‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 2)Chapitre 83 sur 356 · POUR LA FESTE DB •• JIAU PORTE-LATINC · texte numérisé non relu

POUR LA FESTE DB •• JIAU PORTE-LATINC

Vê

Ditité et défiance de nous-mesmes, mfiant en Dieu , et nous jettant es bras, reconnaissant que sans s n'avons nul pouvoir d*eiïectuer blutions et bons désirs, ny de faire luelconque qui lui soit agréable.

l'en luy et avec sa grâce toutes nous seront possibles, disant avec

: Omnia poisum in eo qui me ai (4 ) ; Je puis toutes choses en cerne reconforte.

'-là seroit estimé despourveu d*ese jugement, qui voulant faire quelind bastimcnteteditice, ne consi- [MS auparavant s'il a de quoy pour t satisfaire à cela : de meime, nous Ions achepter le ciel , et eilever ce difice de la perfection chrcstienne, fnsd'esprit et de jugement, lorsque I oonsiderons pas si nous avons de ysr ce qu'il faut pour venir à chef « entreprise, et faute de cette coqon nous demeurons oourls en che* r il monnoye qu^il faut avoir pour

nostre bastiment spirituel, et r cette perle précieuse de la per*

n*est autre que nous-mesmes, et [propre volonté, qu*il faut quitter fient et nous défaire de nos mau« iclinations, humeurs et ad versions, ;rtains que nous no Tacquerron^ jar autre voye que par le renonce* itier de nous-mesmes II faut donc oudre à l'imitation de ce marchand st parlé dans rEvangile,de vendre r avoir celte précieuse période l'akeré , que Dieu nous veut donner, nous rendons fidelles à travailler xfuerir.

heureuses sont les âmes qui pour ir boi ven t courageusement le calice Vances avec Noslre-Seigneur, qui fient, portent leur croix, et qui l et reçoi ven t amou reusemon t d e sa ain toutes sortes d'evenemens avec on à son bon plaisir. Mais , mon j*il s'en trouve peu qui fassent ces omme il faut. L'on rencontre as-

sez souvent des âmes qui désirent de souffrir et porter la croix. Et je sçay qu'il y en a plusieurs qui demandent à Dieu des afflictions; mais c'est avec cette condition qu'il les visite et console souvent en leurs peines et souffrances, et qu*il leur tesmoigne qu'il a agréable, et se plaist de les voir souffrir pour son amour, et qu*il les recompensera d'une gloire immortelle. Il y en a aussi plusieurs qui désirent comme ces deux disciples, de sçavoir le degré do gloire qu'ils auront au ciel : certes ce désir est impertinent; car nous ne devons jamais en façon quelconque nous enquérir de cela; bins nous occuper toujours à servir sa divine Majesté, le plus fidellement que nous pourrons, observant ses divins commandemens, ses conseils et s^ volontez le plus exactement, et avec le plus de perfection , de pureté et d'amour qu'il noua sera possible, laissant le soin du reste à son infinie bonté , qui ne manquera pas, si nous faisons nostre devoir , de nous recompenser d'une gloire immortelle et incompréhensible, en se donnant soy-mesme à nous , tant il fait d'estat de ce que nous faisons pour luy : en somme, c'est un bon maistro, il nous faut seulement tascher de luy estre serviteurs et servantes bien fidelles , et il ne manquera pas de nous estre fidelle ro» munerateur. 0 si nous sçavions quel bonheur c'est de servir fidellement co divin Sauveur de nos âmes, et boire avec luy son calice, ô que nous embrasserions de bon cœur les peines et souffrances, à l'exempto de la grande Ste Catherine de SienAe q^^î préféra la couronne d'espines à celle d'or ! Ainsi devons-nous faire, mes chères sœurs, car enfin le chemin de la croix et des afilictiens est un chemin asseuré , ot qui nous conduict droict à Dieu et à la perfection do son amour. Donc si nous sommes fidelles à boire courageusement dans son calice, nous crucifiant avec lui en cette vie , sa divine l)onté ne manquera pas de u?us glorifier éternellement en l'autre , où nous conduise le Père, le Fils et la Sainct-Bsprit. Amea*

SM

SERMON

POUR LE JOUR DE S. PIERRE (1)

Tu es Pêêrui , «I tupêr kanc pêtram ttdi/Uàbo BoeUsiam mêam. Uâtoê, xvi. Tu. es Pierre, et dessas cette pierre J'edifleray mon Eglita.

