DE LA PERPÉTUITÉ DE L*£GL1SE
la la fof et de la oonnoisaance de Dieu. A quoy est cooforme ce que co sainct ipoBtre dit ailleurà : Primitiœ Chrislus , innée tt ^i sunt Christi , deinde finis : ifwrtet Ulum regnare , donec ponat inimicoësuoê 8ub pedibus ejus, nomssima wiem ininUca destrueiur mors (4), Jens-Christ eât les prémices en après ceux |ui sont à Jésus -Christ, et après vien- Ira la fin , mais il faut qu'il règne jusques i ee qu'il aye mis tous ses ennemis sous M pi^s. Voyez-vous , il n*y a rien entre 3irist et les siens, ny entre les siens et la \u : TEglise donc durera tousjours jusques k la fin, car aussi bien n'aura-t-il jamais raittcu tous ses ennemis jusques à la un , itcependantNoslre-Scigneur régnera et se lifaitera en son Eglise, parmy et en dépit le tous ses plus grands ennemys , suivant se qu'à ce propos atteste le psalmiste , dilaDl : Dixit Ùominus Domino meo , sede i iextris mets , etc. Firgam virtutis htm ethitlet Dominus ex Sion , dominât e la mediu , etc. (i). Celte verge c'est la loy evungelique de laquelle il est dit au psaimo 44 : Sedes tua Deus in sœculum HKu/i, virga direciio^ns , virga regni M. Elle sort de Sion , suivant ce qui fut )it)p!ietisé en Isaye 2 : Et deSionexibit ix^etverbum Domini de Hiernsalemi^), 91e commenc î par Je<us-Christ , Oporteiai Christ um pat i, etc. Et prœdicari in unnineejus pœnitentiam et nmissionem Hceaiorum in omnes gentes , incipieniht$ ab ierosolyma. Donc avec cette 'erge de la saincte loy domine au milieu le tes ennemys, qu'est-ce à dire, sinon [lie lousjours cette Eglise seroit stable et isible, en laquelle Noslre-Scigneurregneoil et domineroit, voire parmy les plus jrandes bourrasques et tcmpcstes desaflictioDs? 11 n'y aura donc jamais tcmpes- M qui empeschent Nostre-Seigneur de ^er en l'Eglise : car autrement il ne klmineroit pas parmy ses ennemys , mais iemeureroit sans seigneurie et domination en ce inonde, ce qui fut davantage conhné per Tango lorsqu'il annonça Tincarnatjon à Nostre-Dame, disant queNostre- Seigneur seroit grand et seroit appelle Fils luTres-Uaut, et le Seigneur Dieu luy donleroit le throsne de David son père , et il "egoeroit sur la maison de Jacob eterneile-
^ I. Cor. XV.— (S) PMl. co. — (I) s. Liio, luv.
ment, et son règne seroiisans fin. Qui est le siège de David et la maison de Jacob, sinon TEglise militante? car sans doute ce n*eit pas un siège temporel : et comme regneroit Nostre-Seigneur éternellement en la maison de Jacob, si elle maoquoit une fois (4)^
De plus Nostre-Seigneur donne-t-il pas tesmoignage à cette perpétuité de TEglisOy en S. Jean ,44: £go rogabo Patrem , et alium paractetum dabil vobis , ut maneat vobiscum in (Bternum, spiritum veritatis , Je prieray mon Père , et il vous donnera un autre consolateur qui estTEsprit de vérité, afin qu'il demeure avec vous éternellement.
Quelle fermeté d'assistance? Spiritum veritatis , L'Esprit do vérité, comme souffriroit-il le mensonge? Et en S. Matthieu , 28 : Ego vobiscum sum usque ad consummationtm sœculi , Je suis avec vous jusques à la consommation des siècles, où ouvertement il promet son assistance par ticuiiere à l'Eglise , passage lequel a esté entendu anciennement pour la présence de Nostre-Seigneur au sainct sacrement ; mais quoy que c'en soit , Nostre-Seigneur mons tre qu'il y aura tousjours une vraye Eglise, en laquelle il sera, et s'il est avec elle, qui sera contr'elle.
