‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 2)Chapitre 344 sur 356 · DISCOURS IV · texte numérisé non relu

DISCOURS IV

Aar. L Qustriéma ampéofaemani» le travail dn

corps.

L*ame qui arrive jusqu'à ces degrés passés , se trouve bien souvent avec le corps Icis et travaille : dont il advient que si Dieu l'invite à nouvelles considérations et plus hauts degrés , elle est en perplexité : elle voudroit bien avancer, mais la peine Tépouvante ; et si TÉpoux rappelle de rechef, elle se lève pour aller à roreison , néanmoins avec résistance do la partie sensitive qui la prive du goût , et fait qu*à peine peut-elle penser que Dieu soit avec elle ; et comme il advient à ceux qui sont extrêmement las , elle dort en veillant :

Ego dormlo, at cor meam vigilak Je dors, mais mon cœur veille.

Puis se tournant vers Bon époux , qui ^heurte son cœur;

Vox dllecU raei pulsantla.

C'est la voix de mon bien-aimé qui heurta*

Et l'excite afin de lui ouvrir, et commen* cer de nouveau son oraison.

OPUSCULES

Aperi roihi, torormes, Ainica mea, colamb« mea, immacolata mea.

Oof rez-moi , ma sœur, ma bien-aimée , ma colombe, ma toute belle.

Et avec un quatrième degré d'oraison médite un peu ma passion , tu trouveras que j*ai le chef plein de la céleste rosée de mon sang, et les cheveux sanglansdes nocturnes pointures des épines.

Quia capat meum plénum est rore, et clncinni mei suttis nociium.

Car mon chef est plein de rosée, et mes cheieux entortillés sont trempés des gouttes des nuits.

L'ame voudroit bien obéir , mais la lassitude lui fait désirer un peu de repos; ce qui fait dire:

Expoliavi me tunieâ meé, quomodo induar iliâ?Lavi pedes meos, quomodo inquinabo illos?

J'ai dépouillé ma robe, comment la revéti* rai-je? J'ai lavé mes pieds, comment les saliral-je?

Très-doux Jésus, nonobstant cette résistance , vous ne laissez pourtant de faire instance pour entrer , et comme avec la main d'une plus forte inspiration , il semble qu'il vcuillo lui-même , sans coopération, ôter le verrou de la sensualité qui lui fait empêchement , et entrer par le pertuis du cœur.

Dllecius meus misit manum suam per foramen. Mon bien aimé a rois la main par le pertuis.

A cette grande vocation l'ame s'émeut.

Et venter meus iniremuit ad tactum ejus.

Mon ventre a tremblé de son seul attonebemeni.

Et résout qu'elle doit ouvrir à son Époux , et commencer une nouvelle méditation.

Surrexi ot aperirem dilecto meo.

Je me suis levée pour ouvrir è mon bien-aimé.

Mais d'autre part, elle sent si grande douleur de n'avoir ouvert au premier coup, qu'elle renverse le vase de la myrrhe, c'està-dire qu'elle s'emplit toute de pénitence en arrosant jusqu'au verrou , c'est-à-dire faisant passer sa douleur jusques à la sensuaiilé.

Manus meft stillaverunt myrrbam, et digiti mei pleni myrrbd probalissimâ.

Mes mains ont distillé la myrrhe , et mes doigts font pleins de vraie myrrhe, et de la meilleure.

Par le moyen de cotte douleur , il se fait que bien que l'ame , au défaut de la parUe

corporelle et sensitive , ouvre à son Seigneur ,

Pessolam ostii mei aperui dilecto

J'ai oafert le f erron da mon hais i

aimé.

Néanmoins, à cause de cette répugnance, elle trouve si peu de goût en l'oraison, qu'il lui est avis que Dieu n'est point avec

elle.

At illa deelinaf erat, atqne traDsIeral.

Mais il s'était retoamé, et a voit déjà passée

Dont se ressouvenant avoir été tant appelée, et tant paresseuse., elle se centriste et consomme de douleur.

Anima mea liquefacta est , at locotas esL

Mon âme s'est toute fondue dés qae mon bic»aimé a parlé.

Elle essaie à trouver goût au premier degré de considération , par le moyen des choses sensibles ; mais le travail ne permet pas qu'elle y en puisse trouver.

