‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 2)Chapitre 70 sur 356 · POUR LA SAUIGTE TRINITÉ · texte numérisé non relu

POUR LA SAUIGTE TRINITÉ

FsuIêTO anfe Luciferum genui n. 109. Bebratee ; Ex utero ante m iihi ros naiivUatis tuœ, Isa.

mquid ego qui facto parère altos, iam ? et qui generalionem exteris fierilis ero? Ce Fils est lu gloire du ont il est appelle par S. Paul la ir de sa gloire, et la figure de sa » , Splendor gloriœ , et figura Hœejus.

iWe gloire au Père d*avoir un tel :ioelle gloire au Fils d'avoir un tel e Fils a toute la mesme substance >, le Père luy communique toutes actions. Pensez quelle gloire à un Pere d*avoir un Fils qui luy resparfaictement : mais s*il le ressemt que ce fust un autre luy-mesme, le consolation 1 J*ay veu des pères ient quelque vertu ; ô combien ils cooè^lez d'avoir des enfans veretc.

cette gloire qui mérite d*estre cejamais : Gloria Patrie et Filio, et fjaiicro,elc. Mais ou Ire cela, le Pere son Fils, et le Fils voyant par soyson Pere , quelle exubérance de 3 Pere et le Fils voyent qu'ils sont [uement dignes d*un amour infiny, it qu*ils ont la volonté proportion- )bjet, ils s'ayment l'un l'autre auils le méritent, ils s'avmentsouveml, infiniment et divinement , et ur supresme qui les lie ainsi l'un à procédant du regard qu'ils ont Tun ) , est une troisiesmc personne di- ;ale à eux , consubslantielie à eux, éternelle et indepen.ante comme li est le Saincl-Ësprit , l'amour et lu Pere et du Fils, cl le terme sans e leur mutuelle complaisance et des ODS elernelles.

Ions donc Gloria Patri, et Filio, et % iavcto^ etc. Je sçay bien que vous dez pas ce mystère, ny moy aussi; me sufiit que nous le croyions d'auîux, et ce que j'en ay dit n*est pour n que pour vous le représenter da- ), et vous ayder à le croire plus ement. Il y a certains exemples is pourroient ayder à en concevoir î diose, mais il y a tant a redire que, lUS amuser a autre chose, nous nous eroDÂde sçavoir que c'est la foy ca-

tholique : Utufium Deum in trinitate^ et trinitatemin unitateveneremur^Qiio nous vénérions et adorions un Dieu en trinité,et une trinité en unité. Nous chanterons tou»jours : Gloria Patri^ d'autant plus encore que Calvin et Beze, et leurs hérésies, veulent que toutes les trois personnes ayenk leur divinité de soy. et non par communication, qui est un blasphème estrange; car ainsi il n*y auroit ny Fils ny Sainct* Esprit. Super bia eorum qui teoderuntat' cendilsemperj La superbede ceux qui voua haïssent monte tousjours; au contraire les catholiques persistent à dire : Deum de DeOy lumen de lumine^ Dieu de Dieu , lumière de lumière, et : Gloria Patri, et Fi- Ho, etSpiritui iancto, Gloria, en singulier, en parlant des trois, pource que ces trois personnes ont la mesme gloire ; Patri et Filio y pource que combien qu'en ces deux personnes soit un seul et mesme Dieu, et que le Pere regarde son Fils comme un autre luy-mesme,il y aneantmoins cette distinction que le Pere a la divinité par luy-mesme, et le Fils par la communication du Pere , et sans cela , ny l'un ne seroit Pere , ny l'autre ne seroit Fils , ains ces deux noms seroientdes noms feints et sans fondement, et tout de mesme, Spiritui sancto, qui signifie un respir d'amour re* ciproque et mutuel , pour signifier que le Pere et le Fils se regardant et s aymant mutuellement, produisent cette troisiesmo personne par ce regard et cet amour réciproque.

