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tipp. ypus YPyez donQ cooune te foy p*e8( ^utre chose qu'une adl^psion de l'entendement, et attache de la volonté aux veritez des mygtcrcç de nostre foy.
ÀlaJs la foy, quant à ro}}jct, ne peut pas cstre plus grande aux uns qu'aux autres, ny moins aussi , quant à la quantité des choses qu'il faut croire; car jl faut que nous proyions tous une mesme chose, quapt à Tobjet jet quanta la quantité, et tous sont esgaux en cccy , parce qu'il faut que tous les chrestiens croyent toutes les veritez de la foy sans exception , tant celles que Dieu JÎPus a révélées par l.iîy-fpcgme dans l'Escriturc, que celles qu'il nous a révélées par son Eglise : do sorte que ccluy qui no croit pas tous les mystères de la foy, n'est pas catholique, et n'entrera jamais en paradis. Et quand Nostre-Seigneur dit à la Cananée: O muliery magna e$t fideê tua, ô femme, que ta foy est grande , ce n'estoit point qu elle crust plus que ce que nous croyons, mais il vouloir (jijrQ que sa foy estoit grande parce qu'elle estoit accompagnée de toutes les conditions requises, y ayant plusieurs choses qui rendent nostre foy plus grande on plus petite. Bt bien qu'il soit vray qu'il n*y a qu'une foy que tous les chrestiens doivent avoir, neantmoins tous ne l'ont pas en mesme degré de perfection; ce que je vous veux faire entendre en vous parlant des vertus qui la doivent accompagner.
Premièrement, il faut sçavoir que la foy ^t la base et le fondement de l'espérance et de la charité : or quand je dis de la charité , cela se doit entendre de toutes les autres vertus (|ui la suivent et accompagnant; car quand la charité est unie et jointe avec la foy, elle la vivifie; c'est pourquoy Ton dit qu'il y a une foy morte, une foy mourante, et upe foy vivante. La foy morte est celle qui est séparée de la charité, séparation qui fait que l'on n'opère pins les fpuvres conformes à la foy de laquelle on fait profession. Cette foy morte est celle qu*ont maintenant la pluspart des chrestiens, lesquels croyent bien tous les mystères de la foy, mais leur foy n'estant pas accompagnée de la charité, elle ne produit point de bonnes œuvres.
La foy mourante est celle qui n'est pas entièrement séparée de la charité, ce qui (ait qu'elle produit encore quelques bonnes opérations, mais rarement et foiblement;
car il est impossil^Ie q^e la ctuarité paimo est^ dans une aipe qui a b foy sans opecer peu ou beaucoup, il faut nécessairement qu'elle opère ou qu'elle perjsse, ne poqvunt subsister autrement. Et toutainsi que Taqie ne sçauroit estre dans le corps sans faire des actions vitales, cela lui estant tout à fait impossible : de mesme la charité ne peut estre jointe à nostre foy, sans produire des œuvres qui lui soient conformiM. Et partant si vous voulez cognoistre que|ie est vostre foy, et si elle est vivante, morte ou mourante, regardez vos œuvres et vos actions; car tout ainsi que nous voyons qu'une personne proche de la mort, n*agît plus que foiblemcnt et lentement, à cause de la diminution de ses forces, de mesme fait la foy, à mesure qu'elle s'esloîgne de la charité , en laquelle consista sa force et sa vigueur. Et comme lorsqu'on voit qu'une personne mourante n'a plus de mouvement, et ne respire plus, l'on cognoist qu'elle est morte, et que l'ame e^t séparée de son corps, d'autant qu'elle ne faict plus d'actions vitales, ainsi en est-il de la foy quand elle n'opère plus de bonnes œuvres. Mais il faut neantmoins prendre garde que quand l'ame perd cette foy vivante, elle luy laisse quelquefois une certaine habitude au biep» laquelle provenantde la charitéprecedente, pourroit tromper et décevoir les âmes qui tombent dans ce malheur, leur estant advis qu'elles op^ encore cette foy vivante , à cause de quelque apparence extérieure de vertu qu'elle leur u laissée , et qui ncan^ moins n'pn est plus que }'ombre.
Mais pour mieux entpndre la diQjereoce qu'il y a entre la foy morte et la foy vivante, l'on peut dire que la foy morte ressemble à un arbre sec , lequel n'a poipt d'humeur vitale, et pourco, au printemps», lorsque les autres arbres jettent des feuQles et des fleurs , celuy-cy n'en jette ppipt, à cause qu'il n'a plus cette humeur vil^je qu'ont ceux qui ne sont pas morts , aii)8 seulement mortifiez , et bien qu'en hy v^r il soit selon l'apparence extérieure serpblçh ble aux autres arbres qyi paroissqnt en ce temps comme morts , si est-ce que ceux-|ili en leur saison portent des feuilles, 4^ fleurs et des fruicts , ce que ne faict jam^ celuy qui est mort ; c'est bien un arl^ce comme les autres, il est vray , mais c'(^t un arbre sec qui ne portera j^inais qy