‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 2)Chapitre 167 sur 356 · Le service, dit-il, doué sa dinu · texte numérisé non relu

Le service, dit-il, doué sa dinu

> Majesté luy doit eslre rendu selon Mi " bon plaisir et ordonnance. Or la voloolJ

■ de Dieu manifeste touchant ce point (1],

LTOUB m, CHAPITRE lY.

Sil que nous l'adorions et servions en es- Mîi et vérité. £t pourtant non seulement lous rejetions les cérémonies judaïques incienncs, mais aussi toutes autres avancées outre, et sans ia parolie de Dieu , en 'Eglise chrestienne.

2. Voulant rendre raison de ce que TEstare ne tesmoigne point expressément ft miracles faits par le bois de la croix, lieu de dire que c est parce que ces micles-là ont esté faits long-temps après 16 le Nouveau -Testament fut escrit , qui t la vraie et claire raison, il se met à dire I cette sorte : a Certes il semble qu'il n'y aye autre raison , sinon que Dieu n*a pas foulu arrester les hommes à telles choses terriennes, comme aussi S. Paul nous en- MÎgne , par son exemple , que nous ne devons point connoistre Jesus-Christ selon la chair, comme aussi il dit au 3« des Philip. (4) que nous servons à Dieu en esprit, nous gloriûant en Jesus-Christ, et ne nous confiant point en ia chair. »

byant les nuUitez de ce discours.

1.J*ay monstre au commencement du nmier livre que ces reformez observent Inieurs cérémonies et coustumes , outre tsans TEscriture. Ce n*est donc pas faute B treuver nos cérémonies en i'£scriture D'ils les blasment.

%, S'il faut servir Dieu selon son ordonince, il faut sur toutobeyr à l'Eglise et irder ses coustumes. Qui fait autrement, t Sauveur prononce (2) qu'il est payen et iblicain. Et S. Paul enseignant que les Dmmes doivent prier à leste nuë , et les mmes à teste couverte, qui n*est qu'une sre cérémonie, il ne presse ceux qui vouroient chicaner, au contraire, sinon de Me parole : « (3) Nous n'avons point telle ooustume en l'Eglise de Dieu.» II ne parle islà le jargon huguenot, mais le vray et mple langage catholique ; la coustume de Bglise de Dieu luy sert de raison. Aussi Ute Espouse est trop assistée de son Es- Hiz pour broncher et decheoir en son lemin.

3. Si pour honorer et servir Dieu en esitet vérité , il faut rejeter les cérémonies li ne sont commandées en termes exprez tus TEscriture , donc S. Paul ne devoit ifl ordonner aux hommes (4) de prier des-

} Fhilip. m, t. — (t) Matt. tui. 17. — (3) I. Cor. xi, It . (4)1. Cor. SI, 4.

couverts et les femmes voilées, paisqu'il n'en avoit aucun commandement, ny les apostres (4) de deffendre le sang immonde et suffoqué. Et pourquoy est-ce , ô reformateurs , que vous priez mains jointes et agenoiiillez?

Nous avons, direz-vous, Texemple de Jesus-Christ et des apostres. Mais si leur exemple a quelque pouvoir sur vous, quo ne lavez- vous les pieds avant la cène (2), comme Nostre-Seigneur a non seulement monstre Texemple, mais invité à iceluy?

(3) Que n*oignez-vous vos malades d'huyle, comme faisoient les apostres? Que ne laissez-vous toutes vos possessions et commeditoz à leur exemple? Que ne faites-vous ia cène à la cène , c'est-à-dire au souper , et non au matin , et au déjeuner.

i. Mais qui oiiyt jamais telle conséquence : il faut prier en esprit et vérité , donc il ne faut pas prier avec cérémonie? Les cérémonies sont-elles contraires à Pesprit et vérité , pour bannir l'un par Teslablissement de l'autre? Qui chargea Abraham, Aaron, Moysc, David, S. Paul, S. Pierre et mille autres de prier les mains levées , et les genoux en terre ? Et cela les empeschoit-il de prier en esprit et vérité , ou d'estre vrays adorateurs? C'est une ignorance effrontée de tirer les Escritures à des sens si ineptes : c'est une impieté formée , non pas une pieté reformée.

Tant s'en faut que prier en esprit et vérité soit prier sans cérémonie , qu'à peine se peut-il faire que celuy qui prie en esprit et vérité ne fasse des actions et gestes extérieurs assor tissant aux affections intérieures , tant les mouveméns intérieurs de l'ame ont de prise sur les mouveméns du corps, a Et je ne sçay comment , dit S. Au-

> gustin , ces mouveméns du corps ne se » pouvant faire , sinon que l'émotion de » l'esprit précède, et derechef ces mouve- » mens estant faits au dehors perceptible- » ment , l'emolion invisible et intérieure

> en croist : si que l'affection du cœur qui » a précédé à produire ces mouveméns ex- » teneurs , croist et s'augmente , parce

> qu'ils sont faits et produits. >

Une ame bien esmuë est esmuè' par tout, en la langue , aux yeux , aux mains. Prier en esprit et vérité , c'est prier do bon cœur

(1) Act. xr. M. — (S) iotiuxui , I , il , if. — (») lUi«,

fl, It \ MCOb , T. 14.

L^ESTfffDAJlT BB LA flàlNCn CROIX.

et «(TecUonneroeni sans feinte ny bypocrisi& ; et au reste y employer tout l'homme, Tamo et le corps, afin que (4) « Ce que â Dieu a conjoint ne soit séparé.» Je laiaie à part la naïve intelligence de cosparoUes de Nostre-Seigneur, qui oppose Tadoration en esprit à l'adoration propre aux Juifs qui estoit presque toute en figure , ombres et ccrcmonies extérieures; et l'adoration en vérité à Tadoration fausse, vaine, hérétique et schismatiquo des ëamaritains. Ce que je fais ici n'a pas besoin d'un plus long discours.

