‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 2)Chapitre 93 sur 356 · POUR L'ASSOMPTION · texte numérisé non relu

POUR L'ASSOMPTION

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eore tont-è-faît purifiez de nos imperfec- Cions, et de la souillure des péchez que nous avons commis : et de là vient qu'il est nécessaire que nous nous allions purger et satisfaire à la divine justice dans le purgatoire , avant que de pouvoir entrer au

Les grands du siècle font quelquesfois des assemblées qui sont non seulement inutiles, mais encore pour Tordinaire domma- ^nbles et nuisibles : et pour les rendre plos magnifiques et agréables à voir , il lear viendra en fantaisie , quMl ne (aut pas que le lieu où ils les veulent faire soit clair, aîns sombre et obscur, et cela parce qu*iis désirent représenter quelque ballet qui pareistra davantage en Tobscurité, et à cause que les chandelles et les flambeaux apportent trop de clarté , ils font mettre des lampes nourries d*huile parfumées , lesquelles, jettent de continuelles exhalaisons , doutent beaucoup de suavité et de satisfaction i la compagnie : mais ces lampes nourries d*huile parfumée venant à s'éteindre , jettent alors une bien plus excellente odeur , et remplissent la chambre d*une bien plus {rende suavité qu*elies ne faisoient aupaivrant.

Nous trehvons en beaucoup de lieux de la saincte Escriture que les lampes représentent les saincts qui ont esté des lampes vrayement parfumées, et tousjours ardentes du feu de Tamour de Dieu, et lesquels, par leurs bons exemples , ont jette de continuelles exhalaisons d'une très -grande navité devant les ' hommes f et spéciale- Beat devant la divine Majesté ; mais cette edear a esté incomparablement plus suave à l'heure de leur mort, ce qui a fait dire u prophète : Pretiosa in conspectu Do- ^i mors sanetorum ejus , que la mort des Justes est précieuse devant Dieu , comme au contraire celle des meschans est tres-masivaise et luy est en horreur , Mors 4 Ptccatarum pessima , d'autant qu'elle les porte à la damnation éternelle.

Or si les saincts pendant leurs vies ont ttté des lampes ardentes et odoriférantes , combien plus la tres-saincte Vierge? la perfection de laquelle a surpassé infiniment lOQles celles des saincts; voire mesme <IQand elles seroient toutes assemblées en <me , elles ne seroient nullement comparableiàla sienne. Si donccette sainc'^e Vierge

fut toute sa vie une lampe nourrie d*huile parfumée de toutes sortes de vertus , quels parfums pensez-vous qu'elle jetta à l'heure de son glorieux trépas? parfums si excellons que les jeunes filles l'ont aymée , et sont allez après elle à l'odeur de ses suavitez, ainsi qu'il est dit au Cantique des Cantiques : In odorem ungtientçrum tuorum cum'mtM, adolescentulœ dilexe-, runttenimisl^),

L'ame sacrée de nostre glorieuse Maistresse estant donc séparée de son corps , elle s*envoIa droict au ciel , et alla respandre ses parfums tre&odoriferans devant la divine Majesté , laquelle la receut , et la colloque sur un trosne à la dextre de son Fils ; mais avec quel triomphe et magnificence pensez-vous qu'elle fut receuè* de son Fils bien-aymé , en contre-eschange de Tamour avec lequel elle l'avoit receu lorsqu'il vint en la terre? 0 certes ! nous devons bien croire , que luy quia tant recommandé l'amour et le respect envers les parens , ne fut pas meconnoissant envers sa saincte Mère; ains qu'il la recompensa d'un degré de gloire d'autant plus grand pardessus tous les esprits bienheureux , que ses mérites surpassoient incomparablement les mérites de tous les saincts ensemble.

Le glorieux apostre S. Paul fait un argument en son premier chapitre de l'epistre aux Hébreux, parlantde la gloire de Noslre- Seigneur, qui est fort à propos pour nous faire entendre le haut degré de gloire de sa tres-saincte Mère : Tanio tnelior angelis effectus, quanto differentius prœ illis nomen A^edf7am(;Nostre-Seigneur, ditil , a esté d'autant plus eslevé par dessus tous chérubins et autres esprits angeliques, que son nom est relevé pardessus tous les autres noms ; car il est dit des anges, qu'ils sont ses serviteurs et messagers , Qui fadt angelos suos Spiritus , et ministros suos ; mais à qui d'entre eux a-t'il jamais esté dit: Vous estes mon Fils , je vous ay engendré aujourd'huy? Cui enim dixit angelorum: Filius meus es tu , ego hodie genui te? De mesme nous pouvons dire de la tres-saincte Vierge , qui est le parangon i de tout ce qu*il y a de grand , de beau et -j d'excellent au ciel et en la terre ; car à laquelle des créatures peuton dire : Voua

SERMON

estes la More du Tout-Puissant, sinon à elle seule? Il nVa donc nul doute qu'elle fut eslcvée au-dessus do tout ce qui n*est point Dieu.

