POUR LA TOUSSA INCT
ses
BQ prix mesme de nostre vie , do estre , et de tout ce qui est au , s'il estoit en nostre pouvoir, ons maintenant comme la commuî8 saincfs se peut entendre et expliar l'amour de complnisanc^ et par r de bienveillance. Premièrement nous disons : Je croy la commuas «aincts, c'est-à-dire , que par cet de complaisance tous les biens que icts ont dans le ciel nous sont cornet que nous y participons , et que cls participent aussi aux petits biens us autres mortels avons icv-bas ; )ensez pas que, quoy que les saincts lu ciel , et que nous soyons en terre, ipesche la communion et participa- B nousavonsaveceux ;ônon certes I n*a pas le pouvoir de faire cette on. Nous n*avons tous qu'un mesme i est Jesus-Clirist , et nostre union ondée en luy, la mort n'aura jamais louvoir de la rompre : Cuis nos seî à ehariiate Chnsti? Qui esl<e ts séparera de la charité de JesusdisOit S. Paul. Je suis cert^iin que inges , ny les vertus , ny le ciel , ny , ny Ken fer , ny chose quelconque, pourra jamais séparer de la charité i, qui est en Jesus-Christ. Or cette n'est autre que la communion des , avec lesquels nous sommes mainmis d'esprit; et quand nous mour- Dieu nous fait la grâce d'estrcsauus serons plus unis avec eux que lurions jamais esté avec les [dus nis que nous ayons eus çvbas en ;t les biens auxquels nous particir celte communion sont inoxplical à cause deleurgrandeur que pour ;ude innombrable d'an|j;esetd'ames jreuses qu'il y a dans la gloire.
dit en plusieurs endroicts de TEs- »aincte qu'il y a des anges dans le :elle quantité que le nombre en est vMe : Millia millium ministray et decies millies cenlena millia wnt ei , Mille milliers le servoient , lilie millions assistoient devant sa
la troisjesme partie des estoiles du ciel . c'est-à-dire des anges; neantmoins bien qu'il n'y en demeurast que les deux tiers , le nombre en e.-'t si grand qu'il nous est impossible de le concevoir.
Mais outre ces esprits angeliques ; il y a encore des âmes bien-heureuses en si grand nombre que personne ne les sçau* roi t compter : f^idi turbam magnam qfiam dinumerare nemo poterat, ex omnilms gentibus , et tribubus , et populiê, et linguis , stantes ante thronum , et in eonspectu agni,}e vis , dit S. Jean en son Apocalypse, une si grande troupe d*ames bi(*n-heureuses, de toutes les nations qui sont sous le ciel , qui estoient devant le throsne de Dieu et en la présence de l'agneau , qu'il estoit impossible de les nombrer. Combien pensez-vous qu'il y a eu de saincts depuis la création du monde jusques à maintenant? certes cela ne se peut imaginer. S. Hierosme pariant de la grande multitude des bien-heureux , disoit de son temps que si l'Eglise eust voulu faire commémoration de tous les martyrs , elle en eust bien compté sept mille chaque jour de ceux que l'on sçavoit assurément avoir esté martyrisez , outre ceux qu'on ne sçavoit pas. Si donc dès ce temps-là il y avoit tant de martyrs, combien pensez-vous qu'il y en a eu depuis? sans parler des docteurs, des confesseurs et des vierges , dont le nombre indicible nous est inconnu. C'esC puurquoy aujourd'huy nous faisons la fesle en gênerai, non-seulement des saincts, que nous connoissons , mais encore de ceux que nous ne cx)nnoissons pas, et des séraphins, chérubins, et de tous losanges, lesquels se resjouyssent en cette feste, loiiant et bénissant Dieu de la grâce qu'il a faite aux saincts; et l'Eglise participant à cette joye, nous invite à nous resjouyr en ce jour , et à loiler Dieu en ses saincts.
