POUR LE JOUR DP. S. AUGUSTIN
fe DO suis pas du nombre, car je suis I pécheur, eu ! combien ce glorieux sa i net après version esloit conlrit et humilié ec le reconnoissance des grâces qu'il ^eceuèfs de cette souveraine bonté ; ael ressentiment de dilection disoitparoiies du psalmiste : Quid relri- DominOy pro omnibus qnœ retriihi? Que rendray-je au Seigneur, ant de biens qu'il m'a faits? Puis ; ivant d'un esprit tout plein de grast d'une amoureuse reconnoissance.
disoit : Tibi saerificabo hostiam , Je vous offriray, ô mon Dieu, un e deloUange. 11 y auroit certes mille interprétations à faire sur ces paroilis^e me contenterav maintenant de le le sacrifice de louange que S. Auoflroità Dieuestrjit spécialement de T et glorifier pour ses bien-faits et rordes, qui est un acte que tout î est obligé de faire , et duquel pernese peut exempter; non plus que sçauroit nier qu'il y a un Dieu, creasouveram monarque et gouverneur ide. Les philosophes payons ont esté nts de confesser cette vérité, bien 16 fussent pas esclairez do la lumière >y. Un Ciceron et plusieurs autres, ; seule lumière naturelle , ont libreonfes^^é qu'il y avoit une divinité, et re qu'elle ne pouvoilcret^r l'homme, jy gouverner ce grand univers. C'est loy la doctrine chrestienne nous enque nous devons en tout temps )ieu , soit en beuvant , mangeant, t ou dormant, de jour et de nuict, it qu'en tout temps nous sentons les de sa miséricorde S. Augustin ne dit pas seulement à u'il le louera , ains qu'il luy sacri- 3 sacrifice de loUango, Tibi sacrihostiam taudis : pour monstrer 'entend pas de loiier sa divine Ma- )mnie le commun du peuple, ains veut loiier d'une manière beaucoup ceilente, comme font ceux lesquels •eceu des grâces particulières se relu monde, afin de se dédier et conentienment au service de sa divine ïy pour luy offrir un sacrifice de ) plus parfaict, en s'occupant sans de jour et de nuict , à le loiier par
p^lmodie , par des hymnes et cantiques , qu'ils accom|)agnent d'une douce et amoureuse attx^ntion ; sacrifice qui recrée extresmement le bien-aymé de nos âmes, ainsi qu'il signifie lorsqu'au Cantique des Cim tiques , parlant de son espouse , c'està-dire de l'amc devoste , i! dit : Ma bienaymée, qui est parmy vous, que vous connois^ez, et laquelle s'est donnée tout à moy, ne prend plaisir qu'à me loiier, et me repaistre du fruict de son jardin ; et non contente de m'en donner le fruict , elle me donne encore l'arbre (4); el descrivant sa beauté , il dit : Enfin cette Sulamitc ma bien-aymée est telle qu'elle blesse mon cœur par l'un de ses yeux et pur l'un de ses cheveux , Fulnerasti cor meum , soror mea , sponsa , vutnerasti cormeum in uno oculorum tuorum, et in uno crine eolli lui (2) ; estant semblables à (les chœurs et à des armées bien rangées, Terribilis ut eastrorum actes ordim naia. Mais qui est cette Sulamite , sinon Tamo devoste, qui est comparée à des chœurs et à des armées bien ordonnées , qui ne sont autres que les diverses affections u*amour, d'humilité, de componction et sousmission, avec lesquelies elle accompagne les louanges qu'elle donne san^ («sseàson bien-aymé?
Cette saincte Sulamite donc est comparée à des chœurs et à des armées bien ordonnées , piirce qu'elle est terrible à ses ennemis, d'autant que par cette belle variété de ses sainctes affections, elle va comme une 2'rmée céleste, donnant la fuite au diable, qui ne tasche rien que d'ompeschor ce sainct exercice ; car s'il pouvoit loiier Dieu, il ne seroit pas diable : el en ce grand divorce et rébellion qui se Ht au ciel, lorsque cet esprit malheureux se départit de l'obeyssance qu'il devoit à son Créateur, disant : Simiiis ero Attissimo, Qu'il luy seroit semblable , il faut remarquer qu'il ne devint diable qu'à cause qu'il ne voulut pas lo'iier Dieu ; ce que voyant le grand S. Michel, il s'e.-cria : Quis ut Deusf Quis ut Deus? Qui est comme Dieu? Qui est comme Dieu ? Ce qu'il répéta plusieurs fois, estant suivy de tous les autres esprits bi n-heureux , qui respondirent de chœur en chœur ce sainct motet : Quis ut Deusf et donnèrent par ce moyen la fuite à €ê /•^Câal it. — (t) ctDt. n*
SEHMOn
malheureux Lucifer et à ses compilées, qui furent tous précipitez dans Tenfcr pour n'avoir pîïs voulu enlonncr ce divin motot, par lequel les uutroâ anges furent toilemont confirmez en grâce , que jamais ils n'en f)Ounx)nt déchoir. Donc il est troscertain qu'il n'y a point de meilleur moyen que celuy des louan(;esde Dieu ))our donner la fuite au diable, parce que ce misérable ne peut 8up|M)rter do le voir adoré et loué piir les hommes.
