‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 2)Chapitre 100 sur 356 · POUR LA NATIVITÉ · texte numérisé non relu

POUR LA NATIVITÉ

fifinemfmiîi^yt Qu! est celle-cy qui monte do désert comme une verge de fumée, qui sort de la myrrhe, de Tencens et de toutes sortes de poudres, de parfums tres-odoriferants? et la considérant de plus près, tous ravis d'admiration et dVstoiinemcnt : Quœ ent iêta quœ progreditur, quasi aurora eonsurgens, pulchra ut luna, eleeta «1 #o/, terribilis ut castrorum aeies oriinata{i)*^ Qui est cello-cy, disent-ils, qui chemine comme Taurore à son lever, belle comme la lune, choisie comme le soleil , terrible comme un baliiillon de soldats bien rangez? Cette fille n'est pas eneore glorifiée , mais la gloire lu y est pronise , elle l'attend , non en espérance comme les autres , mais en asseurance : et ainsi ces esprits célestes , tout surpris d*admiration , vont poursuivant à raconter 188 louanges. Ei cependant cette saincte Vierge est dans son berceau practiquant toutes les vertus , mais d'une façon tresidmirable, celle du renoncement du monde. Considerez-la, je vous prie, parmy ces applaudissemens , loiianges et exaltations angeiiques. Et voyez combien , nonobstant tout cela , elle se tient humble et rabaissée , ne voulant paroislre qu'un petit enfant comme les autres, quoy qu'elle eust l'usiige parfaict de la raison dès l'initant mesnie de sa conception.

01 quant à nous autres chetives et misérables créatures , nous sommes conceus dans le ventre de nos mères, et naissons an monde en la plus grande misère qu'on lepuisse imaginer; car non-seuk>ment en Bostre naissance, mais encore pendant Bostre enfances , nous sommes comme des bestes privées de raison, de discours et de jugement : mais il n'en a pa^ esté ainsi de Mstre glorieuse Mai^lresse. Aristotc parlant des abeilles dit qu'elles nuis.-ent comme de petits vers, après quoy les aisles commençant à leur croistre, on les appelle nymphes, puis enfin par l'accroissement Ittrfaict de leurs aisles , elles deviennent abeilles, et alors elles vont volant sur les flearspour en tirer le miel; mais leur roy ne naist pas de la sorte, ains il naist en sa perfection avec la couronne sur la teste ]N)ur marque de sa royauté : de mesme BOUS autres misérables pécheurs naissons

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tous comme des petits vers, c'est-à-dire, impuissans, foibles et privez de raison. Mais la Sle Vierge comme nostre reyne est née comblée et couronnée de toutes sortes de grâces , et arec l'usage parfaict de la raison : c'est pourquoy dès sa saincte nativité elle practique toutes les vertus en un très-haut degré de perfection.

