ACTE V. SCÈNK III
JIASCARILLE.
Acceptez -les, monsieur.
VALJiKE.
C'est trop de complaisance.
LA RAPIÈRE
Le petit Gille encore eût pu nous assister, Sans le triste accident qui vient de nous l'ôter. Monsieur, le grand dommage ! et l'homme de service ! Vous avez su le tour que lui fit la justice; Il mourut en César; et, lui cassant les os. Le bourreau ne lui put l'aire lâcher deux mots.
VALÈRE
Monsieur de La Rapière, un homme de la sorte Doit être regretté; mais, quant à votre escorte,' Je vous rends grâces,
LA RAPIÈRE
Soit; mais soyez averti Qu'il vous cherche, et vous peut faire un mauvais parti.
VALÈRE
Et moi, pour vous montrer combien je l'appréhende, Je lui veux, s'il me cherche, offru- ce qu'il demande,
cjue reiil'ermc cette pièce du Dépit amoureux. Cette scène s'explique par les coutumes de l'époque et par les circonstances au milieu desquelles le Dépit amoureux fut joué d'abord;: « Un des meilleurs services qu'avoit rendus le prince de Coati aux États dé Montpellier, dit M. Bazin, étoit d'avoir obligé, non sans peine, la noblesse de Languedoc à souscrire la promesse d'observer les édits du roi contre les duels. Cette disposition pacifique contrarioit singulièrement ( cotnme,le l'emarque Loret, lettre du 0 février 1055) les gentilshommes à maigre pitance qui se faisoient un i-evenu de leur assistance dans les rt'ncontres meurtrières. » Molière vcnoit en aide au prince' en déversant le mépris sur ces spadassins. La leçon ne pouvoit être trop forte, quand il s'agissoit d'attaquer un abus à la fois si enraciné et si monstrueux.
I. Ce vers et les sept qui le précèdent étoicnt supprimés à la représentation, ainsi qu'il est marqué dans l'édition de 168*2. On s'explique parfaitement «•ette suppression, lorsque la satire n'eut plus sa première opportunité.
♦oS LK l)K IMT A M OU HKUX.
Et par toute la ville aller présentement, Sans ptro accompagné que de lui seulement.