QaKsivi, et non inveni illom; vocavi, eC respondit mibi.

Je t'ai cherché, et ne l'ai point troavé; Je fai appelé, et il ne m'a point répondu.

£Ile passe au second degré des choses spirituelles et angéliques.

Invenerunt me custodes qui circameont civitatem.

Les gardes qui entourent la cité m'ont trouvée.

Mais quand elle compare leur promptitude avec sa paresse , elle demeure transpercée de douleur.

Percusserunt me , et vulneraverant me.

Ils m'ont battue et navrée.

Ce qui est le pis , si elle entre au troisiènke degré à considérer soi-même en son ordre envers Dieu , elle opère la même résistance dont elle se déplaît à soi-même , et lui est avis que sa face est trop laide en comparaison de celle des anges , et que par n»nière de dire ils ôtent tout son lustre.

Tulerunt pallium meum mibi euttodes ninr»rum.

Les gardes des murs m'ont ôté mon manteaa.

De façon que partout où elle se trouve, elle rencontre de grandes difficultés émues par ce quatrième empêchement de travaia corporels.

Art. 11. Remède ta qoatriène empêchement Eotreiiens et discours spirituels.

L'oraison vocale , ou plutôt les désirs dpirituels servent de remèdes à l'ennui du travail : ainsi voit-on celui qui par maladie a perdu le goût et appétit , changeant de viande le recouvre , et qu'es congrégations contemplatives, on entrejette les colloques spirituels aux oraisons. L'ame donc , dégoûtée par le travail de l'oraison , doits*adresser à des personnes spirituelles , et les prier de Taider à trouver son Époux.

AdJuroTos, flii» Jérusalem, si InTeneritis dilecium meum, ut nontietis ei quia tmore langueo.

Je TOUS adjure, 6 mes flUes de Jérusalem ! que si TOUS trouves mon bien-aimé, vous lui disies que Je languis d'amour pour lui.

DE S. FRANÇOIS DE SALES. 817

Il est comme une blanche colombe, quia en soi tous les dons du Saint-Esprit, représenté par les yeux.

OcQli ejus sicut columba super rivaloe aqiuiruro, que lacte sunt lot».

Ses yeni sont comme des colombes sor le rivage des eaux, que Ton a lavées de lait.

Le Saint-Esprit , appelé en autre façon rivière, non par mesure , mais avec toute plénitude , lui est donné.

Et résident Ji|xta fluenla plenissima.

Et résident es pleins cours des eaux.

Partant si tu contemples ces exemples , comme les joues pleines , ouvertes , et mises à la vue de tous , aussi odoriférantes que vases pleins de parfums aromatiques, ils se feront sentir de tous côtés.

Et elles , sachant sa nécessité , la mettront sur le discours des qualités de l'Ëpoux.

Qualis est dilectus tuus exdiIecto,ô pulcherrima mulierura! Qualis est dilectus tuus ex dilecto, quia sic adjuras nos?

Quel est votre bien-aimé,6 la plus belle entre les femmes! que pour lui vous nous avei si foit adjurées?

Lors elle propose Jésus-Christ si bien au naturel , qu'il n*est pas possible de le mieux représenter. Il est Dieu , candeur de la même lumière, mais fait homme pour nous pouvoir racheter au pourpre de son sang.

Dilectus meus candidus et rabieundus.

Mon bien-aimé est blanc et rouge.

Et en tant qu*homme il est si singulier , qu*on le peut reconnottre entre mille.

Elecius ex millibus.

Choisi de mille.

Parce que la charité, chef des vertus , se peut dire être d*or en lui , c'est-à-dire trèsprécieuse.

Caput ejus aurum opUmum.

Son chef est un or trés-pur et tréc-bon.

Et les grâces et béné&ces , qui comme cheveux innombrables en procèdent , sont les premiers fruits des palmes ; et noirs comme corbeaux , ce sont les effets de la victoire qu'il eut en l'arbre de la croix , si dignes d'être admirés, comme le noir en un cheval.

Coma ejus sicut elalc palmarum , nigrs quasi eorvus.

Sa chevelure est eomme branches de palmes hautes et touffues , noire comme un corbeau.

Gène lllius sicut areol» aromatum consius à pigmentarils.