Mais pour nous bien et sainctement resjouyr en cette fesle, et la célébrer selon l'intention de la saincte Eglise, il faut exercer l'amour de complaisance et de bienveillance à l'endroict des saincts qui
sont au ciel , puisque nous le pouvons fait Daniel , parlant des anges: et cîlement faire, en considérant celte Hieruril en Icmbasl une grande partie salem céleste, où ce.s âmes bion-heureuses nfer (juand Luciferse révolta contre sont jouyssanles d'une si grande gloire el lu rup(>url de rEscrilure saincte félicité, voyant qu'elles sont hors des pé- [uecet esprit superbe tira après soy • rils et dangers de ce monde, oq nous
SERMON
aufres mortels sommes continuellement exposez au buzard de nous perdre ; considérant cela, dis-je, nous devons faire des acteii do complaisance, nous rcsjouyssant et estant aussi aises de leur gloire et félicité, comme si nous en jouyssions nousmesmes. Or c*e>t c^lfe complaisance qui fait la communion dos samcts; car à mesure que nous nous complaisons aux biens qu'ii'à ont , nous nous en rendons participons, la contplaisance ayant cet effoct do tirer à soi le bien de la chose aymé's pour se le rendre propre, n'estant pas possible d'aymerdecct amour saiis avoir la participation et communion des biens de ceux qu'on ayme. Les bien-heureux iiyment Dieu dans le ciel de cet amour de complaisance, qui est la cause principale de leur béatitude ; car voyant clairement les grandeurs et perfections de Dieu, avec tous ses attributs divins, ils Tayment souverainement, et se complaisent de voir en luy tant do perfections, et |>arcette complaisance ils les attirent à eux, et en sont faits participant.
La plupart des docteurs tiennent que la gloire et félicité des bien-heureux consiste siK'cialententcn Tenlendement, par lequel ils voient et connoissent Dieu : mais il y en a plusieurs qui estiment que c'est en la volonté, par laquelle ils Taymcnt de cet amour de complaisance ; d'autant que par celte complaisance ils jouyssent des biens qui sont en Dieu, comme s'ils leurestoient propres. Et sont faits jwssesseurs de D:eu, linint à eux ses souveraines perfections, et tont possédez de Dieu par l'application qu'ils ont à luy ; de sorte qu'ils peuvent bien dire que Dieu est à eux, et qu'ils sont à Dieu : Dileclus meus tnihi, et ego iltiy Mon bien-aymé est tout à moy, et je suis tout à luy. Hél mon Dieu, qui a plus de joye de vos perfections, ou vo';s qui en jouybsez, ou moy qui m'en resjouys. Vous les possédez, et elles sont vostres, parce qu'elles sont unies à vostre essence; et moi je les possède, et elles sont miennes, parce qu'elles sont unies à mon esprit par complaisance. De mesme je dy que par l'amour de complaisance que nous practiquons envers les saincts, nous entrons en communion, c'est-à-dire, en la participalion de leurs biens.
Or pour mon second poinct , je dy que Tamour de bienveillaoce se doit aussi pniG-
tiqiier envers les saincts» lesquels bien qu'ils soient parfaictementeontens, rassasiez et assouvis de la félicité qu*iU poMedent , sims que nous puissions accrotstra leur glnire essentielle, qui consiste à voir Dieu face à face et à l'aymer souveraiMment : si est-ce que nous leur pouvns causer un accroissement de gloire accidentelle, et partant practiquer Tamoiir de bienveillance en leur souhaitant ks biens qu'ils n'ont pas encore, à sçavoîr la résurrection et reunion de leurs corps avec leurs âmes ; d'autant que c'est m cela que consiste une partie de leur gloirv, non pas essentielle, qui appartient à Tame; car elle n'augmentera point \ïar la reîU^ rection de la chair, mais ouy bien la gloire accidentelle appartenant au corps, laquelle ne sera point pleine ny entière, que cette reunion ne soit faite, parce que les saincH sont des hommes comme nous. Or pov faire un homme parfaict, il faut qu'il aj8 une amc et un corps; d'où vient qu'on dit que l'homme est un composé d'ame et de corps, bien que ce soit principolemeit Tame qui fait Tliomme, mais que la mort qui est entrée au munde par le pecbé sépare l'ame d'avec le corps, pour un temps seulement; d'autant que nous espérons et croyons en la résurrection de la chair, par laquelle nos corps seront reunis à nos amM, et par cette reunion ils participeront à ktt gloire et félicité, ou à leur peine et damnation éternelle.
