‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., trèssoigneusement rev. sur les textes originaux, avec un travail de critique et d'érudition, aperçus d'histoire littéraire, biographie, examen de chaque pièce, commentaire, bibliographie, etcChapitre 20 sur 266 · Promenade de Saint-Cloud. par Guéret · texte numérisé non relu

Promenade de Saint-Cloud. par Guéret

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vitalité durable. S'il fait allusion à la rutondité do Dupai'c Gros- René, à la claudication de Béjart jeune, ce n'est qu'en passant et parce qu'il voit son personnage avec les attributs physiques de l'acteur; mais il n'en fait pas un ressort de son invention comique. De môme, il a soin, autant que possible, de placer chacun dans son nalui'el et dans sa situation morale; on lui voit donner les rôles débonnaires et conciliants à M"^ Debrie, les rôles de coquette à Ar-maiide Béjart, les ferrailleurs à Debrie, etc. Il cherche, pour les mettre en face l'un de l'autre dans des rôles hostiles, ceux qui précisément ne s'aiment point; et il tâche d'obtenir une semblable harmonie lorsqu'il s'agit d'exprimer des sentiments plus doux. 11 utilise les qualités, les défauts, les passions mêmes de chacun de ses compagnons, et il leur donne ainsi une valeur qu'ils n'auroient pas eue sans lui, et ([u'ils perdent lorsqu'ils le quittent, (c On a vu par son moyen, dit Segrais, ce qui ne s'étoit pas encore vu et ce qui ne se verra jamais: c'est une troupe accomplie de comédiens, formée de sa main, dont il étoit l'âme et qui ne peut avoir de pareille. )> Quelles peines dut lui coûter la formation d'un tel groupe! conjbien il lui fallut d'énergie et d'opiniâtreté pour discipliner ces camarades qui deviennent si aisément des rivaux, et sur lesquels il n'avoit d'autre autorité que celle de la volonté, de la supériorité intellectuelle et de l'adresse! Ce qu'il dépensa de forces pour dominer cette troupe d'artistes dont plusieurs, surtout dans le genre sérieux, étoient plus que lui accueillis et ilattés par le public, pour (( l'obliger à porter son nom,^ » c'est ce qu'on n'imaginera pas sans doute aisément, si l'on ne se rappelle que le gouvernement d'une telle association a toujours passé pour plus difficile que celui d'un empire. Ici-' encore, si l'on veut se rendre compte de ces luttes et de ces efforts, les ennemis de Molière ne seront pas consultés sans profit : on aura une idée des plaintes, des querelles, que le directeur, même parvenu à son plus haut point de renommée, avoit

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