Mercure de France, mai
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ariinilaiioii, ([lU' par des etïoi'ls conUiuiols (|iii lui c'aii.s("'iviU un ho(iU(i qu'il a conservé jusqu'à la ;nort et dont il savoit tirer parti en certaines occasions. Pour varier ses inllexions^ il mit le premier en usage certains tons inusités qui le firent accuser d'un peu d'affectation, mais auxquels on s'accoutuma. » Molière acteur avoit accompli ])ar conséquent, pendant ces années d'apprentissage, im violent travail sur lui-même; il avoit vaincu les plus grands obstacles; il asoit étudié les maîtres les plus renommés de son temps, et il s'étoit, à force de persévérance, approprié les qualités de leur débit et de leur jeu. C'est ce que de Villiers, dans la Zélinde, ne néglige pas de relever aussi: <( Si vous voulez tout de bon jouer Élomire, dit-il, il faudroit dépeindre un homme qui eust dans son habillement quelque chose d'Arlequin, de Scaramouche, du Docteur, et de Trivelin ; que Scaramouche lui vùit redemander ses démarches, sa barbe et ses grimaces; et que les autres luy vinssent en mesme temps demander ce qu'il prend d'eux dans son jeu et dans ses habits. » 11 ne lui suffit pas de se former lui-même à l'art du comédien , il lui fallut créer une troupe qui devînt entre ses mains un instrument intelligent et docile. « Vrai poëte de drame, dit M. Sainte-Beuve, ses ouvrages sont en scène, en action; il ne les écrit ])as, pour ainsi dire, il les joue. » 11 ne sépare pas la composition de la représentation ; ses acteurs et ses actrices sont pour lui ce que les couleurs sont jKjur le peintre, ce que le marbre est pour le sculpteur. 11 travaille avec eux ; il leur applique ses rôles. « Molière a le secret, dit un contemporain,* d'ajuster si bien ses pièces à la portée de ses acteurs qu'ils semblent être nés pour tous les personnages qu'ils représentent. Sans doute qu'il les a tous dans l'esprit quand il compose. Ils n'ont pas même un défaut dont il ne prolitc ([uelquefois, et il rend originaux ceux-là même qui sembleroicnt devoir gâter son théâtre.» Il identifie ses personnages et ceux qui les jouent, sans toutefois sortir des caractèi^s généraux qui ont seuls une