‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 2)Chapitre 59 sur 356 · POUR LE JOUR DU VENDREDY SAINCT · texte numérisé non relu

POUR LE JOUR DU VENDREDY SAINCT

firi AikttUgnêêêf p9r omnim quati §upenHliotior$t voi video, prmteriêns enim êi vident imutâerm vêitrm inteni et aram in qna seriptum trot , Ionoto Deo. (Act. xtii.)

Alhénienty ]t tobi toîs en tout presque auf si supentitieox ; je troave vot idoles et l'aulel fur leqail

esi rifucriplioii en Diên inconnn.

Le grand apostre S. Paul, prédicateur de la croix de Nostre-Seigneur Jesus-Christ, rapporte qu'un jour estant allé en la ville d'Atlienes, il rencontra devant ses yeux un autel, lequel avoit pour titre de sa dédicace ces paroles : Ignoio Deo^ au Dieu incognu. Sur quoy il prit sujet de prescber auK Athéniens, quel esloit le Dieu incognu qu'ils adoroient. 0 bien*aymez et trescbers Athéniens (leur disoit ce grand prédicateur de la croix) le Dieu que vous adorez et que vous ne cognoissez pas, n*est autre que Dieu le Père tout-puissant qui a envoyé son Fils du del en terl^ pour prendre nostre nature humaine , et lequel en icelle, bien qu'il fust Dieu comme son Père , de mesme nature et essence que luy , a neantmoins voulu souffrir la mort, et la mort de la croix , pour satisfaire à la justice de Dieu son Père , justement indigné contre les hommes , à cause du pe- .ché de nostre premier père ; péché qui sans doute nous eust a tous causé la mort éternelle, s'il ne nous eust rachetés nous rodonnant la vie par sa mort. Les Athéniens (comme la plus-part des hommes de ce temps- là) recognoissoient plusieurs dieux: mais enfin ils confessoient, comme l'on peut voir par l'inscription de cet autel, qu'il y en avoit un qu'ils ne oognoissoient point , duquel la grandeur estoit extrêmement relevée par-dessus tous les autres.

Ce grand apostre donc prit sujet de l'inscription de cet autel pour leur faire une excellente prédication, leur faisant entendre avec des termes admirables, quel estoit ce Dieu qu'ils adoroient, mais qu'ils ne oognoisBoient point encore^

Or ayant, mes chères sœurs, à vous entretenir en ce jour quelque peu de temps , j'ay jette les yeux de ma considération sur le titre que j'ay vcu , non au dessus de l'autel des Athéniens, ains au dessus de cet autel incomparable , sur lequel nostre divin Sauveur s'est offert pour nous à Diea son Père en sacrifice tres-agreable et d'une suavité nompareille : autel qui n'est autre que la croix « croix laquelle depuis a tousjours esté honorée comme un autel tresprecieux et adorable. Ayant donc jette mes yeux dessus le titre de la croix, j'ay pensé qu'à l'imitation du grand apostre prédicateur de la croix , Je ne dovois pas rechercher d'autre sujet pour fondement de mon discours que les paroles de ce titre sacré de cette croix , non que je vous veuille parler d'un Dieu incognu ; car puis qu'il plaist à sa bonté, nous le cognoissons par la lumière de la foy ; mais certes je pourray bien parler d'un Dieu mecognu. Nous ne le ferons donc pas cognoistre ; mais nous tascherons seulement de faire recognoistre et aymer ce Dieu tant aymable qui est mort pour nous.

0 Dieu 1 que c'est une chose unie que cette recognoissance , car véritablement, au dire de plusieurs SS. Pères , Abraham , Isaac et Jacob eussent eu quelque excuse , s'ils n'eussent pas servy sa divine Majesté, d'autant qu'ils ne l'ont pas cognuè'si parfaitement que font les chrestiens , lesquels seront hors d'excuse ayant appris par la bouche de nostre divin Maistre Nostre- Seigneur ce qu'il est. Il est donc certain qu'ils seront inexcusables de ne l'avoir pas aymé et servy de tout leur cœur, qu'Ile

POUR LE JOUR MJ tKf DREOT SAINGT.

«i astéii bien inslruils et enseî^ez par tvj-mesme , combien il est aymable , et eoobien chèrement il les ayme ; puis qu'il a donné sa vie pour eux.