Or après que cette tres-saincte ame eut quitté son tres-pur et cbiiste corps, il fut porlé au scpulchre et rendu à la terre , ainsi que celuy de son divin Fils ; car il estoit bien raisonnable que la Mère n*eust pas plus de privilège que son Fils : mais tout ainsi qu'il ressusK^ita au troisiesroe jour, elle ressu>cila de mesme trois après sa mort, difTerem ment neantmoins; d'autant que Nostre-Scigneur ressuscita par sa propre puissance et authorité , et Nostre- Dame ressuscita par la toute-puissance de son sacré Fils, qui commanda à Tanic bcniste de sa saincte Mère de s*aller réunir à son corps; n'estant pas raisonnable que ce corps tres-sainct fust aucunement entaché de corruption , puisque celuy de Nostre-SiMgnèur en avoit esté tiré et y avoit reposé Tespace de neuf mois. Et si Tarche d'ullicince dans laquelle estoient les tables de la loy ne pouvoit estre atteinte d'aucune corruption , parce qu'elle estoit faite d'un bois incorruptible ; combien estoit-il plus raisonnable que cette arche vivante , dans laquelle avoit reposé le maistre et l'autheur de la loy , dont l'autre n'cstoit que la figure , fust exemple de toute sorte de corruption ?

Le prophète royal David en ses psalmes nous déclare merveilleusement bien la rcssurrcction de la tres-saincte Vierge par ces parolles : Surge , Domine , in requiem tuam, iu et arca sancUficalionis tuœ(\); Levez-vous, Seigneur, dit-il, triomphant et glorieux pour entrer en vostre repos , vous et l'arche de vostre sanctification. Or ces premières paroles : Surge ^ Domine, font mention de la resurrcctiou de Nostrc- Seigneur qui en tant que Dieu ressuscita de luy-mesme par sa propre vertu ; mais celles qui le suivent : Tu el arca sancltfi' calionis tuœ , Vous et l'arche de vostre sanctification , sa doivent entendre de la résurrection de la tres-saincte Mère, qui est cette divine arche dans laquelle il a reposé neuf mois. Il ost vray que c'est une loy générale, que nos corps , après nostie mort, doivent estre réduits en poussière ; c'est un tribut que noua devons tous» et qu'il faut

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qu^ nous payf om à cause du pacU av-*ns tous commis en Adam, et po il luy fut dit , et n toute sa posleri vis es , et <n pulveremreverêeri es terre et tu retourneras en ten estre la viande des vers qui mangi corps après nostre moht, à raison nous pouvons bien dire, avec J pourriture * Vous estes mon père vers: Vous estes ma mcre et ma su Iredini dixi : Pater meus es , ma et soror mea vermibus. Muit saincte Vierge n'ayant jamais coni cun péché, ny originel ny actuel , très à propos qu'elle fust exempii loy , et de payer ce tribut comm les enfans d'Adam.

Il est dit au premier livre des I lorsque le petit David voulut ci contre Goliath , ce grand géant ennemy du peuple de Dieu, il \ soigneusement parmy les soldai qu'entreprendre la bataille, qu'e l'on donneroit à celuy qui le v Quid dabilur viro qui percussi listœum hune (i)? et on luy i que le roy avoit promis de gn chesscs à celuy qui seroit si heu de surmonter ce géant, Ditabit vitiis magnis virum qui pu eum ; mais cela n estoit pas pour contenter le cœur de Davic tant généreux , ne pensoit rie qu'aux richesses ; c'est ()Ourquo; chesses l'on adjouste l'honneur ; i suam dabit e\, et domum palrii ciet absque tributo in hrael ; E luy dit-on , non seulement i'ei mais il luy donnera encore sa fil riage, et le rendra son gendre; nr cela il a promis d'exempter sa u

tribut.

Nostro-Seigneur voulant ven monde, il s'informa, c^nune ût t père David , qu'est-ce que l'on « à celuy qui vaincroit ce puissant c'est-à-dire le diable, que luy-m pelle : Principem hujiM mundi, du monde, à cause du grand pou avoit acquis sur les hommes par avant son incarnation : et on li mesme response qui fut faite à Le roy a dit qu'il enhchiroit <

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