POUR LE XII* DIMANCHE D'APRES LA PENTFXOSTE
^•vid, Hierenie, baye, Moyscet Abra- ■I, lequel a dcsirô de voir ce jour, il Ta Q et s'en est resjouy, ExuUnvit ut virti âiem meum, vidit et gatisus est , i BUtreâ ont veu en général, entre le.sélâ el les apostres il y a autant de diiïi*lice qu'entre ceui qui voyent de bien D el confusément, et ceux qui voyent de M el distJDctcment.
0 que c^est une scande bénédiction ((uo
bien croire I Éeati oculi, «/c, Bien-
uraux sont le9 yeux qui voyent ce que
08 voyez , dit Noâlre-Seigneur. Je vous
diray tout autant, messieurs, combien
Kei-yous qu'il y a de peuples qui vou-
oienl voir ce que vous voyez , combien
catholiques es Allemagne et en Angle-
rre, qui voudroient avoir les commoditcz
leur salut, et voir et ouyr c« que vous
\bi les ouresmes.
Combien es Indes y a-t*il de peuples, les-
lels ayant seulement senty queUino pe-
B odeur de PEvangilepar le bon exemple
B chrestiens qui trafiquent avec eux , se
ai convertis ; ils n'ont piis encore eu ce
ta d*avoir cette bonne nouvelle que Je-
^hrisl est nay et mort pour nostre sa-
, et ressuscité pour nostre glorification ,
l'ont pointde prélat qui aye soin d'eux,
Vont personne qui les conduise à bien
PB, ny é bien faire , monstrantleur af-
en en ce qu'ils se convertissent àmil-
avcc grande pénitence.
i pourroit jamais lire sans larmes ce
escrit du bon capitaine Antlioine de
qui convertit si-lost les roys des
ariens, des Siciniens, etSupaniens?
ne se trouvera le cœur saisi, consi-
la première conversion si soudaine
indequo firent trois pères de l'ordre
ominitjue en Congé?
e dira avoir e-^lé bien-heureux les
de tant de prestres el religieux
allez presclier es Indes, puisqu'ils
vc la terre des ca^urs humains si
'. Iraiclable qu'à une seule rosée
olle de Diou elle içerme etbour-
Iles sortes de fleurs chrestiennes:
doit faire pleurer do consolation,
de voir Dieu receu en ces con-
plcurer de détresse d»^ l'autre
lous voir recevoir si abondam-
aces sans rendre aucun fruict ;
\ ses gens ne s'cslevent contre
nous au jour du jugement. Beali oculi gui vident, etc.^ Multi regeêvoluerunt, efc, Bien- heureux sont les yeux qui voyent ce que vous voyez, plusieurs roys ont désiré de le voir, et ne l'ont |)oint veu , etc.
Je diray encore que c'est un grand subjet de confusion d'avoir veu les Indiens si tost catholiques, qu'ils croyent tous sans douter à la simple parole des prestres, et nous qui sommes nourris et nuys en TE- $;lise, voulons tout controller : si nous voulons que pour nostre foy il nous soit dit : jBeati oculi , il faut croire tout Jesus- Christ, tout son Evangile.
Nous sommes d'accord , direz- vous, aussi suis-je; car en l'Evangile tout y est radicalement : quant aux traditions ecclésiastiques, n'ya-t-il pas en l'Evangile : Qui vos audit me audit f Qui vous oscoutc m'escoute. Si guis Eccleaiam non audierit.
Si quelcju'un n'escoule l'Eglise, tenez-le pour estrc payen, etc. Ut scias guomodo oportrat te in domo Dei conversari. guœ est Ecclesia Dei vioi, columna et firmamentnm veritatis^ Afin que tu saches, dit S. Paul à son Timothéc , comme tu dois converser en la maison de Dieu, qui est son E.Jise, laquelle est la colomne et le firmament de vérité. Et Nostre-Seiî'neur ne dit-il pas à S. Pierre (ju'il a prié pour luy afin que sa foy ne vienne jamais à manquer? Rogaviprotc, Petre, etc. Jamais je ne ces-eray do vous prier, messieurs, pour l'affection que j'ay au service de vos âmes, que vous taschiez à vom; aC(iuerir une grande simplicité en la fuy; croyant el voulant inviolablement croire co que l'Eglise croit, ce sera voslre consolation en la mort.