II pourroitsembler estrange à qiielqu^un, mes chers auditeurs , que vous ayant apporté du pain la semaine passée en cette chaire, vous disant : Hic est panis qui de cœIo detcendit (2), C'est icy le p in qui est descendu du ciel, maintenant je ne vous y apporte qu'une pierre, disant : Tu es Petrus, et super hanc petram œdificabo Ecclesiam meam^ Tu es Pierre, et sur cette pierre j'edifieray mon Eglise : et neantmoitis quand je vous invitay à cette exhortation, je vous promis une semblable réfection spirituelle que celle que je vous presentay alors. Non, je ne m*abuse point; car je vous apporte cette pierre, sur la parolle toute puissante de Nostre-Seigneur, laquelle nous asseure que cette piere nous doit tous repaislre : Pelre, amas me? Tu scis, Dcmine, quia amo te ; pasce oves meas (3); Pierre, m'aymes-lu? Voussçavez. Seigneur, que je vous ayme; pais mes brebis.

Adressons-nous à nostre tres-glorieuse Dame la Ste Vierge, et la prions qu'elle dise à son divin Fils , non pour le tenter, mais pour le glorifier : Die ut petra hœc panis fiaty Dites que cette pierre se con- Tertisse en pain ; et soyez asseurez que la semaine passée Nostre-Seigneur vous a repeu de son céleste froment, Cibavit vos ex adipe frumenti (4); maintenant il vous rassasiera du miel par la pierre , De petra fnelîe saturavit vos^ et pour cela implorons l'assistance de celte Sto Vierge , en disant : Ave Maria, etc.

Amen^ amen, dico tibi, cum esses junior, dngebas te^ et ambulabas ubi volebas; cum autemsenueris, extendes ma-

(S) sermon prit tar Toriflnal escrit de la main de Taatk«ar. — (t) S. Jeao, vi. — (Z) Ib xzi. - («) pmiI.

nus tuasy et alius te einget et duet non vis; En vérité, en venté, je te d quand tu estois jeune, tu te ceignoitf lois où tu voulois ; mais quand tu viel, tu estendras tes mains, et un au ceindra et te mènera où tu ne voudra dit Nostre-Seignour à S Pierre. 0 tempus habent^ tempus nascendi, ei pus moriendi; Toutes choses ont temps ; il y a temps de mourir, il y a 1 de naistre, dit TEscriture saincte : di prends occasion d'admirer que TEglii tholique, nostre mère , aye commanc non sans raison, que dans l'octave d'i grande resjouissance,commeest celle nativité de S Jean , on celebrast h rieuse mémoire du martyre de S. Pi grand gouverneur de l'Eglise milit car si (comme dit l'Escriture) 3Iusi luctu importuna narratio est , Lai que est un entretien ennuyeux en un ( s'il y a temps de mourir et temps de tre, pourquoy donc as-t'on mesié ei mesme octave la mort de S. Pierre a'' naissance de S. Jean? Certes , mes auditeurs, il sera bien aisé de resp( à ce doute , et satisfaire à cette adi tion. Mais peut-estre, medirez-vous l'Eglise ne tient pas que ceux qui me martyrs soient morts, mais vivans , < time que passant à une meilleure vi£ a grande occasion de se resjouir en mort, et pource que leur nativité e accompagnée de peclié, elle les amen< misères, et leur mort les mené à la g on célèbre leur nativité le jour qu'ils rent. Mais si la nativité des saincts < misérable et leur mort glorieuse, pour à une cho-e glorieuse, comme est la i doyie-t'on le nom misérable de la nati

POUR LE JOUR DE S. PIERRE

Ml

Je treuve qu'il y a tant de similitude entre la nativite.de S. Jean et la mort de S. Pierre, que toutes deux se doivent appeller mort, ou toutes deux nativité ; car il n'y a nulle apparence que deux choses si semblables doivent avoir diversité de Qom.

Quand je regarde la ressemblance et belle convenance qu'il y a entre la création du monde, et la création et reformatîon d*iceluy, j'admire extrosmement ce grand Créateur, lequel a si bien sceu par on si beau moyen, et divin artifice en la création et reformation, monstrer Tu ni té du Créateur et reformateur. Mais aujourdliuy je ne veux pas m'arrester sur ces dioses, ains seulement sur ce qui fait à mon propos pour la soiemnité de ce jour. Quand je considère que TEgliso nostro mère nous propose en la joyeuse octave de k nativité de S. Jean la solennité de la mortdouloureuse^do S. Pierre î'sçachant q[D*elle est conduite du Sainct-E:^prit, je croy qu'elle le fait pour quelque similitude et rapport qu'il y a entre la mort de l'un etia nativité de l'autre , pensée en laquelle je sois d'autant plus confirmé, que je vois que la mesme Eglise appelle aussi bien naissance la mort de S. Pierre que la nativité de S.Jean ; voyant que non-seulement a la mort, mais encore en leur vie mesme, j'y treuve certaine alliance et grande ressemblance, quoy qu'en certains points il y ayede la dissimilitude, comme il y en a tousjours entre les choses du viel et nouteau Testament.

