TOUCHANT LA CONFESSION TANT GÉNÉRALE QU'ANNUELLE
tesAirDB I. S'il est à propos de faire une conléMion générale auparavant que de mourir?
Mon avis va à deux choses : Tune, faites revue générale do toute votre vie pour i une péni tence générale ; c'est une chose laquelle nul homme d'honneur ne doit ■leurir : l'autre , essayez-vous petit à petit de TOUS déprendre desaffections du monde. Pour cela il fdut^ non pas du tout rompre Ite liées d'alliance qu'on a aux affaires du monde» mais les découdre et les dénouer.
C'est une charité indispensable que vous tiOQi devez de vous acheminer à une heurauflCtfiOf et nul respect ne vous doit empêcher de vous y employer avec ardeur.
Ger {Niisque Dieu nous commande d'aimer noire prochaiià comme nous-n^mos, il qiiit OMIS noua deveosaiotàerî el
la première partie que vous devez aimer en vous , c'est l'ame, et en Tamo la conscience, et en la conscience la pureté, et en la pureté Tappréhension du salut éternel.
Débande II. Quels sont les avantages d'âne bonne conression, et les péchés à quoi comparés?
Tandis que nos fautes sont dans nos amcs, elles sont des épines; sortant de^* hors par la volontaire accusation, ellea sont converties en rose et parfums, d'au« tant que, comme notre malice les tire dans nos cœurs, aussi c'est la bonté du Saint-Esprit qui les pousse dehors.
DsMANDB m. S'il eti' à propos de se oonfeastr à Pâques à sa parois&e , et d'y Caire sa revu* générale ?
Vous COUfoSMUlià 4a bOOft^MlIlIMMMKWv
OPUSCULES
ne doutez nullement : car s'ila n'avoient le pouvoir de vous ouïr ils vous renverroient; et il n*est nullement besoin de faire ces revu€<générales en la paroisse , desquelles vous m'écrivez : ils suffit d'y rendre son devoir à Pâques en s'y confessant, ou au moins s*y communiant. Étant aux champs, les prêtres que vous retrouverez aux paroisses , vous pourront aussi confesser. Ne vous laissez point presser de scrupules ni de trop de désirs : cheminez doucement et courageusement.
DiMARDB IV. Si le secret est réciproqoe et égalemeni obligeant de la part du péoitent, comme du confesseur.'
Vous devez être ferme en la résolution que je vous ai donnée , que ce qui se dit au secret de la pénitence est tellement sacré, qu'il ne se doit pas dire hors d'icelle. Et quiconque demande, si vous avez dit ce que vous avez dit avec le sceau trèssaint de la confession, vous lui pouvez hardiment et sans péril de duplicité dire que nenni : il n'y a nulle difficulté en cela. Une autre fois donc , demeurez ferme , et tenez pour non dit et totalement tû ce qui est couvert du voile sacremental ; et cependant ne vous mettez nullement en scrupule , car vous n'avez point offensé , le disant; bien qu'à Taventuro vous eussiez mieux fait le celant, à cause de la révérence du sacrement, qui doit être si grande que hors icelui il ne soit rien mentionné de ce qui s'y dit.
Dkhandb V. Que dire de la confession et des fréquentes rechutes?
Ne vous troublez point de quoi vous ne remarquez pas toutes vos menues chutes pour vous en confesser. Non , car comme vous tombez souvent sans vous en apercevoir, au^si n'est-il pas dit, au passage que vous alléguez, que le juste se voit ou sent tomber sept fois le jour, mais qu'il tombe sept fois : aussi il se relève san^ attention à ses relevées. Ne vous mettez donc pas en peine pour cela, mais allez humblement et franchement dire ce que vous aurez remarqué; et pour ce que vous n'aurez pas remarqué , remettez-le à la douce miséricorde de celui-là qui met la main au-dessous de ceux qui tombent sans malice, afin qu'ils ne se froissent point, et les relève si dimcemeot et vilement, qu'ils ne
s'aperçoivent pas, ni d*étre tombés , parce que la main de Dieu les a recueillis en leurs chutes, ni d'être relevés parce qu'il les a retirés si soudain, qu'ils n'y ont pas pensé.
