllexions^ il mit le premier en usage certains tons inusités qui le firent accuser d'un peu d'affectation, mais auxquels on s'accoutuma. » Molière acteur avoit accompli ])ar conséquent, pendant ces années d'apprentissage, im violent travail sur lui-même; il avoit vaincu les plus grands obstacles; il asoit étudié les maîtres les plus renommés de son temps, et il s'étoit, à force de persévérance, approprié les qualités de leur débit et de leur jeu. C'est ce que de Villiers, dans la Zélinde, ne néglige pas de relever aussi: <( Si vous voulez tout de bon jouer Élomire, dit-il, il faudroit dépeindre un homme qui eust dans son habillement quelque chose d'Arlequin, de Scaramouche, du Docteur, et de Trivelin ; que Scaramouche lui vùit redemander ses démarches, sa barbe et ses grimaces; et que les autres luy vinssent en mesme temps demander ce qu'il prend d'eux dans son jeu et dans ses habits. » 11 ne lui suffit pas de se former lui-même à l'art du comédien , il lui fallut créer une troupe qui devînt entre ses mains un instrument intelligent et docile. « Vrai poëte de drame, dit M. Sainte-Beuve, ses ouvrages sont en scène, en action; il ne les écrit ])as, pour ainsi dire, il les joue. » 11 ne sépare pas la composition de la représentation ; ses acteurs et ses actrices sont pour lui ce que les couleurs sont jKjur le peintre, ce que le marbre est pour le sculpteur. 11 travaille avec eux ; il leur applique ses rôles. « Molière a le secret, dit un contemporain,* d'ajuster si bien ses pièces à la portée de ses acteurs qu'ils semblent être nés pour tous les personnages qu'ils représentent. Sans doute qu'il les a tous dans l'esprit quand il compose. Ils n'ont pas même un défaut dont il ne prolitc ([uelquefois, et il rend originaux ceux-là même qui sembleroicnt devoir gâter son théâtre.» Il identifie ses personnages et ceux qui les jouent, sans toutefois sortir des caractèi^s généraux qui ont seuls une

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