Ses joues sont comme parterres de fleurs aromaliques,que les parrumeurs mêmes ont plantée*

Sa doctrine semble être myrrhe précieuse,' qui sort comme des lis de ses saintes lèvres.

Labia ejus lilia distillantia myrrham primam. Ses lèvres sont des lis qui distillent la myrrhe la plus singulière.

Ses miracles sont tels qu*il semble que de ses mains coulent et tombent abondamment les hyacinthes.

Menas illius tomatiles aareft , pieu» hyacinthis. Ses mains sont anneaux d'or pleins de hyaein- Uies.

Quoi plus? sont au dedans, soit dehors, cet Époux est admirable , son cœur est d'ivoire , enrichi de pierres précieuses ; ses délibérations sont simples, mais prudentes.

Venter ejus ebumeas dlstinclus saphiris.

Son ventre est d'ivoire, semé de saphirs aa de hors.

Ses exécutions sont fortes, mais avec discrétion.

Crura illius eolamn« marmore», qttB fundaUi sunt super bases aureas.

Ses cuisses sont colonnes de marbre, fondées sur des bases d'or.

Et pour finir ici, il est tout très-cher, il est tout très-beau.

Species ejus ut Liban!, eleetus ut cedri.

Sa beauté est comme celle du Liban , son port comme un cèdre.

Art. IU. Quatrième degré.

Tandis que i*ame discourt de Dieu en

ftS

OPUSCULES

son humanité , les goûts lui reviennent , et est contrainte de s'écrier, hélas!

Gullar nilus suavissimura, el totus dcsidera ilis : lalis esl dilerius meas, el ipse est amicus

oieu», Clio Jérusalem!

Sa gorge est irès-siiafe, et il est tout à faite

dé»irer : tri c»i mon bien aimé , il est moa Uës-

cher, 6 filles de Jôrusalem!

Et si les personnes avec qni elle est veulent poursuivre, cl lui dirent ;

Quô abiit dilerius tuas , 6 putclierrima moMerom?quô declinavit dilcctus luus, et qusremus eam lecum.

Où est allé votre épout, ôla plus bflîc fnire toutes les remines! où s'esi-ii détourné? et nous le ehercherons avec vous.

Elle ne veut plus les entretenir : mais reconnoissant qu'encore que les travaux lui fissent sembler que son époux se f lit retiré bien loin, néanmoins il no s'en étoit point allé; au contraire il éloit toujours demeuré avec elle, comme en son jardm, ou comme en un cabinet de parfums : et tirant de là la plus grande occasion du mérite , elle peut dire qu'il en a cueilli des lis très-oduriférans.

Dileclus meus descendit in hortam ad arooiam aromalum, ui pascatur in hprtis, ei liiia colligal.

Mon bieii-aimc est venu en son jardin au parterre des fleurs aromaiicioe», pour repaftre aa jardin, et y cueillir dea lis.

El pour ce , puisqu'elle connott qu'il a toujours été avec elle , et y e»t encore à présent , elle dit :

Ego dilecioraeo, el dllectus meus mihi, qui pascil inter lilia.

Je suis à moD bien -aimé, el nom bien-aimé est à moi, qui se repait entre les lis.

Elle n'a plus besoin d'autre chose que do s'entretenir avec lui » diounl : 0 Seigneur 1 quand vous pourrai-je plaire, par ma beauté, douceur, bonne grâce, force , in» nocence, dévotion el discrétion? Quand sera-ce donc que vous me direz :

Pulchra es, arnica mea, suavis, et décora sicot Jeru&afem, ternbilis ut casirorum acies ordmaïa.

O ma bien-aimée! tues belle, douce et de bonne grâce comme Jérasalem , forte comme une armée bien rangée.

Déjî^, Seigneur, vous m'avez montré,

par mille signes, que mes œillades vous

ont blessé, c'est-à-dire qtic mes intentions

ne vous sont pas déplaisantes.

Averte ocuios tuoa à me ; <4uia ipsi me avolare

léOOffUBU

Déloumei vos yeox de moi , ctr ils m'ont fait sortir de moi-même*

Que mes cheveux , c'est-à-dire mes dé« sirs , sont purs et nets.

Capilli lui sirut grex caprarum, qa« apparooruntdeGalaad*

Tes cbeveox sont comme an troopeaa de chevreaux qui paissent sur le nont de Galaad.

