POUR LA VEILLE DE NOËL
Verbum earo faetum ui^ et hahUatit in %oh\t. JotH. L Le Verbe s'est fsit chsir, et a habité avec nous.
Nous célébrons aujourd'huy la veille de cette grande festede Noël, en laquelle nous attendons la venue et naissance de nostre divin Sauveur et jMaistre. Or mon dessein estant de vous pîirler de l'inc^irnalion, et de vous expliquer ce mystère, ce discours sera en forme d'un catéchisme familier, que je diviseray en trois poiucts. Au pre-
mier, nous dirons qui a fait l'incarnation; au second, qu'est-ce que l'incarnation,* et au troisiesme , pourquoy Tincarnation a estéfaicte, puisque, selon S. Th(imas, tous les chrosticns sont obligez de bit n -ç^ivoir ce qu'ils doivent croire, et de bien entendre les mystères de la foy, non cumiue ies théologiens scholustiques, ains eu ia ma-
POUR LA YEILLE DE NOET..
Bîere qa*ils doivent estre entendus par les mys chreâticns et les amcs devostes. Et quoy qu'on les entende souvont prcscher, n est vray ncantmoins qu'il va peu de personnes qui les entendent bien , ce qui est cause que lorsqu'on vienl à les considérer et méditer, Ton fait souvent déserteurs; car comment peut-on mediler ce qn'on n'en tond piis? C'est pourquoy il est tres-imiMrtantdebien expliquer (.(t:^ divins L Bysteros aux âmes devostes, afin qu\ lies kà sçaclient et entendent bien. Et pour Rodre mon discours plus intelligible, je ne tnitteray pas doctement de ce divin myskre de l'incarnation , (tins tout simple- Beat, a6n que Ton me puisse fucileuient attendre.
Premièrement nous devons sçavoir que C^est le Père éternel qui a donne son Fils amende; car l'Escrilure saincte dit que kPere a tant aymé le monde qu'il hiy h donné son Fils unique, Sic Deui dilexit WMHiâum ut Filium êuwn unigenilum liref (I). Neantmoins ce n'est pu^ lo Pore Kul qui a fait l'incarnation, ains le Pore, leFils et le Sainct-Esprit : et bien que toutes les trois personnes de la Ires-saincte THnité soient intervenues en rincarnation, 3 n'y a toutesfois que le Fils seul qui se sût incarné.
Les anciens pères rapportent plusieurs similitudes propres pour nous faire entendre ce divin mystère , mais particulièrement S. Bonaventure, lesquelles je rendray les plus familières que je pourray. Voilà ne personne qu'on habille , et il y en a deox autres qui luy vestenl sa robbe ; mais elle ne laisse pas pour cela de s'ayder : TOiià donc trois personnes qui interviennent à rhabiller, et neantmoins il n'y en a <Iii'uDe seule qui soit habillée. Ainsi enest- 9 de rincarnalion ; le Père fait rincarnation, le Sainct-Esprit la fait, et le Fils aussi qai s'incarne luy-mesme : mais le Père ny le Sainct-Esprit ne s'incarnent point, ains c^est seulement la personne du Fils qui demeure vestuë de la robbe de nostre hunanité.
Il y a plusieurs autres similitudes sem- Wsbles à celles-cy, propres pour faire enlendrece sucré mystère. Voila un prince Jlo'on revest de sa pourpre ou robe royale, iif a deux autres princes qui rhabillent,
P) k Jmd , iib
et lui qui est la troîsiesme reçoit la robbe . mais encore que les deux autres princes l'habillent, ils ne laissent pas pourtant de faire quelque chose ; c^r il remue' les bras et les mains, pour ayder à s'habiller : et de ces trois princes qui aydent à vestir cette robbe , il n'en demeure qu'un d'habillé. Or c'est ainsi que nous devons entendre que les trois personnes divines se sont aydécs au mystère de Tincarnation ; car comme disent les théologiens : Opéra Trinitaliê ad extra sunt indivisa , Tout ce que fait et opère la saincte Trinité hors de soy se doit également attribuer aux trois personnes divines, si bien que tout ce ()ue fait le Père, leFils et le Sainct Esprit le font aussi; car encore qu'ils soient trois personnes distinctes, ils ne sont toutesfois qu'un seul Dieu , n'ayant qu'une mesme essence , mesme sapience , puissance et bonté.