L*Eglise donc en ce jour exerce nonseolement l'amour do complaisance à l'en* droict des saincts, se resjouyssant de la gloire que desjà ils possèdent, ensuite de quoy elle convie ses enfans à s*y coAplaire, et à glorifier Dieu qui les a fait saincts; mais encore elle fait des actesde bienveillance, lorsqu'elle leur souhaite la résurrection de la chair, comme nous voyons en plusieurs psalmes et cantiques de la saincte Escritnre, où elle demande à Dieu cette résurrection : ce que nous faisons aussi tous les jours en Toraison dominicale; car que veulent dire ces pnrollea : ^dveuiat rignum /ui/m, vostre royaume nous advienne 1 sinon que nous represea* tons à Dieu le grand désir que nous avons de la reunion des âmes avec leurs corps, qui est comme si nous disions : 0 Seigneur, vostre royaume est deijà venu| et préparé
POUR Lk TOUSSAINGT.
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M saincts, non seulement pour ceux fit au ciel , mais encore pour ceux f Sont pas, d*aulant que Dieu désire rer tout le monde, Fuit omnes hoêahos fieri; et pour cela il a mis yaume à nostro choix et disposition, \ nous de nous servir de la liberté DUS a donnée pour le choisir ou non ; s le voièlons choisir, il nous donne mment des grâces pour y parvenir.
I royaume nous advienne, ô Sei- , disons-nous : il est desjà advenu lincts, c'est-à-dire, à ces âmes glo- 3 qui sont au ciel ; et quant à nous mortels, qui sommes çà-bas en il nous est aussi desj:) advenu; B juites le possèdent par désir et nce, puisque vous lavez mis en hoix et disposition. Miiis vostre ne nous advienne, c'est-à-dire que esurreclion de la chair se fasse, et îs .corps réduits en cendres soient )rmez par la résurrection en la clarté ps de Jesus-Christ, Qui reformabU r humilUalis nosirœ configuraorpori claritalis suœ, comme dit il; car bien que le royaume de Dieu [venu aux âmes des saincts qui sont 1 par la possession de la gloire esle, et à ceux qui sont en terre par ance ; neantmoins il leur reste entour raccouiplissement de leur gloire itclle, la reunion de leurs corps avec imes, qui se fera à la résurrection le, laquelle nous luy demandons, ^s laquelle ceux qui sont au ciel et utres mortels souspirons.
> outre ces actes de bienveillance us exerçons à l'endroictdes saincts, n a encore d'autres quidependent iatement de noslre coopération , Kjuels nous pouvons correspondre îsirs qu'ils ont que nous fa>sions i en terre ce qu'ils font là-haut au par cette corre.-pundance leur proine gloire accidentelle, qu'ils n'aupointsans cela. Premièrement, les louent et gloriûent perpétuellement ans paubO ny intermission, ilschancantique de Tumour divin sans se ny se reprendre, ils benis.-cnl Dieu ncjoye et complaisance pleine u'une Kirable suavito, sVxcitant et provoles uns les autres à désirer de le
loiier toujours plus parfaictement.inais d'un désir parfaictement doux et tranquille qui les rassasie pleinement. Ils loiient Dieu en luy-mesme de ce qu*il est Dieu, et de tous les biens qu*il a en soy, et de soy, de la veuë desquels ils ont une parfaicte connoissance et complaisance; après quoy p's le louent encore de ce qu*iL les a faicts saincts , et reconnoissanl que leur saincteté procède de luy, et qu'il en est le principe, l'origine et la cause fondamentale, ils luy en rendent tout Thooneur, disant avec le prophète : Non nobis. Domine, non nobis^ ited nomini tua da gloriam, non point à nous. Seigneur, mais à vous seul, soit donnée toute lu gloire et louange. Puis ils le louent encore les uns pour les autres, de ce qu'il leur a fait sentir les efiects de son inûnie miséricorde.
