‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 2)Chapitre 301 sur 356 · POUR SERVIR D'ACTE DE CONTRITION SUR LA CRÉATION · texte numérisé non relu

POUR SERVIR D'ACTE DE CONTRITION SUR LA CRÉATION

O Seigneur, je suis devant vous comme tm vrai néant. Hé! comment eûtes- vous mémoire de moi pour me créer et m*honorerdu premier être du monde visible, capable de vivre éternellement, et de m'uair parfaitement à votre divine majesté? Bêlas! mon ame , tu étois abîmée dans cet ancien néant , et tu y serois encore à présent , si Dieu ne t'en eût retirée. Hé ! que ferois-tu dedans ce rien ?

0 mon bon et souverain Créateur, combien vous suis-je redevable, puisque vous m*éte8 allé prendre dans mon rien , pour me rendre par votre miséricorde ce que je saisi Qu'est-ce que je ferai jamais pour dig;iiement bénir votre saint nom , et remercier votre immense bonté? Mais , hélas ! mon Créateur, au lieu de m'unir à vous |iar amour et service, je me suis rendue loote rebelle par mes déréglées affections,

me séparant et éloignant de vous pour me joindre au péché, n'honorant non plus votre bonté que si vous n'eussiez point été mon créateur.

0 mon ame , sache que le Seigneur est ton Dieu : c'est lui qui t'a faite, et tu ne t'es pas faite toi-même. 0 Dieu , Je suis Touvrage de vos mains : je ne veux donc plus désormais me complaire en 'moi-même , qui de ma part ne suis rien. Hé I de quoi te glorifies-tu , ô poudre et cendre? Mais plutôt, ô vrai néant, de quoi t'exaltes-tu? Pour m'humilier, je me veux croire digne de tout opprobre , je choisis dès maintenant pour partage la honte et la confusion, j'agrée pour jamais toutes sortes de mépris ; en un mol je veux changer de vie et suivre désormais mon créateur, et m'hônorer de la condition de l'être qu'il m'a donné , l'employant tout entièremeni à Vo-

OPUSCULES

béissanco de sa volonté par les moyens qui me seront enseignées , et desquels je mVnquerrai vers mon père spirituel.

Bénis , 6 mon ame , ton Dieu , et quo toutes mes entrailles louent son snint nom ; car sa bonté m*a tiré du rien, et sa mi»éri-> corde m*a créé.

0 mon Dieu , je vous offre rêtre quo TOUS m*avez donné , avec tout mon cœur : Je vous le dédie et consacre.

0 Dieu , foniHez-moi en ces affections et résolutions. 0 Sainte Vierge , recomniande^-les à la miséricorde de votre Fils , et m'obtenez que J'y sois toujours fidèle (1).

U* IUTatiov. Sur II fin poar laquelle nous sommes créés.

Hélas 1 que pensois-je quand je no penaois point en vous 1 Hélas 1 je me devols re* paître de la vérité, je me remplissois de la vanité , et je servois le monde , qui n'est fait que pour me servir.

Je vous renonce, pensées vaines etcogi* tations inutiles; je vous adjure à jamais, 6 souvenir détestable et frivole; je vous renonce, amitiés infidèles et déloyales, services perdus et misérables, gratifications ingrates, complaisances fâcheuses.

Et vous, mon Sauveur et mon Dieu, c*est à vous que je me convertis : vous serez dorénavant le seul objet de mes pensées : non, jamais je n'appliquerai mon esprit' à des cogitations qui vous soient désagréables. Ma mémoire se remplira, tous les jours de ma vie, de la grandeur de voire débonnaireté , si doucement exercée en mon endroit. Vous serez les délices de mon cœur, et les suavités de mes affections.

Hé doncl tels et tels fatras et amuscmens auxq^iels je m*appliquois, tels et tels vains exercices auxquels j*employois mes journées , telles et telles affections qui engagcoient mon cœur me seront désormais en horreur; et à celte intention j*u« eerai de tels et tels remèdes.