Et combien qu'on attribue' la puissance au Père , la sagesî^e au Fils et la bonté au Sainct-Esprit ; neantmoins le Père n'est pas luy seul tout-puissant, ains lo Fils et le Sainct-Esprit sont aussi tout puissans : de mesme le Fils n'est pas luy seul tout sage : mais le Père et leSainctpÈsprit sont aussi sages que luy : et le Sainct-Esprit n'est pas luv seul la bonté ; car le Père et le Fils ont la mesme bonté que luy. Tellement qu'il n'y a qu'un Dieu en trois personnes, et ce Dieu est tout-puissant , tout sage et tout bon. Et bien qu'au symbole des apostres l'on nomme la première personne de la tres-saincte Trinité, qui est le Père, Créatorem cœli et terrœ. Créateur du ciel et de la terre; ce n'est pas à dire que le Fils et le Sainct-Esprit ne soient aussi bien créateurs que le Père, n'ayant tous trois qu'une mesme puissance, avec laquelle ils ont fait et créé toutes choses. Donc ce n'est point le Père luy seul, ny le Sainct-Esprit luy seul, qui ont fait l'œuvre de l'incarnation; mais c'est le Père , le Fils et le Sainct-Esprit, et toutesfois c'est le Fils seul qui s'est incarné.
Pour le second point, qu'est-ce que l'incarnation? Ce n'est autre chose que Funion hypostatique, c'est-à-dire personnelle, delà nature humaine avec la divine, union si estroite, qu'encore qu'il y ayo deux natures en ce petit enfant, elles no font toutesfois qu'une seule personne. La manne
MloHuw <isH« da l'JMamitioa da NMtre-
Soi^eiir, il e*t vrsy qu'elle estcil aii-r-i i]nBri);iire(l(!l'euct)arJâlip aaisiqucdist'n In MÎticUperËâ muiti entre 4% tnysliTu do l>ucl)(irieLie eiccliiy de J inoïna lun, ily8celU<liffi'ronce,qiiioBt,^i^onvoyui au myitere (la lïnrurnalion Dieu nrsrné en lifl propre pjTSonno, et en "oucliari-lie nous le voygns en onclorme pl«8 couverte et ubiciire, e( ncuntmuinb c'est le mrsme Dieu liomme, qui eâluit dans Ise rhaates entraillcâ (le la sacrée Vierge. Tellement 4]iJe la maone qui a esté la D^iro île l'euchnriitie lesefabionauâsi du my^ilcre de riiK^nrnution puis.quelMïsiincls|wn«ont dit que le Huciament do rcitcliarJElia est une extenâit)!! 'lu mv^tere do l'inciirnutlon.
Lu manne cstoît une certaine viande , de laquelle Dieu nounii^oll le> enf<in»d'igni(!l , qui loniboj le matin en formn de peliU jîrdins de dragées, et qui Catûil fiiilo en l'airpaflemiu' teredesan^os,cumme distinl quelqiiOSdociOLrs nr que cela soit ainsi, oiiliieti qufl cummo d'autres disi'Ut, Dit'u la fit par soy-iuesme sans »o servir pour cela do l'Hiile d'aucune créature, cela se |H>ul bien up|>lîqucr au mystère de l'incarnulion ; car en iceluy Dieu »e servit de l'aiigu Gabriel puui' l'unnoncor t'i NontrB' Donie; et, d'iiulre part, ce ne Turent pas ha anyes qui firent te mystère do l'incarnation, mais la lre«-Siiiiicte Trinité sans i'ayde d'aucune creiiture.
