LETT1IB
difficile f et le pairage de l'évéque de Tune ft Tautre, sujet à de grands soupçons des deux côtés, n*étant plus regardé alors eomme pasteur commun des deux peuples, mais plutôtcomme partial et intéressé pour celui de sa résidence , dont il est chef et prince temporel (4).
Ces considérations sdnt de telle importance ) c|u*il semble que nul effort légitime ne doit être épargné. pour rétablissement d'un é\ éché en la ville de Chambéri , non- •eulement de la part de son altesse sérénissime , mais aussi de la part du saint siège apostolique, auquel il appartient de pourvoir aux villes principales et aux provinces qui en dépendent , des moyens convenables pour la conservation de la dévotion, et pour la bienséance de rcxercicc de la sainte religion catholique, en constituant des évéques où il en est besoin.
Et même il est à croire que le révérendissime évèque de Grenoble doit désirer et désire en en effet être déchargé de cette partie de son diocèse , afin de pouvoir vaquer avec plus de facilité , d*exactitude et de fruit, au reste de sa charge , qui sera encore bien grande , pour ne pas dire très grande*
LETTRE œxvm.
s. FRAKÇOIS DB SALES, À SA SAINTETÉ LE PAPE PAUL V.
ADfceor, !• 7 nâra 1911
Beattim Amedciini, Sibéudtib ducem terUafti, in tanetorum Domeroai rarerendum dotot.
Beatissimc t'atei* ,
Semper quidem operœ pretium fuît hominesqui pcculiari aoillustriori vito) sanctimoniû Deum coluerunt, in sanctorum numerum publicâ Ecclcsias aucioritato, solemnique ri tu rcferri : sic enim Dous in sanctis suis vberiùs laudatur , sanctorum gloriam libentiùs enarrant populi , et Inudem eorum splendldiùsannuntiatEcclesia.
Cùmque majore fiducia sanctorum mérita recoiimus, majore quoquo fruclu eorum interccssionibus adjuvamur, ac donique eorum exempla vehementiùs nos provocant, de quorum sanctitate mentes nostrœ nullatenùs dubitant.
^1) Lef éte4)ti««d«(}reBobIéprélK>i»lil M titre tfcpH(i«ts i« Greiiohif, à ctuM dt pla«icurp doualtuns (|im les s«ifoetor» da paye lear ont fâltci «d dheri temiis; e( 119 pré- MdtfMM ëtt 4IM d» li #ro«lMfc
At ver6 , beetisaimepster I iMeqioda pef et ubiquo dignam et justum esl, hi nostris temporibus » non equidem laliil tantùm , s^ ferô necessarium vider!
bet; cùm scilicet abundavit IniquitaSi frigescit charités tnultorum, Imô pra modùm omnium : undè quotiiam def sanctus à terra , ex iis qui redempti i de terra , rovccandi ^>unt in memorian in médium Ecclesiœ reduœndî illi qui I tenus majore sanciitatis splendore clar runt; ut sint , quemadmodùm eorum n nemo dixit, in spéculum et exemplum, quoddam veluti condimentum vit» ho num super terram , sicque apod nos etî post mortem vivant , et multos ex iis viventes mortui sunt ad veram provoc etrovocentvitam.
Cùm igitur scirem, beatissime pal permultos ex istis omnium ordinum vin à bealitudine vesirà expetisse ut beat Amedœum , Sabaudise ducem tertiu sanctorum catalogo adscribere dignareti noiui sanè neque debui committefe q humilliniis precibus id ipsum ab apostol beatitudinisvestrseprovidentiâpostularf
Quod dùm facio , idem omnia mec agero videntur.
Postulat id , non precibus , sed jure, ] omnipotentis majestas , quse in hoc ho principe clariiis miraculis apparebit.
Postulat Jérusalem illa cœlestis,ma nostra, qiioD stn :n civem à nobis deb honoribus celebniri laetabitur.
Postulat h(£c noittra Jérusalem inferii cui beatitudo vestra prapest , qua? tanti nomen srnpium in cœlis , gaudobit sa tifîcari in terris.