(Châean spécifiera en partieaUar, soft lesatuelief •i déréglemans, soii Isa remédus.)

0 Seigneur, qui m'avez fait pour une fin si excellente, qui est afin quo je jouisse éternellement de Fimmensité de votre |1oire« quand sera-ce que J'en serai di-

IMMUiMiltelbai

gne? et quand vous bénirai-Je stlim devoir?

Je vous offre , ô mon cher Créateur, tont les bons désirs que vous m*en donnes, toutes ces miennes affections et ré^i^lu* tions, avec toute mon ame et mon cœar»

Je vous supplie , 6 mon Dieu , d'avoir agréables mes souhaits et mes vœux,e( de donner votre sainte bénédiction à mot ame , afin qu'elle les puisse accomplir par le mérite du sang de votre Fil», répiodi pour moi et pour tous les pécheurs, en croix (4).

m* f Uf ATI01I. Des bienfaits reços «le Dieu.

Quelle reconnaissance, 6 mon Dieu, pour tant de grâces et de bienfaits spiri* tuels et corporels que vous m'avez faits depuis le premier moment de ma viejos* qu*à maintenant! que je sois enfant de rÉglise, et quo vous m'ayez enseigné voire connoissancedèsma jeunesse, ô mon Dieul que vous m'ayez donné tant de fois vos divins sacremens, et pardonné tant de fois mes fautes , et délivré des occasions de me perdre où j'étois exposé 1 Quelle grâce! 0 ' que vous êtes bon en mon endroit , ô mon Dieu I 0 que votre ccBiir est riche en miséricorde, et libéral en débonnaireté! 0 mon ame, racontons àjamais combien de grâces il nous a faites. '

Mais que suis-je , Seigneur, qne vous ayez eu mémoire de moi? 0 que mon indiï^nité est gronde! Hélas! j*ai foulé aux pieds vos bénéfices, j'ai déshonoré tT»

grâces, les convertissant en abus et mépris de votre souveraine bonté , j'ai opposé Tabîme de mon ingralilude à 1 abîme devotre grâce et de voire faveur.

Sus donc, ô mon cœurl que jamais plus tu ne sois infidèle, ingrat et déloyal àce grand et libéral bienfaiteur. Hé,moB ame , quoi ! ne seras-tu pas désormais fidèle à Dieu , qui a fait tant de incrveillei et de grâces en loi et pour toil Ah I Seigneur, retirez donc mon corps de telles el telles voluptés ; rendez-le sujet à votre ser> vice, vous qui avez tant fait pour lui. Je veux appliquer mon ame à vous conoollre et reconnolire par tels et tels ezercicesqui sontrequis pour cela. J'emploierai sérieu* sèment les moyens qui sont dans l'ï^liae pour vous aimer et sauver. Qui» Seigoeori

(DfMitlifiliifei»»»

DE S. FRUIÇOIS DE SALES

• prsUquerBiroraiaonJerréquenteriiilea '

«cremenB.j'écouterai votre ËSinto parole, Q suivrai vos instructions et les conseili [ui me seront donnée de votre part. Mais 'DU D quelle reconnoiiisanca, â Seigneur, le la connoissance que vous me donaei Baintenant do mon, devoir etde toui les mtres bienfaits que J ai ci-devant reçus de

lOUif

It TOUS offre tout moi-mAme, mon cœur, 4UB ie* sainte désira et iaintei résoluliona |ue vous me donnez de vpua servir. Forifiei donc ma foiblesso , et me donoei la xmrago de W» pratiquer Gdèleraeot par le né ri lo do votre mort : à ccteffet j'implore 'ioterceesion de votre trëa-sainie Môra, la (QUE les gaints, et de mon bon ange, lui MQt lémoint de ma révolution (i).

