‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., trèssoigneusement rev. sur les textes originaux, avec un travail de critique et d'érudition, aperçus d'histoire littéraire, biographie, examen de chaque pièce, commentaire, bibliographie, etcChapitre 89 sur 266 · I.Kr.TF · texte numérisé non relu

I.Kr.TF

.le pensois faire bien.

\i A se. A m 1.1, H.

Oui, c'étoit fort l'entendre.

Mais quoi ! cette action ne me doit point surprendre : Vous êtes si fertile en pareils contre-tem])s,' Que vos .écarts d'esprit n'étonnent plus les gens.

LKLTE.

\b, mon Dieu! pour un rien me voilà bien coupable! Le mal est-il si grand qu'il soit irréparable'? Rnfin, si tu ne mets Célie entre mes mains, Songe au moins de Léandre à rompre les desseins: Qu'il ne puisse acheter avant moi cette belle. De peur que ma pi'ésence encor soit criminelle, Je te laisse.

MASCARTLI.E, seul.

Fort bien. A dire vrai, l'argent Seroit dans notre affaire un sûr et fort agent; Mais ce ressort manquant, il faut user d'un autre.

1. Les deux titres de la pièce, l'Étourdi ou les Contre-Temps, se trouvent ingénieusement indiqués et expliqués dans ces quelques vers de Mascarille.

-26 LKTOr UDl.

SCEM< VI.

ANSKLMK. M VSCAHILI.E.

\ Nsi: i.M i:.

Viw mou clicr. ('"est mi siècle éli';iii<j,(' ((iie le iiùti'c! ïi'U suis coulus. .laïuais l;nit d'iiuioiu' poiu' le bicu, Kt jaiuais tant (h' pciuc à retirer le sieu ! ' Les dettes aujourd'hui, (juel(|ue soin qu'un emploie. Sont comme les enfants, que l'on conçoit en joie, l"]l dont a\ecr|ue ])eine on fait raccoucliement. l/ar^ent dans une bourse entre agréablement : Mais, le terme venu que nous devons le rendre, C'est lors que les douleurs commencent à nous prendre, lîaste ! ce n'est pas ])eu que deux mille IVancs, dus Depuis deux ans entiers, me soient enlin lendus: Kncoi'e est-ce un boidieur.

.MAS(; \ ni I.I.F. , M pari les (nintre jireniirrs vci's.

0 Dieu ! la l)elle proi(^ \ tirer en Noiaiit! (^liut, il faut que je voie Si je pouri'ois un peu de près le caresser. .le sais bien les discours dont il le faut bercer... .le viens de voir, \nselme...

Kt qui?

1. Dans la Moslellaria (le Rovonant) de Plante, rnsurior Danista outre en scène de la même manière, en se; plaitinant d(; la duroté des temps :

Scilesliorem cr/o animm (mjenlo fefûhri .Xnn'pu'.m iillam vidi , tpinm hic milii rinnu^i ohlir/it. A nmiie ad noclcin iis'iun in foro dvyo diein , l.ociire ari/cnti ncmini iiniiiininn c/iico., .

» Je n'ai pas encore \ii d'nnnr'e plus diHestabU; que celle-ci pour un usurier. Du matin jusques au soir, je passe la jourrK'e siu* la place , et je ne trouve pas à prêt^r un ('•eu.»

ACTK I, SCKNK Vl. il

M ASC \ Kl I.I.K.

Votre Nériiic.

A^sI:I.Ml:.

Que dit-oUe do moi, cette gente^ assassine?

\l A se, A Kl 1,1,1. .

Pour vous elle est de llaiiinie.

A\s];i,Mr,.

Kl le?

M A se A Kl 1,1.!..

Va vous aime taiil , ()ue c'est f2;i'aii(le pitié.

A\SI. i.M i;.

Que lu me rends content !

M A se A Kl i.i.r,.

Peu s'en faut que d'amour la pauvrette ne meure. Anselme, mon mignon, crie-t-elle à toute heure. Quand est-ce que l'hymen unira nos deux cœurs, Kt que tu daigneras éteindi-*! mes ardeurs?