Demande VI. Si les confessions annoellet soat à conseiller, si les écrire, et quel examen j apporter?
Pour écrire la confession , cela est indifférent ; et plusieurs n'approuvent pas qu'on écrive, c'est-à-dire aiment mieux qu'on s'accuse par cœur.
Les confessions annuelles sont bien bonnes, elles nous rappellent à la considération de notre misère, et nous font reconnoître si nous avançons ou reculons, nous font rafraîchir plus vivement nos bons propos; mais il les faut faire sans inquiétude et scrupules, non tant pour être absoutes que pour être encouragées. Il n'est pas requis de faire si exactement l'examen, mais seulement de gros en gros. Si vous les pouvez faire de la sorte , je vous les conseille ; si moins , je ne désire pas que vous les fassiez.
Demande VIL Quelles sont les marques deli validité de la confession générale?
J'ai trouvé en votre confession générale toutes les marques d'une vraie, bonne et solide confession , et que jamais je n'en avois reçue qui m*eût plus entièrement contenté. C'est la vraie vérité, et croyez qu'en telles occasions je parle fort purement. Que si vous avez omis quelque chose à dire , considérez si c'a été à votre escient et volontairement , car en ce cas-là vous devriez sans doute refaire la confession , si ce que vous auriez omis étoit péché mortel , ou que vous pensassiez à cette heurelà que ce le fût ; mais si ce n'est que péché véniel , ou que vous l'ayez omis par oubliance et défaut de mémoire , ne doutez point ; car au péril de mon ame vous n'êtes nullement obligée de refaire votre confession , mais il suÉRra de dire à votre confesseur ordinaire le point que vous avez omis. De cela j'en réponds. N'ayez pas crainte non pluâ de n'avoir pas apporté tant de diligence qu'il falloit à votre confession générale , car je vous redis fort clairement et assurément , que si vous n'avez point fait d'omission volontaire , vous ne devez nullement refaire la confession » laquelle pour
DE S. FRANÇOIS DE SALES
vrai a été très-suffisamment faite. Demeurez en paix de ce côté-là.
Demande VIII. Confession de huit Jours, pourquoi conseillée et en quelle occasion?
N'oubliez pas de vous confesser tous les huit jours , et quand vous aurez quelque grand ennui de conscience.
Dbmaiidb IX. Quelle préparation est requise à la revue et à la confession générale et annuelle .'
Touchant la revue de votre état intérieur, \ . Préparez bien tout ce qui sera requis pour rendre ce voyage fructueux , et tel que celte entrevue puisse suffire pour plusieurs années. 2. Recommandez -le à notre Seigneur. 3. Feuilletez tous les replis , et voyez tous les ressorts de votre am'e , et considérez tout ce qui aura besoin d'être ou rhabillé ou remis. 4. De mon côté je présenterai à Dieu plusieurs sacrifices, pour obtenir de sa bonté la lumière et la grâce nécessaire pour vous servir en cette occasion. 5. Préparez une grande , mais je dis très-grande et absolue cx)nGance en la miséricorde de Dieu , puis en mon affection : mais je sais que de cela la provision est toute faite. 6. SMl vous semble qu'à mesure que votre souvenance et votre considération vous suggéreront quelque chose, il vous soit utile de le marquer avec la plume , je l'approuverois fort. 7. Le plus que vous pourrez apporter d'abnégation ou d'indifférence do votre propre volonté, c'est-à-dire de désir et de résolution de bien obéir aux inspirations et instructions que Dieu vous donnera , quelles qu'elles soient, ce sera le mieux, car notre Seigneur agit dans les âmes qui sont purement siennes et non préoccupées d'affections et de propre volonté. 8. Mais surtout gardez de vous inquiéter en cette préparation : faitesla doucement et en liberté d'esprit.
Dkmandb X. Que dire des fautes omises en
confession?
Pour avoir omis quelque verset de Tof • fice ou quelque cérémonie , il n'y a qu'un péché véniel ; et quand la mémoire de telles fautes vous arrivé après la confession , il n'est pas requis de retourner vers le confesseur pour aller à la communion ; au contraire , il est bon de n'y pas retourner, mais le réserver à aire pour Tautre confession suivante , afin da le dire si on ft*en souvient.