T*<L<TkTioii. Sur le nombrt «lia grléreié dM

0 Dieu , qui seul connoisseï le nombre Il l'énormité de mes crimes, vous ïavez , {eigneur, en quelles et combien de maliércs ils se sont inultipliés par ma malice, lepuia que j'ai commencé à vous offenser UM]u'â présent. Ah ! Seigneur, comment nsi-je comparaître devant vos yeux?

Sélaal Je ne suis qu'un aposlèmc (2) du nonde, un égout d'ingratitude et d'inijwité : est-il possible que j'aie été si dél(>yal , que je n'aie pas laissé un seul do ncssens.uncdes puissances do mon aine, ]ue Je n'aie gâtée , violée et souillée ; ot pM pas un jour de ma vie ne se soit Jcoulé, auquel je n'aie produit de si mauvais effets? Est-ce ainsi que je dcvroiscontrfrChanger les bénéfices de mon Créateur ■1 le san^de mon RéJcmpteurT

Voici , mon Seigneur, que comme un au- Wprodrgue, que comme une pauvre Mag- Msfne , et comme une épouse infidële qui MroitsouilIélelitiJeson mariage de toutes lOrtes d'adultères , je me prosleme à vos |veds , et j'implore votre miséricorde sur cette pauvre pécliercsso. Miséricordedonc, Scigneuri Iléiaslivive source de compaslion ! ayei pitié de cette misérablcl

0 non. Seigneur, jamais plus, moyenunt voire grâce , non , jamais plus je ns m'abandonnerai au péché.

UélasI jo ne l'ai que trop aimé : ]e le dcteite et vous embrasse,4 Père de miséri-

PJTClt.pirt.

cordo! je veux vivre et mourir en tous.

Pour effacer les péchée passés, je m'en accuserai courageusement , et n'en lai»serni pas un que je ne poiiis«B debort, quoique confusion que j'en aie.

Je Terni tout ce que jo pourrai pour en déraciner enliércmcnt tOutCB les planlet de mon cosur, particuliËrement de tels et tels, N. N., qui me sont plus cnnuyeui.

£t pour ce faire, j'embra«aenii constant ment les moyens qui ma seront conciliés, ne croyan l jamais avoir ssseï tait pour rAr parerdeai grandes [autos.

Mais quelles grâces et recoDlioissance, à mon Dieu , qui m'avei attendu jusqu'Â l'heure préMule, etmadDnnexceaBaintet affections et le désir d'um véritid^le pé> nitcncal

Je vous fais offrande da non cOHir pour les eSectuer : rccevez-li» en union des amertumes et do l'immonse douleur que ressentit celui de votre Fils bien-aimé ea son agonie du Jardin , par l'horrour qu'il conçut de mes crimos et de ceux de tous les hommes ; et que sa souveraine contrition supplée maintenant à mon défauL

J'espère celte grâce do voira infioie bonté, et vous la demande au ooni et pour l'amour de votre mâmc Fils, qui a voulu mourir pour tous les pauvres pécheurs (().

V< Elévation. 3nr (* née«nllè de U mart

Dieu tout-puissant, arbitre de la vie et delà mort, vous savezquo mon ameaorlira un jour de ce corps : mais quand , comment et en quelle munlËre cela arrîvera-filî il n'y a que vous qui le connoissiei. D'une chose suis-je assuré seulement, que nous mourrons tou^, et qu'à mon égard ce sera toujours plus tôt que Je ne pense ; qu'alors le mondo finira pour moi , et qu'il renversera sens dessus dessous, avec toiiles ses vanités, ses divcrlis- Eomcna, ses pompes ei ses convoitises. Oh 1 Seigneur, je verrai pour lors pour quelles bagatelles et chimàics jo voua ai si lùcliement offensé. Aloi'SJ'eJipérimcnteraî aussi, mais peut-être trop tard , û mon Dieu , (jUO les pécUésqiii me sembloient ici fort [«tila, me paroilront gros comme des montagnes, et qua mes bonnes œuvres et ma dévotion ne paroikront fort petites.