L'autre blasphème, c*est qu'ils ne veulent recevoir le nom de trinité, et leur raison est, d'autant que trinité ne veut dire que les personnes, la personne ne veut dire qne rc>idence et propriété, résidence, propriété n'est pas Dieu. Outre plus , disentils, ce n*est pas bien parler latin. 0 malheurs de nostre aage! ô vanité! ô arro* gance de l'esprit humain , qui entreprend de dissiper des veritez si relevées par de si fo bies raisons ! Ce mol de personnes , 6 calvinistes! signifie bien plus que vous no dites, et les docteurs sçavent que personne est le suppost d'une nature intelligente, que c'en est le propriétaire et le possesseur: tellement qu'une personne divine, c'est C6« luy qui ()Osse(ie, et a en propre la nature divine. Et quant à cette belle objection que ce mut n'est pas latin, ignorez-vous encore

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que quand H a pieu à Dieu, en Pezcès de son amour, nous descouvrir de nouvelles tentez, ii a fallu chercher de nouveaux mots pour les exprimer ; ignorez-vous que les mots sont faits pour les choses , et non tes choses pour les mots, et qu'il se faut bien garder d'assujettir les choses aux parolles, et beaucoup plus de renoncer aux choses les plus sainctes et les plus divines, pour ne pas rencontrer dans le langage usité parmy lea Romains des dictions qui les signiBent? Suivant cette maxime de vostre eschole, il faudroit encore rejetter le mystère fondamental de nostre salut. Tincarnation du Verbe étemel, pource que ce mot d'incarflation ne se trouve point dans Je pur latin. 0 mal-heureux et infortunez docteurs^ qui aiment mieux estre latins que chrestiens? c'est une des ruses du diable, qui sons couleur de quelque ^lus grande pureté de latin, tend à nous enlever la créance des premiers et plus importlNis mystères de nostre saincle religion. Les Arriens firent semblable traict an rapport d'Epiphane^ en leurs hérésies, dont les uns no demandotent qu'un Iota , les aulrca , comme Tevcsque Âncyritin y demandoient r;::'on rayast tous les mots qui n'estoient de TEscriture ; c'est chose digtie d'estre déplorée de voir leurs blasphèmes : f^ana loquuti 9unt uwa$qnùque ad proximum «iium, linguis mû doloêe a^ebani , judica illoê Deuê.

S. Jean Damasce, en son livre troisiesme de la théologie, raconte une histoire pour authoriser Tinvocâtion de la 9aincte-Trinité : il dit qu'à Gonstantinople, sous Proctus, archovesquO) advinrent plusieurs signes de la Juste colère de Dieu , et comme le peuple estoit en prière y un enfant fut ravy , et dans son ravissement les anges luy ehseignereiit ce cantique : Sanelus Deus, Sanc(us foriiê, Sanetuê immorialis, fntsererenoMê, Dieusainct, sainctfbrt,sainct immortel, ayez pitié de nous. Cet enfant revenu à soy, et ayant raconté ce qu'il venoit d'apprendre, tout le peuple se prit à chanter ce mestne cantique , et par co moyen apaisa l'ire de Dieu , et destourna les mal-heurs dont il estoit menacé. Ne laissons pas donc de chanter : Pater de cœlis Deus , miêerere nobis ; ne laissons pus de dire que les trois personnes sont adorables et slrf^^MiorableB pour la gloire es-

sentielle et inteHeuf^, et potif A l^dré él terieure et attribuée.

On appelle la gloire appro^ttiée) nelle (^ vient à Dieu , non de ses ouvrages intt rieurs , mais extérieurs , ainsi que DiM dit : (Mi enarrant gloriam Oei , éle Les cieux racontent la gloire de Dieu ; i comme dit S. Paul : Faites tout pmt I gloire de Dieu , Omnia in gloridm Ûi facite (4). C'est lorsque nous procufM que Oien soit glorifié : Ut videant apèt vestra bond eé ghrifieênt Patretn ta trumé

Quant à la gloire essentielle, II fjfj personne qui la puisse altérer, pour t^ qa Dieu dit : Ego ium qui éum , gloriiÊ meam alieri non dabOy Je suis celuy qi suis, je ne donneray point ma gloire à a autre : et c'est principalement de cett gloire que nous entendons : Gloria Pu tri , etc., non la luy désirant comme chOB absente, mais nous resjouissant en iceOi

