ACTE I, SCENE IV
Mais d'où diantre, après tout, avez -vous su la ruse?
Car cet engagement mutuel de leur foi
N'eut pour témoins, la nuit, que deux autres et moi;
Et l'on croit jusqu'ici la chaîne fort secrète.
Qui rend de nos amants la flamme satisfaite.*
ÉRASTE
Hé! que dis -tu?
Je dis que je suis interdit.
Et ne sais pas, monsieur, qui peut vous avoir dit Que sous ce faux semblant, qui trompe tout le monde En vous trompant aussi, leur ardeur sans seconde D'un secret mariage a serré le lien.
ÉRASTE
Vous en avez menti.
MASCARILLE
Monsieur, je le veux bien.
ÉRASTE
Vous êtes un coquin.
MASCARILLE
D'accord.
ÉRASTE
Et cette audace Mériteroit cent coups de bâton sur la place.
MASCARILLE
Vous avez tout pouvoir.
ÉRASTE
Ah! Gros -René!
1. Ce Mascarille n'est plus à coup sûr le serviteur de Lélie, ou bien il auroit pris quelque chose de Tétourderie de son ancien maître. Nous avons fait ressortir, dans la notice préliminaire, la différence que présentent entre eux les deux premiers Mascarille.
174 LE I)K l'IT AAIOl H KUX.
(;k(>s-hi;nk.
Monsieur.
ÉRASTE
.le démens un discours dont je n'ai que trop peur.'
( A Mascanlle.)
Tu penses fuir.
MASCAUILLE.
Nenni.
EKAS TE.
Quoi! Lucile est la reimne,...?
MASCARTLI.E.
INon, monsieur, je raillois.
Ah ! vous railliez , infâme !
MASCARILLE
Non, je ne raillois point.
ÉRASTE
Il est donc vrai?
MASCARILLE
Non pas.
.le ne dis pas cela.
Que dis -tu donc?
Hélas !
.le ne dis rien, de peur de mal parler.
Assure
Ou si c'est chose vraie, ou si c'est imposture.