LETTRE CCXXXII
s. FRANÇOIS DE SALES, A M. DESUATES.
(Tlrie dn premier monastère de U VisIUUoo do la viDe
de Roaen.)
U le prie d'appuyer une reqiiélo qu'il lui envoie pour les alTaires de son chapitre; il lui parle d'un phénomène qui avoil paru sur la ville de Genève.
91 tout 161t.
Monsieur, il faut que l'assurirnce que j*ai de votre bienveillance soit infiniment assurée, puisqu*à tout propos, et avec tant de liberté, je prends la confiance de vous supplier pour les affaires ecclésiastiques que maintenant il me faut avoir do delà ; car certes, do mon humeur, j*aime la modestie. Or voilà une requête pour obtenir une révision en faveur du chapitre de mon église ? C'est une affaire , comme je pense, ordinaire, et que je ne vous voudrois pas donner la peine de faire; mais votre amitié en mon endroit est si universelle, que volontiers elle me favorise en toutes occurrences grandes et petites. Aussi puisje jurer que mon affection pour vous est si absolue, générale et invariable , que vous n'en aurez jamais de plus entière de personne du monde.
Je vous écris sans loisir, à cause du soudain départ do ceux qui portent ce paquet à Lyon ; aussi n'ai-je rien de nouveau dès la dernière lettre que je vous écrivis, sinon que nous avons vu en cette ville plusieurs colonnes enflammées sur Genève, et la veille de rAssomption , entre midi et une heure, en un jour très-clair, une ^^^yMMMfmQ|i|||I^^I^UM|g^ brillante
2St
LETTRES
mémo : Je vondroisbienjedésireroisbien sortir (rentre les mocdaiDS , c*est la vraie volonté de Dieu.
En quoi vous avez tort (et pardonnez à ma naïve liberté de langage) , vous avez tort , dis-je , d'appeler les empêchemens qui vous sont donnés à Texécution de cette inspiration , volonté de Dieu , et le pouvoir de ceux qui vous empêchent, pouvoir de Dieu.
Le troisième point de mon avis est que vous n*ôtes nullement en diflerence devant Dieu , puisque le désir de la retraite , qu'il vous a donné, est toujours dedans votre cœur, quoiqu'il soit empoché de faire son effet ; car la balance de votre esprit tend do ce côté-là , bien qu*on donne du doigt de Tautre côté pour empêcher le juste poids.
Le quatrième , c'est que si votre premier désir a été excessif en quelque chose , il le faut corriger, et non point le rompre. L'on m'a fait entendre que vous aviez ofifert la moitié de vos biens , ou bien le payement de cette maison , qui est maintenant dédiée à Dieu. Peutrètre fut<:e trop , eu égard que vo;iâ aviez une sœur chargée de grosse famille, à laquelle, selon l'ordre de charité , voii4 eussiez plutôt dd appliquer vos biens. Or sus , il faut corriger cet excès , et venir en cette maison avec une portion de votre revenu , autant qu'il est requis pour vivre sobrement, et laissant tout le reste à qui vous voudrez, et môme réservant la portion susdite , après votre mort, pour ceux à qui vous voudrez faire du bien. En cette sorte , vous corrigerez l'excès et conserverez votre dessein ; et il n'y aura rien en cela qui n'aille gaiement , doucement et saintement.
EnGn , prenez courage à faire une bonne résolution absolue; et, bien que ce ne soit pas péché de demeurer ainsi en ces foiblesses , si est-ce que sans doute on perd beaucoup de commodité de bien avancer, et recueillir des consolations grandement désirables.
Je vous ai voulu familièrement éclaircir de mon opinion, estimant que vous me ferez le bien de ne le point trouver mauvais. Dieu vous donne les saintes bénédictions que je vous souhaite, et la douce correspondance qu'il désire de votre cœur : et je guis en lui avec toute sincérité , mademciselie^volreyCtc
LETTRE CCXXX.
s. FRANÇOIS DE SALES , A CNE DAMB VABIÉI.
Avania{;es d'un saint mariage; on doit, paru moUf de reconnoissance envers Diee, y vint dans la praUque de la Terta , et coniioMré pratiquer les bonnes résoluUons qu'oQ «veft prises auparavant.
U veilU de Nolre-Dama, à Lyoa, IML
Madame , Tespérance que j'ai toujoun eue dès une année en çà , d'aller en France, m'a retenu de vous ramentevoir mon inviolable affection à votre service par lettre, puisque je croyois que quelque heureuse rencontre me donneroit le moyen de vous rendre ce devoir en présence; mais maintenant que je n'espère presque plus ce biea, et que ce digne porteur me donne une commodité si assurée , je me réjouis de tout mon cœur avec vous, ma très-chère fille ; car ce mot est plus cordial.
Je me réjouis et loue notre Seigneur de votre si estimable et aimable mariage , qui vous servira de fondement pour bâtir et élever en vous une douce et agréable vie en ce monde , et pour heureusement passer cette mortalité en la très-sainte crainte de Dieu , en laquelle , par sa grâce , vous avez été nourrie dès votre berceau ; car tout le monde me dit que monsieur votre mari est un des plus sages et accomplis cavaliers de France , et que votre liaison est non-seulement nouée à la sainte amitié qui la doit serrer de plus en plus , mais aussi déjà bénie de la fertilité par laquelle vous êtes à la veille de vos couches , ainsi que N. m'assure.
Il faut donc correspondre à toutes les faveurs du ciel, ma très-chère fille; car elles vous sont sans doute données afin que vous les fassiez profiler à la gloire de celui qui vous gratifie , et à votre salut. Je ne puis que je ne croie, ma très-chère fille , que vous n'employiez votre courage à cela, et que vous ne le fassiez comme sachant que le bonheur de votre maison et de votre pcrsoime dépend de cela en cette vie passagère, et l'assurance de Timmor telle après celle-ci.
Or sus , en ce nouvel état de mariage auquel vous êtes, renouvelez souvent les résolutions que nous avons si souvent laites de vivre saintement et verlueusemcnt , de quelle condition que Dieu nous fit être.
Et 81 7009 raws agréable, continuez à me favoriser de votre bienveillance filiale, comme je vous assure, ma très-chère fille, que d'un cœur tout rempli d'affection paternelle, je ne célèbre jamais la très-sainte messe que très-particulièrement je ne vous recommande à Dieu avec monsieur votre mari, auquel je suis et serai toujours, ainsi que je suis pour vous, madame, votre très- Inunble, etc
LETTRE COCXXI.