Dkmardb XI. Quelles circonstances doivent étr« exprimées en la confession?
Cette grande crainte , qui vous a ci-devant si cruellement angoissée, doit être désormais terminée, puisque vous avez toutes les assurances qui se peuvent avoir en ce monde , d'avoir fort entièrement ex« pié vos péchés par le saint sacrement de pénitence. Non , il ne faut nullement révoquer en doute que les dépendances de vos fautes n'aient été suffisamment exprimées ; car tous les théobgiens sont d'accord qu'il n'est nullement besoin de dire toutes les dépendances ni les achemincmens du péché. Qui dit: J'ai tué un homme; il n'est pas besoin qu'il dise qu'il a tiré son épée, ni qu'il a été cause de plusieurs déplaisirs aux parens , ni qu'il a scandalisé ceux qui l'ont vu, ni qu'il a troublé la rue en laquelle il a tué ; car tout cela s'entend assez sans qu'on le dise : il suffît seulement de dire qu'il a tué par colère , ou de guetapens, par vengeance, qu'il étoit un homme simple ou ecclésiastique ; et puis laisser le jugement à celui qui l'écoute. Qui dit qu'il a brûlé une maison, il n'est pas requis qu'il dise ce qui étoit dedans par le menu , mais il suffit de dire s'il y avoit des gens dedans ou s'il^o'y en avoit pas. Demeurez tout à fait en paix; vos confessions ont été bonnes jusqu'à l'excès : pensez désormais à votre avancement à la vertu, et ne pensez pas aux péchés passés, sinon pour vous humilier doucement devant Dieu , et bénir sa miséricorde qui vous les a pardonnes par l'application du divin sacrement.
Demande XII. Que faire touchant les péchés oubliés en la confession générale, et avec quelle simplicité il faut agir?
Cette bonne ame que vous et moi chérissons tant, me fait demander si elle pourra attendre la présence de son père spirituel p^ur s'accuser de quelque point duquel elle n'eut point souvenance en sa confession générale ; et , à ce que je vois , elle le désireroit fort. Mais dites-lui , je vous supplie, que cela ne se peut en aucune façon : je trahi rois son ame si je lui permettois cet abus. Il faut qu'à la fine première confession qu'elle feça , tout au commencement elle s'accuse de ce péché oubliô (j'en dis de même s'il y en a plusieurs) purement et simplement ^«twin^
W OPUM
répéter autre chose de sa confession générale , laquelle fut fort bonne.
Et partant , nonobstant les choses oubliées , celte ame ne se doit nullement troubler; car la vérité est que le premier et .principal point de la simplicité chrétienne glt en cette rranchise d'accuser ses péchés ^oand il en est besoin , purement et nuement, sans appréhender l'oreille du con< feaeeur, laquelle n'est apprêtée que pour ouïf des péchés et non des vertus, et des péchés de toutes sortes.
Que donc hardiment et conrageosement elle se décharge pour ce regard avec une grande humilité et mépris de soi-même, uns avoir crainte de faire voir sa misère à celui par rentreoiise duquel Dieu ia veut guérir.
Alais si son confesseur ordinaire lui donne trop de honte ou d'appréhension, elle pourra t)ien uller ailleurs, mais je TOudi'ois en cela toute simplicité , et crois que tout ce qu'elle u à dire est fort peu de chose en effet , et l'appréhension la fait paroltre étrange : mais dites-lui tout ceci avec une grande charité, et l'assurez que si en cet endroit Je pouvoia condescendre à son incliniition , je le ferais trés-volootters, selon le service que j'ai voué à la très-sainte liberté chrétienne. Que si après cela > à la premièro rencontre qu'elle fera de son père spirituel, elle pense retirer quelque consolation de lui manifester la même faute , elle le pourra faire ; et , à ce que j'ai appris de sa dernière lettre , elle le désire ; et j'espèro qu'il lui sera utile même de faire une confession générale de nouveau avec une grande préparutioa , la> quelle néanmoins elle ne doit commencer qu'un peu auparavant son départ , de peur da s'embarrasser.
0 n'est pas besoin de dire efi confe.-sion ces petites pensées , qui comme mouches passent et viennent devant vos yeux , ni l'affadissement et dégoût que vous avez en vos vœux , car tout cela ne sont point pécbéa, mais ennuis , mais incommodités.
