‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 2)Chapitre 103 sur 356 · POUR LA · texte numérisé non relu

POUR LA

les mondnîns fondent leur beatin-henreux, dit Nostre-Seipinciir, )lourent; air ils seront consolez:

ide tout au conlruire dit : Bien- !eijx qui prennent leurs plaisirs ent de loules sortes de contentei6n bien-l)eureux, ditNostre-Seint ceux qui ont fuim et soif de )t qui c^ont persécutez pour la juge monde ne dit-il pa6 au rebours?

pas constituant son bonheur en ui est C(mtraire aux préceptes de 'igneur? lequel considérant celte m point en songe, comme Nabu- >r,mais en vérité et effect, voyant 'avoit que des pieds de terre; re . que tout ce que le mondo estime n*est fondé que sur des rissables et transitoires, il jette 'nverser celte petite pierre des ttitudes , qui contiennent , ainsi i avons dit , toute lu perfection le.

monde voyant sa gloire renver- 'on la quittoit pour embraser la le mespris, les larmes et la perla prudence humaine s*y est t a treuvé mille interpretiitions à ces bcaliludcs. 0 Dieu, dit-elle, y que les pauvres d'esprit sont eux ! mais n'est-ce pas estre pauitque d'avoir l'usage des riches- >o>seder des biens et dignitez, u'on n'y attache pas son affecr estre pauvre d'esprit, il suffît igieux et d'avoir quille le monde:

que c'est desja en quelque façon vre. Mais, helas! ce n'est pas l'entend Nostre-Seigneur : il est ile , dit S. Augustin, de posséder de biens et d'honneurs , sans y 1 affoction. Ua! certes, il ne sufs*estre fait religieux, et d'avoir îj)0ur se rendn» pauvre, si après i ne vouloir manquer d'aucune ire le vœu de pauvreté, et n'en essenlir aucune incommodité; •er, nonobstant ce vœu, d'avoir aises etcomuiodiilez qu'aupara- ! qu'une Italie pjuivrolé e.-l ini- . des.grcable à Dieu. 0 ccrlrs!

is de telle pauvre lé (jiinNostrcfcut parler, et ce n'est pas ainsi

TOOSSAUNCT.

Mfe

que luy et ses saincts Tont pracliquée ! il ostmort toulnud sur la croix, et ses sainrls l'ont imité quittant lout, ets'exposantourageusemenl à souffrir toutes inoonunoditez que la pauvreté iwrte avec soy. Mais qui eust demandé à ces saincts religieux qui vivoient anciennement dans les déserts : 0 grands saincts! qui vous a réduits en cette grjifide pauvreté et nudité? et qui est-ce qui vous a ainsi depoiiillezde toutes choses? C'est, eus?ient-ils dit, cette admirable pauvreté à laquelle est promis lo royaume des cieux, c'est elle qui nous fait tout quitter et paslir de ia sorte. Or, ce que la prudence humaine treuve é ledire sur la pauvreté , elle en fait de mesme de toutes les autres béatitudes. Mais il ne fuut pas tant d'interprétations, il faut aller sim* plcment et se tenir au pied do la lettre.

Donc si nous voulons imiter lessainrt:) et faire profession de garder la pauvreté ; embrassons de bon cœur les peines et incommoditez qui la suivent ; soyons doux et débonnaires envers noslro procliain; pleurons si nous voulons estre consolez , je veux dire des larmes spirituelles; car ces parolles : Beati qui luyent, Bien-heureux ceux qui pleurent , s'entendent spécialement de ceux qui pleurent leurs pochez et ceux d'autruy à cause que Dieu en est offensé, ou qui pleurent son absence, comme faisoit David, qui detrempoitson pain dan-t ses larmes nuict et jour, quand on luy demandoit où cstoit son Dieu, Fuerunt mihi lachrymœ meœ panes die ac nocte, dum dicitur mihi quotidie : Uhi êët Veuê iuus? Il est vray ()u'on ne peut pas tous- ! jours avoir ces larmes, aussi ne sont -elles pas nécessaires pour nostre salut ; mais on peut tousjours avoir le désir d'icelles, et demeurer devant Dieu avec un cœur contrit et humilié. En somme, pour conclure ce discours, soyons altérez et affamez do justice, et endurons de bon cœur les mespris et persécutions pour la justice, taschant, autant qu'il nous sera possible, de suivre et d'imiter l'exemple des saincts, afin que nous puissions , après cette vie, estre admis en leur com|)iignie dans le ciel, pour glorifier éternellement avec eux lo Père , le Fils et le Sainct-Ësprit. Ainsi soit-il.