Or les saincts nous aymanl tres-parfaio tement, ils désirent que nous fassions çàbas en terre ce qu'ils font incessamment là-haut au ciel, et que nous donnions perpétuellement gloire et loUange à Dieu , comme ils font, c'est-à-dire autant que nous le pouvons ; car il ne faut pas entendre que nous le fassions aussi parfaiotement qu'eux, qui le loiient sans disconlinuation ; ils sçavent bien que nous ne le pouvons pas, à cause de l'infirmité de nostre nature ; et quoy que les loiianges que nous donnons a Dieu doivent estre continuelles et invariables; neantmoins nous ne le pouvons loiier en sorte que ce ne soit toujours avec quelque pause et interruption, ny ayant homme mortel pour sainct qu'il soit qui puisse dire qu'il a sa volonté tellement collée et unie à celle de Dieu , qu'il n'en puisse estre séparé, distraie t d'un seul moment par aucun accident qui luy puisse arriver en cette vie^ ny qui puisse tenir son cœur si attentif à UiUer Dieu , qu'il ne fasse quelque inierruptioii en ce sainct exercice. 11 y a un grand nouJDre de passages dans l'Escriture saincte qui semblent exiger ce sainct exercice de nous : loiiez Dieu perpétuellement , et que Dieu soit lotie de jour et de nuict, dit le sainct prophète. Ce n'est pas à dire que nous soyons obligez de passer toutes les nuicts entières, ny tous les jours en prières pour loiier Dieu sans interruption ; mais a'ia veut dire que le devons tousjours loiier de cœur et d'afiecUoa^
SERMON
ayant continuellement, autant qu'il se peut , nostre intention dressée à luy, fai- 811 nt toutes choses pour iuy rendre gloire et honneur.
Les sa i nets désirent donc que nous fassions ce sainct exercice en la terre comme ils le font au ciel, mais selon nostre condition et la portée de nos esprits , et que joignant nos désirs avec les leurs, nous soutiai tiens que toutes les créatures loiicnt et glorifient perpétuellement Dieu : et par ce désir nous leur causons une gloire accidentelle. Or après que nous avons corres[)Ondu au désir qu'ont les bien-houreux, que nous glorifions Dieu, pource qu'il l'est en luy-me^me, nous le devorts aussi loUer en ses saincts , et le remercier des grâces qu'il leur a faictes, qui est encore un autre acte de bienveillance que nous devons exercer en leur endroict , et que l'Eglise mesme praclique lorsqu'elle célèbre leurs festes , disant : Laudate Dominum in tanctis ejus, Loiiez Dieu en scssaincts; car qui voudroil célébrer la feste des saincts à leur honneur seulement, et non à celuy de Dieu, il ne feroit rien d'agréable ny à Dieu ny aux saincts mesmes, puisqu'ils ne peuvent et ne veulent recevoir aucune gloire sinon de voir que Dieu soit loUé en eux.
Un autre acte de bienveillance que nous devons aussi exercer envers les saincts, et qu'ils demandent de nous , est que nous C(irres()ondions aux désirs qu'ils ont que nous soyons saincts comme eux en nous pei ft'Clionnant de plus en plus , désirant , en tant qu'il nous est possible, que tous les hommes servent, lournt et bénissent Dieu , puisque tous sont obligez de le faire, que tous fassent des actes de pénitence, et, en un mot, que tous soient un jour bien-heureux, puisque tous le peuvent estre; et, en procurant ces choses , nous causons une gloire accidentelle aux saincts, qu'ils n'auroient pas sans cela.
Or voilà comme se fait la communion des saincts par l'amour de complaisance et de bienveillance que nous exerçons en leur endroict.
Pour mon troisicsme poinct, je dis qu'il y a encore un autre amour dont nous devons specialtmint aymer les saincts, qui s'appelle Tan.our d'imitiition , pour lequel il est neces^aire d'avoir de la sympathie avec ceux que Ton ayme. Or celte sympa-
thie n*est autre chose qu'une certaine pvticipation que nous avons aux paaskMii, humeurs et inclinations de ceux que nom aymons de cet amour d'imitation , qui fait que nous attirons en nous les vertus ou lei vices que nous voyons en eux ; car la pa^ sion de l'amour est la première et la plui forte qui soit en l'ame, d'où vient que Ta* mour nous rend tellement f^ropre ce qoe nous aymons , que nous disons communement que les biens de la chose aymée sont plus à celuy qui ayme qu'à celuy qui les possède. De cette sympathie procèdent les grandes difiicultez que plusieurs ()ersonnes du monde ont à se résoudre de s'amender de quelques vices auxquels elles sont subjettes . ditrs à une personne qu'elle s'amende de la cholere, ou qu'elle quitte ui poinct d'honneur, duquel elle est si jalouse, qu'elle s'esleve si-tost qu'on la touclie es sa reputsition, en sorte qu'il semble qu'elle ne soit au monde que pour se faire louer et estimer: dites-luy ce qu'il faut faire coih tre ce vice. C'est mon naturel, respondrit'elle, d'aymer l'honneur, je tiens cela de race, c'est la sympathie que j ay avec nu» père ; car c'est ainsi que le monde parle.