La mue SDDaelle de dm ame« se fait •utifw TMsI'flMtadHt tnx todéfitit
des confessions ordinaires, qifon snppUt par celle-ci pour se provoquer etexercerl une plus profonde humilité , mais mrtont pour renouveler, non les bons propos, mais les bonnes résolutions que nous devons appliquer pour remède aux inclina' [ions, habitudes, et autres sourcesde nos olTcnses, auxquelles nous nous traavoof plus sujets.
DiBAMPS XT. Deruit qui plu 1 prapM M hi
ULnr
Il est vrai qu'il seroit pins à propos de faire cette revue devant celui qui euroH déjà reçu la confession générale , afin qiM piir la considération et rapport de la vis précédente à la suivante , on pût miem prendre le^ résolutions requises en toulo façons ; cela seroit plus désiroble. Mais les âmes qui , comme vous, n'ont pas celia commodité , peuvent prendre celle de quelque autre confesseur, le plusdiscret et s^ qu'elles trouveront.
Je dis qu'il n'est nullement besoin es votre revue de marquer parlîculiëremeat le nombre ni Les menues circonstances de vos fautes ; il suflit de dire en gros quelles sont vos principales chutes, quels vos premiers détraquemcns d'esprit , et non pu combien de fois vous êtes tombée ; mais si vous êtes fort sujette et adounée au mal. Par exemple , vous ne devez pas enquérir combien de fois vous êtes tombée en colère , car peut-être y auroit-il ij-op à faire; mais simplement dire si vous êtes sujette à ce dérèglement ; si , lorsqu'il vous arrive, vous y diimeurcz; engagée longuement , ti c'ett avec beaucoup d'amertume et de vi<> Icnce , et enlia quelles sont les occasions qui vous y provoquent le plus souvent ; si c'est le jeu , la hautaineté , ou orgueil ; i c'est la mélancolie , ou opiniâtreté (ce qui soit dit par exemple] ; et ainiji en peu de tempsvousaurezachevé votre petite revue, sans beaucoup tourmenter ni votre m^ moire , ni votre loisir.
Il est constant que quelque» chutes m péchés mortels , pourvu que otaatùtfu pardegMÎDd'y cnHipir, ni afWBfl nda»
VE S. FR&nçoia ub b&les.
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t au mal , n'emptchent pas qne l'on n'ait fait progrès en la dévotion ; laquelle bien que l'on la perde en péchant mortellement, on la recouvre néanmoins an premier véritable repentir que Ton a do Bon péché , même , comme je dis, quand on n'a pas longuement trempé au mal : do •orte qne les revues annuelles sont eitrfimementsalutsires aux esprits qui sont encore un peu foibles ; car si bien les premières résolutions ne les ont pas du tou* affemiis , les secondes et troisièmes les affermiront davantage ; et enfin â force de se rtsoudre souvent , on demeure tout à fait résolu , et ne faut nullement perdre courage , mais avec une sainte humilité regarder son infirmité , s'accuser, demander IwrcloD, et invoquer les secours du Gel.
Vous médites maintenant que , lorsque vous avez eu quelque grand gentiment de colère ou de quelque autre tentation , il voua vient toujours un scrupule , si voua ne les confessez.
Je dis qu'il le faut dire en votre revue , mai? non pas par manière de confession , oui bien pour tirer instruction comme l'on s'y doit comporter. Je dis quand l'on ne Toit pas clairement d'avoir donné consentement ; carsivous allez dire, Je m'accuse de quoi durant deux jours j'ai eu de grands mouvemens de i!olère , maïs je n'y ai pas consenti ; vous dites vos vertus au lieu de dire vos défauts.
Hais II me vient en doate que je n'y aie hit quelque faute. II faut regarder mûrement si ce doute a quelque fondement.
Peut-être qu'environ un quart-d'heure durant ces deux jours vous avez été un peu négligente à voua divertir de votre sentiment. Si cela est , dites tout simplement que vous avez étë négligente durant un qnart-d'heure à vous divertir d'un mouvement de colère que vous avez eu , sans ajouter que la tentation a duré deux jours , si ce n'est que vous le vouliez dire , ou pour tirer de l'instruction de votre confeswur, ou bien pour cequi est de vos revues ; car alors il est bonde le dire. Uaispourlea Gontessiona ordinairea , U scroit mieux de
en vient on peu de peine ne le faisant pas, il la faut souffrir comme une autre à laquelle vous ne pourriez pas mettre remède. Dieu soit béni ((].
