MÉMOIRE
POUR LA RÉFORMATION DES REUGIEUX Et RELIGIEUSES,
nC5EnT6 PAB 8. FBAHÇ0I8 DB BALBg. A M. L« PBIME DB PIÉMONT, A AHMECT (IL
(Tiré de la Yie de S. François de Sales, par Aug. de Salei, pag. 47J. liv, ?iii. )
1 le moi* d'iTTll iflie.)
ArticlM pour ]■ liforme de rellgieui.
La dépendante que les reli^îeuï ontde leors abbés et prieurs commendataires engendre continuellemenl des procès , noi- MB, elriottes scandaleuses entre eux. Il •eroit donc peut-être à propos de séparer le loi et ta portion des biens , requis ft l'entretien des religieux , monastère et ti^ise, d'avec le lot et la portion qui pourrait rester à l'abbé ou au prieur commentartaire; en sorte que les religieux n'eua- «il rien à foire avec l'abbé, ni l'abbé avec MX, puisque chacun d'eus aurait son fait Ipsul; comme on a faittrès-utilementa fliris dans les abbayes deSaint-Victorec le Saint-Germain. Par ce moyen les supeîeurs cloJtriers auroienl toute l'autorité «nvenable pour bien réformer les monas- Aree, réduisant la portion des religiou]) la communauté. On pourroit aussi chanpr les supérieurs , par l'élection , de trois ns en trois ans.
Et alin que In réformation se fit plus isément, il seroit requis que cet ordre se lit premièrement â Talloires , où il y a éjà un bon commcncempnt de réFormaon, et par après il faudroit soumettre à elloires tous les monastères de l'ordre de liât-Benoît, afin qu'on y installât la même Itorme.
Hais quant aux monastères de l'ordre I CIteaux , je ne vois pas qu'aucune renne s'y puisse faire , sinon en y mettant S religieux Feuillants, comme on a Fait
rou la rtlnrmulou da 'n
! à la Consolata de Turin , à Piguendies, et en Abondance.
Il y a de plus des monastères de chanoi. nés réguliers de Saint-Augustin qui n'ont pas moins besoin d'être réfonnés , ce qui malaisément se pourra faire , sinon par le changement d'ordre ; et il semble qu'il serait expédient d'en retirer quelques-uns dans les villes , comme par exemple le monastère d'Entremont à la Roche, pour y accroître te nombre des chanoines , et y établir un notable service , avec un ttiéologal et pénitencier ; ayant égard au voisinage et au commerce de ceux de Genève avec les habitans de la Roche.
Ou pourroit aussi en convertir d'autres en des congrégations de prêtres de VOntoire ; par exemple , le monastère du Saint- Sépulcre de la ville d'Annecy; et les autres , les annexer au collège de la même ville , comme le prieuré de Pellionex,
Orcequiest dit de retirer quelques monastères dans les villes pour accroître le nombre des chanoines , regarde le bien de la noblesse de tout le pays de Savoie , laquelle est nombreuse et en quantité, mais iiipluparlpauvro, et n'a aucun moyen de loger honorablement ses enfansqui veulent être d'Ëglise , sinon dans les bénéfices qui se distribuent dans le pays, comme sont les cures et les canonicaU ; lesquels on pourroit introduire saintement de ne Jevoir être distribués que par le concours aux gentilshommes ou docteurs.
Son altesse donc, pour ce regard, pourroit faire une instruction à son ambassadeur, pour obtenir de Sa Sainctelé une commission à l'archevêque de Tarantaise, Lvêque de Maurienne, et à celui de Genève, pour procéder aux établissements susdilâ , en sorte néanmoins que l'un d«
OPUSCULES
CCS prëlats se trouvant absent, les deux autres puissent procéder, et les procureurs, général et patrimonial , chargés de tenir main à Texécution en toutes occurrences, avec expresse recommandation au sénat d'assister en toutw les occatioos qui 1ère* querroient.
▲rticlM coiieeniâMt les nllgieisat.
Quant aux religieuses , il seroit aussi requis qu'on retirât les trois monastèrei de Cîteaux dans les villes, afm que leurs déportemens fussent vus journellement, qu'elles fussent mieux assistées spirituellement, et qu'elles ne demeurassent pas exposées aux courses des ennemis de la foi et de l'état, et à l'insolence des voleurs , et au désordre de tant de visites vaines et dangereuses des parens et amis ; joint que de les enfermer aux champs, éloignées d'assistance , c'est les faire prisonnières mi^rables , mais non pas religieuses , ainsi que l'on prétend de faire par les bonnes exhortations qu'elles recevront dans les villes; et aussi le saint concile de Trente ordonne qu'on les y réduise pour ces mémos causes.
On pourroitdonc réduire celles de Sainte- Catherine dans la ville d'Annecy, celles de
Bonlieu à Rumilly, et celles de Betton à Saint-Jean-de-Maurienneou à Montméiian.
Et quant à celles de Sainte-Claire hors de la ville de Chambéri , on pourroit aussi les réduire dans la ville même de Chambéri.
Mais afln qu*en même temps qu*on les réduiroit toutes es villes , la réformation se fît , il seroit requis que Sa Sainteté commit quelque prélat qui établit es monaslères tous les règlemcns ordonnés par le concile de Trente , et leur donnât des supérieurs auxquels on pût avoir recours facilement.
Son altesse donc , pour ce sujet , pourroit faire dresser une instruction à son ambas^ sadeur, afin qu'il obtint deux commandemcns de Sa Sainteté : l'un à Tabbé di Cîteaux , général de l'ordre , à ce qui promptement il fit retirer les religieuses dts monastères de Savoie dans les villes voisines, en lieu propre à leur demeure , «s attendant qu'elles eussent fait un Douveaa monastère ; l'autre à l'évèquede MaurieoM età révoque de Genève , à ce qu'ils tinssent main que tous les règlemcns ordonnés pir le concile fussent établis , nonoseulemêst es monastères de Citeaux , mais en tout les autres monastères do femmes qui sont en Savoie , et le procureur-général char^i de tenir main à l'exécution de l'intentioi de son altesse.