Je trouve trois sortes d*enfans qui ont eu Tusage de la raison avant leur naissance, mais difi'eremment. Le premier est S. Jean-Baptiste qui fut sanctifié dans le ventre de sa mère, où il connut Nostre- Scigneur, tressaillit de joye à sa venue, l'adora et l'ayma ; et cet usage de raison ne luy fut point esté, car Dieu fait ses dons absolument, et sans aucune revoaition , et quand il donne sa grâce à une ame il la luy donne pour tousjours, et ne la luy este jamais si elle ne la veut perdre elle-mesme; ainsi en est-il de ses autres dons , qui ne nous sont jamais estez si ce n'est par nos démérites. S. Jean eut donc tousjours l'usage de raison depuis qu'il fut sanctifié. Le deuxiesme enfant fut Nostre-Sauveur et souverain Maistre; ô certes 1 il estvray qu'il eut l'usage de la raison dès l'instant de sa conception , d'une manière très-excellente, d'autant que sa tres-saincte ame jouyssoit de la claire vision de la divinité , avec laquelle elle fut unie des le moment de sa création. Le Iroisiesme enfant fut la sacrée Vierge, qui tient le milieu des deux : elle n'eut pas l'usage de la raison comme Nostre-Seigneur qui l'eut d'une manière souverainement parfaicte , à cause de l'union de son ame avec la divinité; neantrnoins elle l'eut en une façon beaucoup plus excellente que S. Jean , parce qu'elle estoit choisie pour une dignité plus grande que n'estoit celle de ce glorieux sainct, qui aevoit naistre seulement (>ourestre précurseur du Fils de Dieu, mais la siicrée Vierge devoit estre sa Mère, qui est une dignité si excellente, qu'elle surpasse infiniment tout ce qui pourroit s'en dire ou penser : et il n'y a jamais eu ange, chérubin, ny séraphin, à qui le Fils de Dieu aye dit : Vous estes ma mère , cela n'estant deu qu'à cette seule Vierge qui l'a porté neuf mois dans son ventre sacré. Et cependant qui ne s'estonnera de la voir dans ce berceau , si comblée de grâces, ayant Tu-

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sage parfaict de la raison , estant capable de connoissancc et d*anf)our, discourant et adhérant à Dieu ; et en cette adhésion , vouloir eslre tenue' et traitlée comme un petit enfant, se«rendant en toutes choses semblable aux autres, avec un tel déguisement que toutes les grâces qui residoicnt en elle n*estoient point connues?

Certes les enfans sont agréables en leur Innocence, car ils n'elTeciionnent rien, ils ne sont attachez à rien , ils ne sçavent ce que c'est de ces points d'honneur et de réputation , ny des mespris ; ils font autant d*estiit du verre que du cryslal , du cuivre que de l'or, d'un faux rubis que d'un fin ; ils quittent volontiers des choses précieuses pour une pomme : tout cela est aymable aux cnfans , mais il n'est pas admirable , d'autanl qu'ils n'ont pas encore l'usago de la raison pour pouvoir faire autrement. Mais la Ste Vierge , qui paroissant Î)elit enfant, avoit neantmoins Pusa^^e de a raison et du discours aussi parfaictemcnt que quand elle mourut; et nonobsUml cela, ne pas laisser de fa ire tout ce que les enfans font. 0 Dieu 1 c'est une chose qui est non seulement aymable, ains encore tres-admirable, et qui nous fait bien voir comme elle avoit de&jà parfaictement renoncé à tout ce qui e.<toit de la gloire, du faste et appareil du monde.

Le second renoncement (|u'il nous faut apprendre de cette Ste Vierge est celui de la chair : or il n'y a point de doute que ce renoncement ne soit plus difficile que le premier, aussi est-il d'un degré plus haut. Plusieurs quittent le monde et en retirent leurs affections , lesquels ont bien de la peine de se défaire de la chair : et pour ce le grand apostre nous adverlit de nous donner garde de cet ennemy, qui ne nous quitte jamais qu'à la mort. Gardez, dit-il, qu'il ne vous séduise. Qui est cet ennemy duquel l'apostre |)arle? sinon la chair que nous portons tousjours avec nous ; soit que nous beuvions , que nous mangions , ou doi mionà, tou^jou^s elle nous accompagne et tasche de nous tromper; il est certain qu'elle est la plus déloyale et perfide ennemie que nous nous puii^sions imaginer, et le continuel renoncement qu'il en faut faire ebt bien diÛicile. C'cbt (Kurqut.y il faut , mes chères .^œurs , avoir bon courage , pour entreprendre ce coml)at; et pour

nous y animer, il faut jetter las yeux avr nostre souverain Maistre , et sur nostte glorieuse Maistresse la sacrée Vierge.