C'est demëme des redditions décompte, comme de la confession. Il faut avoir une égale simplicité en l'une comme en l'autre. Or, dites-moi , faudroit-il dire : Si je me confesse de telle chose , que dira mon confesseur, ou que pensera-t-il de moi? Nullement : il pensera et dira ce qu'il voudra, ptourvu qu'il m'ait donné l'absolution , ot ' que j'aie rendu mon devoir, il me sulHt ; ot comme après la confession il n'est pas temps de s'examiner pour voir si on a bien dît tout ce que l'on a fuit , mais c'est le temps de se tenir attentif auprès de notre Sei^eur en tranquillité , avec lequel nous nous sommes réconciliés , et lui rendre grâces de ses bîenfuiis , partant nullement nécessaire de faire la recherche de ce que nous pourrions avoir oublié , de même ea est-ilaprësavoir renducompte.il faut dire toutsimplemontce qui nous vient; après il n'y faut plus penser.
Hais aussi , comme» neseroit pas aller à la confesiûoQ bien préparé de ne vouloir pass'esaminer, de crainte de trouver quelque chose digne de se confesser ; de même il ne faudroit pas négliger de rentrer en soi-même avant la reddition de compte, de peur de trouver quelque chose qui feroîl de !a peine à dire. Il ne faut pas aussi être si tendre à vouloir tout dire , ni recourir aux supérieurs pour crier holà , à ia moindre petite peine que vous avez , laquelle peut-être sera passée dans un quart d'heure.
Il faut bien avoir à souffrir un pea géoé* rensementces petites choeea , auxquelles nous ne pouvons mettre remède , étaotdee productions pour l'ordinaire de notre nature imparfaite , comme sont cea inconstances d'humeur, de vidontés, de désirsi qui produisent tantôt un peu de chagrin , tentât une envie de parler, et puis tout- A-coup une aversion grande de le faire, e( choses semblables , auxquelles noua
n'en point parler, puisque voua ne le faites j BOtunes sujets , etlesen»» taatiiasnou
QM pour TOUS satulaire tôt ai bien il vous [ tU^MM^
OPUSCULES
yivrons en cette vie périssable et passagère (4).
I>ZMANDE XX. Qoel respect est dû aux confeslears, et comment répondre en étant interrogé?
Je voudrois qu'en la confession on portât un grand honneur aux confesseurs; car <outre que nous sommes fort obligés d'honorer le sacerdoce) nous les devons regarder comme des anges que Dieu nous envoie pour nous réconcilier avec sa divine bonté, et non-seulement cela , mais encore il les faut regarder comme lieulenans de Dieu en terre ; et partant, encore qu'il leur arrivât quelquefois de se montrer hommes , com- • mettant quelques imperfections , comme demandant quelque chose curieuse qui ne Beroit pas de la confession , comme seroient vos noms , si vous faites des pénitences, pratiquez des vertus, et quelles elles sont, si vous avez quelques tentations , et choses semblables.
Je voudrois répondre selon qu'ils le demandent , bien qu'on n'y soit pas obligé ; car il ne faut point dire qu'il ne nous est pas permis leur direautre chose que cedont vous vous êtes accusée. Oh non , jamais il ne faut user de cette défaite , car cela n'est pas vrai : vous pouvez dire tout ce que vous voudrez en confession , pourvu que vous ne parliez que de ce qui regarde voire particulier, et non pas de ce qui concerne le général de vos sœurs.
Que si vous craignez de dire quelque chose de ce qu'ils vous demandent, de peur de vous embarrasser, comme seroit de dire que vous avez des tentations; si vous appréhendez de les dire , au cas qu'ils les vouiu>sont savoir par le menu , vous pourrez leur répondre. J'en ai , mon père ; mais par Ja grâce de Dieu , je ne pense pas y avoir offensé sa bonté; mais jamais ne dites qu'on vous a défendu de vous confesser de ceci , ou de cela. Dites à la bonne fui à votre confesseur tout ce qui vous fera de la peine , si vous voulez ; mais de reclief je vous dis , gardez-vous bien de parler ni du tiers, ni du quart.