Que mes sens ainsi que troupeaux ont été fidèliîment gardés.

Dentés tai sicut grex oviam, qu» ascenderunl de lavacro, omnes gemellls fotibua, etsterilia non est in eis.

Tes dents sont comme an troupeau de brebis qui sortent du lavoir, chacune ayant deux peliu, et nulle d'icelles n'est stérile.

Et que mes forces de la partie concnpiscible désirant le bien , et fuyant le mal sans dissimulation , comme deux {oues bien colorées, vous sont chères et agréables.

Sicut cortex mail punici, aie gen« ma, abeqve oculis tais.

Tes joues sont comme one grenade entamée sans ce qui est eacbé au dedans.

Mais, ô Dieu î dit l'ame , déjà ci-devant vous m'avez louée de presque toutes ces parties : je désirerois maintenant m'avancer et surpasser en dévotion beaucoup d'autt es dévoles, qui pensent l'être, et que vous puissiez me dire :

Sexaeinta sunt régime et octoginta concubiiUB, et ddulesceniularuui non est numerus.

Il y a soiiante reines et qaatre>vli*gtf eoBenMnés , et des jeunet liilea sans nombre.

Que sais^je? peut-être désiré-je trop :

je voudrois que vous me puissiez appeler ma parfaite, je votidrois en ma nature, qui est ma mère , avoir quelque rareté , et que Tondit:

Una est coluroba mea, perfecta mea.

Mais ma colombe qui est parfaite et toute aeula.

Je voudrois que l'on pût encore dire :

Una et matri sec, elccta el gesiirici tum. Viderunt eam lilix, et bcatissiuiam prsdicaveruol; regin» et concubine, et faudaveront eam.

Elle est Punique à sa mère, rlleest choisie â celle qui l'a eniçendree.Les filles I'mii vue eirMl due irés-bcureuse; tes reiues et Ica coiicubioes l'ont louée.

de son irmoccnce, étant sortie de la nuir

du |)éclié.

Quai est isia, qua progiediter qoeai earer contiurgeus, pulchra ut iuna, elecla ut sol, bilia tti caauorttju aciea ordiBâiê^

DE S. FR^Î^ÇOIS DK SALES

Qui est celle-ci qui m«rche (en dévotion) tàmmé fâti ViiitôTè (|iiand elle so férè, heWd comme la lune (de prudence et bonhééleedtfrf )« clioiitie comme le soiCil (et Onalement d'inTlneible force), terrible cotdmcr lëi ésCàôfSiïi d'tine armée bien ranf^^

Mais outf 6 cela i Tâifte djotite ; Oâ âVezyou3 été, mofi 9(;}grietirî II fli'M mhhlé que vom th'âVi^ laissé , ^mtid lé irâtâil •I lif fatigue ne me pernieitoient pas 4ue ^*eu»9e du goût. J'ai étéf répond-Il, en Uli« même qui es mon jardin, elj*y ai été ateo plus de proHl pour toi f que je n*y eusse été si du premier coup je i'eosee donné de§ goûis^ te dofintffft œéa^loii de mérftér. dûfii J'ai tiré dô ttiofi jâfdifi un plUs grand fruit de mérite.

t)ésceft^{ iii (lorfùm hitcain, ui TMeren poma eonvallium, et ihspicerem ai Aoroisfel vinea.ei germmasaefil roala punica.

Je suis descendu au iardin d€Fs nuyert pour vèir iés pommiers des Tafféeft, et regarder si la vigne éUil fleofie, éi ai les gredades «toltfftl geroié.

Que béni soyez-vous donc , 6 Seigneur^ répond lame, qu'en telle façon me faisant accroire que vous étiez absent, vous m'avez Aùtïttê occasion de mériter, et nk'avezfuit faire en peu de temps plus de chemin que lee earro!«es des princes ; et par ce , poie^ que je n*ai su que vous étiez avec moi , ]e pem dire i

N«9elti; «fifMi mei oontirbafil toe ptopiat 9iMdr)gafl Aminadab.

le n'ai rien su ; mon anM M'a troublée à mm* déf cbariots d'iminadab.

ttSCOtJRS V.