Or je n'ay pas dessein , mes chères lœurs , de vous parler maintenant avec combien d'ignominie, de douleurs, d'amertomes, d'angoisses, de vitupères, d'affronts et de mépris , ce divin Sauveur a looflért la mort, ny de vous faire un narré de Textreme cruauté avec laquelle les Juifs l'attachèrent sur la croix : car vous icavei que je vous ay tousjours fait entendre, que c'est la moindre considération en la passion de Nostre-Sauveur, que celle-cy , et sur laquelle nous nous devonâ le moins anresier, puisque l'affection de compassion fur les souffrances de Nostre*Seigneur est h moins utile , ainsi que luy- mesme nous Il «iseigné lors qu'il ditau:i: femmes qui le soivoient au Calvaire qu'elles ne pleunseent point sur luy, ains sur ellesiMsnies : FUiœ Hierusalem, noHie flere mpêr me, sed super vos ipsas flete (4). Si nous avons des larmes pleurons tout linplement , car nous ne les sçaurions jetter pour un plus digne subject : mais ne aous arrestons pas à cela , ains passons à des affections plus utiles selon que le requiert le subject , c'est à dire à des affections d'imitation.

Je reprends donc mon propos , et considère ce mystérieux et divin titre, qui est posé dessus le haut de la croix. 0 qu'il est admirable I Je suis presque ravi en le connderant : Jésus Nazarenus, rexJudœoum (2), Jésus de Nazareth, roy des Juifs. Mais qui eust jamais pensé que des paroles tisainctes et si véritables fussent sorties et eussent esté prononcées par la bouche d*un li meschant homme, tel qu estoit Piiate? Or ces paroles pourtant sont tres-ventatables, et Nostre-Seigneur mesme les confirma pour telles en sa passion , ainsi que aous verrons en la suite de ce discours.

Certes c'est une chose admirable , combien les Juifs dirent de belles paroles en Il mort de Nostre-Seigneur, bien qu'ils ne les entendissent pas , et les dissent malicieusement et à mauvaise intention :

quelles paroles plus belles et plus charitables peuvent cstre dites, que celles que prononça ce misérable Caïphe, disant qu'il

estoft requis et nécessaire qii*QC homme mourust , c'est-à-dire un hoinme le plus excellent de tous les hommes , afin que tous les autres ne périssent pas : Fos im» scitis quicquamnec eogitalis, quia expedit vohis , ut unus tnoriatur homo pro populo , et non tola gens pereat. Et les Juifs poussez de rage et de felonnie : Que *son sang soit sur nous et sur nos enfans , disoient-ils : Sanguis ejus super nos, et super filios nostros. Ce qui arriva , tant en la personne de pi usicursd'eux-mesmes, comme en la conversion desApostres et des disciples de Nostre-Seigneur, qui estoient leurs enfans. Piiate donc ayant escrit le titre de la croix , et voyant que les Juifs y contredisoient , leur repondit : Quod seripsij seripsi. Il est ainsi qu'il est escrit, reconfirmant derechef cette vérité.

Voyons maintenant ce que veulent dire les paroles de ce titre sacré : Jésus Nazarenus , rex Judœorum , Jésus de Nazareth, roy des Juifs : Premièrement, Jésus veut dire Sauveur. Secondement, Nazareth veut dire ville fleurie ou florissante ; et en troisiesme lieu , il est dit que Nostre-Seigneur estoit roy : trois noms et qualités, lesquelles luy sont extrêmement bien deuës, et qu'il porte avec très-juste raison, ainsi que je vous feray voir. Quant à celuy de Sauveur * 0 combien véritablement porte-t-il ce nom et cette qualité 1 puis qu'il est Sauveur non seulement des hommes , ains aussi des anges , d'autant que tous tiennent le salut de sa divine bonté, et l'ont en vertu et par le mérite de sa mort et passion ; car de toute éternité il eut cette divine pensée, et projetta qu'il mourroit pour tous. Mais toutesfois, si faul-il confesser que les hommes ont un subject de consolation incomparablement plus grande en la mort et passion de Nostre-Sauveur, que n'ont pas les anges, parce que si bien il est leur Sauveur, il n'est pas pourtant leur Rédempteur ; mais ouy bien des hommes ; car dès que les anges eurent péché, ils furent en mesme temps tellement confirmez en leur malice par la volontaire élection qu'ils firent du mal , que dès lors il n'y eut plus d'espérance pour eux de s'en pouvoir jamais dcprcndre ; d'autant que dès l'instant qu'ils curent eleu le péché , ils furent rendus ses esclaves , et demeurèrent doiiez et attachez de CeUd

IfO ■ .

•orle à ta pcrditioB , que JaiMii il iiê leur Mra pOMibie de s'en détacher : il» toulnrenl se servir mellcieusement de leur franc arbitre et abuser de leur liberté > c'est pourquoy ils furent fatls serfe des peines étemelles dans un abandon perpétuel de Dieu. Où au contraire rhomma ausai^tost qu*il eut mangé du fruict de Tarbre deffendu , il ne demeura pas en son péché : mais Nostre-Seigneor, c est à dire la seconde personne de la tres-aaincie Trinité , suivant la resolution qui en avoit esté prise de toute éternité , est venu au monde > se rcvcstenl de la nature humaine quMl unit iniieperablement à sa personne divine , |)our se rendre capable de pustir et mourir, ainsi qu'il a fait pour lé rachcpter par te prit infiny de son sartg.

