‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 158 sur 450 · FRANÇOIS DE SALES, AU DUC DE NEMOUU · texte numérisé non relu

FRANÇOIS DE SALES, AU DUC DE NEMOUU

(Tirée da premier monastère de la TislUtio» 4e It flOi

de Lyon.)

Il le remercie de l'élargissement de deux persooncs, et le supplie d'accorder leur grâce toot entière en leur penueltant de rentrer du» Annecy.

AnneeT, 4 octobre Mil

Monseigneur, je remercie en toute humilité votre grandeur , pour la liberté en laquelle il lui a plu remettre les sieurs de Charmoisy et du Joyeret, selon la promesse qu'elle m'en avoit faite : elle ne fa* vorisera jamais homme qui vive avec plus de fidélité et d'affection à son service que moi , qui espère et attends de voir encore bientôt l'accès à cette ville ouvert à ces deux gentilshommes : car la bonté et équité de votre grandeur, monseigneur, pressera et sollicitera son cœur à le faire, sans qu'aucune autre entremise y soit nécessaire : et tandis , je supplie notre Seigneur qu'il répande abondamment toutes sortes de saintes prospérités sur votre grandeur, de laquelle je suis , monseigneur , très-homblo, etc. ;

LETTRE CCLHI. i

DE CHANTAL

II lui mande l'éiat de sa santé et de ses oecopalion», ellcmoiKne un grand zélé pour le seniœ de Dieu el le salut des Ames.

Vers le 20 norembre 161%

Très-chère fille , il sera force que vous souffriez ma brièveté ; car me voici encore parmi tant d'affaires , que je ne sais de quel côlé me tourner, surtout maintenant au départ. Or sus, qu'esl-il besoin de par» 1er ainsi à une ame qui me connoft commfl elle-même? Je me porte fort bien, gracei à notre Sauveur, qui me donne un certain courage nouveau de l'aimer, servir et honorer plus que jamais , de tout mon cœur, do toute mon ame et de tout moi-même; mais jo dis do tout moi-môme , ma trèschère tille, m'étant avis que jusqucs à présent jo n'ai point eu l'ardeur ni le soin convenables au devoir que j'ai à cette immense bonté.

Hélas 1 je vois ces pauvres brebis errantes : je traite avec elles , et considère leur

aroogltamnit ptlpttbleetimiiiifeste. 0 Dieu ! la bâiuté de notre sainte foi en paroît si belle , qne j'en meurs d'amour ; ce m'est HYis que je dois serrer le don précieux que Dieu m'en a fait, dedans un cœur tout parfumé de dévotion. Ma trè&Kîhère ûile , remerciez cette souveraine clarté, qui répand si misérioordieuscment ses rayons dans ce eœur, qu'à mesure que je suis parmi ceux qui n'en ont point, je vois plus clairement et illuslremcnt sa grandeur et sa désirable suavité. Dieu, qui en cela m'assiste, veuille retirer et ma personne et mes actions à sa gloire et à son honneur, selon notresouhait. Il nous faut faire aes efforts pour devenir saints, et rendre de grands services à Dieu et au prochain : sa bonté me fait savourer des douceurs , certes , extraordinaires et suaves, et qui ressentent au lieu d*où elles viennent. Oh ! que notre Sauveur est bon , et comme il traite tendrement avec mon pauvre chétif courage 1 mais je suis bien résolu de lui être fort Gdèle, et spécialor ment au service de notre cœur, que plus sensiblement que jamais je vois et sens être unique. 0 mon Dieu ! ma très-chère fille , qui pou voit môlor si parfaitement deux esprits , qu'ils ne fussent qu'un seul esprit iodiWsible , inséparable , sinon celui qui est unité par essence?

Les affaires de religion , qui s'accroissent ici tous les jours, me font arrêter plus longuement que je ne pensois, ma très-chère fille , mais , certes , très - agréablement , puisque c'est pour la gloire de Dieu , et le service des âmes qu'il a rachetées : lesquelles , en divers lieux de ce baillage , demandent qu'on leur rétablisse le saint exercice. Mon Dieu 1 ma très-chère fille , que ce m'est une honorable et douce peine que celle-ci , qui me fait espérer, que , sinon maintenant , au moins par ci-après , tout ce pays pourra être purgé de tant d'infection que le malheur de l'hérésie y avoit assemblée !

Hier nous rétablîmes le saint exercice à Divonne , gros et beau village. Ces jours suivans, il y a apparence d*en faire de même en deux autres ; et outre cela , nous prêcherons ici, et parlerons à quelques âmes dévoyées, et bien que peut-être ne les réduirons-nous pas , parce que pour l'ordinaire les considérations humaines empêchent celles de leur salut , si est-ce

que nous ne pensons pas peu faire quand nous leur faisons confesser que nous avons raison , comme plusieurs ont fait jusqu'à présent. Priez particulièrement ce Sauveur, ma très-unique fille, pour la conversion de ceux pour lesquels j'ai commencé de travailler, afin qu'ils voyent la sainte vérité , sans laquelle ils nesauroicntque se perdre. Mille et mille fois le jour mon cœur se trouve chez vous , avec mille et mille souhaits qu'il répand devant Dieu pour votre consolation, lié! Seigneur Jésus, vivez et régnez éternellement dans ce cœur que vous nous avez donne. Votre, etc.

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