‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 2)Chapitre 95 sur 356 · FOUR L'ASSOMPTION · texte numérisé non relu

FOUR L'ASSOMPTION

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ntt BOD-teolementaveo Dleo, mais encore avec le orochaio.

Aymer Dieo sur toutes choses , c*est le premier commandement; aymer le prochain comme soy-mesme , c'est Timage de ee premier commandement. 0 que la tressaincteVierge, nostre glorieuse Maistresse, practiqua merveilleusement bien Ton et rautre de ces amours , en la réception qu'elle fit de son divin Fils quand il vint sa monde 1 car elle Tayma et le receut premièrement en qualité de son Dieu , et secondement elle Tayma et le receut encore en qualité de sop prochain , estant une cbose Impossible d'avoir l'un de ces amours tans aToir l'autre. Donc si vous aymez par- Wetement Dieu , vous aymerez aussi parfoictement le prochain, parce qu'à mesure que l'un de ces amours croist, l'autre croist de mesme , et si l'un diminue , l'autre ne penlpas croistre : si vous avez l'amour de Diea, ne vous mettez pas en peine de practiquer les vertus, d'autant qu'il ne se prelentera point d'occasion de vous y exercer, que sans soin vous ne le fassiez ; jedy quelque vertu que ce soit, de patience, de douceur, de modestie , et ainsi des autres. L'on trouve des conils en quantité , et des mouches à milliers ; mais des aigles on en trouve fort peu ; Telephante, à ce que l'on dit, ne fait jamais qu un elephanton , et la lionne qu'un lion : ainsi l'exercice de Marthe a quantité d'actes ; mais celuy de Marie, qui est l'amour, n'en a qu'un seul qoi est , comme nous avons dit , d'union ifec Dieu , lequel neanlmoins comprend tous les autres à cause de son excellence.

Enfin , pour conclure ce discours , je dy que li Nostre- Dame eut un si grand soin de bien recevoir Nostre-Seigneur, lorsqu'il tint en ce monde, avec quelle magnificence pensez-vous qu'il la receust aujourd'huy dans Je ciel I 0 certes , il semble que son

assomption fut en quelque façon plus glorieuse que l'ascension de Nostra-Seigneur, d'autant qu'à l'ascension il n'y eut que des anges qui vinrent au devant de ce divin Sauveur : mais à l'assomption de sa Iressaiocle Mère il y vint luy-mesme , qui est le roy des anges. C'est pourquoy les troupes angeliques s'escrioient comme toutes estonnées : Quœ est isla guœ (ucendit de deserto deîieiis affluens , innixa super dilectum suum? Qui est celle -cy qui monte du désert si abondante en délices , et qui est appuyée sur son bien-aymé?

ParoUes par lesquelles nous pouvons entendre, que si bien Nostre-Dame, à l'heure de son glorieux trespas , monta droict au ciel , comme estant toute pure ; elle estoit neantmoins appuyée sur les mérites de son sacré Fils , Nostre-Seigneur, en vertu desquels elle entra ainsi en la gloire. Etcomme il ne se vid jamais tant de parfum dans la ville de Hierusalem que la reyne de Saba y en porta avec soy lorsqu'elle alla visiter le grand Salomon, lequel en contre eschange lui fit de tres-riches presons, conformes à sa grandeur et magnificence royale : de mesme , je dy qu'on ne vid jamais tant de mérites et tant d'amour portez au ciel , par aucune pure créature , comme la tres^saincte Vierge y en porta à sa glorieuse assomption ; en contre-cschange de quoy ce grand roy éternel. Dieu tout-puissant, luy donna un degré degloire digne de sa grandeur et des incomparables mérites de cette saincte Vierge , comme aussi le pouvoir et le privilège de distribuer à ses devosts des grâces dignes de sa liberalilé et magnificence royale, la colloquant par dessus tous les anges , chérubins et séraphins , pour régner avec luy dans l'éternité bien-heureuse, où nous conduise le Père , le Fils et le Sainct-Esprit Ainsi soit-il.

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