Postulat rerum prœclarô à sanctît vcstrâ i;estarum séries, ut quia nupei prinripibus ecclcsiasticis divum Carul sanci is nnnumeravit , hune quoque ex i culnnbus adjungat, ut utriusque so:
hommefï habcant quod imitcntur.
Postulat sercnissimorum Sabaudîao ( cuin familia , quse non soliim fulei const tià , sed prœclaris cliam fortiludinis 0[x buf>, magnum olim et deinceps Eccie ottulit et airiTot solatium
Postulat liaîc univorsa Snbaudonim p >inci«, maxime vorô ha^c dicrresis Geb nen^is, quœ tanti principis nobilitata na libus, m:Tgnum in ejus precibus sp mérita coUocabité
DB 8. VRMÇOHM PB SAIBS.
90Êfyàmd denûm ipaivs beati Âmedœi dwriU et iniracula,t^s pondère et numéro maxima sunt et illu3trissima
Age ergO| beâtissime pater, et hanc quoqae lucernam igné divine accensam ne diutiùfl sub modio relinquas; sed pone eam super candelabrum , ut luceat omnibus qui in domo sunt : nomen ejus sanctifica , qui nomen Dei tantû charitate sanctificavit, ac miraculorum muUitudine oollustravit : annuntia loti Ecclcsia3 qusB est in terris, quia Dominus miriiicavit sanctum suum in cœlis , ut exaudiat nos cùm clamaverimus ad cum.
Haec sunt vota ejus qui beatitudinem vestram diù ac féliciter christianis omnibus praecsse ac prodesse omnibus animi virîbos etoptat.
U lii représente qu'il eat de la jasUce de canooiter le bienheureux Amédée IJl, duc de
très-saint l^ère,
D a toujours été à propos que ceux qui ent servi Dieu plus fidèlement i et dont la sainteté a éclaté davantage pendant leur vie , fussent mis aprèd leur mort au nombre des saints, et honorés d*un culte solennel par Tautorité publique de TËglise. Par ce moyen Dieu est plus glorifié dans les saints , les peuples racontent plus librement leurs glorieuses actions , et rÉglise publie plus magnifiquement leurs louanges; nous ressentons aussi les elTets de leur in- Icmtsion, à proportion de la confiance avec laquelle nous les honorons; enfm , les •leniples de ceux sur la sainteté desquels il ne peut venir aucun doute , nous excitent plus puissamment et plus efficacement àlaverta^
Or^ très-saint père , ce qui a été juste et kRHble dans tous les temps et dans tous In lieux, semble, au temps où nous somlies, noiHKulement utile, mais nécessaire, farce que Tiniquité ayant été grande, la charité de plusieurs , et même de la plupart des chrétiens , s*est refroidie. Puis donc 4u*il n'y a plus de saints sur la terre, il faut, farmï ceux qui en ont été rachetés , rappeler à notre mémoire , et faire revenir ici tas, pour ainsi dire , quelques-uns de ceux qui s*y sont distingués jusqu'à présent par une plus grande sainteté; afm qu'ils soient, eomme l^n d'entre eux s'est exprimé , le
miroir, l'exemple , et comme l'assaisonnement de la vie des hommes sur la terre ; eu sorte qu'ils vivent au milieu de nous après leur mort , et qu'ils ressuscitent à la vraie vie beaucoup de chrétiens qui sont morts t quoique vivants.
Sachant donc , très-saint père , qu'uli nombre considérable de personnes de différents états ont demandé avec instance i votre sainteté , qu'il lui plût écrire au catalogue des saints le bienheureux Amédée Ul, duc de Savoie , je n'ai ni voulu ni dû rnaftqucr de lui faire la même supplication.
U me semble que tout m'invite à le faire, et le fait avec moi.
La majesté de Dieu tout-puissant , qtii doit éclater plus évidemment par les miracles do ce bienheureux ptince , le demande, non par des prières , mais par un droit qui ne peut lui être contesté.