Or cependant que Nostre-Soîgneur dit ces parolles, tout à propos arriva un docteur de la loy, qui, pour le tenter, demanda : Maislro, qu'est-ce qu'il faut faire pouravoir la vie éternelle? Je dy tout à propos, non pour rint.(*ntion de celtuy-cy qui eslnit mauvaise, mais i)Our les parolles qu'il dit : /domine, guid facie ndot clc,^ lesquelles do soy estoienl très-bonnes, et à propos, car Nostre-Seigneur ayant loué la foy des a|>oslres, cclluy-cy l'interroge de ce' qu'il faut faire : Domine, guid faci>ri(/o? Laissons à part rintenlion, ces parolles sont pleines d'espérance. Si Cain, quand il eust poché, eust dit : Dominé ^
SERMON
gnid faeiendo ? Seigneur, que feraî-je? au lieu de se dire : Major est iniquitas mea, guàm ut veniam merear^ mon iniquilé est si grande qu'elle ne me peut estre pardonnée ; il oust mieux fait.
C'est le deuxiesme grade de la justification, de bien espérer après avoir la foy, notez que je dy, bien eï^perer, pource qu'il y en a qui pensent que sans rien faire on les portera en ]>aradis; non, non, il ne faut pas penser sans rien faire, mais en faisant : Domine^ quid faciendol Et de vray qui croit bien ce que nous avops discouru au commencement, comme n 'espérera- t'il de Dieu toute sorte de biens? Qui connoist bien ce que Dieu a fait pour nous, et qui croit aux peines queNostre-Seigneur a endurées pour nous, il ne peut qu'il n'aye une bonne espérance : ainsi la Mngdelcine ayantconneu que Jésus estoit assis à table chez le pharisien, elle prit uneboè'te d*onguent, et se vint jettera ses pieds : Ut cognovit quod Jésus accuhuissei, attulit alahastrum, Pourquoy s'appelle-t'il Jésus, si non afm que nous espérions en luy, et que in nomine ejus levemùs manus nosirast Cette espérance est mère du désir, troisiesme grade de la justification ; car ce qu'on espère, on le désire : ainsi fait ccttuy-cy ; car espérant que Nostre-Seigncur luy donneroit la vie éternelle, et la désirant; il dit : Domine, quid faeiendo^ Seigneur, que feray-je? etc., ou au moins il dit une parolle, laquelle do soy monstre l'un et l'autre. Et de vray, de quoy devrions-nous avoir plus de désir que la vie éternelle? S'il se treuvoit un médecin si heureux que de trouver quelque herbe qui pcust asseurer cinquante ans de vie, mon Dieu 1 comme chacun y courroit, on n'y espargneroit rien ; que si cinquante ans de vie seroient tant recherchez et desirez, ô combien devrions-nous désirer la vie éternelle! vie sans mort, vie vravmentvie!
Combien de fois irions-nous trouver ce médecin, luy demandant : Domine, quid faeiendo vilam quinquagenariam possidebol Que ferai-je pour posséder une longue vie? 0 que n'allons-nous souvent à Noslrc-Seigneur, disant : Domine^ peU lem pro pelle, et omnia quœhabet homo daôit pro ammaxua^ Seigneur, peau pour peau, c'est-à-dire vie pour vie; car nous donneroDs tout ce que nous avons pour
sauver nostre ame. Nous ne sommes doue pas hommes de n'aymer pas la vie éternelle, que veut dire, que nous n'y pensons point. Nous devrions toujours avoir diei aternoSy Les jours éternels dans nostre pensée. Et il n'y a rien qu'en contemplatîoQ d'iceux nous ne deussions faire. David ditil pas : A cause des parolles de vostre boache , j'iii marché par des voies dures el difDciles : Propter verba labiorum tuth rum ego custodivi vias duras? et qui sont ces pnrolles des lèvres de Nostre-Seigneur, sinon les parolles de la vie eternelleT S. Pierre avoit raison de dire : Domine^ ad qiiem ibimus? verba vilœ œtemœ habes. Seigneur, à qui irons-nous? vous aves les parolles de la vie éternelle.