Certes, nous pouvons dire que Tame de S. Augustin a esté semblable à cette sa i acte S'ilamite , parce que dès l'instant do sa conversion jusques à la On de sa vie , il n'a jamais cessé , d^ jour et do nuict, en benvant, en mangeîint, en parlant et en escrivant, de lolier Dieu, chantant tousjours le sacré Cantique de la miséricorde et grâce divine; grâce à laquelle il estoit si devost, qu'il ne se pouvoit rassasier, non seulement de la loiier, mais encore dVn parler et d'escriro à sa louange, réfutant d*une éloquence admiruble les hérétiques Polasgiens , qui enseignoient que l'Iiomme se pouvoit sauver sans la grâce ; opinion fausse et pernicieuse, laquelle ce grand sa i net a dissipée par ses escrits et ses disputes , faisant reconnoistre à ces malheureux leur erreur ; et au livre et trailté qu'il a fait de la grâce , il en parle avec tant d'efficace, et d'un stvle si haut et si éloquent , qu'il surpasse tous les autres docteurs ; si que Ton void clairement combien il aymoit, honoroit et e^timoit cette divine grâce de laquelle dépend tout nostre bien et salut éternel.
0 que la Sulamite du sacré Espoux est encore tres-à propos entendue de l'Eglise 1 car qu'est-ce que 1 Eglise, sinon des chœurs et des armées? et quelles sont ces armées? sinon leschrestiens qui chantent continuellement les louanges de Dieu , mais particulièrement les ecclésiastiques et religieux, lesquels non seulement louent Dieu par psalmes, hymnes et cantiques; ains taschent encore tant qu'il leur est possible, par leurs sermons et autres fonctions propres à leur estât , d'attirer les autres à la connoissance de Dieu , afm de les exciter à le lolier. Et que la prudence htmiaino ne dise pas que cela e>i bon pour los ecclésiastiques, prédicateurs et docteurs, lesquels par leurs labeurs continuels servent
au public, mais que eeui qui simtren*
fermez dans les cloistres ne servent à rien, et qu'ils sont inutiles à rE$i[lise; car ce sont les discours ordinaires des mondains, qui treuvenl tou-^jours à cen-^urer ceux qui ont choisi la vie contemplative. O Dieu! qu'ils sont trompez ! Hé! ne sçavent*iU pas que c'est dans les cloistres et ( s lieux retirez , où Noslre-Seigneur prend ses délices ! et si bien le chant des religieux n*e8t pas si escla tant que celuy des autres, il est neantmoins beaucoup plus mélodieux, et ressemble à celuy de ces petits oysesux qui sont renfermez dans des cages pour recréer leur maistre par leurs gazoii!II^ mens.
Nous voyons d'ordinaire que les rofset les princes tiennent en leurs palais de deux sortes d'oyseaux , dont les uns estant resfermez dans des cages, sont seulement destinez à les recréer par leurs chants, et les autres qui ne chantent pas sont doslinn pour aller à la chasse afm de leur rapporter quelque proye. Or ces oyseaux-cy représentent les evesquos et pasteurs de l'Eglise, qui veillent sur leur troupeau, et qui sont en continuelle action pour gagner des âmes à Dieu. Mais les vravs reli<;feux, à guise do petits oyseatix renfermez dans des cages , ne font autre chose que chanter les Joiianges de Dieu ; mais d'un airii doux et mélodieux , (pie Nostre-Seignevr y prend un très-grand plaisir.
L'on rapf)orle qu'un jour im grand seigneur acheta un petit oyseau une somme d'argent fort notable, ce qui donna subjet I à plusieurs de murmurer, disant que cet oyseau seroit inutile et ne servi roi t à aucune chose. 0 pauvres gens, certes voue vous trompez, cet oyseau ne sera pas inutile à son maistre puisqu'il servira à le recréer et resjouyr par la mélodie do sos chant, et pour cela cet oyseau est trefr content de perdre la liberté, et demeurer dans cette prison toute sa vie afm de don* ner du contentement à son maistre, et de plus, c'est le bon plaisir du seigneur, ne peut-il pas faire de son bien ce qu'il luy plaist ? cessez donc vos murmures, et qu'il vous suffise qu'il le veut ainsi.