Mais pourquoi jus([u'ici me les avoir celées? Les filles, par ma loi, sont hieii di.ssimulées! Mascarille, en elVet, qu'en dis-tu? cpioique vieux, J'ai de la mine encore a.ssez pour plaire aux yeux.

M ASC A 1! 1 i.i.i;.

Oui, vraiment, ce visage est encor fort mettable; S'il n'est pas des i)lus beaux, il est des-agréable.-

1. Cent, gente ne veut pas din* gentille, (a; mot (exprime à la fois la l(''g(''reti'; dans la taille, la propreté et ri''légancc dans' les vêtements. La Bruyère regrcttoit la perte de ce mot aver d'autant i)]us de raison qu'aucune expression ne le remplace dans notre langue. (A. Ma utin.) On trouve cpielques archaïsmes dans le rôle d'Anselme : çjente, prou, par mon chef! tant Molière a soin de varier et de dater en quelque sorte le langage de ses pei'sonnâges.

2. Oiiolibeî, jeu de mots, rominf on n'en troiivi' qu'un foi't petit lumibre

*s i.KTornni.

A \si; IM K.

Si l)i(Mi (loue... ?

M \ se V U I l.l.l-. \,.|it )ircmiio la luiursi'.

Si bien dniic ((irellc fsl sollc de \oiis, \e vous ron;ar(l(^ plus...

A \Si;i,ME.

Quoi ?

M VSC. \ lil I.I.K.

()up coDinu' lui époux ; Et vous veut...

\ Nsi: i.Mi:.

Kt lue veut... ?

M ASC \ Hl LI.F..

Kt ^ous veut, quoi ffu'il tienne, Prendre la l)ourse...

A \Si: I.ME.

La...?

M \ S(' \ R 1 f. I. K prond la bourse et la lai.s.sc tomber.

La bouche avec la sienne.'

ANSE LMK.

Ml ! je t'entends. Viens cà : loi-scfue tu la verras, Vante-lui mou mérite autant (\\w tu poui'ras.

Laissez-moi faire.

ANSELME

\dieu.

\l \ se \ ni LEE, ;i part.

Que le ciel te conduise ! *

Var. f Haut). Que le ciel vous conduise! ( 1082 ).

dans Molièrf. Celui-ci a l'té plus fn'qucmmfnt n''pét('' dans le monde que lo vers rf-nfermant la plus belle pensi'-e.

I. Autre jeu de mots, plus crrnssicr que le prrT(''drMit et moins lolrrahle.

ACTI- I. SCKXK VI. 29

\ \ s Ji LM E , ruvuuant.

Ail, xniiiiiL'iit 1 je l'aisois une étrange sottise, Kl tu pouvois pour toi iir;u-cuser de froideui'. Je t'engage à s<'i-\ii- mon amoureuse aitleur, Je reçois par ta bouche une boinie nouvelle, Sans du moindre pi'ésent récompenser ton zèle î Tiens, tu te souviendras...

M VSC A Kl 1.1. K.

Ah ! non ])as, s"ii vous plaît.

A\SK I.M r.

Laisse -moi...

MASCAHILI.K.

Point du tout. J'agis sans intérêt.

Je le sais; mais [)ourtant...

MASCAUI I, l.E.

Non, Anselme, vous dis-je; Je suis homme d'honneur, cela me désoblige.

ANSELME

Adieu donc, Alascarille.

MAS'CARILLE, a puit.

0 long discours 1

A \ S E L M E , revenaul .

Je veux Régaler par tes mains cet objet de mes vteux ; Kt je vais te donner de ({uoi faire pom- elle L'achat de quelque bague, ou telle bagatelle (^)ue tu trouveras bon.

ISon, laissez votre argent :

Sans vous mettre en souci , je ferai le présent ; Et l'on m'a mis en main une bague à la mode,

i; KTor UDi

(hiapir^ vous |)ayt'rez, si ccui raccoiiiinodi'.

\ NSKI.Mi:.

Soit : (loiine-la i)()tir moi : mais surtout lais si bien (Ju'clle garde toujours l'ardeur d(> me voir sien.^

SCKNE Ml.

LKLIK, ANSKLME, M ASCAH I LLK.

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