La Jérusalem céleste , notre mère , le désire aussi , à cause de la part qu'elle prend à la gloire de son citoyen et de la joie qu'elle aura des honneurs que nous lui rendrons.
Notre Jérusalem inférieure , à laquelle vous présidez , très-saint père , en fait de même , et sera charmée de glorifler sur la terre le nom d'un tel fils , déjà écrit dans le ciel.
La suite des belles actions que Votre sainteté a faites jusqu'à présent exige qu'ayaût canonisé depuis peu un prince de l'Église , qui est S. Charles Borromée , elle tienne la môme conduite à l'égard d'un prini^e du siècle, afin que les personnes do l'uno et de l'autre condition aient tm modèle à imiter.
Vous en êtes encore sollicité , très-saint père , par la famille des sérénissimes du6s de Savoie, laquelle , par sa constance daAs la foi et par ses glorieux exploits , a autrefois , et dans toute la suite des temps , apporté et apportera encore de grands avantages à l'Eglise.
Ajoutez à tout cela toute la Savoie et ses dépendances, mais principalement le dfoccsc de Genève , qui , ennobli par la nalssimce d'un si grand prince, prétend disputer à tout l'univers de la confiance qui est due à son intercession , et avec justice. *
En un mot , rien n'est plus pressant que les mérites et les miracles du bienheureux Amédée, qui sont très-considérables, tant
LETTRES
par leur qualité que par leur grand nombre .
Laissez-vous donc gagner, très-saint père ; ne souffrez pas que cette lampe embrasée d'un feu tout divin demeure plus long-temps cachée sous le boisseau ; mais placez-là sur le chandelier, afin qu'elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison de ^É.^Iise ; exaltez le nom de celui qui a sanctifié le nom de Dieu par le zèle si actif de sa charité , et qui a étendu la gloire par une multitude de miracles; annoncez à toute l'assemblée des fidèles qui sont sur la terre, que le Seigneur a glorifié son saint dans le ciel , pour nous exaucer lorsque nous réclamerons son assistance.
Ce sont là les vœux de celui qui désire de tout son cœur que votre sainteté préside long-temps et heureusement à TÉ^liso chrétienne, pour le bien de tous ses enfans. Je suis avec le plus profond respect, trèssaint père , de votre sainteté , etc.
LETTRE CCXrX.
g. FRANÇOIS DE SALES, A UNE RELIGIEUSE.
Il lai recommaDde de ne point toarmenler son * cour, mai» de le traiter doucement, Tencourager, et Teiller lur lai.
10 mars 161t.
Nous parlons ici de vous si souvent, et avec tant de plaisir, ma chère fille, que vous ne devez pas avoir soin de nous en rafraîchir la mémoire. Mais ce n'est pas cola que je vous veux dire ; car j'ai d'autres choses à vous demander. Dites-moi donc vous-même , ma chère fille ; le pauvre cœur bicn-aimé , comme se porte-t-il ? est-il toujours vaillant et vigilant pour 8*cmpècher des surprises de la tristesse ? Je vous le recommande au nom de notre Seigneur, ne le tourmentez point ; je dis même , quand bien il auroit fait quelque petit détour : mais reprenez-le doucement , et le ramenez en son chemin ; car il est bon , certes, ce chélif petit cœur de ma grande fille ; et pourvu qu'elle le traite bien , qu'elle demeure un peu soigneusement en attention sur lui , que souvent elle le rencourage par de ))etites oraisons jaculatoires, par de petites conférences de ses bons souhaits avec notre niOre et avec moi, par de petites bonnes cogitations faites sur ce sujet en diverses occasions , vous verrez , ma chère îille, que ce cœur deviendra un vrai ocBur
selon le cœur de Dieu . Seigneiu pour cela que deux fois le jour prière particulière. Vivez joyei chère fille , Dieu vous aime , et prace que vous l'aimerez : c'e rain bonheur de l'ame pour cet réternelle. Ma très-chère fille comparablement tout vôtre.