Mais Isaye fait une solemnelle attestation de cette vérité : Cum venerit Redemptor Sion ; hoc fadus meum cum eis, dicit Dominus y spiritus meus, qui est in te , et verba mea quœ posui in ore tua non recèdent de ore tuo , et de ore seminis tui , et de ore seminis seminiê tui , dicit DominuSy admodô et Uique in sempiternum. Hocfœdus meum cum eis (td est Christianis)\^)\ car auparavant il dit : Et ceux qui sont en TOccidenl craindront le nom du Seigneur, et ceux qui sont au soleil levant sa gloire. Que voudroit-on davantage pour la vérification de cette perpétuité? les prophetieset les Evangiles en sont tout pleins.
Un seul passage suffira pour tous, c'est on S. Matthieu , 46. Nostre-Seigneur dit : Tu es Petrus^ et super hanc petram œdi^ ficabo Eccîesiam meam, et portœ inferi non prcevalebunt adversus eam , Tu es Pierre, et sur cette pierre j'edifîeray mon Eglise, et les portes d'enfer n'auront point de pouvoir sur elle. 11 dit : jEdificabo^ J*e- (s) ^ lm , I. — (t) laty* , ux.
seumou
tlifîrray, q\it\ UrtWfwtét II dit : Supra pelhtm, Sur h\ pierre, quel fondement?
£t porté ivferi, elc, , Et les portes d'enfei" nantiront point de pouvoir contre elle, quelle promesse? Tenfer avec loiis ses alliez n'y peuvent rien. Par les portes s'entendent les forces : mais outre cela je trouve trois portes d*ennerja malice, Hirnorance, rinfiHnité. Ny les inOrmitez es afflictions, ny rignorance es doutes , ny la maHce es délibérations, ne peuvent prévaloir contre cettb Eglise. Cette vérité est si claire et si puissante, que Ciilvin mesme s*cn est laissé ecliapper ta concession , sur les paroles desjà alléguée:!, où il confesse Tassislanco Jj^riHîlnifîlle avoir esté promise à l'Eglise, y j adjoustant une bonne raison ; car, dil-iî, ce ; seroit peu qlie TEvangile et le S'ûnt-E>prit nous ertst esté une fois donné , s'il ne demeUroll tousjours avec nous (1). Voyezvous la force de la vérité, comme il la confessi»? Mais voicy que vous me direz, si Calvin confesse cette vérité, pourquoy la ))rouvez-vous si exactement? je vous rcsponds que le mensonge est inconstant et la doctrine do Calvin aussi. 11 confesse cette vérité icy sans y penser, mais ilVen oublie ailleïirs grîindement, et la raison pourquoy il faitrHgli.^^o invisible, mortelle et errante, c'est celle-cy.
On demande à nos adversaires si , quand ils commencèrent celle nouvelle doctrine, Il n'y avoit point d'Eglise de Nostre-Seigneur : les uns respondent qu'ouy, les autres que non; à ceux qui disent qu'ouy, on réplique, s*îl y avoit une Eglise, ou vous estiez avec elle ou non ; s'ils disent que non , on leiir dit : Vou-* estiez donc damnez, car, J\'on potesl habere Deum pairem , etc. , Celuy-là ne peut avoir Dieu pour père qui ne voudra avoir TEglise pour mère ; et parUmt il ne vous faut p«is suivre. Si vous estiez avec elle, dites-nous où elle estoit alors? ils disent qu'elle estoil invisible es cœurs de quelques-uns çà et là : les autres donc voyant qu'il n'y avoit point d'honneur de dire, ou qu'il n'y avoint point d'Eglise , ou qu'elle estoit invisible , onl dit qu*au temps Qu'ils s'élevèrent , il n'y avoit plus aucune Eglise , mais que tout estoit apostaeie, idolâtrie et superstition , qu'elle estoit morte et éteinte , pleine d'erreurs , et que par eux elle a esté ressuscitéo ; et
(l)lMt.