0 que rotte pensée est douce et agréable 1 quelle joye , quelle douceur de cœur, et quelle délectation doit causer à l'homme cette vérité tres-aymable, quoNostre-Seigneur est son Rédempteur, et qu'il tient la vie de Iny; le Père éternel lui ayant donné une via tres-abondantc , afin qu'il la communiquast à tous les hommes , et que tous la tinssent de luy, comme il la tcnoit de son Père céleste. Or ce n'est pas de la vie corporelle dont nous parlons, ains de la vie spirituelle de la grâce : et pour leur donner cette vie, il est descendu du ciel en terre, ainsi qu'il dit luy-mesmo: f^eni Ht vitam habeant^ et abundantius habeaM, Le Père éternel donc a donné à Nostre*Seignetir une vie non commune , ains sur-abondante , afin que tous les hommes y participassent , et qu'ils vécussent do la mesme vie que luy, c'est-à-dire, d'une vie de grâce toute parfaite et toute aaincte , et pour nous acquérir celte vie , il a donné la sienne , et nous Ta acheptée au prix de son sang. Donc nostre vie n'est pas nostre , ains sienne ; nous ne sommes plusi nous, ains à luy. Oque cette raison est preignantc pour faire que nous nous dédiions totalement au service de cet amour du Sauveur, duquel nous avons esté n chèrement favorisez , et si je l'ose dire , au-dessus des anges mcsmes. Voyons maintenant comme Nostre - Soigneur a montré qu'il estoit véritablement le Sauveur et Rédempteur des hommes en sa ^ssion.

fceamJwrablujJgifa ayant presque aa-

aotnryioof bartwffaeWMWitéiërteUW èm Sesm , l'ayant attaché h ta crofx, et tWi de leurs bouches sacrileetes plosienrè etè rrables blasphèmes contre luy, il pronouQi tout haut ces divines puroles comme ei contna*-quarrant leurs hijnstes blasphémai Père, pardonnez-leur, oat ils ne savent id qu'ils fbnt, Pater^ dimittB Uliê, nofienlli scinnt quid facinnt.Mon Dieu^ que ces pi rôles sont admirables i Considérez, je von prie, la douceur dn cœur de Nostre-Sai gneur. Mon père , dit-il : mais voyez cokh bien la charité cherche d'artifice pour pfen venir au but de sa prétention , qui est 1; gloire <}e Dieu , et le salut du prochain. I semble que ce doux Sauveur veuille ama douer le cœur de son Père céleste , par c nom de Père , qui est si tendre et amon reux : car en l'appelant ainsi , comme S*i luy eust voulu dire : Je î^uis vostre Fitt hé, ressouvenez-vous dotic que vous este mon Porc, et partant, que vous ne me de ves rien refuser. Mais qu'est-ce qu'il de mande pour hiy? rien dn tout, car il «'ei entièrement oublié de soy-mesuie , et qùO qu'il souffre beaucoup plus qu'on ne s peut jamais imaginer, il ne pense poiiit luy, à ce qu'il endure : en quoy il noa donne un rare exemple de patience, faisafl tout au contraire de nous autres, qui n pouvons penser qu'à nos douleurs quail nous en avons ; de manière que nous ou blions presque toute outre cluose . on mcsme Un mal de dents nous este le sov venil* de tout ce qui est autour de nous tant nous nous aymons nous-mesmes , i sommes attachez à ccste misérable chail • Or voicy le consommé et labregé d toutes les merveilles d'amour, que ce dîvi Sauveur a opérés pour nostre salut.

Les hommes pensent presque toute let vie à ce qu'ils ont à faire à leur mort, i comme quoy ils pourront bien establj leur dernière volonté, afin qu'elle soit biè entendue de ceux qu'ils laissent après euj soit de leurs enfans ou autres qui cJoivei hériter de leurs biens , et pour cela pli sieurs font leur testament estant enco) en pleine santé, craignant que l'effort d< douleurs mortelles ne leur este le moyc de manifester à leur mort leur derniei volonté. Mais Nostre-Seigneur, lequel sçi voit bien qu'il mettroit sa vie et la gai deroit, comme et quand il iny ]^aiiti

POUR LE JOUR DO TENDREDT SAlIfCT.

