‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 2)Chapitre 139 sur 356 · CHAPITRE Vn, De rinvenUon de la croix. Preave ilxletine · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vn, De rinvenUon de la croix. Preave ilxletine

Après que ce traitteur a discouru àplai« sir sur le sous-terrement et lieu de la croix, il veut en un autre endroit combattre l'invention d'icelle, et veut persuader que cette invention est inventée.

« 11 n'est besoin, dit-il , d'entrer sur la » recherche, si c'a esté une invention con- » treuvée, ou vraye : combien que Vola- » terran , et frère Onuphrius Panuinus , de » l'ordre des Augustins, en ses notes sur > Platine , en la vie d'Eusebe , pape trente- »deuxiesmc, donne assez à entendre que » c'est chose incertaine, veu la diversité »qui se trouve es autheurs, touchant le » temps de cette invention ; et si l'on croit » quelques historiens, Heleno estoit en- » core infidelle alors, et Constantin mesme » n'estoit pas ferme chrestien , et n'uvoit » rien en Syrie encore : et quelques uns » disent qu'elle ne fut treuvée du temps » du grand Constantin , mais de'Constan- » lin son fils : joint qu'Eusebe qui a escrit » la vie de Constantin , et qui parle de ce » qu'Helene fit en Hierusalem , ne dit un » seul mot de cette invention de croix. » Aussi ne s'accorde S. Ambroise avec les «autres historiens; car il-dit que cette » croix fu< connue au titre d'ÂceUe, el lei

L'ESTENDâlIT W U SAmORiCROIX.

1 autres disent que ce fut f^ar In guerison » miraculeuse d'une femme. » Vuilà ce que dil le truiilour quant ù ce poinc t.

Or qui yid jamais une nison si déraisonnable, que pour rincertituile du tomps on tire en conséquence rincortilude de la chose mcsme?

Combien de temps y a-t-il que le motide fut créé? Il n*y a clironologien qui n'en aye son opinion à pari : faul-il dire ponN timl que le monde n'a pas eslé rreé? En quoi ange mourut Nostre-Seigneur? Qui dit à trente-un , qui dit à trenlc-deuz , qui dil à trente-quatre ans, et ce grand Irenée passe jusqucs à cinquante : faudroit-il donc dire pour cete diveirsité d'opinions de l'ange auquel Nostre-Seigneur souiïrit, que sa mort fut incertaine I Autant en diray-jo du baptesme d'icelu y, et des autres choses tesmoignées en TEbcriture , lesquelles, estant très-certaines, ont la cirrotistance du tomps trcâ*incertaine. Chacun sçayt que S. CIcment fut pape , mais on ne scayt si co fut dcvaht, ou apr{>s LInusetClctus. Combien de gens y a-t*ilau monde qui ne sruvent ny le jour ny l'an de leur naissance ?

Volatcrran donc et le docle Onuphrius ne monstrcnt point que l'histoire de l'invenlion do la croix soit incertaine, quoy qu'ils produisent rincortilude du tempe; auquel elle a est<^ faite. Il n'importe de sçavoirle jour. Tan, l'heure, il sufTit que la chose soit advenue*. Et quant à Panuinus, voyant Platine dire que cette invention fut faite sous Euscbe , il se résout , et dignement, à l'opinion contraire, ne laissant pas la chose indécise , comme présuppose le traitteur , qui s'enferre luy-mesme , qviand laissant les aulheurs d'accord , en Tinvention de la croix , il allègue seulement leur discorde en l'aago cl temps d'icello; car c'est purement confesser ce qu'il avoit premièrement nié; à sçavoir, qu'il y a bon ; Icsmoignage que Dion a voulu que la croit , de son Fils vinst à connoissancc.