Certes, quand j'ai leu à la Genèse, que Dieu fit deux grands luminaires au ciel, Fan pour présider et esclairer le jour, et rentre pour présider à la nuict : incontinent j'ay pensé que c'estoient ces deux grands saincls, S. Jean et S. Pierre ; car ne tous semble-t'il pas que S. Jean soit le ^nd luminaire de la ioy mosayque, laquelle n'estoit qu'une ombre, ou comme ttie nuict au regard de la clarté de la Ioy de grâce, puisqu'il estoit plus que prophète, encore qu'il ne fust pas lumière; toatesfois il portoit tesmoignage de la lumière, par quelque participation de la lumière, laquelle luisoit es ténèbres. Et lux i« tenehris lucet. Et vous semble-t'il pas que S. Pierre soit Evangelii luminare majuif Le grand luminaire de l'Evangile,

puisque c'est luy qui prœeit diei Evan^ gelii, Qui préside aux jours de la Ioy evangelique? lesquels deux luminaires ont esté mis au ciel ecclésiastique par ciîluy qui fa fait et formé , qui est Jesus-Christ Nostre- Seigneur.

Nous lisons qu'il y avoit autour du Pro pitiatoire deux chérubins lesquels s'entreregardoient. Le propitiatoire, mes chers auditeurs, c'est Nostro-Seigncur lequel le Père éternel nous a donné pour rstrc la propitiation de nos péchez, Ipse propitia- Ho est pro peccatis nostris, et tpsum proposuit Deuspropitiationem. Ces deux chérubins sont, comme j'estime, S. Jean et S. Pierre, lesquels s'entre-regardoient, l'un comme prophète, et Tautre comme apostre. Hé! ne pensez- vous pas qu'ils s'entre-regardoient quand l'un disoit :

Ecce agnus Dei^ Voicy l'agneau de Dieu, et que l'autre disoit : Tu es Christus Fû lius Dei viviy Tu es le Christ Fils du Dieu vivant? Il est vray que la confession de S Jean ressent encore quelque chose de la nuict de l'ancienne Ioy quand il appelle Nostre- Seigneur agneau, car il parle de la figure : mais celle de S. Pierre ne ressent rien que le jour : Quia Joannes prœerat nocti, et Petrus diei; Parce que S. Jean estoit le luminaire de la nuict. et S. Pierre celuydu jour. Ce que je ne dy pas pour vous faire entendre que S. Jean ne sceut bien la vérité, mais afin que voussçachiez que comme S. Pierre qui estoit le luminaire qui presidoit au jour, parle ouvertement; aussi S. Jean, pour s'accommoder au temps auquel il presidoit, qui estoit le temps des ombres et des figures, parle plus ouvertement.

Au commencement du monde on treuve que l'Esprit de Dieu estoit porté sur les eaux, SpiritHS Dei ferebatur super aquas (4). La naïf vêlé du texte en sa source veut dire, fecundabal.vegetabaf, qu'il fecondoit les eaux. Ainsi me semblot'il qu'en la rcformalion du monde Nostrc- Seigneur fecondoit les eaux, lorsqu'il cheminoit sur le bord de la merde Galilée, Ambulabat juxta mare Galilcœ (2), et avec la parolle qu'il dit à S. Pierre el a S. André : YeiixUe post me. Venez après moy, il fit esclore parmy les coquillea maritimes S. Pierre et S. André : en quoy

(1) G«n. I. — (t) 8. MaUh. it.

SERMON

S« Jean a encore quelque similitude avec S. Pierre, puisque ce fut au bord de l'eau où S. Jean eut la première fois Thonneiir de voir celuy qu'il annonçoit, comme S. Pierre auprès de l'eau reconnust son divin Muistre et le suivit. Mais puisque nous sommes sur le mystère de la vocation de S. Pierre, je vous veux descouvrir à ce propos une considération plus profonde.