cjsî qu'il 4U lay - mAsme : Potêêiatem hahoponm^ianimam, eîpot&êtatem habto iUrumtumendieamj remit à faire son testement à l'heure mesme de sa morl , tcs- UiroeDt lequel il scella et cacheta avant qu'il fust escrit et prononcé. Les hommes, pour monstrer que ce qui est escrit est leur volonté, et qu'ils entendent qu'il soit ainsi bit, ils cachetent leur testament de leur iceau , mais ils ne l'appliquent qu'après qu'il est escrit. Nostro-Seigneur ne voulut prononcer son testament qu'en la croix un peu auparavant sa mort; mais il v &;^piiqua son divin sceau , et le cacheta a vu ni toute autre chose. Certes , mes chères âmes, voicy rat>regé de son aq^our. Or qnel sceau, je vous prie, a-t-il appliqué à ion testament? C*est luy-mesme, ainsi qu'il t'avoit fait dire à Salomon , parlant en sa personne au Cantique des Cantiques: Poite meui signaeulumnupercor /iium, nt êi- §naeuîum mper brachium tuum, Mel$noy comme un sceau sur ton coeur et comme wi cachet sur ton bras , dit-il à Tame dévote.

Quand appliqua-t-il ce aceau sacre? co fut alors qu'il institua le tres-sainct et trcsidorable sacrement de Toutel, qu'il appela son Nouveau Testament en son sang : Nowm testamentum in suo sanguine, sacrement qui contient en soy la divinité et rhumanité, c'est-à-dire la personne tressaincte de Noslre-Seigueur, Dieu et homme toat ensemble.

Il se posa donc, et appliqua sur nos cœurs par le moyen de la très- saincte communion, comme un sceau sacré et un cachet Ires-aymable , puis il Gst son testament , Bani restant sur la croix un peu avant que mourir ses dernières volontez, afm que

estant comme libtorfaé eD eel mour qui portoit aux pechetu^s, il se piist à amodotter son Père céleste , l'appelant Père : Mon Père, dit-il, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font; Pater ^ dimiUê Hliê^ non enim êdunt quid faeiuni,

0 que voicy un document grandement remarquable , et d'une parfaite charité t Aymez-vous les uns le^ autres, comme }o vous ai aymt)z, ditolt si souvent Nostre- Seigneur preschent à ses a{)03tres ou au peuple, et ce avec des paroles si pressantes , qu'il sembloft n'avoir point de plus grande affection, que de leur bien inculquel ceste tres-sainclc dileclion du prochain. Mais maintenant il nous donne un exemple de cet amour du tout incompara^ ble, d'autant qu'il excuse ceux mesmes qui le crucifient et l'injurient, et cherche des inventions pour faire que ^n Père céleste leur pardonne, et cela en l'acte mesme du péché, et de l'injure qu'ils luy font.

O que nous sommes misérables ! Certes, à peine pouvons-nous oublier une injure dix ans après qu'elle nous a esté faite; ouy me«me il s'en est trouvé qui à l'heure de la mort ne pouvoient ouyr parler de ceux de qui ils avoientreceu quelque injure. 0 Dieu ! que nostre misère e^i grande \ à peine pouvons-nous pardonner à nos ennemis; et Nos Ire-Seigneur losdyme si chèrement qu'il prie ardemment pour eux :

prière qui porta un toi fruict, que plusieurs d'onire eux se converliront, el quelquesuns mcsme sur-le-champ, confessant après avoir ouy ceste prière si admirable, que véritablement il fulloit qu'il fust Fils de Dieu, ceste prière estant une chose tout-dfuit au dessus de IH nature humaine : les autres firent comme une biche, laquelle

tous les hommes qui doivent eslre ses co- ! estant blessée va rendre les derniers abois

héritiers au royaume de son Père céleste , tubsent bien instruits , tant de ce qu'ils Touloit qu'ils lissont, comme de l'affection incomparable qu'il avoit pour eux : co qu'il leur fait bien voir en ce qu'il s'oublie de soy-mesme pour penser premièrement à eux, lant sa charité est grande. Puis après

au lieu où elle a receu le coup de la mort. Nostro-Sei^meur avoit demandé à son Père céleste qu'il envoynst du ciel plusieurs traits etsagcltesdans lecceur de ceux [)0ur qui il prioit : ce qu'il luy acctjrdn ainsi (]u*il Tavoit désiré; mais pourtant plusieurs ne rendirent pas la vie par leurcotl-

il pense à soy-mesme, ainsi que nous ver- version sur l'heure mesme, ains portèrent

rons à la suite de co discours.

Mais quel est donc le testament de Nostre-Seigneur? Son testament , mes treschcres sœurs, n'est autre que les divines imoLea qu'il prononça sur Ia croix, où

lo coup de CCS divines sagettes par des rendors intérieurs jusques à la Pontecoate, qu'ils se convertiront à la première prédication que fit S. Pierre, en laquelle bien trois mille personnes 60 convertirent , en*

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