La menne, ainsi qu'un tient, svoit trois ■ulisianoeH pei'tictle«, la première estoii la Bul)^lunre du miel, la seconde lu uliitance de riiuyie, et lu troisiostiH) In substance du ptiin : de iiicsnio ces trois substances se relreuvpnt en celte irraye mannu céleste de iiedre divin Sauveur; la substance du miel, quant à sa divinité liihiibsiiincede l'huylc , quant à sa tre^-sii ncieumo et celle du puin, quant ù son «acre ourps. Le miel ne vient point do la terre , ains du ciel , d'autant ijue c'est une liqueur qui (ombo sur les fleurs parmy la rosée; et quand il tombe dedans quelques belles fleurs, il »'y conserve merveilleusement bien, et les abeilles l'y viennent recueillir avec une industrie et subtibté non pareille pour s'en nourrir. Lu divinité est un miel qui eA tombé du ciel sur lu teire duns cette belle flour do i'iiumiinjlé sacrée de ]fntn-&ti^ur , avec laquelle elle a
e«té joinete et mie ImwgtaltqBeiiiBiA.
La seconde substance de la inanne qd ' nous représente la trcs-saincte ame da I^oslrtSi'ij^ni^tir est celte de Iliuyle : et l'huyle no vient point de la terré uy dn ciel, elle ne cruist pas sur la terre comma les auircsplan(«s ny ne tombe pont ciel comme le miel, aîns elle vient dei olives qui croissen sur des arbres éleva delà terre L'tMtylesurnsgeel|ircnJ jnurslcdessusdcsâutres iqncurs, n'afiqt rieij de gra-^sicr et terrestre, c represenl« fort â propos la seconde salh' stiince de Nos tre -Seigneur, â sQavoir tres-saiwlpîimR; car l'ame ne vient poiil: de flterru d'uuluiit quenaspereseti no contribuen ri«i pour sa création corps sont bien faits cl rormez de iar sulislance ; mais l'ame qui est infuse bIÉ est point fuite; car elle estimosubslan spirituelle, et Dieu seul en est le creaU Il est vrjiy que lu sacrécorpsdc no Sauveur fut faiiet formédu pluspur a de la sacrée Vierge ; maiï sa tres-saii amc fut créée par la saîncte TriniU i'in-itant qu'elle eut formé son corps; il ne fut pas du corps deNostre-SeigD comme deceluy des autres hommes, demeure quarante jours du environ i , lornicr dans le ventre do leurs mères , m t»nt lA comme unemassedecbajr, s eslre animer mais sitcst que la ti salncte Vierge eut donné son consenlemt et qu'elle eut dit à l'ange : Fiat miki M eiindum terbum luum ((), Qu'il nie fuit selon ta paroHe leS^iincl-Espriifoi le corps de Noslre-Seiyneur, cl en mei temps sa très- sainctq ame anima son crc corps.
La Iroisicsmo subsL-ince de Ui manne H; toit cellodup;iin:orcullosubiUincti v de lu terre, cela esttoutcUiiretnianift d'autant que le bled dutiucl on fuji le; est produit de la terre; cequinou: '__ sente très-bien la troisiesmosubâtaneti Nostrc-Seigneur , qui esl une aubàt partielle , et laquelle sansdoulc est v de la terre, puisque sii cliair Iros-saincH fut formée ilu plus pur sang de Ki«ut> Dumi'. j
Or comme ces trois substances du mitl| de t'Iiuyle et du pain, qui esloieiU en li m;iTinc, nu faisoieutqu'uae seule vûtoda;
POUR LA YtILiK bE NOËL.