Rien de bon , rien do sainct no se fblt que Dieu n'en soitauthcur : or l'invention de la croix est célébrée par tatil de graves et saincts pères comme une œuvre pieuse et saincte , comme donc n'y a-t'ir point de tesraoignagc que Dieu Tiiye voulue? Tesmoigncr qu'une œuvre est saincte, c'est iesmoigner que Dieu la veut

Mats il y 8 plus t ter îbixi M gflIfM lA i\\i urs qui ont escrit de Pîtivelitioft de t saincte croix , comme S. Ambroise , sain P;mlin , Eusebe , RutOn , Sozomene . assed rontqu'Hclene fut inspirée d'aller à la re cherche de ce bois sacré. Eusebe dit c Avertie par de divines visions. > Ditim inspirata consitio , dil Paulinns , c Inspl rée paf le conseil divin. » Infuso M f flficfo fpiritu , dit S. Ambroise , «t Li » SainctEsprit luy estant infus. » Et Socrate : a Admonestée divinement en son- B meil. » Voila donc plusieurs tesmoignages que Dieu a voulu la croix de son Fb estre trouvée.

Mais le traitteur oppose qu'Eusèbe , ptf* lant en la vie de Constantin de ce qu'H^ lene fit en llierusalem , ne fait auctuè mention de l'invention de la croix. Je df qu'il laissa d'en parler tout exprez en & vie de Constantin , pour estre chose toutt connue de ce temps-là: et neantmoinsi touche cette histoire en passant , èsletlrei qu'il recite de Constantin à Macairo , eve» que de Uierusalom. Mais en sa chroniqot traduite par S. Jcrosme , il tesmoigne i ouvertement cette invention que rien plus! « Hélène , dit-il , mère de Constantin , ad» » vertie par de divines visions , trouva prâl » de llierusalem le tres-heureux bois de b » croix , auquel le salut du monde id » pendu. »

Et S. Ambroise ne se trouvera poitti contraire en cet endroit aux autres ;carcl qu'il dit, les autres le disent, quoy qu'il ne die pas tout ce que les autres disent, il est vray , comme dit S. Ambroise , que là croix de Noslre-Scigneur fut connue ptf le liltre : mais parce que le tiltre o^loil séparé de la croix, comme dit Sozomene, elle n'estoitp;«s encore du tout assez évidemment reconnut^, dit Ruffin. On commença donc à la reconnoistre fjar le liett de rufflxion du liltre. C'est ce que rap|X)rlë 6. Ainbro se : puis on la reconnut encoi% mieux cl plus parfaiclemcnt , par les miréclos que Dieu Ht à raltouchement de Ce stiinci bois ; car Helone ayant trouvé thA croix auprès du sepulchre , et ne pouvant reconnuistrc , à plein , laquelle esloit la saincte cl sacrée, Macaire, evcsi]ue dl llierusalem , fit une belle prière à Dieu, recilée par Ruffin, pour obtenir un sigM paf lequel on pust discerner la croix de

uviuii» CttunnuB Tma

lem-Cbrtet* Or il y avoitlâ près uoe dame presque morte d*une maladie longue cl incurable, à laquelle on appliqua les deux croix des larrons : mais pour néant; car la mort ne les craignoil point. On la toucha donc du bois de la croix saincto , et tout lussâtost la mort se retira bien loing , ne pouvant porter reffort de la croix sur laquelle elle avoit esté vaincue et morte , bsqu'eile osa entreprendre d'y faire mourir la vie. Ainsi cotte femme toute guérie fr-le-champ,se levé, cheminant et loiiant crucifié. S. Paulin, Sulpico , et Sozo- Bene, recitent qu*alors mesme un homme iDort reâsuscita au toucher de ce sainct Iwis.

Enfin le traitteur dit plusieurs choses en

cet endroit , sims alléguer autres autheurs,

iînon quelqu'un et quelques-uns , à quoy

Je ne suis obligé de respondre , jusques à

ce qu*il me les nommo. Aussi bien ce qu'il

en veut déduire n'est guercs à propos , non

plus quo rhistoiro impertinente qu*il a

prise des sermons de Diàcipulus , serm, 21

iê intent. Crucis , qui ne fait rien contre

aoua , puisque les callioliquos ne tiennent

piis ce disciple pour maistre de leur foy :

et ne disons pas que quelque particulier

catholique ne puissca vanccr quelque chose

Bal asseuréc ; mais cela ne prejudicic point

i la foy publique de TEglise. Cependant

Diàcipulus ne baille pas ce conlc-là pour

àose asscurée , mais proteste de l'avoir

pris du livre apocryphe do Kicodeme. Ce

fie le traitteur a didsimuié.

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