Ait. L âncpiiéine ampéchemant, !«• raspMts

humains.

Quand quelqu'un arrive à quelque ma- Diéie de vivre rare et non accoutumée^ nonseulement chacun le loue , mais il semble que chacun désire de le voir, et on crie après rame :

Revartere^ Mtettert, Solamilitl reverlera, at iniueaiiiur le.

deviens , reviens , 6 Sulamitel revieni, afin qaa iMKtft it fajtti.

Et ce n'est pas assez que la personne spirituelle exténue ce qui est en soi.

Quid videbis in Sulamite, nisi choroa caf-^ trorum ?

Que voyez- voua en cette Salamlte, sinon compaguies d'armées?

Car ce nonobstant , ceux qui la toleni la

louent de ses pieds et façon de marcher» c'est-à-dire de TeWissance avec laquelle it§ voient que teHe aroe garda lea commandemens do Dieu.

Otfiffi ^iiièiifi KHNffeMtfftai ia «aféeiMMis,

tiia |flf ncipis 1

Que tes pas soni baa«i tn lêin alMiassart^ è

fille de prince !

De sa chasteté spirituelle, qui failre^ cenfNritre que Dieu y coopère»

JuhéfiirA fernorurh tuofum sicul monffla ^pMS fabric«ta sunt manu artiUcis.

Les jointares é¥ tes eaisses S0lil eemaie ^ftu mis en œuvre de la main d'un bon «uvrier.

D'une riche pauvreté f gui a'a jaonaia be- 89irf d'atlcune cbeëe.

Umbilicus tuus crater tornalilis» nanqaam ffidifféntf p6Bb\h.

Ton riomhrif est comme nn faanap rompa qui n'a Jamais besoin de breuvage.

Des jciînes qui femplissant le ventre de paix seulement, CôtifOhtiëfit "âméde beaux et riches Ils.

Venter iuus simit acenras tritici vallates liliif. ton ventre est comme uii monceaimle fromeot envirvtiné de lit.

De féiiide dés deux testamehs :

Dm ubera lea sieel hImiaM gemelH câpHÊbt

Tes âëni tntfHéfflM lefil eottme deai CMéI Jumeaux d'une cbévre.

De la force :

Collum tuum sicut turris ebumea. Ton cou est comme une tour d'ivoire.

t)e (a prudence i

Oculi tui sicut piscln» in Hesd>OD» qvM smlio porlA filis mullitudinis.

Tes yeux sont comme des p?!i^fhè< d'tl^^cftôlt , qui sont à la porte de la liilc de le nmtliuirfe*

D'une Justice «fXôCte ;

Masus tuus sieot UMrris Ubasi , f Mi respMMl contra Damascum.

Ton nez est comme la tear du Liban , qui regarde vers Damas.

De la maitrise des affections at conformité à la volonté de Dieu , couaue par les canaux de la révélation :

Capai loen el GernMhMi M eeiMi eafilie Mil sieet purpare régie vinele ceselibeti

Ton chef est comme le mont Carmeli ai Ma tresses oonune pourpre royale 4|tti n'esipueBeeie tirée de la teinture.

Bref i cette ame est la botte dea laii^eë^ qui lui diaenii la kNtaat i

8ro

OPUSCULES

Oaàfn palebra m« «C quèm deeora , éhariwima

indeliciis!

Que la e» belle , que ta et de bonne graee, trét-

chère en délices!

Mais elle, croissant toujours en charité, et fiiisant fruits parmi le prochain , elle est comme la palme et la vigne.

Si«iura tua aftsimilata est palm», et obéra taa botrit.

Ta statare et ton port est comme d'one palme , et tes mamellea sont pleines comme grappes do raisin.

Les nécessiteux, ou d'esprit, ou de corps , disent :

Diii: Ascendam In palmam, et apprehendam frocius ejns: et erant obéra tna sicot botri ▼inec.

Je monterai snr le palmier, et prendrai de ses fruits ; et les mamelles seront comme grappes de raisin.

Et pour les bons exemples on lui dit :

Et odor oris toi sicot malorom.

L'odeur de la bouche est comme celle des pommes.

Pour les bonnes paroles : Hélas! dit-on :

GuUur tuom sicut vinom optimom, pignom dilecio meo ad potandum, labiisqoe et dentibus illius ad ruminandum.