ave trois substances , il n'y a :]uxne seule personne, d'autant Uance de Tame et celle du corps *une nature humaine , et cette lûihe unie avec la nature divine )iiil deux personnes, ains une ! est bleu et homme tout en-
able Invention de la providence j)0ur se communiquer et faire à ses créatures î Cette divine yrant c|ile sa divinité n*estoit i>as s homrties , voulut s'incarhcr et avec la nature liumaihe, afin e manteau de rhumànllô, la diestre reconnu^?. Or je sçny bien l temps l'on a î^ceu par la lumière ju'il y «voit un Dieu , et la plu- Inciens philosophes Pont ainsi fflais la connoissance qu'ils en oit si petite et obscure qu'elle ne ;c semble pas , d'eslre nppellée ce. et de plus, s'ils oht connu , ils ne Pont pas reconnue? riy mme dit le grand apdstre , Quia I cognovhseni y non sicut Deam efunt aut gratias egerunt , tesfois estoil bien le plus im-
Noslre-Seîgneur ne se fust inlu'il eusl demeuré toiJsjoiirs crf- (e sein de son Père éternel , il nt eslé recoftnu des hommes eslé depuis. Mais en sort incarfait voir ce qui n'eust Jamais pu cslre comfjris par l'e.-prlt hnl^voir que Dieu fust homme, et •ne fust Dieu; rimmortel, mor- Hsible, passible ; subjot au chuifd, à la faim et ti la soif, f'infîfty, ejrnef , temporel ; en somme livinisé et Dieu humanisé; et sans laisser d'estrc Dieu fust ît l'homme sans laisser d'eslre si Dieu. Tellement que Ton peut s mages, qui baisèrent les pieds enfant nouveau né, baiS(Tcnt les Oieu, mais de Dieu on tant ; car Dieu en tant ([ue t)W\i n'a )rps : fl s'il n'a point de corps, jsl-cc que les mages luy ont baisé et neantmoins il est vray qu'ils lés pieds do Dieu à cause de celt6
h^imalne, qui he foht qù*dhe seule }^t* sonhe^ et qui »oni lellertient unies pnhen semble, que Ton peut dire sans biasphesMé que le san^ de Jesus-Christ est le sang de Dieu, et que Dieu a esté flagellé et foiietlé, et que les mains de Dieu ont esté esten*^ dues et clouées en la croix. Or ncantmoiHS ce n'est pas à dire que Dieu ave souffert tout cela , ny qu'il aye respandu du sang et eslendu ses bras en la croi* ; C4ir il e*t impassible et ne peut souffrir : mais Toti parle ainsi, et avec Vérité, ù cause de l'eslroite union de la riature humaine avéé la divine.
Les philosophes, parlant de l'homme, disent qu'il est un animal raisonnable, d'autant qu'il est conlposé d'ame et de corps ; en tant qu'il a un cdrps il est un Animal , et en tant qu'il a une ame intellectuelle il est raisonnable. Vous verrez une persofine qui plaint la jambe ou le • bras, si vous regardez seulement l'amc de cette personne, votis direz incontinent:
Comment est-ce que cette créature, qui est toute spirituelle, peut dire qu'elle a mal à \A jambe ou au brats? cdr l'ame qui est la principale partie qui fait l'homme , n'a ny bras ny jaihbcs, estant une stibstimce spirituelle ; Comme au contraire, si vous voyez hromme qui parle, qui discourt et comprend , le regardant eh tant que corporel, et non spirituel , vous vous estonnerez, veu qu'il n'appartient qu'à une chose spirituelle de pouvoir paMer, discourir et comprendre. Donc si cet honime qui ptaifit la jambe ou le bras n'avuit un corps , il ne se pla indroit piis do ce mal, et s'il n'estoit composé que du corps seul ment , il ne discourefoi t ny ne comprendroit pas. Or bien que le corps et l'ame soient d6Ux substances, et qu'il y aye bien de la différence entre la substance de l'un et la substance de l'autre; [ou tesfois à cause qu'elles ne fottt qb'ime seule personne par l'étroite union qu'elle^ ont ensemble, l'on dit, et avec veritc , que cet homme a mal à la jambe ou au bras, et qu'il parle, qu'il discourt et comprend , mèshmt teffemeftl ces deux substances de l'ame et du corps ensemble, qu'on parle dos deux comme s'il n'y en avoit qu'une ; de mesme à cause dé cette si estroite union qui a esté faite de la nature divine avec tû aaturô bamax^» énf TlÀcarJltf tlotf , l'on
SERMON
parle des deux , comme si elles n*estoieDt qu'une , et de là vient que Ton dit que Dieu a esté crucifié et a souffert la mort en la croix.
