‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 2)Chapitre 98 sur 356 · POUR LE JOUR DE S. AUGUSTIN · texte numérisé non relu

POUR LE JOUR DE S. AUGUSTIN

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18 en Dieu ; car ils commettent de | I injustices pour les favoriser, et lent souvent aux dospens de Thongloire de Dieu. Certes, ce n*est pas ihose d*aymer ses amis, cela estnat les payens en font bien autant :

aymer ses ennemis, c*est un amour i*un vray chrestien ; et si Ton n'a )ur, Ton n'arrivera jamais à la per- , ny mesme au salut éternel.

ux finir avec ces pa relies de S. Au- | qui dit que, pour aller à Dieu et à la perfection, il faut faire deux ï premier est de mourir et renoncer lies choses du monde qui sont hors m; le second est de renoncer à soy- , qui est le plus difficile. On en plusieurs, lesquels venant en la rerenoncent à toutes les commodilez, tamis : mais Ton en trouve fort peu oncent absolument à eux-mesmes B parfaicte et entière abne^^ation.

irs disent bien qu'ils ayment les tra- *i mesme qu'ils les désirent ; mais il peu qui les souffrent avec la perfeo- |uise. Or ce grand sainct estant parient mort et aneanty à soy-mesme, ibrasé d'amour pour Dieu, et espris linct désir de le voir, il se plaint à ces termes : 0 Seigneur, luy dit-il que je meure, afin que je ne meure itet=-moy vivre, faites-moy mourir; 'imjwrte pourveu que vous ne me : point vostre face. Noli abacon-^ m^ ficiem tuam, ne moriar, mo- 'ecmvideam. El sçachanl qu'il est ibie qu'un homme, pendant qu'il est e vie mortelle, puisse voir Dieu, il nande de mourir, afin de ne pas ; comme s'il disoit: L'amour que ,'avez donné pour vous, ô mon Dieu, ;rand, que vivre sans vous ce m'est

une mort; c'est pourquoy faites que Je meure, afin que je ne meure pas ; car irons voir, c'est ma vie.

Or, de ce grand amour que ce sainct portoità Dieu, procedoit celuy qu'il avoit pour le prochain , ce que nous voyons par la charité qu'il exerçoit envers les pauvres, qui fut si grande qu'il donna tout ce qu'il avoit, et ne se ros^erva aucune chose; de sorte qu'estant proche de sa mort, comme ceux qui estoiont auprès de luy le sollicitoient de faire son testament : Hé! je vous prie, leur dit-il, ne me pressez pas de cela : mais comme on l'en importunoit fort, il ne se trouva rien de quoy le faire. 0 Dieu, disoit ce grand sainct, est-il possible que l'on sçache que vous estes Dieu , et que l'on ne vous ayme pas? et si l'on vous ayme, que Ton n'ayme pas le prochain?

Cert(>s, c'est une chose pitoyable, que nous sçachions que Dieu soit Dieu, et que nous ne l'aymions pas : comment est-il possible que l'homme raisonnable sçachè qu'il y a un Dieu, qu'il le croye et qu'il ne l'ayme pas de tout son cœur? C'est de quoyNostre- Seigneur se plaint, disant : Si quii diligit me, sermonem meum servabit ; Si quelqu'un m'ayme, il gardera ma parolle ; si quelqu'un m'âyme, dit-il, pour nous monstrerque le nombre de ceux qui l'ayment comme il faut est bien petit.

Aymons donc Dieu de tout nostre cœur, mes chères sœurs , mais aymons aussi nosivjd orochain; car ces deux amours ne vont point l'un sans l'autre. En somme, pour conclure ce discours, je vous exhorte de vous rendre bien fidelles à imiter ce grand sainct, et je prie celuy qui l'a beny qu'il vous bénisse, que celuy qui Ta sanctifié vous sanctifie, et que celuy qui l'a glorifié vous glorifie là-haut au ciel, par tous les siècles des siècles, jimen.

SBRIMNI

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SERMON

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