OPtSCULES

Mais ce qui est de plus constant , ômon Dieu , c'est que Tame, après tous les fâcheux adieux qu'elle sera obligée de faire ici-bas au monde, aux richesses , aux vanités, aux plaisirs, aux parens, et aux plus chers amis, en Gn Gnale, quittera aussi son misérable corps, et à la sortie de ce corps prendra sa route à droite ou à gauche.

Hélas! Seigneur, où ira la mienne en ce moment? quelle voie tiendra-t-elle?

Point d'autre que celle qu'elle aura commencée en ce monde. Ah ! Seigneur, dans l'incertitude de ce qui sera fait de moi, dès maintenant je me jette entre les bras de votre miséricorde. Recevez-moi donc , Père très-débonnaire, en votre protection pour ce jour effroyable. Rendez- moi cette heure favorable et heureuse , et que plutôt toutes les autres de ma vie me soient tristes et d'ai&ictions. 0 monde immonde! puisque je ne sais pasi'heure en laquelle il te faudra quitter, dès maintenant je veux faire divorce avec toi , et ne me veux point attacher ni à toi , ni à tes trompeuses apparences.

0 mes chers amis, mes chères alliances, permettez-moi que je ne vous affectionne plus que par une amitié toute sainte , qui puisse durer éternellement. Car pourquoi m'unir à vous en telle sorte , qu'il faille quitter et rompre la liaison?

Je veux donc me préparer à cette heure si terrible et si incertaine, et prendre le soin requis pour faire ce passage heureusement. Je veux assurer l'état de ma conscience de tout mon pouvoir, et à cet effet mettre ordre à tels et tels manquemens.

Confirmez et bénisseï , 6 mon Dieu, mes résolutions. Je vous les offre, ô Père de miséricorde, en l'union de la divine offrande que votre Fils bien-aimé fit de sa personne et de sa vie en l'arbre de la croix ; et dans la même soumission qu'il reçut l'arrêt funeste que Ips pécheurs prononcèrent contre lui , je me soumets à la sentence très-juste et très-équitable que vous rendrez de moi en cette dernière heure de ma vie. J'adore en ce moment le décret éternel que vous en avez fait pour votre seul et très-pur amour. Et comme de moi je ne puis attendre que honte, que châtiment, et que confusion, je m'abandonne à vous, et n'espère mon bonheur étemel que de votre seule

miséricorde, et des mérites infinis de mon Sauveur et souverain juge Jésos-Christ votre Fils.

Dès maintenant je vous remets mon ame entre vos saintes mains, et vous veux aimer à jamais de l'amour qu'il vous a aimé, et aimera éternellement. Amen (4).

VI* f Lf TATioii. Sar le dernier JogeoMat

Je crois, mon Dieu , qu*après ce délngB de feu et de flamme qui réduira en oen* dre tout ce qu'il y a sur la terre, tous les hommes ressusciteront*: mais hélas 1 avec qijelle différence sera-ce ! En un corps glorieux et resplendissant pour les ans, et an corps hideux et horrible pour les autres. 0 Seigneur! vous savez quel sera mon partage et mon sort en ce jour terrible. 0 mon ame ! sera-ce à la droite ou à la gauche de ton juge? Ta pénitence et les effets de la grâce de ton Dieu prévaudrontils contre la malice et l'énormité de tes crimes? 0 Dieu ! quelle confusion pour toi si cela n'est pas I

Ces paroles , ô mon ame : Allez , maudits , au feu éternel qui est préparé aa diable et à ses compagnons; ou ces au* très : Venez , les bénis de mon Père, possédez le royaume qui vous est préparé dès le commencement du monde; seront pour jamais le sujet de ton bonheur ou de ta perte éternelle.

Tremble, mon ame, au récit de celte malédiction : malédiction générale qui con^prend tous les maux; malédiction inévitable qui comprend tous les temps de l'éternité. 0 éternelle éternité de peines, que tu es effroyable I Mais au contraire, quelle joie, quelle consolation, quel transport , si tu es du nombre des élus et des bénis de Dieu en ce jour! 0 chère bénédiction , qui comprend toute bénédiction! fi Dieu ! quelle grâce de posséder un même royaume avec Dieu 1 car ce royaume n'aura jamais de fm.