Mais quant à l'extérieure, elle peut estr augmentée par nos bonnes actions : Ok rificate et portate Deum in eorpore M tro (%), dit S. Paul, Glorifiez et portez Dte en vostre corps , et en ceste façon lorsqu nous disons : Gloria Patri , etc., nous di sons tout autant comme : Fiat voluntas iicut in eœlo et in terra, Vostre vokitat soit faite en la terre comme au ciel. A/fert Domino gloriam et konorem^ afferî Domino gloriam nomini ejus, adortU Dominum in atrio sancto ejns , RëlKfe gloire et honneur à Dieu, rendez gloire î son nom, adorez-lo en sort salnct temple S. Paul se plnint des philosophes gentils lesquels ayant coftnuDieti, ne Tout pi glorifié comme tel , ne lui ont pas teM grâces, mais se sont evanollîs en leur* p« sées; et leur entendement, destitué de t vraye connoissance, a esté remply de tt nebres , tnr Se disant estre sages , ils son devenus fols , et ont rhangé là ^of ^o dl Dieu incorruptible en la rcssemblaftce di l'homme corruptible : Quia eitm Dt^ eognoviêêenty non tanquam Deum glà rificat>eruntf aut grattas egerunt^ iBi evanuerunt in cogiîationibus suie ^ é obscuratum est ifisipiens cor eorum; ai eentes emm se esse sapientes, ÈtultifM sunt et tnutaverunt gloriam inwrrujfK bilis Dei in similitudinemimaginiêtlbt

(î)LCor.s.M.(3)i5.,Ti.

POUR LA VÉRITÉ DU SAUlGT-SiiCREMENT DE L*AUTEL.

ru^^itaU hominU (1). Hélas 1 il y en a plusieurs permy Icscbresticns qui rossembkDl à ces philosophes qui sont froids, lasches, et n*affcctionnent point Thonnour deo à Dieu et à ses serviteurs. Or celuy qui est ainsi disposé ne peut dire comme il fant : Ùloria Patri, et Filio, et Spirilui etaœio^ etc.

Cett8 gloire est extérieure , et se peut entendre de deux sortes , car pour tous les bîens noua devons rendre gloire au Père , an Fila et au Sainct-Esprit, mais particu** lierement pour la mort de Nostre-Seigneur, et le bénéfice de la rédemption, pource fue : Sic Deut dilexit mundum , ut Fièum fUMm unigenitum daret^ Dieu a tant aymé le monde qu'il luy a donné son Fils inique. Sic Dem, Dieu, voilà le Père; Di- {efftl, A tant aymé, voilà le Sainct-Esprit: Vt FUium suum unigenitum , Qu'il a donné son Fils unique, voilà le Fils. Donc : Glùria Patri qui dédit, et Filio qui diitue Ht, et Spiritui saneto per quem datue utt Gloire soit au Père qui a donné, et au VUS qui a esté donné, et au Sainct-Bsprit par qui il a este donné.

Nous devons glorifier toutes les trois per- HDneSy et nous les devons glorifier par la personne du Verbe incarné, cl particulierament par sa passion , laquelle il appelle N gloire en S. Jean 7 : Nondum enim erat Sphitus datus^ quia iwndum erat Jésus ^orificaiusj Le Sainct-Esprit n avoit pas «loore esté donné, parce que Josus-Christ i «toit pas encore glorifié ; car ainsi Tin-

(UaoM.1.

terprctent S. Jean Cbrysostome et Buthymius, et formellement S. Hierosme en IV piblre M Hediliam^ là où il monstre pourquoy il rappelle sa glorification , et enfin il condud : Gloria Salvatorie est patibulum triumpàantis. Le gibet de la croix est la gloire du Sauveur, où il s^est rendu triomphateur. Qui gloriatur, in Domino glorietur (4), Que celui qui se veut glorifier se glorifie au Seigneur. II explique aux Galates : Ahiit mihi glortart, nisi in cruce Domini Jesu Christi (%, Jà n'advienne que je me glorifie, sinon en la croix de Jesus-Christ.

Maintenant permettez-moy que j'use familièrement de vostre auditoire. Nous devons glorifier Dieu par la passion de son Fils ; or cette passion n'est plus présente pour rendre gloire à Dieu par icelle , il faut donc recourir à sa mémoire.

Nous trouvons deux sortes do mémoires de la passion de Jesus-Christ en l'Eglise, l'une vivante, l'autre morte. La mémoire vivante de la passion de Jesus-Christ est l'Eucharistie ; Glorificate . et portate Deum in corpore vestro^ Glorifiez, et portez Dieu en vostre corps. Mandueaterunt et adoraverunt , ils ont mangé et adoré, etc. La mémoire morte est le sacré signe de la croix : ce sont encore les précieuses reliques des saincts qui ont souffert en leurs corps, comme dit l'apostre S. Paul , ce qui reste des soufi'rances de Jesus-Christ, etc.

(S) oaliL n : 1. 0«r. i. «• (i) Gtlal. ?i.

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