Mais quant à Nostre-Seigneur, 6 ooicbien a-t'il fait excellemment cette abneg^ition de la chair! certes toute sa très* saincte vie n'a esté qu'une continue^emo^ tification ; et quoy que sa chair tres-sacrée n'eust aucune rébellion , et fust entièrement soumise à l'esprit, si est-ce qu'il n'a pas laissé de la morliiier pour nous donner exemple , et nous enseigner comme nous devons traitter la nostre qui répugne last à Tesprit, nous donnant pour leçon , que nous ne transformions point nostre esprit en la chair, pour puis après mener une vie brutale et non humaine, maisplustostque nous transformions nostre chair en esprit, pour mener une vie toute spirituelle et divine. C'est à quoy l'on arrive par le moyen de l'abnégation et mortification. Donc si Nostre Seigneur a traittési rudement sa chair trcs-saincte, qui n'avoil aucune mauvaise inclination, que ne devons-nous faire nous autres, qui en avons une si traistrcsse et si maligne? Refuserons* nous delà moi^ tirier{iour l'assujettir a l'esprit, voyant œ qu'a fait nostre souverain Seigneur et Mai.^tre? serons-nous des soldats lasches et sans courage ?

0 combien la sacrée Vierge a-t'elle fait parfaictement ce renoncement de la chair dès sa saincle nali\ ilé dans son berceau et pendant son enfance 1 II est vray que les enfans en leur bas aagc font mille actes de renoncement; car on leur en fait faire à toutes rencontres , et le grand soin que l'on a d'eux fait que Ton ne suit quasi jamais leurs affections et inclinations : voyez , je vous prie, ces pauvres petits enfans, ils veulent estendre leurs petits bras , et l'on les leur replie ; ils veulent manier leurs p^ lits pieds, etlon leur lie avec des bandelettes; ils veulent voir le jour, et on les couvre afin qu'ils no le voient pas ; ils veulent veiller , et l'on veut qu'ils dorment ; en somme on les contrarie en toutes choses. £t neantmoins les enfans ne sont point loiiablesdc souffrir ces mortifications, d'autant qu'ils ne peuvent faire autrement, n ayant pas l'usage de la raison pour se pouvoir gouverner eux-mesmes: mdf^ \k sacrée Vierge , qui l'avoit d'une manière tres-parfaicte y a merveilleasèmeiit bien

POUR Li NATITITÉ.

ué le renoncement de la chair en Il toutes ces contradictions et mor- »n3 volontairement, ofit en quoy , mes chères filles, vous i imiter , et c*eâtc^ qui se practique ïiigion , en laquelle on vient pour r sa chair et tous ses sens , ainsi i vous enseigne quand vous y entrez; île qu*on vous met sur la teste vous que vous estes mortes au monde et initez , et que vous devez désormais la veuë bas^e, et regarder la terre , lelle vous estes sorties, pourmarisjours en espritd^humililé. Et quoy } religieuses prétendent au ciel , au lieu où est Tunique objet de leur , si est-ce qu'on ne leur ordonne B lever les yeux pour le regarder , ly bien la terre, en laquelle elles ent point s'arrester , faisant en cela les nochers et pilotes, lesquels, en conduire leur navire , ne regarlint le lieu où ils veulent aborder , y tournent le dos; et, conduisant îurs barques , ils arrivent enfin à >rt. I>e mesme vous arrivera-t'il, lercs filles , en regardant la terre >us humilier et confondre ; car ainsi vous arriverez enfin au ciel , qui est assuré où vous aspirez; mais pour mir il faut encore sçavoir que vous 3z jK)int avoir d'oreilles , que pour re CCS paroles du psalmiste; que it à vos âmes : Audi , filia , et vide, ina auretn tuam (4) , Escoute , ma ois, et me preste l'oreille . Oblitis- *mum patris tui , Oublie ton peuple aison de ton pcre. Et qu'est-ce que I le silence qui se garde en la reliiinon que vous ne devez plus avoir ;ue que pour chanter avec Moyse et ce beau cantique de la divine mise- (qui vousa retirées commodes Israëî la lyrannie de Pharaon, c'est-ànlire le y qui vous tenoit en esclavage et ide, n'ayant pas permis que vous iïÀ englouties dans les ondes de ia )uge de vos iniquilez.

