riAVÇOia DB BALBS, A M. DB8HAVE
(Tirée da monastère de la Vlsiutloo de la fille da
Boaen).
Le Saint est demandé par M. de Perrochel , caré deSaint-OerTais, pour prèelier le carême suh Tant en sa paroisse; il marque qu'il n'y a point d'apparence qu'il le puisse, i cause des diCTé^ rends desprinccs; il en témoigne cependant une grande envie. Étoignement de M. de Charmoisy pour l'esprit de la cour, dont il le retire avee madame son épouse, et où il aYoitdesanueraiik S. François promet d'aller à la Saint-Baume, il M. Deshayesy Ta. Seconde édiUon de son introémetion à la 9iê décote, U fait présent à deoi damai d'un exemplaire.
Vers la aols de déeaabra IMe.
Monsieur, puisque je sais que voua croyez la vérité que je vous ai si souvent juré d'être très-absolument et invariable* ment vôtre par inclination , par élection et par un extrême amour, je ne vous ferai point d'excuse du long temps que j'ai mis à vous écrire ; car je suis assuré que vous ne l'interpréterez nullement en mauvaise part. Laissant donc en arrière toute sorte de préface , je vous remercie humblement du soin que vous avez d'acheminer le dessein de me faire jouir encore une bonne fois de votre présence en votre Paris. Je dis de votre présence, qui m'est désirable sans fin , et en votre Paris, où elle me seroit concédée plus à souhait qu'ailleurs. Mais , monsieur , dites-moi la vérité , je vous supplie ; ces obédiences et mortifications de n'oser pas être libre, quand on n'est pas serf, ne sont-elles pas comparables à celles de ceux qui ne sont pas libres , parce qu'ils sont serfs? Il faut néanmoins s^ accommoder, et tout doucement, qui est l'importance.
Que j'étois aise en cette petite ombre
d'espérance que j'avois conçue do me trou»
ver à Paris auprès de vous , comme je fhisois
. aouvent par l'imaglnatton . avec laquelle la
LETTEtf
graco , et en somme à luI-mAme en tant qu'il étoitle nouvel hommo.
Or sus demeurez donc en paix. Quand il nous arrive de violer les lois do Tindifférence es choses indifférentes , ou pour les soudaines saillies de l'amour-propre et de nos passions, prosternons soudaine^ meut , sitôt que nous pouvons , notre cœur devant Dieu , et disons en esprit de confiance et d'humilité : Seigneur , mitéri-' eordê , car je suis infirmé (4). Relevonsnous en paix et tranquillité , et renouons le filet de notre indifférence , puis continuons notre ouvrage. Il ne faut pas ni rompre les cordes ni quitter le luth quand 00 s'aperçoit du désaccord : il faut prêter Toreille pour voir d*où vient le détraquement, et doucement tendre la corde, ou la relAcbar selon que Tart le requiert.
Demeurez en paix , nta très^chère Glie , et écrivez-moi confulemment quand vous estimerez que ce soit votre consolation. Je ffépoodrai toi^ours fidèlement et avec un plaisir particulier, votre ame m'étant ehère comme la mienne propre.
Nous avons eu ces huit jours passés no-* tre bon monseigneur de Belley, qui m'a liavoriâé de sa visite , et nous a fait des ser^ mons tout à fait exoellens. Or pensez si nous avons souvent parlé de vous et de votre maison. Mais que do joie quand M. Jantet me disoitque mon trôs-cher petit GUeul étoil si gentil , si doux , si beau , et quasi déjà si dévot ! Je vous assure en vérité , ma très-chère fille , que je ressens cela avec un amour nonparcil \ et me ressouviens de la graco et douce petite mine avec laquelle il reçut, comme avec un respect enfantin , la filiation de notre Seigneur en mes mains. Si je suis exaucé , il sera saint, cocher petit François : il sera la consolation de ses père et mère, et aura tantde faveurs sacrées auprès de Dieu , qu'il lu'ob* tiendra le pardon de mes péchés , si je vis jusqu'à ce qu'il me puisse aimer actuellement. Enfin, ma très-chère fille, je suis très-parfaitement, et sans condition ni exception Quelconque» votre, etc.
Quand vous craindriez la perle de vos lettres en chemin, bien que presque jamais il ne s'en perd , vous pouvez bien ne point vous signer, car je connottrai bien toujuur» voire m:iin.
(i) MlMrcre ni«l . Boatot, qiMliBi Uflraras ium. Nai- ti • V. t.
Oserai-je bien vous supplier de préaentai mes très-humbles affections et mon servies à nuaulame la marquise de Meneloy? EUe est assez humble pour le trouver bon , et le petit François assez sage pour le lui pe^ suader , et madame de Chonoyse.
Encore faut-il que je salue madann» du La Haye.
LETTRE CLXXXl,
s. FRANÇOIS OE SALES, AU PRÉSIDENT VAVBB. ( Tirée éê U imUod rojil* dtt duMi 4» l^yr)
Leurs relative A diCTérenlaf aflaire» parUciH
lières.
f déMpi^tSlt,
Monsieur mon frère , avec mille actions de grâces des deux dernières lettres que vous avez pris l'incommodité de m*écrire parmi ce grand tracas qui vous accable, je vous supplie de ne jamais faire aucune sorte d'effort pour me donner ce contentement ; car encore que je confesse qu'il soit grand , si est-ce que celui de votre conservation et repos m'est incomparablement plus grand. Je me réjouis de la bonne volonté du sieur chevalier Buccio; je doute pourtant que son altesse n'apporte quelque excuse à la nomination , à cause de la prétention (-1) que messieurs de Saint- Lazare (2) ont employé le nom do la Sainte Maison (3) pour accroître la leur de ce bénéfice. Mais les essais ne peuvent point nuire , et peuvent réussir. 0 Dieu l j'ai la cœur a demi-gâté des alarmes qu'on me donne d'une rude guerre pour M. le princCi bien que j'espère on cette souveraine Pro* vidence qu'elle réduira le tout à notre profit.
Les bons pères feuillants écrivent aux leurs do Turin pour l'affaire de Talloyres , et moi encore avec eux. Jo vous supplie do recommander à Dupont do les remettre au premier qui passera en Piémont. Ces pères sont revenus très*i)leins do refci)ect et d'àmour cordial pour vous et toute votre niui» son. La liile (4) se i)ortc bien, et c^t toujours l)onno fille , jo veux dire toujours meilleure. Maduniudu Fond , mu tante , et comme je crois, votre hûlQs^o do Thouou,
(1) C>»l-à-dlre, parce qu'il prétend qao mes»lears d% StlouLaure onlemplo)*. etc.
(tj U» cbevtlierf ila SalnirUMro- (8) CMt la Sainte Malaon de Thooon dont II a'tfll. lUaéftfatN^
m» prie, par une lettre , que Je vous recommande PafliBtîre qu'elle a au sénat ; Je ne sais quelle elle est; mais elle, elle est certes digne de faveur pour mille raisons , entre lesquelles celle-ci me presse , qu'elle a été notre Rahab (4) en Giablais; hormis. que toute sa vie elle a été de bonne réputation , la comparaison en est bonne. Je prie notre Seigneur qu'il vous renforce de plus en plus pour porter le faix qu*il a imposé sur vos épaules , et que ce soit par après très-longuement, car ce sera trèsheureusement ensemble. Je suis, monsieur mon frère, votre très-humble frère et aerviteur.