LETTRE CCX
lilne Proviaence, à
LETTRE CdX.
DhrirraToleDnnMiinKTli conion«nl li Ti« du père Pierre PsTre, prBmier coniptKnoD ât Mint ICuceetnurqDebeiaMDpdcvéïieralioupource
Uea révérend père, il est bien temps que jevous rende le livre de la sainte vie de TOtre bienheureux Pierre Favre (3). J'ai ità si consciencieux que je n'ai pas osé le bire transcrire, parce que, quand vous me l'envoyâtes, tous m'en parlâtes comme do choses qui éloient réservées pour encore TOlre compagnie.
J'eusse pourtant bien désiré d'avoir une copie d'ifte histoire de si grande piété, et d'un saint auquel, pour tant de raison, je Buis et je dois être affectionné ; car c'est la Térité que je n'ai pas la mémoire forme pour les particularités quo jelis ains seulement en commun ; mais je veux croire qu'enfin la compagnie se résoudra de ne pas faire moins d'honneur à ce premier ccnnpagnoa de son fondateur qu'elle en a fait aux autres. Que si bien sa vie, pour ■voir été courte, et en un temps auquel on neremarquott si exactement toutes choses, nepeut pas tant fournir de matière à l'histoireconmie cellede quelques autres; néanmoins ce qu'elle donnera ne sera que miel el sucre de dévotion.
Le bon H. Faber , notre médecin de cett« Tille, a depuis peu trouvé au reposoir une lettre de ce bienheureux Père, écrite de sa main, que j'aiété consolé de voir et baiser.
(1) Eco i* «Ma iniHIDte bh uurlMlmi. Cour <rÙ
Il ne m'arrivcra jamais , ma très-chère sœur , ma Glle , d'oublier votre cœur , que le mien aimera perpétuellement en notre Seigneur. Je vois par votre lettre, que vous ne vous appuyer pas asseï en la sainte providence aivine. Ma chère fille, si elle reti roi l votre bonne sŒur, ce que nous devons espérer n'arriver pas si tét, vous ne laisseriez pas pour cela d'être sous la protection de tres-bon père éternel , qui vous couvriroitdc ses ailes. Nous serions misérables , ma fille , si nous n'établissions notre appui en Dieu que par l'entremise des créatures que nous alîectionnons : mais avec r«Ia, ma ch6re sœur, il ne b» faut pas former des craintes inutiles. Il suffira bien de recevoir les maux qui de temps en temps nous arrivent, sans les prévenir par l'imagination.
Pour la charge que vous avez , c'est une tentation de n'y avoir pas l'amour requis pour le temps auquel vous y serez : au contraire , je voudrois , et Djeu voudroit que vous l'exerçassiez gaiement et amoureusement; et par ce moyen il auroit soin du désir que vous avez d'être déchargée, et le feroit réussir en son temps : car n» tez, une fois pour toutes, qu'il ne faut ja^ mais s'ahcurtcr avec une de nos volontés ; ains quand il nous arrive quelque chose contre notre gré, il le faut accepter de bon cœur, quoique de bon cœur on dési> « rât que cela ne fût point : et quand notre Seigneur voit que nous sommes ainsi sou* pies, il condescend à nos int<.'nUon8. J'^ crirai à votre sœur qu'elle vous fasse faire les services comme les autres , car cel* est bon.
ttn
tETTKÊS
Quand les pensées nous arrivent du mal d'autrni , et que nous ne les rejetons pas promptcmcnt , ains nous y amu&ons quelque peu , pourvu que nous ne fassions pas un jugement entier, disant en nous-mêmes : Il est vraiment ainsi , ce n*est pas péché mortel, quand bien nous dirions absolument : Il est ainsi , pourvu que ce ne fût pas en chose d'importance. Car quand ce de quoi nous jugeons notre prochain n*est pad chose griève , ou que noua ne jugeons pas absolument , co n>st que péché véniel; et de même pour avoir omis quelque verset de roflicc ou quelque cérémonie, il n*y a que péché véniel.
Et quand la mémoire de lello faute nous arrive après la confession , il n*est pas requis de retourner vers le confesseur , pour aller à la communion , ains est bon do nV pas retourner, mais le réserver à dire pour l'autre confession suivante , afîn de le dire si on s*en souvient.
Tandis que votre sœur n'a pas voulu recevoir votre pension , il n'y a nulle faute pour vous, mais ce sera chose bonne qu'elle la manie. Ma très-chère sœur , il ne faut point perdre courage, encore que vous ne pratiquiez pas si fidèlement les résolutions que vous faites : vous devez fortifier votre cœur , pour en venir à l'exécution. Continuez donc, très-chère sœur , ma fille, et ne cessez point d'invoquer Dieu et d'espérer en lui , et il vous fera abonder en ses bénédictions ; ainsi l'en supplié-je , par le mérite de sa passion et les intercessions de sa mère et de sainte Françoise. Notre doux Sauveur soit donc avec vous, ma chère sœur, ma fille; et je suis tout ealui, votre, eixi.
La bonne mère de Chantai , qui est malade sans danger , comme j'espère, vous salue de tout son cœur. Je la recommande à vos prières, et moi aussi, ma chère sœur ma fille. Adieu.
LETTRE CCXT.