Vous entendrez mieux ce mystère par quelque autre similitude , non toutesfois que l'union de ces deux natures se puisse entendre, comme Ton entend ce qui se passe au-dessous des sens ; mais vous le comprendrez suffisamment, pour le croire comme il faut. Prenez une lame de for, et la jettez dedans une fournaise ardente, puis quelque temps après retirez-la , et vous verrez que cette lame qui naguère estoit seulement de fer, est tellement enflammée , que vous ne sçauriez dire si à présent c'est fer ou feu , d'autant qu'elle paroist plutost feu que fer , tant ces deux natures de feu et de fer se sont unies ensemble , si bien que vous pouvez dire que ce feu est un feu enferré , et ce fer un fer embrasé ; et quoy que ces deux natures soient si unies par ensemble , neantmoins c'est sans préjudice Tune de l'autre; car le fer, pour estrc un y au feu , ne laisse pas d'estre fer, et le feu , pour estro dans le fer, ne laisse pas d'estre feu. Que si vous voulez voir cela plus clairement, mettez de l'eau sur le fer chaud, et vous verrez qu'il retournera en sa première forme. De mesme peut-on dire que la divinité est comme une fournaise ardente , dans laquelle a estéjelté le fer de l'humanité, qui s'est tellement unie au feu de la divinité, que ces deux natures n*ont fait qu'une seule personne, sans que pour cela la nature humaine , ny la nature divine , ayent luissé d'estrc chacune ce qu'elles estaient auparavant ; et tout ainsi que le fer que l'on relire de fournaise no s'appelle plus fer seulement, ains fer embrasé, et le feu un feu enferré : aussi disons-nous qu'en rincarnation Dieu a esté humanisé , et l'homme a esté divinisé. Mais neantmoins il y a cette différence en cette similitude, que jettant de Teau sur le fer embrasé, le feu le quitte , et le fait demeurer en sa première forme : mais en l'union de la divinité avec l'humanité, il n'en est pas ainsi ; car depuis que la nature divine a esté joincte avec l'humaine , elle ne s'en est jamais séparée pour aucune eau de tribulation que l'on aye jettée dessus, Quod semel assumpiit^ nunquam dimUiL
Quand Dieu voulut retirer lesbralfllH
de la puissance des Madianites, il choîsil Gcdcon pour cela , et luy ordonna tout m qu'il vouloit qu'il fist pour la delivranos de c« peuple : lorsGedeon se voyant dam de Dieu pour capitaine de l'armée des W raëlites, et voulant sçavoir s'il le favoriseroit, il luy demanda un signe : DixilqiÊÊ Gedeon ad Deum , $i $alvum fades pif manum nieam populum Isrady sieut l^ cutus es, ponam hoc velltu lanœ in antk si ros in solo vellere fuerit , et in omtd terra sicritas , sciam quod per mamm meam^ sicut locutus f f , liberabis IsraM; Seigneur, dit-il , je prendray une toison, c'est-à-dire , une tonsure de brebis, et l'estendray dessus la terre , et si le matia je la trouve toute trempée, et que la roflé» vienne à tomber dessus, en sorte que k terre n'en soit point mouillée, je UeDdiaf cela pour un signe certain que vous aÉ serez favorable , et que nous aurons k. victoire sur nos ennemis. Il mit donc OM toison dessus la terre, et Dieu fit tomlMT une rosée du ciel en si grande abondance' que la toison en fut trempée de toulai^ parts, et la terre qui estoit dessous demeura si seiche , qu'il sembloit qu'eO»
eust esté long-temps battue du soleil : or Gedeon trouvant la toison si trempée de la rosée, que l'eau surnageoit paiMJessus, il la fit tordre, et en épuisa l'eau jusquei à ce qu'elle fust toute seiche, puis entrqKÎt la bataille de laquelle il eut une tres-heoreuse issue*.
Que nous représente cette toison, sinoa l'humanité do Nostre-Seigneur, sur laquelle est tombée cette rosée céleste de la divinité , en si grande abondance qai l'humanité a esté comme divinisée? Uf a neantmoins cette diflerence entre oeils similitude et l'incarnation , que Gedeoa trouvant la toison si trempée de la roA que l'eau surnageoit par-dessus, en florii que la toison souslenoit l'eau, à ce qu'cOi ne vinst à mouiller la terre, il la fit tordrt^ et en sépara l'eau. Mais en l'incarnatifli ces deux natures s'estant une fois uoi^B ensemble, elles ne se sont jamais sept* rées : tellement que la rosée de la diviallA n'a jamais quitté la toison de l'humamléf ny en la vie ny en la mort, elle a toujoui^ esté unie à l'ame et au corps de Nostre-Sei' gneur ; et mesme après sa mort la divinité