Pharaon avait commandé aux sages femmes des Hébreux qu'elles tuassent tous lesenfans masles d'Isrël (4); la mère de Moyse l'ayant enfanté, et gardé trois mois, enfm ne le pouvant plus cacher, elle le mit en un panier de joncs qu'elle accommoda le mieux qu'elle pust, puis l'exposa parmy certaines herbes aquatiques au bord de l'eau ; et la fille do Pharaon y venant pour se baigner, l'apercevant, le fit prendre, et voyant que ce petit enfant estoit fort beau, par bon-heur elle le fit nourrir par sa mère propre; et parce qu'elle l'avoit retiré des eaux, elle l'appela Moyse, c'est-à-dire retiré.- Vous apercevez-vous point du mystère que contient cette histoire? Moyse estoit chef de la synagogue, et fut à cet effect sauvé et retiré des eaux par la providence de Dieu. Et voicy que Nostre-Seigneur, Tunique sapience du Père éternel, relire le grand chef de l'Eglise militante, S. Pierre, des eaux de la mer auprès de Gcsaréc, lequel on pourroit bien appeller Moyse , puisqu'il a esté retiré des eaux comme Moyse : et de vray Simon, l'un des noms de S. Pierre, veut quasi signifier cela ; caf Simon veut dire, obediens, obeyssant, et Moyse signifie extractus , c'est-à-dire retiré simplement, d'autant qu'il n'avoit pas encore l'usage de raison quand on le retira. S. Pierre est appelle ol3cyssant,pource qu*ayant esté retiré dans Tusage de raison, il fut retiré par obeyssance : Feniie pott me, et continuo sequuti êunt eum^ Venez après moy, leur dit Nostre-Seigneur; et tout soudain ils le suivirent. S. Pierre donc fut semblable à Moyse et à S. Jean.

Mais considérons maintenant la ressemblance de ces deux nativitez de S. Jean et de S. Pierre, à condition, toutesfois que nous ne ferons que toucher ce qui sera de S« Jean , pour nous arrester davantage en ce qui est de S. Pierre, puisque c'est en ce

(i)llOd.ltlU.

jour que nous célébrons sa feste. Je treure premièrement que la nativité de S. Jean a estépredicte par l'ange, ef mu/tt tnncrftoitate gaudebunt (4), Plusieurs, dit-il à Zacharie, se resjouyront en sa nativité. Celle de S. Pierre a esté pareillement predicte * mais il y a cette grande différence , que l'ange predict celle de S. Jean, et celle de S. Pierre fut predicte par Nostre-Seigneur. S. Jean nasquit pour finir la loy mosavque; S. Pierre mourut pour commencer l'Église catholique, non que S. Pierre fust le commencement fondamental de l'Eglise, ny S. Jean la fin de la synagogue , car c'est Nostre-Seigneur lequel mit fin à la loy da Moyse, disant sur la croix : ConsummO' tum est (2), Tout est consommé ; et ressus- i citant il commença l'Eglise nouvelle; car ] comme il se renouvella luv-mesme , aussi '. renouvella-l'il son Eglise ; il se renouvella, dis-je, ressuscitant revestu d'immortalité, luy qui s'estoit auparavant revestu de nostre mortalité, Et habitu inventui W Aomo, etc. (3).

Le rabbin Saadias dit que l'aigle voletant parmy le feii, et puis se rejettaot dans la mer, renouvelle ses ailes et sa jeunesse : ainsi Nostre-Seigneur se bruslant au feu de sa très-grande charité, et puis se jettanl dans les eaux de la mer rouge de sa passion, renouvella sa jeunesse, et comparut sortant d'icclle en ressuscitant glorieux renouvelle comme l'aigle, suivantce qui est es psalmes : Henovabiturutaquilo juventus tua (4).

Ln nativité de S. Jean fut predicte à Zacharie, comme il ofl'roit de l'encens au Seigneur, ainsi qu'il est dit en S. Luc, Cum Zachariasponeret incensum Domino {^).

Mais quel encens pensez- vous que S. Pierre ofîroit au Seigneur, quand il luy respondit: Domine, tu sois quia amo te (6); Seigneur, vous sçavez que je vous aime ; odeur qui seule est agréable à sa divine Majesté, S. Jean fut sanctifié par Nostre-Seigneur au ventre de sa more en la présence de la Stc Vierge; et do mesme S. Pierre fut sanctifié au ventre de l'Eglise militante par ce mesme Seigneur, en la présence de la tres-Sle Vierge dans le cénacle.

Mais sçachez que les saincts sont sanctifiez en cinq diverses manières : La pre-

<i) s. Lu, i.--{t) s. iMa, lis. (i) Millff. u. «» (4;rMLou.^(i)s.tdM«L-(i;s.tea,uib

POUR LE JOOA PK S. PIERRE.