Mais dans l'incertitude de ces deux sorts, tremble, 6 mon ame, à ce souvenir. O Dieu! qui me peut assurer pour cette journée eo laquelle les colonnes du ciel treDobleronlde frayeur ?

Mes seuls péchés peuvent me perdre en cette journée époi^vantable. C'est pourquoi je les déteste, ô mon Dieu , de tout moo

(i) PUL, ptrt I, «k SJti.

DE S. FRANÇOIS D£ SALES

êCBor, parce qu*ils ont déplu , et sont opposés à votre souveraine bonté ; mais je ne les commettrai plus, pour l'amour que je vous porte.

Je veux dès maintenant me juger moimême, afin que je ne sois pas jugé de vous en ce terrible jour. Je veux examiner ma conscience et me condamner, m'aocuser et me corriger, afin que vous , qui êtes mon Juge, ne me condamniez pas en De jour redoutable : je me confesserai .donc BQ plus tôt ; j'accepterai les avis nécessaires à mon amendement, et je changerai de vie.

Ab Dieu ! soyez glorifié et béni des moyens que vous me donnez de m'assurer pour ce jour-là , et m'accordez encore le temps de faire pénitence.

Agréez Toffrande que je vous fais de non cœur et de ma volonté pour la faire ; mais accordez-moi la grâce en même temps le m'en acquitter à votre plus grande gloire (0.

YII« Alétatioii. Sar les peines et l'élemité de

l'enfer.

Peux-tu penser , 6 mon ame , à cet abtme Infernal , et à toutes les peines diflérentes la'y souffrent les misérables damnés sans Irémir et sécher de crainte? Mais , Soldeur , toules ces ténèbres , ces feux , ces lammes , ces larmes et ces grincemens de lents ne sont rien à mon esprit , au prix le la privation et de la perle de votre ^oire, qu'ils seront à jamais privés de roir.

O Dieu ! quel regret d'être à jamais Mrivé de votre très-doux et très-agréable risage ! Cette éternité de peines, qui seule «nd l'enfer insupportable, est terrible, je 'avoue ; mais cette si longue , si ennuyeuse Il si épouvantable nuit de l'éternité, n'a îen à régal de ces désespoirs éternels , et le ces blasphèmes infinis , vomis pendant onte réternité contré votre bonté souveaine.

Ahl mon ame, pourrois-tu donc vivre Hemellement avec ces ardeurs perduraûes, et parmi ce feu dévorant? veux-tu mn quitter ton Dieu pour jamais, et pour in plaisir passager Rengager à des tournens indicibles et à des peines insupporables? J'avotië, mon Dieu , que mes eri-

(1) min flll^ liOb. Bf.

mes l'ont bien mérité ; mais désormais je veux prendre parti au chemin contraire.

Hé ! pourquoy descendrai-je en cet abîme? et puisqu'il n'y a que le seul péché qui m'y peut précipiter, dès maintenant je l'ai en haine , et ne le veux jamais commettre , non parce qu'il mérite ces horribles châtimens, mais parce qu'il déplaît à la souveraine bonté de mon Dieu , auquel j'ai résolu de plaire à jamais, et de satisfaire par une véritable pénitence.

Je ferai donc tous mes efforts pour éviter le péché, qui seul me peut donner cette mort éternelle. Mais qui me fera cette grâce, sinon vous, mon Seigneur, qui êtes mort pour nous ouvrir le ciel , et nous fermer pour jamais cet abime effroyable (4 ) ?

Ville ÉLÉVATION. SttF le bonheur ei les délices do

psradis.

