CE QUE C*BST QUE LA PRÉDICATION
Je finis en disant que la prédication c'est la publication et déclaration de la volonté de Dieu , faite aux hommes par celui qui est là légitimement envoyé, afin de les instruire pt émouvoir à servir sa divine majesté en ce monde , pour être sauvés en Vautre.
SUITE ET CONaUSIONDELA LâTTRE.
Que dlrez-vous de cela? Pardonnez-moi, je vous supplie, j*ai écrit à course de plume , sans aucun soin ni de parole ni d'artifice, porté du seul désir de vous témoigner combien je vous suis obéissant. Je n*a point cité les auteurs que j*ai allégués en certains endroits; c'est que je suis aux champs , où je ne les ai pas. Je me suis allégué moi-même ; mais c'est , monsieur , parce que vous voulez mon opinion , et non celle des autres : et quand je la pratiqua Dioi même, pourquoi ne lo dirois-jo pas? Il faut , avant que je ferme cette lettre , que je vous conjure , monsieur , de ne la point Daire voir à personne duquel les yeux me soient moins favorables que les vôtres , et que j'ajoute ma très>humble supplication que vous ne vous laissiez emporter à nulle sorte de considération qui vous puisse empêcher ou retarder de prêcher. Plus ^t vous commencerez, plus tôt vous réussirez; et prêchez souvent, il n'y a que cela pour devenir maitre. Vous le pouvez, monsieur , et vous le devez. Votre voix est propre, votre doctrine suffisante , votre maintien sortable, votre rang très- illustre en rÉglise : Dieu le veut , les hommes s'y attendent ; c'est la gloire de Dieu, c'est votre salut : hardiment , monsieur , et courage pour l'amour de Dieu.
Le cardinal Borromée, sans avoir la dixième partie des talents que vous avez, prêche, ^ifîe, et se fait saint. Nous ne devons pas chercher notre honneur, mais cehii de Dieu, et laissez farre, Dieu cherchera le nôtre. Commencez , monsieur , une fois aux ordres , une autie fois à quelque com-
munion ; dites quatre mots , et puis huit , et puis douze, jusqu'à demi-heure ; puis montez en chaire : il n'est rien d'impoi^sible à l'amour. Notre-Seigneur ne demanda pas à S. Pierre, Es-tu savant ou éloquent ? pour lui dire. Pasceoves mecu : mais Amas me (4)? Il suffit de bien aimer pour bien dire. S. Jean mourant ne savoit que répéter cent fois en un quart d'heure : Mes enfants, aimez-vous les uns les autres ; et avec cette provision il montoit en chaire : et nous faisons scrupule d'y monter , si nous n'avons des myrabolans d'éloquence ! Laissez dire à qui alléguera la suffisance de monsieur votre prédécesseur :il commença une fois comme vous.
Mais , mon Dieu ! monsieur, que direzvous de moi, qui vais si simplement avec vous? L'amour ne se peut taire où il y va de l'intérêt de celui qu'on aime. Monsieur, je vous ai juré fidélité, et l'on souffre beaucoup d'un serviteur fidèle et passionné.
Vous allez, monsieur, à votre troupeau:
eh ! que ne m'est^il loisible de courir jusque-là pour vous assister , comme j'eus l'honneur de faire à votre première messe ! je vous y accompagnerai par mes vœux et désirs. Votre peuple vous attend pour vous voir, pour être vu et revu de vous. De votre commencement ils jugeront du reste : commencez de bonne heure à faire ce qu'il faut faire toujours. 0 qu'ils seront édiûés quand ils vous verront souvent à l'autel sacrifier pour leur salut avec vos curés, traiter de leur édlBcation , et en chaire parler de la parole de réconciliation , et prêcher ! Monsieur, je ne fus jamais à l'autel sans vous recommander à Notre-Seigneur , trop heureux si je suis digne que quelquefois vous m'y portiez en votre mémoire. Je suis et serai toute ma vie de cœur, d'âme, d'esprit, monsieur, votre , etc.
J'ai eu honte relisant cette lettre ; et si elle étoit plus courte , je la referois ; mais j'ai tant de confiance en la solidité do votre bienveillance que la voilà , monsieur, telle qu'elle est. Pour l'amour de Dieu, aimez-moi toujours, et me tenez pour autant votre serviteur comme qui vive , car je le suis.
(1) Mtat du à Pl«rr« t Simon , flU de Jeta , n'almet- TOUS? Pierre répoadll : Sclfiieur, rien oe toos est cacbé: tou Mtei que Je tous aime. Jé«as lil répondit : P«lifei mm brtbto. iOAti. e. xxvu, v. 17.
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SERMON
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