contre c«Qz-cy, ]*ai montré mdmtattailt que ce feu est inextinguible ; car Voyezvous par la conséquence; l'Eglise donc est visible et per|)etuelle, mais c«lle de Calvin n'a point esté vue ny connue devant Calvin , donc rEp;lise de Calvin n'est pas la vraye Eiilise. Voicy qui les presse de près, voicy qui ruine tout leur bastimcnt , voicy qui fait sauter, qui ruine et sappe la tour de Babel ; c'est pourquoy ils cherchent dé tous costez ouvertiire pour s'eschapper,*disant tanlost que leur Eglise a tousjouri esté , et quand on demande où elle estoit il y a cent ans , ils disent qu'elle estoit invisible , timtost ils disent qu'elle n'estoit pas; et quand on leur dit qu'elle n'estoit pas donc la vraye Eglise, puisque la vraye Eglise doit eslre per|îetuelle, ils nient cecy, et disent que quand Calvin commença il n'y avoit point d'Eglise, qu'elle estoit clieuteeo ruine, et qu'ils l'ont rebastie et reformée, et tout Cecy se faicl et se dit , poiirce qu'a lors il n'y avoit point d'Eglise queùilholîque papiste qu'ils nomment, qui a fait dire à Diibartas que l'Eglise estoit cette grande paillarde de l'Anle-Christ , Calvin ne dit rien moins, livre 4. chap. ^ et 3, etBèxe en sa confession de foy, chap. 5, et MuscuIhs tib. de locis communibus. Voilà qui me fait arroster à prouvercontr'eux ces veniez, îes<|uellos estant bien certiiines elassenrécs.il est bien certain et asseiiréauàsi que l'Eiilispdes adversaires qui n'a pas esté visible avant cinquante ou soixante ans, et qui n'a j^int esté tousjours, n'est pas la vraye Eglise , et par conséquent que tous ceux qui sont en icoUe sont hors de leur salut éternel , s'ils ne s'amendent. Davantiige je n'ay pas seulement prouvé que U leur n'est pas la vraye Eglise, mais aussi que c'est la nostre ; car il ne se Ireuvé |)oint d'Eglise de toutes celles qui confessent Jesus-Christ qui aye continué sauf interruption , sinon la noslre catholique et romaine.
Mais qu'apprendrons- nous ici eh cette vérité? nous apprendrons à loiier Dieu qiji a laissé au monde une Eglise perpetueilê à laquelle , en tout temps , on peut recou* rir pour y faire son salut , puis montabl de cette Eglise que nous voyons çà bas,i celle que nous ne voyons pas là haut , nous exciterons en nous le désir de la vie éternelle, comme dit l'apostre : Non eontm-
DE lA DÉDIGACe 0E L*ÉGL1SE.
fttmMm métlë fu*f tidêntur, ieâ quœ mamtiâentwr (4). N'appHqimnt pns seuteaeol nos esprits aux chos'^ qui se voyent , ■Mis â celtes qui sont invinibles. Et (>arlant comme oelle-cy est perpétuelle , selon la perpétuité de ce monde, Taiitre I est selon la perpétuité de la vie future, c'est-à-dire, étemelle. Donc de la considération de la dorée de cette Eglise nous devons nous eslever à la durée de la triomphante, et penser que le royaume du ciel est étemel , |Niis penser combien Jusques à présent
|1) IL Gor. u.
I nous avons esté mal adrlses devoir quitté
: ce royaume-là , auquel nous avons part ,
I pou^ un rien , pour un petit péché, et qui
! sommes si lasrhes de ne point prendre de
peine pour avoir ce paradis qui durera
éternellement. 0 pocheur, tu prends tant
de peine pour un peu d*or, pour un peu
d'arfl;ent qui te sera demain pillé, qu'il
te faudra laisser demain , et pour ees ri*
chesses immortelles , tu ne veux pas ts
faire tant soil peu de violence, et vaincra
ta lascbeté, etc.
SERMON