3. Si parce que S. Paul nous enseigne de ne connoistre pas Jesus^Christ selon sa chair, il ne se faut amuser à la crotx , ny à semblables choses terriennes; pourquoy fait-on compte de la mort et passion de Jesus-Christ , qui n'appartiennent qu'à la chair et pour le temps de sa mortalité? Que voulez-vous dire , ô traitteur? qu'il ne faut connoistre Jesus-Christ selon la chair ? Si vous entendez selon vostre chair , ou celle des autres hommes , je le confesse absolument ; mais vous serez inepte de rejetter par là la croix ; car la croix n'est ny selon vostre chair, ny selon la mienne : elle luy est contraire et ennemie. Si vous en<itondez selon la chair de Jésus- Christ mosmo , Qomme c'est le sens plus sortable , il no faudra pas dire qu'absolument il ne faille connoistre et reconnoistre Jésus* Christ selon la chair ; car n'est-il pas nay de la Yiçrgo selon la chair? n*est-il pas mort , ressuscité et monté au ciel selon la chair? n'a-t'il pas sa vraye chair à la dex* Ire du Père? n'est-ce pas aa chair réelle selon la vérité , ou au moins le signe de sa chair , selon la vanité de vos fantaisies , qu'il nous a donnée en viande? faudroit*il donc oublier tout cela avec le Ferbum caro faatum ê$t?

plut Jeeui^hrisl telon la ehatr, il no veut dire autre chose, sinon qu'il ne tient plus, ny ne conaoist Jesus-Christ pour passible et mortel , qualitez naturelles de la chair; et en un mot qu'il ne connoist plus sek» la chair accompagnée des inflrmitex de a condition naturelle.

6. Autant hors de raison allegne-tl S. Paul, au 3« des Coloss. ; oar outre ce qm les parolles qu'il dit y estre n^ sont point, majs au 3* des Philipp., quand elles y Mi roient, elles ne nous serolent point oofr traires , puisque nous confessons qu'il M servir Dieu en esprit, se glorifier en Jes» Christ , et ne se point confier en noitn chair : mais tout cela ne met point le corp ny ses actions extérieures hors de la contribution qu'il doit au service de son Die«.

Or peut-estre vouloit-il alléguer ce ^ est dit en ce chap. 3« aux Coloss., et qaî joindroit bien mieux en son propos: t(4)S > vous estes ressuscitez aveo Jesus-Christ, » cherchez les choses qui sont en haut, || » où Jesus-Christ est séant à la dextre ds » Père : savourez les choses qui sont li » sua, non celles qui sont sur la terre; • car s'cnsuivroit*il point de ces parolles qu'il ne faut tenir aucun compte de It croix, de la cresche, du sepulchreet aiH très reliques do Noslre-Selgneur qui sont icy-bas en terre? A la vérité cela seroit bien employé contre ceux qui arresteroisel leurs intentions , et terminoroiont leurs d^ sirs aux choses qui sont icy-bas. Cherchez, leur diroit-on, ce qui est en haut, 5iir* êufih corda ; mais nous ne tenons poiot arrestées nos affections , ny à la croix , if aux autres reliques ; nous les portons n royaume des cioux, employant à la rocher che d'ioeluy toutes les choses qui nooi peuvent aytior à relever nos cœurs vers celuy auquel elles se rapportent. 11 faut

Quand donc S. Paul dit qu'il ne connoist ; monter au ciel, c'est là nostre visée et

Jesus-Christ selon la chair, c'est selon la chair de laquelle il parle ailleurs, disant ! « (2) Que Jesua-Clirist, es jours de sa chair, > a oifcrt des prières et supplications à son » Père , » où le mot de chair se prend pour mortalité, infirmité et passibilité , comme s'il eust dit : Que JesuAllhrist pendant les jours de sa clxair mortelle , infirme et pa3«> siblo , a oiïert prières et supplications à son Pcre. Ainsi disant qu'il UQ connoist

(1) Mail, is, f. * (f) Heb. f , 1^

dernier séjour : les choses sainctos d'iey* bas nous servent d'échelons pour y af»

teindre.

Les mariniers qui voguent à l'aspeet et oonduite dos estoiles , ne vont pas au oiel pour cela , mais en terre : aussi ne visenl* ils pas au ciel , sinon pour chercher 11 terre. Au contraire , les chresticns ne re^ pirant qu'au ciel , où est leur thresor, et Itt puri aàseuré do leurs espérances , regv*

(1) Colois. lu, 1 , a.

um m ) cBKstftns t;

dtnt bien souvent aox choses d* îcy-bas : mais ee fi*est pour aller à la terre , afns pour aller au ciel. Gicrchez Jesu&-Ghrist , eice qui es! en haut , ce me dites-vous : je le cherche pour vray ; et tant s'en faut que la croix , le sepulchre , et autres sainctes créatures, m'en détournent comme vous pensez qu'elles m'cschauffent et empressent davantage à celto queste. Les fumées et traces ne retirent pas le bon chien de la queste , mais l'y eschauffent et animent : ainsi éventant en la croix , en la crescho , sepulchre , les passées et allcures de Sauveur, tant plus suis-je affectionné à cette beniste recherclie. Il me tire par-là après soy, comme par Todeur de ses onpiens. Me voilà donc défait de cet homme n importun pour le gênerai des ceremolies. Il faut que je suive mon propos.

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