‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 156 sur 450 · FRANÇOIS DE SALES, A XADAm DE GIUNTAL · texte numérisé non relu

FRANÇOIS DE SALES, A XADAm DE GIUNTAL

)I Iqj fnarque sa résignation à la Tolonié deDiea, et lui enseigne un remède pour guérir ses maladief spirituellef.

/l tout 1611.

Haussons notre cœur, ma irès-cbôre mère ; voyons celui de Dieu tout bon , tout aimable pour nous : adorons et bénissons toutes ses volontés : qu'elles tranchent , qu'elles taillent sur nous , et partout où il lui plaira ; car nous sommes siens éternellement. Vous verrez bien que parmi tant de détours nous ferons prou , et que notre Seigneur nous conduira par les déserts à sa sainte terre de promission , et que de tout temps il nous donnera de quoi priser les déserts plus que les fertiles campagnes , dans lesquels les blés croissent en leurs saisons ; njais la manne pourtant n'y tombe pas.

Mon Dieu I ma tr^srchère mère, quand vous m'écrivîtes que vous étiez une pauvre abeille, je pensai que je ne le voudrois, tandis que vos sécheresses et afflictions dureront : car ce potit animal ,H)ui en santé est si diligent et pressant , perd le c^ur et demeure sans rion faire tout aussitôt qu'il est malade.

Mais depuis je changeai de souhaits , et dis : Ah 1 oui , je le veux bien , que ma mère soit abeille , même quand elle sera en travail spirituel : car ce petit animal n'a point d'autre remède de soi-ml^me on ses maladies, que de s'exposer au soleil, et attendre de la chaleur et do la guérison de sa lumière.

0 Dieu 1 ma flile , mettons-nous ainsi devant notre soleil crucifié, et puis disonslui : 0 beau soleil des cœurs, vous vivifiez tout par les rayons de votre bonté : nous voici mi-morts devant vous, d'oii nous ne boup;eroîis point que votre chaleur ne nous arrive, Seii^ncur Jésus. Ma très-chère fille , la mort est une vie quand elle se fait devant Dieu.

Appuyez votre esprit sur la pierre qui dtoit rcproscntée par celle que Jacob avait sous sa tête quand il vit la belle échelio : c'est celle-là même sur laquelle saint Jean révanp;i'listo se reposa un jour de rcxcès de la charité de son maître. Jésus, notre cœur et le cœur de notre cœur, veillera •fi

amoureuflfmeiit iur vQn9. Oii paix. Dieu soit à jamais au miUc cœur, et qu'à jamais il le reiMk quement sien. Vive Jésus. Anu

LETTRE CCXUX.

s. FRANÇOIS OE SALES , A m

Il fe plaipi d^qe pouvoir «'adpnnff

AnnKf , if $$9m

Monsieur, je regrette que voi sieur de N. soyez à Paria pour cheux exercice ; mais puisqu'il mède , il faut en adoucir la p( patience.

Et moi , monsieur, je suis en nuel tracas, que la variété dos ; ce diocèse me produit incessanu que j'aio un seul jour auquel je ] mes pauvres livres, que j'ai i quelquefois , et que je n'ose ] maintenant , de crainte que le d quel je suis tombé contre eux plus âpre et plus ennuyeux.

Nous avons bien un petit quai puis peu on a rétabli l'exercice par l'autorité du roi, et selor Nanles ; mais cet exercice ne m en exercice de disputer contre lei pour les biens temporels do l'é; nous retenoient , que de leur pei au peuple , la vérité des biens auxquels ils doivent aspirer ; car veille comme ces serpens boua oreilles pour n^ouïr point la charmeur (4), iK)\ir sagement ment qu'on veuille charmer.

Il y a là nombre suffisant de pasteurs , et de bons pères capi n'étant point ouïs des hommes de Dieu , lequel sans doute agré»

sainte inutilité présenle, laquell pensera par après d'une moissc reuse , et s'ils sèment en pleurs sonneront en joie (2). C'est bi monsieur, vous avoir entrcter renouvellement de notre comn je veux , Dieu aidant, continuer, cesser de vous ramentevoir sou^ suis invariablement , monsieur,

(1) Slrnt atpfdls rarda et obtarantis •« non oxaudiet Tocem iocantaaliam, etrenef 8apient«r. P«. ltii, ▼. 4.

(S) Qui MinlatAt U laonpi*» tA «olU V». cx&r, V. 1.

DE S. nUlfÇOIS DE SALES.

f4SI

LETTBB GGL.

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