On rapporte qu'anciennement lesGreci aymoient tellement leur empereur, qu'ils taschoient de l'imiter en tout ce qu'ili pouvoient, et quand leurs enfansnaissoienti ils avoient un si grand désir qu'ils ressemblassent à sa personne , qu'ils s'efforçoient autant qu'il leur estoit possible de leur former la face selon la rosseniblance de celle de leur empereur. Vous voyez donc comme il est vray que l'amour nous rend semblables à ceux que nous aymons etnoui les fait imiter.
Or je dy donc que pour bien célébrer le feste des saincts, et participera leurs bienSi il nous faut avoir de la sympathie avin; eux, et les aymer, non seuieniontde l'amourde complaisance et de bienveillance , comme nous avons dit , mais encore de larnoor d'imitation, nous rendantseinblablesàeux, imitant leur saincte vie, aymant ce qu'ili ont aymé, faisant ce qu'ils ont fait, ei lakchant d'aller au ciel par le mesme chemil qu'ils y sont arrivez.
C'est ce que l'Eglise nous représente aujourd'huy, quand en l'Evangile de la saincte messe elle nous propose le sermon que Nostrc-Seigneur ût sur la montagne où il
POUR lA VISITATIOir.
8 Toyant suivi d'une grande eupte. Et s*e>lant assis , dit le , il ouvrit sa bouche, et leur enluicl béatitudes, Fiden* Jésus rendit in mnntem, et cum sesierunt ad eum discipuli ejuSj r 0$ suum docebat eos, dicens :
jeres spiritu, quouiam ipsojnumcœlorum. Bien-heureux, t les pauvres d'es|)rit, car le î8 cieux est à eux : Beati mites, ux les débonnaires : Beati qui n-heureux ceux qui pleurent :
ersecutionempatiuntur prop- '.m , quoniam ipsorum est re* }rum , Bienheureux ceux qui !utez pour la justice , car le îs cieux est à eux ; et ainsi des
st pas sans subjet que Tevange- ^ue que Nostre-Seigneur ouvrit acrée, pour nous monstrer que onté nous vouloit dire quelque rand , et nous en:^eigner une i n*avoit point encore esté ouyc î en la terre, et laquelle il adre»ciples, pour nous faire voir que cialement à eux, et à ceux qui eurs exemples, qu*il enseignoit des , mais particulièrement la Beati pauperes spiritu^ Bien- 3 pauvres d'esprit; et la derti qui persecutionem paliunrjustiliam. Bien-heureux sont nt persécutez pour la justice ; iMls doivent pracliquer la paurit dans une grande perfection, our la justice plusieur^' perse nme personnes entièrement deservice. Puis ce divin Sauveur 3 reste du peuple, il dit : Beati , ^t esuriunt et sitiunt justiti mundo corde ; Beati mites, IX sont ceux qui pleurent , qui soif de justice, qui sont purs et rs; Beati mitesy Bien-heureux tonna ires.
es béatitudes les hommes ont iterpretations; et quelques-uns ue quand Nostre-Seigneur dit :
jx sont les pauvres d'e^prit , il arler de ceux qui sont simples , et qui u*ont guère de jugo- )rte8 1 ce n*est pas ainsi qu'il
veut que nous entendions ces parolles; mais quand il dit : Beati pauper et tpiritu^ Bien-heureux sont les pauvres d*esprit, il entendoit parler de la pauvreté qu'il a luymesme practiquée, et de celle de ceux qui après avoir tout quitté pour Tamour de luy à son imitation supportent volontiers les incommoditez etmesaises qu'elle tire aprô soy , de laquelle ceux-là sont bien esloi , gnez, qui veulent avoir Thonneur d'estrc pauvres, pourveu que nen ne leur manque. La pauvreté volontaire est honorable (le soy, et il s'est trouvé des philosophes payons, comme Epictete, Diogenes et autres, qui se sont glorifiez d'estre pauvres. Il est vray qu'il s'en treuve plusieurs qui veulent bien embrasser la pauvreté, pourveu qu'ils ayent tout ce qui leur est nécessaire : mais ce n'est pas de tels pauvres de (jui Nostre-Seigneur parle, ny à qui il promet le rovaume des cieux.