Demande XXI. Quel secret doit être gardé par
le pénitent?
Nous avons quoique réciproque obligation aux confesseurs en l'acte de la confession , de tenir caché ce qu'ils nous auront
U) BBlrattaa XV.
dit , si ce n'étoit quelque chose de bonne édification , et hors de là il n'en faut point parler.
Demande XXII. Gomment fiat-U oser deflcoBieai daconresseur?
S'il arrive qu'ils vous donnent quelque conseil contre vos règles et votre niânière de vivre, écoutez-les avec humilité et révérence , et puis vous ferez ce que vos règles permettront , et rien de plus.
Les confesseurs n'ont pas toujours intention de vous obliger sur peine de péché i ce qu'ils vous disent ; il faut recevoir leurs conseils par manière de simple direction: estimez cependant beaucoup, et faite»
grand état de tout ce qui vous sera dit en confession ; car vous ne sauriez croire le grand profit qu'il y a en ce sacrement pour les âmes qui y viennent avec l'humilité requise.
Demande XXIII.Que dire des péniteneei eoolreii
régie?
S'ils vous vouloient donner pour pénitence quelque chose qui fût contre la règle, priez-les tout doucement de changer cette pénitenco en une autre , d'autant qu'étant contre les règles , vous craindriez de scandaliser vos sœurs si vous le faisiez.
Demande XXIV. S'il est permis de changer di conresseur, et comment?
Jamais il ne faut murmurer centrale confesseur. Si par son défaut il vous arri voit quelque chose en confession , vous pourriez dir6 tout simplement à la supérieure que vous désirez bien , s'il lui plaisoit, de vous confesser à quelqu'autre, sans dire autre chose: car ainsi faisant, vous ne découvrirez pas l'imperfection du confesseur , et si aurez la commodité de vous confesser à votre gré : mais ceci ne se doit pas faire à la légère et pour des causes de rien'; il faut éviter les extrémités ; car , comme il n'est pas bon de supporter des notables défauts en la confession , aussi ne faut-il pas être si délicates qu'on n'en puisse supporter quelques petits.
Demande XXV. Comment spécifler les péchés eC les mouvemens des péchés?
Je voudrois fort que les sœurs prissent un grand soin de particulariser leurs péchés en confession ; je yeux dire que oelfef
DE S. FRANÇOIS DR SALES
qui n'auront rien remarqué qui fût di$];ne do Tabsolution, disent quelque péché particulier; cyr de dire qu'on s'accuse d'avoir ou plusieurs mouveiuens décolore , et ainsi des autres, cela nVst pas à propos; car la colère et la Iristosse sont des passions, et leiu's mouvemens no sont pas péchés , »d*autant qu'il n'est pas en notre pouvoir de les ena pécher.
Il faut que la colère soit déréglée , ou qu'elle nous porte à des actions déréglées pour être péché. II faut donc particulariser quelque chose qui porte péché.
Demande XXVI. Comment éire bien véritable et simple en la confession?
Je voudrois bien de plus , que Ton eût un grand soin d'être bien véritable , simple et charitable en la confession (véritable et s mple est une même chose), dire bien clairement ses fautes sans fard , sans artifices, faisant attention que c'est à Dieu que nous parlons , auquel rien ne peut être celé.
Dbmahdb XXY il. Comment charitable , et épargner le liera?
Charitable , ne mettant aucunement la prochain en votre confession. Par exemple , ayant à vous confesser de quoi vous avez murmuré en vous-même, ou bien avec les soeurs , de ce que la supérieure vous a parlé trop sèchement, n'allez pas dire que vous avez murmuré do la correction trop brusque qu'elle vous a faite, mais simplement que vousavez murmuré contre la supérieure.
Dites seulement le mal que vous avez fait , et non pas la cause , et ce qui vous y a poussée. Jamais ni directement ni indirectement ne découvrez le mal des autres, en accusant le vôtre ; et ne donnez jamais sujet au confesseur de soupçonner qui c'est qui a contribué à votre péché.