L'on en peut dire autant des rcligtoui et religieuses, qui se sont volontairement renfermez dans leurs monastères , comma des petits oy seaux , qui par la nielodia de
POHR LE JOUR DE S. AUGUSTLN.
lant re^Jottysscnlleur maistre, quitmr liberté, qui «omble eslre la vie ne , pour vivre dans leurs cloislrcs ^ dans une prison perpétuelle , se t de toutes sortes de contcntemens , le par leur chant , prières , souspirs tinuelles méditations , ils puissent fT non seulement ceux avec lesquels t, mais encore ceux qui travaillent Eglise, lesquels sont merveilleuseortifiez pour faire leurs fonctions, et erer aux travaux qui accompagnent charges, par les prières et bonnes } qu*ils leur appliquent pour ce sub-
& grand S. Augustin a esté sembla- «s deux sortes d*oyseaux ; car il no as contenté de louer Dieu en la maue font les religieux, ains il a encore de luy gagner plusieurs âmes, presaux uns, et enseignant aux autres iniere dévie tres-parfaicte ; ce qu'il ntevesque, dressant une assemblée tires auxquels il donna une belle releur prescrivit une manière de vie irfaicte, entant sur une mesmc tige ;ion et Testât ecclésiastique ; en telle ue ses prcstros esloient religieux, religieux esloient prostrés. Et non l de C4'la , il assembla encore un grand 9 de filles auxquelles il donna aussi lie règle.
> voyez donc comme ce glorieux disoit très-justement après sa con- I, ces parolles du psalmiste : Diruincu!a mea^ tibi sacrificabo hos* ludis ; Vous avez rompu mes liens, Dieu , je vous offriray un sacrifice mge, et a ppelleray* toutes les creai vous louer en reconnoissance des s miséricordes que vous m'avez . Remarquez, je vous prie, combien r de ce grand sainct estoit plein de de envers Dieu. Certes, il est vray n des plus grands péchez que les s commettent, c'est la mesconnoisles grâces rect uns. Or ce défaut pr osscz souvent d'ignorance , laquelle ? riiommo ne voit pas le devoir qu'il tle souveraine bonté, de laquelle il tant de grâces et de biens. El quand igratitude est dans rentendenient , t Ires-mauvaise et dangereuse ; car oodinaire elle passe en la volonté, et
la vicie en telle sorte que Ton s*oublic tout* à-fait de la reconnoissance qu'on doit à Dieu, ce qui est un tres-grgnd mal,utrun des plus grands empechemcns à la grâce que Ton puisse avoir.
0 Dieu! que c*est un vice tx^doutable que cette ingratitude! S. Augustin n'en I estoit nullement atteint : au contraire , il se sentoit tellement redevable et obligé à ce divin Siiuveur de nos âmes qui Tavoit deslié des liens de ses péchez, qu*il se per doit et consommoit en Tamour qu*il porloit à son souverain bienfaicteur et libérateur; et souvent en ses méditations, celte reconnoissance embrasoit si fort son cœur, qu'il se fondoit d'amour pour ceîuy qui luy avoit failde si grandes miséricordes; que comme il partage la gloire, en ce qui est de la théologie schohistique, avec S. Thomas ; aussi parlage-t-il la gloire en ce qui est do la théologie mystique de Tamour divin avec S.Bernard.
Pay souvent dit qu'il y a deux amours , dont le premier est Pamour aiïectif, el le second l'amour effectif : el faute de connoislre el discerner la différence de ces deux amoursjl en arrive souvenlde grands abus et tromperies aux âmes desvotes.
Quant au premier qui est l'amour affectif, il est pour l'ordinaire désiré de tous; parce que cet amour fait qu'à l'oraison l'on sent son cœur plein de consolations et de suavitez, que le Sainct-Esprit donne quelquesfois à nos âmes pour les attirer, comme on fait des grains sucrez à des petits enfans. 0 cet amour est bon, quand il nous porte à la praclique des vertus , et S. Augustin l'a expérimenté , ainsi qu'il confesse luymesme avec une grande sincérité : Vous m'avez, 6 mon Dieu, dit-il , délié de mes péchez; mais en mesme temps vous m'avez relié avec des liens d*amour et de dileclion. lié! où eslois-je? et où esioit ma liberté, avant que vous l'eussiez lice de ces doux liens qui me tiennent à présent en celte douce servitude? Hélas 1 je pensois estre libre possédant une fausse liberté, et j'estois misérable et captif ; el neanlmoins j'eslois si aveugle t|ue j'aimois ma servitude.
