‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., trèssoigneusement rev. sur les textes originaux, avec un travail de critique et d'érudition, aperçus d'histoire littéraire, biographie, examen de chaque pièce, commentaire, bibliographie, etcChapitre 195 sur 266 · ACTI- I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTI- I, SCÈNE II

M.VRIXETTE.

Tout proche du marché, Où vous savez.

KRASTE.

Où donc?

MARINETTE

Là... dans cette boutique Où, dès le mois passé, votre cœur magnifique Me promit, de sa grâce, une bague. ^

ÉRASTE

Âh! j'entends.

GROS-RENÉ

La matoise!

ÉRASTE

Il est vrai, j'ai tardé trop longtemps A m' acquitter vers toi d'une telle promesse. Mais...

MARINETTE

Ce que j'en ai dit n'est pas que je vous presse.

GROS-RENÉ

Ho ! que non î

ERASTE lui dorme sa bague.

Celle-ci peut-être aura de quoi Te plaire ; accepte-la pour celle que je doi.

MARINETTE

Monsieur, vous vous moquez, j'aurois honte à la prendre.

GROS-RENÉ

Pauvre honteuse , prends sans davantage attendre ; Refuser ce qu'on donne est bon à faire aux fous.

i. Le secret de cette longue énumération de lieux que Marinette dit, au commencement de la scène, avoir parcourus, se découvre ici. On ajustement fait remarquer le naturel de ce dialogue.

Ifi6 l-K HKPIT A MOT H Kl'X.

M AUIM'J Ti:.

(le s(M'a j)oiir i^anh^- ([iR'hjue chose tle vous,

KUASTK.

(hiaiid puis- je rendre grâce à cet ange adorable?

MARINETTE

'ri-a\aillez à vous rendre un père favorable.

ÉRASTE

Mais, s'il me rebutoit, dois-je...?

MARrXETTE.

Alors comme alors; Pour vous on emploiera toutes sortes d'efforts. D'une façon ou d'antre il laut qu'elle soit vôtre : Faites votre pouvoir et nous ferons le nôtre.

ÉRASTE

Adieu, nous en saurons le succès dans ce jour.

(Krastfi relit, la lettru tout bas.) MARIN' ET TE, à Gros- René.

Et nous, que dirons -nous aussi de notre amour? Tu ne m'en parles point.

GROS-RE\É

V,n hymen qu'on souhaite Entre gens comme nous est chose bientôt faite. Je te veux: me veux-tu de même?

MARTXETTE.

Avec plaisir.

CtRos-rext;.

Touche, il suffît.'

MARINETTE

Adieu, Gros- René, mon désir.

I. Voilà fo qui s'appelle allei' rondement en unioiii'. 11 étoit impossible de mieux établir le contraste entre les deux couples qui occupent la scène. Dans une roni<''dio do Rntron intitnl(''p Jn Sœur, jouée en 1645, deux valets

ACTK I. Sr.ÉXK H I. 167

GROS-KKM-;.

Adieu, mon asti'e.

M A RINKTTE.

Adieu, beau tison de ma flamme.

OROS-RENK.

Adieu, chère comète, arc-en-ciel de mon âme.

( Marinette sort.)

Le bon Dieu soit loué, nos affaires vont bien; \lbert n'est pas un homme à vous refuser rien.

KRASTK.

Valère vient à nous.

GROS-RENK.

Je plains le pauvre hère,* Sachant ce qui se passe.

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