Dehandb XXVIII. Comment se garder des accasalions inutiles?
N'apportez aussi aucune accusation inutile en la confession. Vous avez eu des pensées d'imperfection sur le prochain , des pensées de vanité, voire même de plus mauvaises ; vous avez eu dos distractions en vos oraisons : si vous vous y êtes arrêtée délibérément, dites-le à la bonne fui , et ne aoyespas contente de dire que vous n*avez
paf% apporté assez de soin à vous tenir recolljgée durant le temps de l'oraison; mats si vous avez été négligente à rejeter une distraction, ditos-lc: car ces accusations générales ne servent de rien à la con* fession.
Demande XXIX. Gomment se confesser de péchéf véniels si la mémoire manque, et comment produire an acte de contrition?
Il ne faut pas être si tendre à se vouloir confesser de tant de menues imperfections, puisque même nous ne sommes pas obligés de nous confesser des péchés véniels , si nous ne voulons pas ; mais quand on s*(>n confesse , il faut avoir la volonté résolue de s*en amender, autrement ce seroit un abus do s'en confesser.
Il ne faut pas non plus se tourmenter , quand on ne se souvient piis do ses fautes pour s'en confesser; car il n'est pas croyable qu'une ame qui fait souvent son examen , remarque bien , pour s'en ressouvenir , les fautes qui sont d'importance pour tant de petits légers défauts. Vous en pouvez parler avec notre Seigneur , toutes les fois que vous les apercevrez : un abaissement d>sprit , un soupir suffit pour cola.
Vous demandez comment vous pourrez faire votre acte de contrition en peu de temps. Je vous dis qu'il ne faut presque point de temps pour le bien faire , puisqu'il ne faut autre chose que de se prosterner devant Dieu en esprit d'humilité et de repentance de l'avoir offensé (1).
Demande XXX. Quel est le caractère de la véritable tristesse requise à la confession.
La tristesse de la vraie pénitence ne doit pas tant être nommée tristesse que déplaisir , ou sentiment et détestation du mal ; tristesse qui n'e.u jamais ni ennuyeuse, ni chagrine ; tristesse qui n'engourdit point l'esprit, mais qui le rend prompt et diligent; tristesse qui n'abat point Iç coeur, mais le relève par la prière et l'espérance, et lui fait faire les élans de la ferveur do dévotion ; tristesse , laquelle , au fort do son amertume , produit toujours la douceur d'une incomparable consolation, sui* vaut le précepte du grand S. Augustin : Que le pénitent s'attriste toujours, mais que toujours il se réjouisse de sa tristesse.
La tristesse , dit Cassian , qui opère la
(1) Baimiaa XVUL
OPUSCULESr
convertir et rentrer en grâce avec Dieu par une sincère et véritable confession.
Ce que l'on dit aux pauvres , aux simples et aux ignorans pour se bien disposer à la bien faire , doit être également pratiqué par les riches, par les spirituels et par les savans ; et il 8*en trouve peu qui n'aient besoin do faire une bonne fois une sérieuse réflexion sur toutes les démarches de leur vie , pour mettre ordre à leur conscience , remédiant aux fautes passées , et prenant leur mesure pour se préserver du péché à Fa venir. Pour cela donc trois choses sont nécessaires.
4 . Avant toutes choses jetez les yeux sur un confesseur qui soit homme capable, d'expérience et charitable , auquel par avance vous puissiez ouvrir votre cœur, et lui faire connoltre avec une entière confiance les inclinations et habitudes vicieuses qui vous portent ati péché , non-seulement afin d'en recevoir les avis et conseils nécessaires pour vous en bien accuser dans la confession que vous lui en ferez , mais principalement pour prendre les précautions et remèdes convenables pour n'y plus tomber à l'avenir.