Ta gorge est comme on Tin très-bon à boire, cUgne de mon bien •aimé, et d'être savourée de ses lèvres et de ses dents.

Bref, voilà une grande inquiétude à Tame dévote.

Art. II. Remède ao cinquième empêchement.

La ioliiude.

0 ! qu'il est donc bon de se retirer en la solitude 1 où Tame peut dire :

Ego dileeto meo , et ad me conversio ejus.

Moi A mon bien-aimé , et son regard est dessus moi.

Veni , dilecte ml : egrediamur'ln agrom, commoremur in villis.

Viens, mon bien-aimé, sortons aux champs, demeurons aux villages.

Or, les fruits de la solitude sont quatre : premièrement, on $e réveille mieux à l'examen de la conscience.

M«ne sorgamos ad vineas, videamos si floruit ▼inea, si flores fructos partoriont, si floruerunt mala ponica.

Levons^noos du matin pour aller aux vignes, voyons si la vigne est fleurie, si les fleurs porteront du Croit, si les grenades sont fleuries.

Secondement , on y fait une plus entière

réâignation de la faculté c<mcui»sdble et de ses désirs.

Ibi dabo Ubi ubera mea.

LA Je te donnerai mes mamelles.

Tiercement , la dévotion crott.

Mandragore dederonf odoram.

Les mandragoras ont rendu leor odeor.

Quatrièmement, on y présente plus humblement 4 Dieu nos petits mérites passés et^ présents.

In portit noatris omnia pont : nova et veien , dilecte ml , servavi Ubi.

J'ai aerré pour toi , 6 mon bien-«imé , aa-dedant de nos portes, tontes sortet defralu, Ticoxot nonveaox.

Aet. m. Cinquième degré. La considération do Dleo en loi -même et comme Dieu.

Mais entre les fruits de la solitude , celui-ci est si éminent, qu'on y peut considérer plus aisément Dieu, comme Dieu : ce qui fait user à l'épouse de ces deux paroles, seul et hors, c'est-à-dire hors de toute créature.

Qols mibi det te, fralrem meum sogentem obéra mairis me» , ut inveniam te foris.

Qui te donnera A moi , mon ttén soçant les n^amelles de ma mèro , et que je te troDTe dehon tootseul?

Considération qui fait saintement affoler les hommes, les fait danser devant l'arche; d'où vient que , jusques à ce que Tame soit arrivée à Taffection du mépris de soi • même , elle a toujours quelque honte; c*est pourquoi elle désiro la solitude.

El deosculer te , et Jam me nemo despiciaL AOn «tlii-elle, que Je te baise sans que personne nous voie.

Considération qui est une arrhede la jouissance du ciel , dont il estavisà l'ame qu'elle y soit déjà.

Apprehendam te.

Je te prendrai.

Jo te verrai face à face^ ô Dieu , quand nous serons en la vraie maison et en la vraie chambre de nature humaine , qui est au ciel.

Et ducam in domom matris meas.

Quand Je te mènerai en la maison de aa môre.

Là je verrai tout ce qui appartient a mon honneur, comme en un miroir.

Ibi me docehis.

LA ta m'enseigneras.

DE S. FRANÇOIS DE SALES

Et quand tu auras tiré de moi , par ma félicité , le vin de la vigne , et le moût des grenades, la gloire essentielle et accidentelle.

Etdabo tibipocalaro ex vino condilo, etmufttum malorum granatonioi meoniDi.

El Je te donnerai d'an breuvage de Tin composé, et do moût des grenades.

Et voilà les goûts qui arriveront , voilà les extases , voilà les sommeils des puissances ; de façon que réponse sacrée demande des oreillers pour dormir.

LsTa ejus sob capite meo, et deztera illlas tmplexabitur me.

Qo'il mette sa main gauche dessous ma téta, et qu'il m'embrasse de sa droite.

L'époux aussi de son côté tâche de faire qu'elle ne soit point éveillée.

Adjaro vos, OU» Uierusalem, nesaseitetis, neqoe evigilare faciaiis dilectam , donec ipsa velit.

Je vous adjure, filles de Jérusalem, que vous n'éveilUex ni fassies éveiller ma bien-aimée. Jusqu'à ce qu'elle s'éveille.

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