Cette vie éternelle, de laquelle Nostre- Seigneuren ta Genèse vouloit esmouv(Hr Caïn, quand il tuy dit : Nanne si bene egeris^ recipies ? Si tu fais bien, n'en recevras-tu pas la recompense? C'est cette vie éternelle pour le désir de laquelle le boa homme Jacob s'appelle pèlerin en la Ge* nesc (1) : Les jours (respondit-il au roy Pharaon) du pèlerinage de ma vie, tant bons que mauvais, sont de cent trente ans, qui n'approchent encore pas de ceux de mes prédécesseurs , esquels ils ont vesca sur la terre, dont David dit : Memor fui dierum antiquorum et annos œtemoê in mente habuiy Je me suis ressouvenu des jours anciens, etj'ay eu en mon ame des années éternelles. La vie éternelle, qui la considère bien, est suffisante poiu* esmouvoir les cœurs les plus endurcis.
Au commencement, eu la ferveur de l'ordre de S. Dominique , il y avoit un prédicateur nommé Reginaldus, qui près* choit à Boulogne, avec un fruict indicible ; en cette ville il y avoit un homme docte et riche, qui de peur d'eslre converty par iceluy ne le vouloit pas aller ouyr, comma plusieurs font; il arriva neantmoins que l'ayant ouï une fois le jour do S. Estienne sur CCS parolles : ^f deo cœlos apertos. Je voy les cieux ouverts, il se convertit, et se Gt religieux.
Pour cette vie étemelle David inclinoit sa volonté et son cœur à garder les commandemcns de Dieu ; S. Augustin a esté incliné à se retirer avec ses religieux avant qu'il fust evesquo; S. Jean-Baptiste
(1) Geo. iT.
POUB LE Xyi1I« DmANCHE D'APRÈS LA PENTECOSTE.
retirer es déserts. Cest avec cette vie Belle que je voudrois incliner vos cou- Sy pour l'affection que j*ay, et le ioe que je dois à vos âmes, de vous ^r à une devoste et vertueuse confraité, dressée par plusieurs ecclcsiasliï et personnes d'honneur, pour vostre cation et reformation de vos conscien- : c'est une confraternité où il n'y a rien dire ; car tous les articles d'icelle sont •eaincts, veus et reveus par monseiir nostre reverendissime pasteur; il a rien qui soit mal aisé à faire, elle I le mieux à propos du monde, au [18 où nous sommes, où tant de mift demandent bien un peu plus de freitation de piété. Qui si d'aventure Iqu'un de ces sçavans refroidis au vent a bise venoit en vostre ville, et en muroit, ou le vouloit calomnier, garie luy prester consentement, messieurs inessy; car nul n'en peut mcsdire, onne n'en peut murmurer qu'il ne le, pource que quand bien ce seroit «tion nouvelle, si est-ce qu'après que jre prélat Ta aulhorisée, vous la devez
honorer, et non pas la mespriser pour cela. Cotte invention n'est pas nouvelle, mais ancienne, ce n'est pas une fantaisie de quelques cerveaux bigearres, c'est une dévotion de tout un christianisme. Respondez, âmes dévotes et courageuses, à ceux qui s'en gausseront : Patres nostri aiinunliaverunt nobiSy Nos pères nous l'ont enseignée, non seulement parce que monseigneur le reverendissime, et ceux qui l'ont dressée sont pères, qui ayment autant vos âmes que vous le pouvez souhajter ; mais poulie que l'institution est an* cienne, et il yen a de toutes semblables à à Paris, Lyon, Tholose, Avignon, par toute la France et Tltalie : et comment? ce que Paris, avec son œil cler- voyant de Sorbonne a receu avec tant de contentement, une petite cervelle le voudra controller? Mais pour couper chemin à toutes sortes de murmures, ce que son altesse et nos princes honorent, tant à Thurin et par tout, le voudrionft-nous censurer? et 8*il faut conclure en termes plus forts, que le sainct siège apostolique a confirmé de son authorité, etc.
SERMON