Quand je considère, ô mon très-doux et très-débonnaire Sauveur, ce beau jour de votre gloire , et ce lieu d'éternelles délices, avec cette troupe innombrable d'ames saintes qui en sont les bienheureux citoyens , je ne puis que je ne m*écrie avec le saint prophète : 0 Seigneur , que vos tabernacles sont aimables ! 0 que ce lieu est désirable 1 que cette cité est précieuse I Mon ame est dans une sainte défaillance , jusqu'à ce qu'elle se voie abîmée dans lamême félicité.

0 que vous êtes belle , ma chère Jérusalem , et que bienheureux sont vos habitans I Hé ! pourquoi me suis-je tant éloignée de mon souverain l)onheur? Ah misérable I pour des plaisirs déplaisans et légers, j'ai mille fois quitté ces étemelles et infinies délices. 0 séjour de sainteté , puisqu'il n'y a que le seul péché qui me peut interdire l'entrée à ces aimables el innocens plaisirs , je le déteste , et le veux avoir en horreur pour jamais , parce qu'il déplaît et est opposé à votre souveraine bonté et sainteté.

0 ! puisqu'il vous a plu , mon bon et souverain Seigneur, redresser mes pas en vos voies , non jamais je ne retournerai en arrière. Allons donc, ma chère ame, allons en ce repos infini : cheminons à cette bénite terre qui nous est promise'; que faisons-nous en cette Egypte?

Ah I mon Seigneuret mon Dieu 1 jem*iPOh

OPUSCULES

pocherai bien , avec le secours de votre grâce, que le brillant des honneurs, que Jes alléchemens des plais^irs , et que le dé- 8ir passionné des riclics^es, me détour- Dent ci-après de celte heureuse entreprise ; que les passions déréglées qui tyrannisent mon cœur , m'attachent davantage à Tamour de moi-même ni d'aucune créature.

Cest tout de bon que je m*engage à la pratique des vertus , que je veux changer de vie , et m'exercer aux œuvres de la mortification et de la pénitence.

0 mon Dieu , confirmez-moi donc à cette heure, et ne me déniez pas votre grâce qui m*est nécessaire en cette sainte entreprise (4).

fl.9 f LÉTATIOH. Sar le choii M rélMii^o da

paradis.

Puisqu'il est vray , ô mon Dieu , que tandis que jo suis en celte vallé<^ àe larmes et de gémissemens , je suis au milieu du paradis et de l'enfer , et que Fun et l'autre m'est ouvert, selon le choix que j'en ferai,

3ui sera pour rétcrnité ; ô paradis, séjour e gloire et de félicité , hé ! pourquoi ne ferois-je pas élection de tes perdurables délices , puisque mon Dieu est appareillé de me les donner , et qu'il désire d'un désir nompareil que je fasse ce choix ; que mon bon ange m'en presse de tout son pouvoir , m'offrant de sa part mille grâces et mille secours pour m'aider à la montée? 0 lieu des délices éternelles , pourquoi ne seras-lu pas l'objet de mon élection ,

Euisque Jésus-Christ mon Sauveur, du autdu ciel , me regarde en débonnairelé, et me convie a le faire? Viens, dit-il, ô chère ame, au repos éternel entre les bras de ms^ bonté , qui t'a préparé ces délices fmmortelles en l'abondance de son amour. Viens, ma fille, me dit sa très sainte Mère , ne méprise pas les désirs de mon Fils , ni tant de soupirs que je jette pour toi , respirant avec lui ton salut éternel. Ah 1 chétive, pourquoi ne répondrai-je pas à tant d*aimubles semonces , puisque tant de millions de saintes âmes m'en sollicilent , pour louer à jamais avec elles ce Dieu de toute bonté qui doit faire à jamais tout mon bonheur et ma gloire?

