POUR LA PENTECOSTE
iiifé0oitveiiiiëBurle8apostre8,maison dit et OD célèbre la descente du glorieux Seinct-Esprit : à condition que vous ne TOUS imaginerez pas que pour cela il aye changé de lieu pour descendre du ciel ; car eslant Dieu, il est tellement par tout par essence, présence et puissance, qu'il est dans le inonde sans y estre renfermé, il ait hors du monde sans en estre exclu : £st m wmndo non tnc/unu, extra mundum mm exclutus. Il remplit le ciel et la terre pir son inunensilé : Cœlum et terram ego impïeo. Spiritus Domini replevit orbem ttrrarum^ et hoc quod continet omnia teieniiamhabetvocis, Jovis omnia plena, 8firiiu$ intuê alit, iotamque infusa per Êrtuê Mens agitât molem^ et magno se mrpare miscet.
Vous sçavez bien que nostre ame est par loui le corps, et tout en toutes les parties d*ioeluy, autrement elle ne seroit point spirituelle, ou nostre corps seroit mort en la partie en laquelle l'ame ne seroit pas : tout de mesme donc Dieu est par tout le Bonde vivifiant tout, et comme nous diloos l'ame estre en la teste pour les principales opérations qu'elle y fait, aussi di- Mos-nous que Dieu est au ciel pour les principales opérations qu'il y fait, y monstoant sa gloire ouvertement : et comme pariant de certaine nation, nous disons qu'elle a Tame au bout des doigts, pource que ne monstrant d'ailleurs gueres d'entendement, elle en fait plus paroistre es emnrages manuels; ainsi nous disons que loSainct-Espritdesccndlàoù il faitquelque particulière opération et participation do tes grâces, ou pour le moins quelque dewmstration , comme quand il descendit nrNoslre-Seigneuren son baptesme;car ii ne luy communiqua pas nouvelle grâce, Jésus en ayant la plénitude dès sa conceptioD, mais il donna seulement l'attestation de sa grandeur.
Vous sçavezdoncmaintenant ce que c'est à dire, quand on dit que le Sai net-Esprit est deecendu sur lesapostres, et que cela n'est autre sinon qu'il y a fait quelques signalées ai grandes opérations. Or ces opérations ioot de deux sortes, les unes extérieures, comme les signes qui apparurent en ce saîDCt jour qui furent le feu, et le son veheaant; les autres furent intérieures, à sçaloîr rooction de la graoe, et rilluflûnation
invisible es cœurs et esprits apostoliques, et celles-cy estant si<;nitiées, figurées el re- ! présentées par celles-là, en considérant les I premières, nous apprendrons aisément les secondes; c'est-à-dire, par les sij^nes ex« teneurs, nous apprendrons les eflccts intérieurs, qui sont comme le principal de ce mystère, le reste n'estant qu'accessoire, puisque toute la gloire de la fille du roy est au dedans : Omnis gloria filiœ régis ab intus.
Je treuve donc, pour ne m'arrester pas sur chaque paroUe, deux signes avoir esté faits, l'un qu'il se fit soudainement un grand son, un bruit, un tonnerre du ciel porté par un vent véhément, qui remplit toute la maison où esloit la bcni^te troupo de ces premiers percs du christianisme.
C'est la coustume de Dieu d'imprimer sa sai acte crainte es courages de ceux esquels il veut communiquer ses grâces, afin qu'après la crainte vienne l'amour. Aussi est-elle le commencement de la sagesse, comme l'esguille, par le moyen de laquelle on couvre avec la soye cramoisie de charité le vil reseiiil de nos consciences.
Ne sçavez-vous pas que le plus souvent. Testé principalement, avant que pleuvoir il tonne et fait vent? ainsi aujourd'hui il tonne et fait un vent véhément, pour monstrer qu'il veut pleuvoir les douces pluyes des consolations du Sainct-E'^prit, ainsi qu'il est escrit : Son esprit soufflera, et les eaux découleront : Flabit Spirilus ejus^ el fluent aquœ.
Quand nostre premier père eut péché,.
l'Escriture dit que lorsqu'il entendit la voix de Dieu qui se promenoit dans le jardin, il se cacha avec sa femme : Cum am^ dissent vocem Domini deàmbulantis in paradiso ad horarh post meridiem^ ab' scondit se Adam et uxorejus. Mais maintenant Dieu se faisant ouyr par le bruit d'un grand vent , il remet la force es couraiîes apostoliques, et la constance que le péché leur avoit oslée. \\^ ! ne vous est-il jamais advenu en une seiche et altérée saison d'esté de voir vos jardins à gueule béante, l'ouvrant par manière de dire pour recevoir la pluye, et ne venant point do secours du ciel à leur soif, et enfin les her^ bes [)aslir et soiclior, les fleurs se ternir et faner, les arbrisseaux sembler comme mwts. BCais après voicy un vent impétueux