Entre toutes les chos-. s que l'homme chérit le plus, c'est sa liberté, c'est la vie d6 son cœur, el lu plus riche pièce qu'il possède; et comme c'est le plus riche don que nous puissions donner que nosire libertéf
SERMON
aussi est-ce la dernière chose que nous quittons, et qui nous fait le plus de peine à renoncer. El cette liberté que Dieu a donnée à l'homme est une pièce si excellente que le diable n'y ose toucher; il peut bien perses artifices exciter quelque trouble en nos âmes, rodant à l'entour en se servant des sens extérieurs ; mais il ne sçauroit forcer nostre liberté : et Dieu mesme qui nous l'a donnée ne la veut point avoir par force ; ains il veut que nous la luy donnions, par amour, franchement, et de bon gré. 11 n'a jamais forcé personne pour le servir, et ne le fera jamais : il va bien à la vérité piquant nos consciences, excitant nos cœurs par ses divines inspirations, nous sollicitant à nous convertir et donner tout à luy; mais de nous ester nostre liberté il ne le fera jamais quoy qu'il le pust faire, pui:^qu'il est tout-puissant et que nous dépendons de luy comme de nostre souverain Créateur et Maistre.
0 Dieu ! qui eust peu voir ce parfaict abandonnement , et cet entier délaissement, que ce grand saincl fît de soy et de sa propre liberté entre les mains de la divine bonté, en sa conversion. Certes je suis presque ravy quand je lis en ses Confessions ce qu'il en dit; car Ton void qu*il s'estoit tellement oublié de soy- mesme, pour se donner à Dieu,qu*il ne sçavoit plus ce qu'il estoit : et quand on lit ses escrits, l*on ne sçayt lequel on doit le plus admirer, ou la sincérité avec laquelle il parle de ses défauts, ou le style admirable qu'il a pour faire entendre ce qu*il ressentoit en soymesme, après que Dieu eut touché son cœur : car il esloit tellement enflammé d'amour qu'il avoit perdu le goust de toutes choses , et treuvoit en toutes celuy de l'amour de son Sauveur. Je beuvois et mangeois, dit-il, sans sçavoir que je mangeols parce qu'en tout ce que je faisois, je treuvois le goust et la saveur de l'amour de mon Dieu : et tous ces sentimens procedoient de l'amour affectif que le Sainct- Esprit communiquoit à ce grand sainct.
Mais l'amour effectif est beaucoup plus excellent à cause des bonnes œuvres qu'il produit, ainsi que nous voyons au grand S. Paul , lequel passa de l'amour affectif à l'effectif, qui luy fit souffrir pour son divin Maistre tant de travaux et de peines , et endurer tant d'injures et de calonuiies.
Voyez comme il travaille nuict et jour pour le salut des âmes; car cet amour n'est point oysif, il ne se lasse point de partir, il rend les choses les plus difficiles faciles, et fait qu*on se rend infatigable au travail
Or pour mieux voir la différence de ces deux amours , considérez Ste Magdelene, elle e>toi t touchée de l'amour affectif, quand voyant son bon maistre après qu'il futressuscité, elle se jelta à ses pieds, et luy voulant baiser elle s'escria : Rabboni. Mais Nostre-Seigncur la repoussant, luy dit:
Ne me touchez pas, NoH me iangere, ains allez-vous-en à mes frères leur annoncer ma résurrection : à quoy cette saincte obeyssant promplement, elle passa de l'amour affectif à l'effectif. Ainsi S. Augustiù ayant izousté les douceurs de Tamour affectif, il passa aux travaux de Teffectif. Je vous ay de^jà dit comme il assembla des hommes et des filles pour servir Dieu, auxquels il prescrivit une manière de vie trèsparfaicte. Mais , outre cela , combien pensez-vous qu'il souflrit pour rembarrer les hérésies des Manichéens, Donatistes, Pelagiens, et autres? 0 Dicul ce ne fut pas sans un grand travail, et sans souffrir beaucoup de persécutions, d'injures, de calomnies et de peines : en quoy nous voyons que s'il a eu l'amour affectif à l'oraison il ne s'y est pas arresté ; ains a passé à l'amour effectif dans l'action : tout au contraire de ceux qui se contentent de gouster les douceurs de Toraison, et qui aprèscela sont fort lasches à s'employer au service de Dieu, ce qui fait voir qu'ils ne recherchent que leur propre satisfaction.
Ce glorieux sainct parlant de cet amoar effectif, disoit une parolle que nous devrions tous graver dans le fond de nos cœurs :0 Dieu! disoit-il, si on n'aymoit que vous, et que l'un vous aymast en toutes choses, et que l'on aymast toutes choses en vous, que l'on seroit heureux! Mais ô glorieuxsainct, vous voulez que l'on n'ayme que Dieu ; ne faut-il pas aussi aymer ses amis? ouy, mais en Dieu; ne faut-il pas aussi aymer ses ennemis? ouy, mais pour Dieu ; celuy-là est bien-heureux, disoit-il, . qui vous ayme, ô Seigneur, et son amy en vous, et son ennemy pour vous; Beatus qui amat ie^ et amicum in te, et fntmtcwm proptcr te. Il s'en trouve plusieurs qui aymcnt leurs amis, mais ils ne les a|>*