0 Jésus , mon Sauveur et mon Dieu , c'est à quoi je consens et acquiesce de

tt)'»hU.»firt.l,ek.tn

toute Tardeur démon cœur. 0 deux, écoutez donc les désirs de mon âme , et les protestations de ma bouche. 0 enfer, j4 déteste ton infortunée et malheureuse éte^ nité , et surtout ces éternels blasphèmes et malédictions que tu vomis éternellement contre mon Dieu ; et retournant mon cœur et mon ame de tout côté , ô beau paradis, gloire éternelle, félicita perdurable, ji choisis à jamais et irrévocablement moi domicile et séjour dedans tes belles et st crées maisons , et en tes saints et désira» blés tabernacles.

Je bénis, ô mon Dieu, votre mîséricordt et accepte l'offre qu'il vous plaît de m'en faire. 0 Jésus mon Sauveur , j'accepte votre amour éternel , et avoue l*acquisit;«m que vous avez faite pour moi d'une place et logis en cette bienheureuse Jérusalem, non tant pour aucune autre chose comme pour vous aimer et bénir à jamais.

A cet effet, je jure un divorce éternel avec le péché, qui seul peut m 'interdire l'entrée et la jouissance de cet aimable se jour.

Vierge sainte , et vous , fidèle gardien de mon ame , et tous les bienheureux es prilsqui me conviez à cette entreprise, soyez favorables à mes désirs, et m'obtenez les grâces nécessaires pour arriver heureusement au bonheur éternel de cette gloire. Amen. (4).

X« ÉUfATioif . Sur le choix de la vie cbréUens»

et dévote.

Si je considère, ô mon Dieu, l'être in* fortuné de ceux qui , vivant sous la domination de Satan, lui font hommage par toutes sortes d'abominations et de crimee, et d'ailleurs la beauté du royaume de yo> tre Fils Notre-Seigneur Jésus-Christ , composé de cette troupe d'ames saintes pl« blanches que les lys en pureté , qui toutai, dans une contenance douce et aimable, i'écoutcnt et le voudroient avoir planté ao milieu de leur cœur ; puis-je n'avoir point d'horreur pour les uns , et un saint empressement pour me joindre à Theureuse et sainte compagnie des autres?

Vous savez, ô mon Dieu, et o'est daoi ce véritable sentiment de mon coeur, que détestant les œuvros et renonçant à l'empire de ce détestable roi , je ma dédut

(i)PhU.,Hrt.l.ch.iTB.

DE S. FRAKÇOIS M SALES.

aQtbentiqiiement et solennellement pour le porli de la sainteté et de la vertu , sous la bannière de Jésus votre très-cher Fils , que je choisis aujourd'hui et pour jamais pour mon unique et souverain roi , et pour Tuoique exemplaire de ma vie.

Agréez donc, 6 Jésus, la solennelle protestation que j'en fais devant vous , et le divorce éternel que je jure avec le inonde, et les malheureux partisans de Satan.

0 inonde! 6 troupe abominable! non jamais vous ne me verrez sous votre drapeau : j'ai quitté pour jamais vos fourbe* ries et vanités. 0 roi d'orgueiil ô roi de malheur, esprit infernal ! je te renonce avec toutes tes vaines pompes , je te déteste avec toutes tes oeuvres.

En me convertissant à vous , mon doux Jfeu9| roi de bonheur et de gloire éter-

nelle , je vous embrasse de toute la force de mon âme , je vous adore de tout mon cœur. Je vous choisis maintenant pour jamais pour mon roi , et par mon inviolable fidélité je vous fais un hommage irrévocable , je me soumets à Tobéissance de vos saintes lois et ordonnances : plutôt mille morts , ô Jésus , que jamais je retourne au péché.

0 Vierge sainte, ma chère dame» je vous clioisis pour mon guide , je me rends sous votre enseigne , je vous offre un particulier respect et une révérence spéciale.

0 mon saint ange , préflentex-mo! à cette sacrée assemblée ^ ne m'abandonnez point jusqu'à ce que j'arrive avec cette heureuse 2ompagnie, avec laquelle je dis et dirai à jamais, pour t^^moignage de mon choix; Vive Jésus l vive Jésus (4} I

(1) PhU., ptru I, tk. xfuu

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