‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 145 sur 450 · FBAlfÇOIS DE SALES, A UNE DAMB · texte numérisé non relu

FBAlfÇOIS DE SALES, A UNE DAMB

DtUiésigDaUon dans les peines et de la dOQceor cbréiienne.

17 tout 161S.

Or sus, que voulez- vous que je vous , ma très-chère fille, sur le retour de nos misères, sinon qu'autour de Tcnncmi il faut reprendre et les armes et le courage pour combattre plus fort que jamais? k ne vois rien de bien grand au billet. Mais, mon Dieu^ gardez- vous bien d*entrer en aucune sorte de défiance : car cette céleste bonté ne vous laisse pas tomber de ces chutes pour vous abandonner, ains pour vous humilier, et faire que vous vous teniez plus serrée et ferme à la main de sa miséricorde.

Tous faites extrêmement à mon gré de continuer vos exercices parmi les sécheresses ^t langueurs intérieures qui vous 80Dt revenues. Car, puisque nous ne voulons servir que pour Tamour de lui, et que le service que nous lui rendons parmi le travail des sécheresses lui est plus agréable que celui que nous faisons parmi les douceurs, nous devons aussi de notre côté Fagréer davantage, au moins de notre volonté supérieure; et, bien que selon notre goût et Tamour-proprc, les suavités et tendretés nous soientiplus douces, les sécheresses néanmoins, selon le goût de Dieu et son amour, sont plus profitables, ainsi que les viandes sèches sont meilleures aux hydropiques que les humides , bien qu'ils aiment toujours plus les humides.

Pour votre temporel, puisque vous vous êtes essayée d*y mettre de Tordre, et que vous n*avez pu, il faut donc maintenant user de patience et de résignation , embrassant volontiers la croix qui vous est

arrivée en partage ; et selon que les occasions se présentent « vous pratiquerez Tavis que je vous avois donné pour ce regard.

Demeurez en paix, ma très-chèro fille; dites souvent à notre Seigneur que vous voulezôtre ce qu'il veut que vous soyez, et souffrir ce qu'il veut que vous souffriez. Combattez fidèlement vos impatiences, en exerçant non-seulement à tous propos, mais encore sans propos, la sainte débonnaireté et douceur à l'endroit de ceux qui vous sont plu<5 ennuyeux; et Dieu bénira votre dessein. Bonsoir, ma très-chère fille : Dieu soit uniquement votre amour.

Je suis en lui do tout mon cœur, votre, etc.

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