IL
sa miséricorde est grande à ceux qui so convertissent à luy. Pourquoy s*appelle-til Sauveur, sinon pour sauver ?£'r(fnfappropinquantes peccatores et publieani ad Jesum,ut audirent t7/um. Les pécheurs et les publicains s'approchaient de luy pour ouyr sa parole.
Il est raconté de David , au chapitre 2S du 1*r desRoys, qu'estant dans la caverne de Odolla, les nécessiteux et affligez s'en vinrent à luy, et il se rendit leur roy; c'estoit pour figurer que ce second et véritable David devoit laisser approcher de luy les pauvres et nécessiteux, les affligez et les misérables, ceux qui gémissent sous le pesant fardeau des infirmilez corporelles , et beaucoup plus ceux qui sont accablez sous l'espou van table fardeau du péché.
Les pharisiens murmurent parce qu'il reçoit les pécheurs, Quia hic peccatores recipit : mais voyons un peu par le progrez comme il les reçoit , et nous verrons de grandes choses. Le pécheur se peut bien esloigner de Dieu et de soy-mesme, c'est chose certaine. Spiritus vadens et non rediens, l'Esprit s'en va et ne revient point. Perditio iua ex te, Israël, Ta perdition vient de toy, Israël, mais de moy seul vient ton secours, Tantum ex me auœilium tunm. Et S. Paul : Non sumus sufficientes cogitare aliquid ex nobis tanquam ex nobis, sed sufficientia nosira ex Deo est, I^ous ne sommes pas suffisans de nous, comme do nous-mesmes , d'avoir quelque bonne pensée, mais nostre suflisance est de Dieu. Nous pouvons bien gaster , mais non pas refaire. Nostre-Seigneur prévient le pécheur et le va rechercher, l'appelle et l'invite é revenir, autrement il n'y pcnseroit jamais. Fortitudinem meam ad te custodiam quia Deus susceptor meus est, Je reconnois que ma force vient de vous, mon Dieu, parce que vous estes mon secours. Deus meus , misericordia ejus prœveniet me , La miséricorde de mon Dieu me préviendra. Operatur in nobis velle et perficere, C'est Dieu qui produit en nous les bons désirs et les bonnes volontez, et c'est luy qui les perfectionne et conduit à l'exécution. Trahe me post te^ curremus, Tirez-moy après vous, et nous courrons. Qui va par vent en un pays, ne revient que par vent contraire. Jamais Ab* salon no fust revenu à son père David, d
2^S SERMON
la femme Thecuîte ne Teust obtenu : jamais le pécheur ne rcviendroit, si la miséricorde ne le prenoit. 0 bonté infinie 1 Noslre-Soi-
prenoit
gneur va recherchant la brebis égarée, autrement elle ne reviendroit jamais; celte miséricorde va cherchant la dragme perdue : ah! donc, ?i ceux-cy murmurent, loiions-le , nous autres : Quia peccaiores recipit, quia quœrit. Parce quil reçoit les pécheurs et les cherche. Stahat Jésus in die magno solemnitalis, et ciamabaty dicens : Si quit silit, veniat ad me, et bihat{h), Jésus estant dans le temple au jour de la grande solemnitô, crioit, disant : Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moy et boive : renite ad me , omnes^ etc. (2), Tenez à moy, vous tous, etc. Fenit Filius hominis quœrere, et salvum facere quod perierat, Le Fils de Tliomme est venu chercher et sauver ce qui estoit \n ry. Quoties volui vos congregare, sicut gallina congregat pullos suvs (3)? Combjpn de fois vous ai-je voulu assembler, comme la poule fait ses poussins? Quoy les prédicateurs sont advertis de faire ce que dit S. Paul de luy-mesmo : Omnibus omnia factus sum, Je me suis faict tout à tous : ô aifficile condition des prediciiteurs !
Mais , ô misérables que nous sommes 1 bien souvent nous sommes appelez, et nous faisons la gourde oreille. Focavi , et renuistis , J*ay appelle , et vous n^avez pas escouté, dit Dieu ; nous sommes attirez, et nous nous opiniaslrons contre luy. Il s'en plaint , disant : Tout le jour , j ay tendu mes mains à un peuple mescroyant et rebelle , Tota die expandi manus meas ad populum non credentem, et contradicentem mihi, ^
0 saincte , 6 fortunée , et heureuse la troupe de ces pécheurs et publicains, lesquels aujourdiuiy s'approchent de Nostre- Seigneur; ils ne font pas comme les conviez à ce grand festin qui s'excusent, ceuxcv viennent, et sont les bien-venus. 0 mon Sauveur, comment sont venus à vous ces pécheurs , puisque vous estes juste ? cac David dit si absolument du juste que le mal ne l'approchera point. Non accedet ad te malum, declinate à me, maligni, Retirezvous de moy, meschans. Nemopotest ventre ad me, niai Paler meus Iraxerit etim, Personne ne peut venir à moy, si mon
il) i«UI. VII. —(S) 6- HAUb. U. - (S) S. Uo, X.
Père ne l'attire. Et eum qm «eftH êâ nonejiciam foras^ Et ceiuy qui vient à moy ne sera point rejette. Puisqu'ainiiMI donc , ô Siuiveur , ô Roftempteur, 6 bat Dieu! je peux bien direà ce peuple de votUe part: Accedite adDominum, et iUnmiim^ mini, et fades vestrœ non eonfundanturf quia hie peccatores reeipit , Âpprocbfl»» vous de Dieu, et vous serez illaminei, et vos faces ne seront point confondue; car il reçoit les pécheurs.
Mais voyez la manière de e'approeher de Dieu , c'est qu'il faut abandonner II péché. Recède à malo , Retire!- vous dl mal. Egredimini à Babylons , fugitè à Chaldeis, non est pax impiis, dicit Do*minus (4), Sortez de Babylone , fuyez les Chaldeens, la paix n'est pas avec les iifr pies, dit le Seigneur : vous avet esté en pêche de cœur, de bouche et d'oeuvres, Il faut aussi employer trois choses contraires , savoir : contrition , confession et salisW tien.
Nosfre-Seigneur est comme le soleil qol va par tout : A summo cœlo egressio tjiii Sa course est du haut du ciel. Il va dardaril ses rayons sur les justes et injustes, et de! plus fangeux bourbiers il lire les vapeâfl en haut, lesquelles arrivées à certaine ditf^ tance, sont converties en une douce plu laquelle descendant donne vie , et germer les fruicts : il tire des plus graii pécheurs les exhalaisons sainctes, qdi sont les considérations de leurs fautes jtisquel à un certain degré de crainte et d*apprehension , jusqucs à la moyenne région et l'air, considérant qu'rts sont entre le paradis et l'enfer , entre la damnation et salvation : Fiabit spirilus ejus , et /lUeld aquœ(^)y Son esprit souillera , et les eaol couleront. Ce sont les eaux de conlritM qui font germer cette terre, et produire lei fruicts du salut. Il faut donc nous laissée tirer, il faut ressentir nostre misérable estât : ffic locus est partes ubi se viafinM inambas. Sortons, sortons de cette Egyptêj. approchons-nous de Nostre-Seigneur, faî-' sons provisions de bonnes œuvres, quelëë. pieds de nos affections soient nuds : reve^ tons-nous d'innocence, ne nous contenlooi pas de crier miséricorde , sortons de l't gypte, Egredimini de Babylone , fugiW à Chaldeis; qnid est Israël, quod in tetti
1 iMÏa , LXVIII. — (2) PmI. GXIit.