‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 2)Chapitre 8 sur 356 · CHAPITRE IIÏ · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIÏ

DB LA MATIÈRE DE LA PnÉDICATIOIf.

ARTiaE I.

DB L*£CArrURE SAIlfTE.

S- Paul dit CD un mot à son TimoMiée : Prœdica verbum (4). Il faut prêcher la parole de Dieu : Pradicate Evangelium^ dit le maître S. François (2), duquel aujourd'hui nous faisons la fête; et explique cela, commandant à ses frères de prêcher les vertus et les vices , Penfer et le paradis. 11 y a suflUamment de quoi en PËcriture sainte pour tout cela, il n*en faut pas davantage.

SECTION i.

De la doctrine des sainli Pères.

Se faut-il doncques point serrvir de docteurs chrétiens et des livres des saints'^ Si bit à la vérité. Mais quest-ce autre chose, ladoctrine des Pères de rËglise,que TËvangile expliqué, que FÉcritiire sainte exposée? Il y a à dire entre TÉcriture sainte et la doctrine des Pères comme entre une amande entière et une amande cassée, de laquelle le noyau peut être mangé d'un chacun ; ou comme d'un pain entier et d'un pain mis en pièces et distribué. Au contraire doncques il faut s'en servir; car ils ont été les instrumons par lesquels Dieu nous a communiqué le vrai sens de sa parole.

SECTION n.

Dm traits d'histoire tirés de la vie des Saints.

Hais des histoires des saints, s'en peuton pas servir? Mais, mon D;eu! y a-t-il hen de si utile, rien d^ <ï beau? Mais aussi qu'est-ce autre chose , la vie des saints, que rÉvangile mis en œuvre? Il n'y a non plus de diffiTcncc onlro l'Évangile écrit et la vie des saints qu'entro une musique notée et une musique chanlée.

{i) II. Jm. C IT, T. <•

^) s Frajiçei* drAMisa. dont la fit« ta célébra la é aa>

SECTION m.

Quel asage peui-on faire, dans on sermon» des histoires profanes ?

Des histoires profanes, quoi? Elles sont bonnes : mais il s'en faut servir comme Ton fait des cham|>ignons , fort peu , pour seulement réveiller l'appétit; et lors en« core faut-il qu'elles soient bien apprètéeSi et, comme dit S. Hiérome, il leur faut faire comme faisoient les Israélites aux femmes captives quand il les vouioient épouser, il leur faut rogner les ongles et couper les cheveux, c'est-à-dire les faire entièrement servir à l'Évangile et à la vraie vertu chrétienne, leur ôter ce qui se trouve de répréhensible es actions païennes et profanes ; et il faut, comme dit la saincte parole, se^ parare pretioêum avili (^YEtï la valeur de César, l'ambition doit être séparée et remarquée; en celle d'Alexandre, la vanité, la fierté et superbe; en la chasteté de Lucrèce, sa désespérée mort.

SECTION IT

Des fables et des sentences des poStes.

Et des fables des poètes? Oh 1 de celles-là point du tout, si ce n'est si peu et si à propos, et avec tant de circonspection, comme contre-poison, quechascun voie qu'on n'en veut pas faire profession; tout cela si brièvement que ce soit assez.

Leurs vers sont utiles : les anciens les ont parfois employés , pour dévots qu'ils fussent; mùme jusqu'à S. Bernard, lequel je ne sais pas où il les avoit appris. S. Paul fut le premier à citer Aratus et JHenander.

Mais quant aux fables, je n'en ai jamais rencontré en pas un sermon des anciens, sauf une seule d'TIlvsse et des sirènes employée par S. Ambroise en un de ses sermons. C'est pourquoy je dis, ou du tout point, ou si peu que rien. Il ne faut mettre l'idole de Dagon avec l'arche d'alliance.

SECTION y.

De rasage des histoires naturelles, et du lifftt

de l'univers.

Et des histoires naturelles? Très-bien : car le monde, fait par la parole de Dieu , re>>eiil de toute part cette parole ; toute*»

(1) Séparer ce qui eti précisai da as qui m tU.

ECS parlieB clisnlent la loiinn;:e de lotivrier. C'est un livre qui contient la parole de Dieu , roais en un langage que chacun n'entend pas. Ceux qui l'entendent par la m^dilalion font Tort bien de s'en eervir, cemtne faisoît S. Antoine, qui n'avoil nulle outre biblioihèqoc. Et S. Paul dit : Inviiibilia Dei per ea qva fada tant intelleela conspiduntnr [<). Cculi enatrant gloriam DeUi).

Ce livre est bon pour les similitudes, pour les comparaisons, à minori ad majtti (3), et pour mille autres choses. Les anciens Pères en sont pleins, et l'Écriture Bsinto en mille endroits : Fade ad formicam (4) ; Sicvl gallina eovgregat putlot tuoa (5); Quemaimoium detiderat eervui (6); Çua«t ttruthio indeftrto (71; Contiderate lilia agri (S),- et cent mille eemb labiés.

Hais surtout que le prédicateur se garde bien de raconter de faux miracles, des histoires ridicules, comme certaines visions tirées de certains auteurs de basse ligne , choses indécentes, et qui puissent rendre notre ministère vitupérable et méprisable.

ARTICUE n.

onimm il faut Tii.tiTSR cnAcimB des

Page 1