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IIP SEUMON

POUR LA FESTE DE TOUS LES SAINCTS

Credo e<nnmunionem Sanetorum, Je croy la commoDion det Saiocli.

La feste qne nous ceiebrons aujourd'huy est pleine d'un si grand nombre de matières propres pour monstrer sa grandeur et solemnité, que les prédicateurs s*csgaycnt parmi la variété et allluence des suhjets dont ils peuvent traitter en ce jour. Los uns prennent plaisir à parler de la gloire et félicité des saincls ; les autres , autant utilement que loUablement, parlent fie leurs vertus ; d'autres parlent de cet admirable sermon des huict béatitudes que Nostre-Seigneur prononça sur la montagne, se voyant suivy d'une grande multitude de peuple.

Mais pour moy je désire aujourd'huy , au discours que j'ay dessein de vous faire, me conformer et suivre , autant qu'il me sera possible, Fintcntion de la saincte Eglise , en vous entretenant familièrement de l'un des articles de nostre foy , à sçavoir de la communion des saincts , qui se peut entendre et expliquer en diverses façons , à sçavoir par Pamour de complaisance, et par l'amour de bienveillance, qu'on entend beaucoup mieux quand on parle de ce qui regarde Dieu, que non pas quand on parle de ce qui regarde les créatures ; ce que je feray voir dans les deux premiers poincts de cette exhortation, et pour le troisiesme, nous parlerons d'une autre sorte d'amour qu'on appelle lamour d'imitation.

Par Tamour de complaisance nous nous plaisons au bien que possède celuy que nous aymons ; et par l'amour de bienveillance, nous luy en desirons plus qu'il n'en possède. Or il n'y a nul doute qu'on ne puisse aymer Dieu de l'amour de complaisance ; mais pour l'amour de bienveillance , il semble qu'il soit impossible , d'autant quanous ne pouvons désirer au-

cun bien à Dieu qu'il ne possède mtm^ rainement. Par l'amour de complaisance, nous nous rejouyssons de ce que Dieu est étemel , immense , incompréhensible , et en un mot de ce qu'il est Dieu, disantavee le prophète : Detu meus eê tu , guoniam bonorum meorum non eges , Vous este»

mon Dieu , parce que vous vous suffisez i vous-mesme , et n'avez pas besoin de vol créatures , ny de leurs biens.

Mais quant à l'amour de bienveillanre, comment le pourrions-nous exercer à TeBdroict de Dieu? puisqu'eslant infiny, et l'inOnité mesme , on ne luy sçauroit souhaiter plus de gloire, de sainctelé et de perfection qu'il en possède, puisqu'il est immense en grandeur , et que sa gloire surpasse infmiment celle des chérubins et séraphins, des throsnes et de tous H esprits célestes, et qu'en somme toute il perfection des saincts mise ensemble , et mesme celle de la glorieuse Vierge , quoy que très-grande, n'est rien en comparaison de celle de Dieu qui est la cause, rorigioe et la source de toute la gloire et perfection des bien-heureux ; d'autant que c'est de luy de qui elle procède, et qui la leur communique, en telle sorte neantmoins qu'ils peuvent tousjours recevoir quelque accroissement à la gloire qu'ils possèdent, sinon essentielle, du moins accidentelle; mais la gloire et perfection de Dieu ne procédant que de luy-mesme , il n'y peut avoir en icelle d'accroissement ny "de diminution. Comment ferons-nous donc pour exercer envers luy l'amour de bienveillance? 0 certes ! nous ne le pouvons que par imagination de choses impossibles, comme en disant , que si nous pouvions souhaiter plus de gloire et de perfectioa qu'il n'en a , nous luy desirions et prooii-

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