‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 2)Chapitre 185 sur 356 · CHAPITRE Vn · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vn

Première dlTision des adorations selon la différence des exceUences.

Il appartient donc i\ la volonté de donner Tessence et les différences aux adorations. Mais quels moyens lient-elle aies leur donner? deux principalement. Le premier est , par la diversité des excollence.s pour lesquelles elle adore les choses : à diverses excellences, il Tant divers honneurs. Le secondent , par la diversité des façons, avec lesquelles les excellences pour lesquelles on adore sont participées et i>osaedéespar les objets adorables. Comme il y a diverses excellences, aussi peut-on participer diversement, et en plusieurs manières, une mesme excellence.

Partageons maintenant toutes les adorations, selon les plus générales divisions des excellences. Toute excellence ou elle est infinie , ou finie , c'est-à-dire , ou divine, ou créée : si elle est infinie ou divine, i l'adoration qui luy est due estsupresme, absolue et souveraine, et s'appelle latrie, d'autant que, comme dit S. Augustin : a Se- » Ion l'usage avec lequel ont parlé ceux » qui nous ont basti les divines parolles, » le service qui appartient à adorer Dieu,

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» ou tousjonrs , oq ao noint tà toomt (pie » c'est presque toujours, est appelle latrie, » Lairia itcundian conmafiMlmem fiM » locutx iunt qui nobiê dimna daquU > Cùndiderunt , aut tam fréquenter , «1 » pené iemper , ea dieitur servituê , qum » periinet ad eolendum Deum. » Il n'y i point d'autre mot en la langue latine qoi signifie simplement l'adoration deuë à Diee seul. Si l'excellence est finie, dépendante et créée , l'adoration sera subalterne et inférieure.

Mais parce que de cette seconde aorle d'excellence il y a une innombrable variété et diversité, divisons-la encore en sm plus générales parties , et l'adoration qui luy appartient sera de mesme divisée.

L'excellence créée ou elle est naturelle, oi surnaturelle. Si elle est naturelle , il laj faut une adoration civile, humaine etsimplement morale : ainsi hionorc-t'on les sages et vaillans. Si elle est surnaturelle , il luy faut une adoration moyenne , qui ne soit ny purement humaine , ou civile (car Texcellence n'est ny humaine, ny civile), ny aussi divine ou suprcsme ; car l'excellence à laquelle elle se rapporte est infiniment moindre que la divine, et est toœ* jours subalterne : et peut-on bien appeler cette adoration religieuse; car nous ne nous sousmettons aux choses surnaturelles que par l'instinct de la religion pieuse, devote , ou consciencieuse ; mais particulièrement on l'appelle du lie entre les théologiens , lesquels voyant que le mot grec de dulie (4) s'applique indifféremment au service de Dieu et des créatures, et qu'au contraire le mot de latrie n'est presque employé qu'au service de Dieu seul , ils oot appelle adoralion de latrie celle qu'on fait à Dieu , et celle qu'on fait aux créatures surnalurellement excellentes, adoration de dulie ; et pour mellro encore quelque différence en l'honneur des créatures , ils ont dit que les plus signalées s'honoroieet d'hyperdulie , et les autres de l'ordinaire et générale dulie.

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