BMie par necedsîtédeoonsequence; c'est J linsi que fut sanctifié Nostre<^igneur, le- j lael estant Fils naturel de Dieu ne pouloît qu*il ne fust sainct, et parce qu'il csl9it sainct par nature, il siappelle sainct par excellence, Sanctus vocabilur Filiui Dei (4), estant Tun des trois Sanctus, Smnciuê^ Sanctuê (2), que les séraphins |ue vil Isaye répètent sans cesse dans le iel ea l'honneur de la tres-saincte Trinité. La seconde est de ceux qui ne sont pas Minets , sinon contingemment , et sans aucane nécessité que par la volonté de Dieu ; Baantmoins ils le sont tousjours , et de cttte seconde sorte nous n'avons que la Vierge sacrée de laquelle David dit:

Mentdixisti^ Domine, terram tuam, wotrtiêii capiivitatem Jacob (3); Seigneur , vous avez bcny vostre terre , et nu destourné de dessus elle la captivité éiiacob.

La troîsiesme sorte de sanctification est de ceux qui ne sont pas tousjours saincts , mis seulement sont sanctifiez au ventre ds leur mère : tels furent S. Jean , Hiere- ■ie, et selon l'opinion de quelques-uns S. Joseph, auxquels on attribue ces paroles: Antequam progredereris ex utero »

itmelificavi te, Avant que tu sortisses du ventre de ta mère , je t'ay sanctifié

La quatrieamc sorte est de ceux qui sont ainclifiez d'une sanctification commune à lous les justes avant que de mourir , desquels il estdit : Justorum animœinmanu DH tunt (4) , Les âmes des justes sont en la main de Dieu.

Mais les derniers sont sanctifiez non-seuknent d'une sanctification commune , qu'on appelle justification , ainsd'unesanclikation singulière , de laquelle ils ne peulent plus deschoir : ainsi furent sanctifiez bapostres au jour de la Pentecoslo, de qeoy nous avons ce tesmoignago en S. Paul |8Slid il dit qu'il est asscuré qu'aucune tese , non pasmesme la mort, ne leix)urra leiMrer de la charité de Jesus-Christ, Scia fina neque mors nos separabit à charikleChristi(^),

Or pour vous monstrer le rapport qu'il y « entre S. Jean et S. Pierre , je trouve que kSte Vierge fut présente à leur sanctification : quant à colle de S. Jean , il est dit

(l)i>Ue.i. — (t) ImT«, yu - (») PmI. uulju?. -

AlM* Bk — (I) ion. TOL

qu'à son arrivée chez Ste Elisabeth il tressaillit do joie (4 } , Et exultavit infans in gaudio. Le mesme peutrondire de la sanctification de S. Pierre , qui se fit dans le senacle où la Ste Vierge cstoit aussi prosente ù la descente du Sainct-Esprit ; tellement que l'on peut dire de luy comme de S. Jean : JSxultavit infans , puisque S. Pierre auparavant comme enfant n'avoit quasi jamais parlé , et tout aussi tost : Aperienê os suum Petrus , Ouvrant sa bouche , il commença à prescher et conver^ tir les âmes à milliers. S. Jean fut le dernier prédicateur de la loy mosayque , S. Pierre fut le premier do l'Evangile. 0 deux luminaires ardens de prédication , favorisez de vos sainctes intercessions mon enfance , afin qu'il plaise à Dieu se servir de moy en ce ministère pour enseigner la science du salut à son peuple pour la remission do leurs péchez, Jd dandatn scientiam salutis plebi ejus , inremissionem peccaiorum eortim, et que je puisse tellement avoir les lèvres ouvertes de la part de Nostre-Seigncur , que ma boucho annonce sa loiiango : Et os meum cttttiuntiet laudem ejus^ et que j'enseigne la vraye doctrine , et que j'accomplisse moymesmo ce que j'enseigne , crainte qu'ayant enseigné les autres j(î ne sois reprouvé ; Eecte docere , et quœ doceo opère cornplere, ne cùm aliis prœdicaverim ipse reprobus effldar.

Vous avez veu jusques îcy , mes chères âmes , quelle convenance il y a entre la nativité de S. Jean et la mort de S. Pierre. Maintenant vous voudriez peut-estre sçavoir , guis major est in regno cœlorum'f Lequel est le plus grand dans le royaume des cieux ? C'est une chose à quoy je ne puis bonnement respondre, seulement je vous diray que vous imitiez la saincletô de l'un et de l'autre , et puis vous le sçaurez quand vous serez dans le ciel. Les philosophes ayant recherché, il y a plus do deux mille ans, les c^tuses du flux et leflux do la mer , ne l'ont jamais sceu comprendre : mais je ne vous donne pas ce terme pour sçavoir la solution de cette question , estu» diez seulement par imitation la saincteté de ces deux grands saincts; et la plupart de ceux qui sont icy le sçauront dans peu de temps.

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