Qt au troisiesme renoncement qu'il ire, et qui est le plus important, à r de renoncer à soy-mesme , il est >up plus difficile que les deux autres, ïls l'on peut plus aisément venir à

bout : mais où il s*aglt de se quitter et renoncer 8oy-mesme , c'est-à-dire , son pro* preesprit,son propre jugementet sa propre volonté , ouy mesme ôs choses qui sont bonnes , et qui nous semblent estre meilleures que celles qu'on nous ordonne ^ et s'assujettir en toutes choses à la conduite d'autruy , certes , c'est où il y a bien de la difficulté ; et neantmoins c'est ce à quoy l'on doit viser en la religion , d'autant qu'en cela consiste la perfection chrestienne , de tellement mourir à soy-mesme, que l'on puisse dire avec le sainct apostre : Fivo ego yjam non ego , vivit verà in me Chriitus , Je vis , non pas moy , mais c'est Jesus-Christ qui vit en moy. Or les exercices de ce renoncement doivent estre continuels , car tant que nous vivrons nous trouverons tousjours de quoy renoncer à nous-mesmes , et cet exercice sera d'autant plus excellent que nous le ferons avec plus de ferveur. Faites-le donc courageusement , mes chères filles, et ne vous trompez pas; c^rsi vous vivez en la religion avec vostre esprit propre, vous y aurez souvent du trouble et des convulsions intérieures , d'autant que vous y trouverez un esprit totalement contraire au vostro , et qu'il ira tousjours 3ontre*pointant jusques à ce que vous en soyez entièrement ren« dues quilles; et partant il fautavoir bon courage pour entreprendre tout de bon la practique de ce renoncement, et quoy que vous souffriez beaucoup , ne vous en estonnez pas ; car il ne se peut faire autrement.

S. Paul explique merveilleusement bien la perfection et les etfots de ce renoncement , quand il dit : F'igo ego , jam non ego^ vivil verà in me Chrisluê (4), Je vis , non pas moy , mais c'est Jesus-('.hrist qui vit en moy , comme s'il disoit : Bien que je sois homme de chair, je ne vis point |)Ourtant selon la chair, ains selon l'esprit ; et non pas selon mon esprit propre , mais selon l'esprit de Jesus-Christ qui vit cl re* gne en moy. Or ne pensez pas que le grand aposlre fust arrivé à cette parfaicte abnégation et renoncement de soy-mesme, sans avoir souffert beaucoup de peine et de con* vulsion en son propre esprit , ainsi qu'il lesmoigne en l'epistreaux Romains, quand il dit qu'il sentoit une loy en sa chair con* traire à celle de l'esprit , Seniio iegem in

(i)ediai

SERMON

membris mei$ repugnanlem Ugi mentit meœ, 0 certes ! Il est vray que cette abnégation consiste à quitter son ame et son esprit propre, pour Passn jet lira celuy d*autruy. Les anges ne furent chassez du paradis , et ne tresbucherent en enfer , sinon pour ne s*estre pas voulu assujettir à Dieu ; et quoy qu'ils n'eussent point d*ames , ils avoient neantmoins un esprit , et n*y ayant pas voulu renoncer, pour le rendre subjet etsousmis à leur Créateur, ils se perdirent misérablement. Il est donc tout certain que tout notre bonheur consisteen la subjrction, et que nostre mal-heur vient du contraire.

Les personnes devostes qui sont dans le siècle font bien en quelque manière les deux premiers renoncemens dont nous avons parlé; mais pour celuy du jugement et du propre esprit, il se fait seulement en la religion ; car bien que les séculiers renoncent au monde et à la chair , neantmoins ils se réservent tousjours leur liberté , spécialement aux choix des exercices spirituels : mais en la religion Ton renonce à toutes choses sans reserve quelconque, quittant entièrement sa liberté pour suivre le train de la communauté.