2. Ayant pris un temps raisonnable pour faire la recherche de vos fautes, partagez votre vie par certain âge ju?ques à l'heure présente; et voyez quelles dispositions et occasions vous avez eues d'offenser Dieu , soit dans les emplois, affaires, occupations, rencontres et conversations des personnes que vous avez fréquentées, ou en toute autre manière que vous pourrez remarquer, faisant attention à la pente et inclination qui vous a plus particulièrement porté au péché. Cela fait, prenez quelque temps le soir et le matin pour remarquer ce que vous avez commis en chacun de ces âges et de ces emplois , commençant toujours en vous humiliant profondément devant Dieu, lui demandant sa lumière el su gruce, pour bien discerner non-seulement la nature et la malignité du péché , mais encore pour en déclarer l'espèce, le degré, le nombre, le motif , les suites et les autres circonstances qui en peuvent mieux faire connottre la malice et la grièveté, tant qu'il se peut ; terminant toujours , chaque fois que vous vous y appliquerez, par la plus sensible douleur et déplaisir que vous pour. rez faire ressentir à votre cœur d'avoir of- !
fensé Dieu. Si vous voos défiez de voln mémoire , servez-vous de l'adresse et fformule suivante pour remarquer plus préd« sèment ce que vous aurez commis eontre les commandemens deOieu et de l*Ëgli8e » en toutes les autres manières qoe vous l'aurez offensé, conformément aux devoirs et obligation de votre état.
3. Et pour le dernier avis, souvenez-voas que le point le plus important, et pour ^o^ dinaire le plus négligé , est celui de la douleur et du déplaisir qu'on doit avoir da péché comme offense de Dieu , avec la résolution et bon propos de l'amendement; et que par conséquent il ne mérite pas moins de temps et d'application que l'exa* men et la recherche qu'on fait de ses péchés. L'on y manque d'ordinaire, faute d'attention à la grièveté des offenses commises contre Dieu , et au déplaisir qu'il en a reçu; comme aussi par le défaut d'application à la re^cherche des moyens d'affermir la résolution de ne plus retourner au péché , et d'en éviter efficacement toutes les occasions.
Chacun se flatte, mais trop présomptueusèment, de cette vraie douleur et de ce bon peccaviy qui est le pointprincipal et essentiel de la pénitence , quoiqu'on ne discerne pas toujours assez quel il est.
Pour le connoître il faut remarquer trois sortes de regrets qu'on peut concevoir du péché : l'un de la seule raison , pour le dérèglement et difformité qui est dans le péché ; l'autre pour la crainte des peines temporelles ou éternelles de la part de la justice de. Dieu ; et le dernier procède du pur amour de Dieu, qui est le seul qui efface le péché , même devant la confession , quoique sous lobligation de s'en confesser, et non pas les deux premiers , qui ne servent de rien sinon dans la confession.
Cela étant, soyez persuadé que quiconque meurt en péché mortel , par surprise ou autrement, sans confession et sans aulrt regret de ses péchés que de crainte ou de raison , il est perdu pour jamais. Au cootraire , si son regret est un regret d'amour et de parfaite contrition , il meurt en état de salut.
L'importance donc est de s'habituer a cette sorte de regret , afin de s'en faciliter l'usage ; et il sera tel, s'il est véritablement conçu par le seul motif du déplaisir qoe
DE S. FRANÇOIS DE SALES
Dieo reçoit du péché , comme opposé et ovlrageux à sa souveraine bonté, et s'il est accompagné d'une constante résolution de ne le commettre plus à Pavenir, et d'en éviter toutes les occasions, comme sont les compagnies dangereuses , le plaisir déréglé, rhabiiude invétérée, le point d'honneur, la liberté et l'impatience d'être contraint , etc.
A cet effet, souvenez- vous de cette vérité qui est du Saint-Esprit, que , qui aime le danger, il s'y perdra; étant constant que le peu d'amendement qu'on voit après tant de confessions , même générales, ne vient que du manquement de cette résolution de
quitter les occasions et les dangers d*f retomber.
Il faut donc trancher net en cette affaire, et s'en tenir à l'arrêt que notre Seigneur a prononcé en ces termes : « Si ton œil te » scandalise , c'est-à-dire te donne occasion » de tomber dans le péché , arrache-le , et » le jette loin de toi ; si ta main ou ton » pied te scandalise , coupe ce pied , coupe » cette main, étant plus avantageux d'aller » en paradis avec un oui, qu'avec deux être » précipité dans les enfers. » C'est-à-dire qu'il vaut mieux aller en paradis sans une telle ou telle compagnie dangereuse , que d'aller en enfer avec elle pour y brûler toute l'éternité.
SB