FRANÇOIS DE SALES , A UN AMI
(Commnnlqoée par madame la comtesse de Beaamanoir.)
11 lui parle d'un Jeune homme qui désiroit employer la prolecUon de celle personne pour obtenir une place de précepteur, el le prie de fen dissuader.
16 arrU 1611.
Monsieur, outre que je ne saurois pouvoir me ramentuer en votre bienveillance, et ne le fasse pas, je suis bien aise de vous donner avis comme, sur ce que M. de CharmeUier, mon cousin, m*avoit dit tou^ chant votre désir de me voir le carême prochain à Paris i j'ai écrit à son altesse , en sorte que j'espère en peu de jours avoir une réponse absolue , laquelle , si elle est selon cotre gré, je pourrois justement
crolK que nieta ratiM vMIii d'une VolMté ■péciale, puisque la concurrencfl dos afhiresdu monde me sera peu Tatoreble, eommejo pense. Hais penses, Monsieur, que) contenlpinent pour mol de pouvoir encore une bonne Toiâ jouir de la douceur de votre pri^M'hce.
Au demeurant , j'ai avec moi un jeune homme d'église, neveu de M. le révi^rendissimemon prédécesseur, qui s'est Imaginé qn'i^l'avcnluroîlpourroit entrer pardelà au service de quelque jeune seigneur, pour leur instruclioD , et |iar ce moyen étudier auMÎ) ot m'a tant pressé, sachant en quelle conliunce je suis avec vous , quo j'ai été contraint de lui promettre de vous supplier de me donner quelque avcrlissctneot si cela pourroit élre.
, Mais j'ajoute poiirlant qu'encore que ce jeune homme soit do fort bonne maison (mais maison déchue}, etqu'il ait l'rsprii foi't gentil et bien étudié , si est-ce que c'e:it plus son jugement qui le porte à ce désir que non pas mon avis , qui cet que son courage n'est pas pour entrer en ladite BVJélion que telle condition requiert : mais l0!« jeunes gens dévorent toutes les difficultés de loin , et fuient à toutes les difficultés de près.
Or, Monsieur, il mo surTira, s'il vous plaît , de m'écrira un mot qui le puisse aucunement désabuser: car il est forcé do truiler avec lui , afin que sans ce tourment de vous prier il attende que Dieu lui pour-' voie des moyens de nager a ses dépens; ce qui sera bientôt , puisque j'en vois déjà la semence paroltre sur le cîiamp, qu'il serait prttArecuoillirdèemainlenant, si la jeunesse lui eût permis d'être aussi arrêté ci-devant comme il est résolu de l'être dorénavant.
Monsieur, je m'intéresse avec vous , et use librement<le ce petit artiOce en faveur de ce jcltnc homme , que je dois affectionner pour l'espérance qu'il donne de devoir K'ussir, et surtout à la mémoire que je dois À M. son oncle. Vous inlerprétorei le tout en bonne part , comme d'un cxur qui prend toute confiance au vôtre.
Mous «ommcs ici sans nouvelles, mais non p8S tana menaces de foire beaucoup de maux ù non K|(1ises { mais ta protection do laquelle lia font profession do tirer leur brce , ne kv sera ^ cojamc i'wfbn , ja-
mais donnée fiOiU- tM ttfeénUf
Dieu nous veuille donner la pai monde ne peut donner, et voua C Monsieur , longuement et beureu selon le ionheit de votre, etc.
LETTRE CXCm.
s. PRAHÇOIB DE SALES , A V. DE U CONSEILLER d'état AU SOUvaU DE SAVOIE , A CHAUBÉRI.
l'ilTalr* de dshi I ititrtl
Uonsieurmonfréro, il n'est m que l'on vous recommande tesœui que vous embrassez , grâce à Dii tant de charité : mais puisque U.
passant ici, a désiré que je vous si de le favoriser et sa jurlic d'un se culier [niiir leur aCcummodement , rai volontiers, comme |>arenl do 1 ami do toutes deux. Jo vou» en donc Irès-humblemcnt, bien aisée petit sujet de vous rafnilcliir de mon service, qui suis, monsi frère, votro, etc.
Notre M. le prieur do Sauvax trêa-bien , et sert Dieu et le procl técliisant es liépitaux , non sans ti consolation, et non sans une sain tionce do no voir encore point s accomplis d'idées pour lesquelh moins il ne se départira de voire d