‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., trèssoigneusement rev. sur les textes originaux, avec un travail de critique et d'érudition, aperçus d'histoire littéraire, biographie, examen de chaque pièce, commentaire, bibliographie, etcChapitre 228 sur 266 · Feindre, déguiser, dissimuler · texte numérisé non relu

Feindre, déguiser, dissimuler

Mon nom je lui feignis

(ScARRON, Jodelet ou le Mailre -Valet.)

2. De votre conduite, de vos projets, de vos arrangements de famille.

3. Ne ramentevons rien, liainentevoir signifioit : remettre en l'esprit, rappeler à la mémoire.

<c Cette opinion me ramentoit l'expérience que nous avons. » (Montaigne, II, 12.)

Cela ne sert à rien qu'à me ramentevoir Que je n'y verrai plus ce que j'y soulois voir. (Racan, l' Absence.)

Je lui fis contempler dans un certain miroir Tout ce qu'il vient ici de vous ramentevoir.

(D'OuviLLE, Jodelet axtrotogur.)

Le mot commenroit à vieillir. Ce n'est pas sans dessein que Molière met

216 l.H nftPIT A MOUHKUX.

Par la solennité d'une heureuse alliance.

ALBERT, à part.

i) Dieu! quelle méprise! et qu'est-ce qu'il m'apprend? Je rentre ici d'un trouble en un autie aussi grand. Dans ces divers transports je ne sais que répondre, Et, si je dis un mot, j'ai peur de me confondre.

POLIDORE

A quoi pensez- vous là, seigneur Albert?

AIUERT.

A rien.

Remettons, je vous prie, à tantôt l'entretien. Un mal subit me prend, qui veut que je vous laisse.^

dans la bouche, de Polidoro ces mots un peu surannés : ils révèlent son âge , comme l'avis prudent qu'il exprime indique son expérience du monde.

\. On s'accorde à regarder cette scène comme une des meilleures de notre théâtre. Quoi de plus dramatique, de plus comique, c'est-à-dire de plus vrai et de plus plaisant à la fois, que ces deux vieillards qui se redoutent mutuellement, parce que chacun d'eux ayant un tort à réparer envers l'autre croit que celui-ci en est instruit; qui se demandent simultanément pardon, au grand étonncment de tous deux; et dont l'un, averti enfin de son erreur et ayant peur de se trahir lui-même s'il dit un mot de plus, feint un mal subit pour pouvoir se retirer aussitôt?

Cette scène est faite et filée, si l'on nous passe le mot, avec un art admirable. Albert et Polidore, jusqu'au moment où celui-ci parle de Lucile et d(! sa faute, disent exactement ce qu'ils doivent dire et comme il le faut dire, chacun d'après l'idée qui l'occupe en particulier. Leurs discours ne semblent nullement concertés par le poëte de manière à produire et h prolonger la méprise de l'un et de l'autre, et ainsi la vraisemblance du quiproquo n'existe pas, comme on le voit si souvent, aux dépens de la vérité du dialogue. D'ailleurs ce dialogue, vif et serré, où les interlocuteurs se répondent vers pour vers, hémistiche pour hémistiche, est d'une perfection dont Corneille seul avoit offert jusque-là quelques exemples dans ses belles tragédies.

Les deux vieillards de la pièce italienne, Pandolfe et Richard, dans la même situation respective, ont ensemble un pareil entretien. Mais on ne trouve dans l'œuvre de Secchi ni la môme vivacité ni le même esprit. Le dialogue est diffus et traînant. Tout s'explique assez longuement entre les deux vieillards, et celui qui est le père des deux filles se retire tranquillement, en promettant de venir donner la réponse dans une heure.

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