I. Antiquitrs de Paris, t. III, p. M
nu Tll i'-:ATHI-: DK MOMKRE. cvm
ne sont point au-dessus des acteurs. Mais parce qu'avec quatre ou cinq pouces de hauteur il n'y auroit pas eu moyen de s'asseoir dessus , on y rangeoit des formes * qui n'occupoient qu'une partie, afin de pouvoir passer par derrière; je laisse là les auti'es commodités qui s'y trouvent. Au reste, lorsque ce théâtre fut rendu au public, on couvrit ces degrés, qui pourtant ne sont pas si bien 'cachés qu'en entrant on n'en aperçoive une partie.-»
Molière avoit bien fait de marquer par deux triomphes éclatants les deux années qu'il venoit de passer à Paris. Il est douteux que la troupe fût sortie sans cela du pas scabreux' où elle se trouva tout à coup jetée. La réputation qu'elle s'étoit acquise et l'habileté de Molière la sauvèrent; elles lui ouvrirent d'abord les portes du Louvre. Les comédiens, après la fermeture de la salle du Petit-Bourbon, furent admis à jouer au Louvre trois fois de suite, les 16, 21 et 26~octobre. Le 26, ce fut chez le cardinal Mazarin que la représentation eut lieu. Ce ministre, de qui l'on disoit qu'il conservoit sa puissance bien avant dans la mort ou , selon le mot de Fuen Saldagne : Représenta muy bien eso defuiito cardenal, «voilà un cardinal mort qui représente très-bie^, » Mazarin, toujours paré magnifiquement, étoit étendu sur une chaise longue ou plutôt sur un lit de parade. Le roi assistoit incognito à la comédie; ce jeune prince, qui plus tard disoit du vieux ministre : (( S'il eût vécu plus longtemps, je ne sais ce que j'aurois fait, » s'appuyoit au dossier de la chaise du cardinal ; de temps en temps il rentroit dans un grand cabinet qu'on voyoit derrière. Autour de la chambre étoient rangées les reines et les dames de la cour dans le brillant appareil que les Mémoires nous décrivent. Le sieur Molière et sa troupe, appelés pour distraire un instant cette fastueuse agonie,