Les apostres, et c^ux qui les ont suiv's (le plus près, ont pracliqué la pauvreté solon rintention de Nostre-Seigneur ; rar ils quittèrent tout pour le suivre, et supptirterent volontiers beaucoup d'inrouHno«litez qui sont ordinaires à ceux qui aont pauvres : et lorsqu'aprcs la veneiiè' du Sainct- Esprit ils allèrent presciier par le mon<le, ce n'estoit point pour gagner de l'argoiit, ny pour avoir des rentes ; ains ils vivoient d'aumosnes et du travail de leurs mains. S. Paulin, evesque de Noie, practiqua c ttc pauvreté avec tant de perfcclion, qu'apr^^s avoir donné tout ce qu'il avoit aux p.iuvrcs, il se donna encore luy-mesme pour rach=*pter un ciiptif. Mais quelle plus extresmo pauvreté se peut-il voir que celle <iue lo gran<i apostreS. Paul a practiquée? lequel ayant tout quitté pour l'amour de son Maistre, voulut servir les chro^tiens sans prétention de recompense; c^r après avoir presché l'Evangile, sué et travaillé nuic/ et jour, pour leur enseigner la voie de salut, il ne vouloit puiiit vivre de leur aumosne: ains il vivoit i;u travail de si^^ mains , ainsi qu'il tesmoigne luy-mesme, Quoniam ad ea quœ mihi opus eravt , ei iis qui mecum sunt mimsiraveruni manus istœ; et pour vous mon-trer, mes chers enfans, diroit-il aux chrestiens, cen»me j'ayme mon Maistre Jésus -Christ , pour l'amour duquel je vuus sers, et que lu peine que je prends à vous enseigner, n'e:it pure-
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ment que pourluy, je ne veux pas qu'après avoir beaucoup travaillé, ot nrcstre employé pour le salut de vos âmes , vous me nourrissiez de vos aumosnes , comme vous faictes les autres apostres; ains je veux gagner ma vie par mon travail. Mais ce qui est bien davantage, pour imiter de plus près Nostre-Scigneur, il vouloit encore estro employa luy-mesme pour eux , leur disant : Et non seulement je me veux employer moi-mesme pour vostre salut; mais, qni plus est, je me veux laisser employer pour cet effect, Ego autem libenlissime impendam^ et super impendar ipse pro animabus vestris : et pour cela, mes chers enfans , je suis disposé d*estre battu , flagellé , garotté , et emprisonné par les autres, et à leur gré , afin de donner mon corps, ma vie et tout ce que j'ay pour vous, sans reserver aucune chose.
Or voilà la parfaicte pauvreté, et celle de laquelle Nostre-Soi^neur a dit : Beatipauperes spiritu , Bien-heureux les pauvres d*esprit. Certes, il y a plusieurs saincts qui ont practiqué fort exactement cette pauvreté, et s'en sont rendus si amateurs, qu*ils ont supporté avec plaisir et contentement les mesaises qui raccompagnent ,
c^r que pensez-vous qui a fait souffrir t' prêté des déserts a ces anciens pères avec lantdesuavité?sinonramourqu*ilsavoieiit à celte pauvreté ; S. François raymoil ai tendrement et esloit si passionné de cetto pauvreté, qu'il Tappeloit sa dame, et D*avoit point de plus grand plaisir que de sentir ses incommoditez.
Or comme les saincts sont tous entrez.^ ciel par la pauvreté d'esprit, par les lar* mes , par la miséricorde , par la faim et la soif de la justice, et par les autres beatitn» des, l'Eglise nous les propose au jour ds leur feste , nous invitant de les suivre 6l marcher après leurs vestiges. C'est ce qna nous devons faire , si nous les voulons aj^ mer, non seulement de Tamour de complaisance et de l'amour de bienveillance | mais encore de Tamour d'imitatioa : et c'est à quoy je vous convie , mes cherei filles; travaillez donc avec fidélité pcndaoi cette vie, et persévérez jusqucsà la find'jh celle , â ce que vous puissiez après vostn mort estrc unies et congregées avec œi bien-heureux esprits en la félicité cte^ nelle pour y aymcr Dieu, le loiier et jouyr de luy es siècles des siècles, ^mcn.
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