0 que la tres-sainte Vierge fit excellemment bien ce dernier renoncement en sa nativité! ne se servant point de sa liberté, quoy qu'elle eusl l'usage de raison. Regardez tout le cours de sa vie, et vous ne vei"rez autre chose qu'une continuelle subjection : elle va au temple , mais ce sont ses parens qui l'y mènent, l'ayant ainsi promis à Dieu : quelques années après on la marie, elle s'y sousmet nonobstant qu'elle eust fait vœu de virginité : voyez sa sortie de Nazareth pour aller en Bethléem, sa fuyte en Egypte et son retour en Nazareth : en somme vous verrez en toutes ses allées et venues cette Sle Vierge en une subjection et souplesse admirable, qui arrive enfin jusques-là , que de voir mourir son Fils et son Dieu sur le bois de la croix , se sousmettant à ce qui estoit du divin vouloir , adhérant parfaictementà la volonté du Père éternel , non par force , mais de son plein gré, approuvant et consentant à la mort de ce divin Fils, baisantcent fois par un humble acquiescement la croix sur laquelle il mouroit, l'embrassant et adorant, demeurant ferme et debout au pied de cette croix , en laquelle elle voyoit mourir devant ses

yeux son Fils bi'en-aymé. 0 Dira I qnelb âbnegntion fît alors cette Ste Vierf^e : ileit vray que le cœur tendrement amoureux de cotte dolente Mère fut transpercé de tre^ grandes douleurs. Helas! qui pourroitex* primer les peines et convulsions qui se passèrent alors dans son cœur gacré? Mail neantmoins sçachant que c*estoit la volonté du Père éternel que son Fils mounistainsi, et qu'elle le vist mourir , cela fut suCBsaot pour la faire tenir ferme au pieddelacroa, comme approuvant et agréant sa mort.

S Augustin, parlant de la verge d*ilaroO; dit qu'elle ressembloit à l'amandier, etsoi fruict à l'amande, dont il tire une comptraison qu'il applique à Nostre- Seigneur, qui vient fort à mon propos , pour vooi monslrer comme nostre divin Maistre et Sauveur a fait excellemment cette obnegation de soy-mesme sur la croix. Il dit donc que l'amande a en elle trois choses remarquables : La première est qu'elle a uneescorce couverte de bourre , de laquelle on ne tient compte ; la seconde, c'est le noyau ou le bois qui environne l'amande; et la troisiesme , c'est l'amande. Or pour tirer l'amande et le noyau de cette escorce , oo la presse et on la brise , ce qui nous représente très-bien la sacrée humanité de Nostre Seigneur, laquelle a esté tellement brisée , pressée et meurtrie de coups en sa saincte passion , et encore tellement mesprisée, qu'il a dit qu'il n'estoit |>as ub homme, ains un ver qu'on foule aux pieds, Jigo mm vermisj et non homô L'amande qui est dans le noyau, de laquelle on tire (le l'huile propre pour esclairer, nous représente la Divinité; et le noyau qui est de bois nous représente la croix sur laquelle Nostrc-Seigneur a esté attaché, et où son humanité représentée par l'escorce de l'amande a esté tellement brisée et pressée par les tourments qu'il a soufferts , que la Divinité a jette abondamment l'huyle de st miséricorde, qui a donné tant de clarté, et respandu tant de lumière aur toute la terre , que le monde a esté délivré des te* nebres de son ignorance.

Ual c'est sur cette croix que nostre cher Sauveur et souverain Maistre a fait trèsexcellemment le parfaict renoncement de luy-mei^me, en mourant sur .icelle avec tant de souffrances, d'abjections et de mespriSi qu'il est impossible de se les r^wesenlar.

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